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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 01:16

Je craignais qu’on n’entende plus parler de lui. Depuis que la série noire avait renoncé à traduire ses romans, plus aucune nouvelle de l’irlandais Adrian McKinty. Et pourtant j’avais beaucoup aimé sa série consacrée à Michael Forsythe. Et voilà que grâce à l’ami Unwalker j’apprends qu’il revient chez Stock. Avec le début d’une nouvelle série : Une terre si froide.

 

McKinty

1981. Bobby Sand vient de mourir, Belfast s’embrase. Sean Duffy n’a pas la vie facile : catholique d’origine, il est flic dans la police criminelle à Carrickfergus, dans la banlieue de Belfast. Pour une fois, il est appelé sur une affaire qui semble détachée du contexte politique : Un homme a été trouvé assassiné, la main droite coupée. La victime était un homosexuel connu. Quand un deuxième homosexuel est tué de la même façon Sean commence à penser qu’on a là le premier serial killer de l’histoire de l’Irlande du Nord. Un tueur en Ulster qui n’ait pas trouvé sa place chez les psychopathes d’un côté ou de l’autre ?


Il y a vraiment une école irlandaise du noir. Une façon à eux de nous infliger les pires horreurs, de faire ressentir la trouille, la connerie, la lâcheté, l’obscurantisme, la terrible certitude de ceux qui, parce qu’ils croient en un Dieu, savent avec certitude qu’ils ont raison et que les autres ont tord … Tout en arrivant à nous faire rire ou sourire au détour d’une phrase, en gardant le plaisir de boire une Guiness ou de regarder le sourire d’une femme. Cette vitalité, ce plaisir de vivre au milieu des pires drames, on les retrouve ici.


Adrian McKinty, qui pourtant ne nous épargne rien en situant son roman en 1981 à Belfast, réussit une fois de plus cet exploit : C’est dur, c’est sombre, l’absurdité et l’horreur des attentats, la connerie de la répression anglaise meurtrière sont insupportables, on ressent la peur, la rage et en même temps on sourit et on s’attache à Sean Duffy. Comme en plus Adrian McKinty n’a rien perdu de son talent de conteur on se régale, malgré la noirceur d’un contexte qui vient en écho de l’autobiographie de Sam Millar lue il y a peu.


Longue vie à Sean Duffy, en espérant qu’il trouvera son public et que le nouvel éditeur de McKinty pourra continuer à nous proposer ses aventures.


Adrian McKinty / Une terre si froide (The cold cold ground, 2012), Stock/La Cosmopolite (2013), traduit de l’irlandais par Florence Vuarnesson.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars irlandais
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commentaires

connard le 07/05/2013 15:39


ou la la c'est christophe qui m'a renseigné sur stock et mckinty, rendons à dupuis ce qui est à dupuis ^^


d'ailleurs je le rejoins sur sa pensée, apres coup


putain vous etes mes deux heros ^^

Jean-Marc Laherrère 07/05/2013 15:53



Je rend donc à Dupuis ce qui est à Christophe.



christophe 06/05/2013 20:39





Je suis plus réservé sur ce McKinty
Ce qui m'avait vraiment plu, chez lui c'était justement le fait d’écrire une série soit hors Irlande, soit après les accords de paix, une série montrant les changements en Irlande (en particulier
dans le dernier volet de la trilogie Michael Forsythe) – comme l’ont très bien fait Stuart Neville avec Les fantômes de Belfast ou Declan Hughes avec Coup de sang. Là, même si c’est bien fait, on retombe dans du « classique » et c’est un peu dommage (enfin à mon goût...).

Jean-Marc Laherrère 06/05/2013 21:23



C'est vrai que c'est classique, mais j'attends aussi de voir comment (et à quelle période historique) va évoluer le héros.



Norbert 06/05/2013 18:46


Ah Ken Bruen, j'adore aussi, rien que le début de La Main droite du diable (eh oui, je n'en suis que là, mais je me plains pas, plaisir longue durée garanti, au moins!), avec ses toutes premières
pages, est brillantissime...

Jean-Marc Laherrère 06/05/2013 21:20



Ken Bruen et ses deux séries, la noire avec Jack Taylor, la drôle (mais noire quand même) avec R&B.



Mary 05/05/2013 08:42


Merci pour ce superbe article. Il n'est pas impossible que je le lise à mon tour également, ca a l'air très tentant. Je n'ai jamais vraiment lu de littérature irlandaise, c'est peut-être
l'occasion. Et comme le dit Norbert, le Cosmopolite Noire est si prometteuse tant elle est travaillée! Merci beaucoup et bonne journée !

Jean-Marc Laherrère 05/05/2013 15:15



De rien !


Les auteurs de polar irlandais valent le déplacement : Colin Bateman, Ken Bruen, Sam Millar, Stuart Neville ou John Connolly, il y a de quoi faire ...



Norbert 05/05/2013 03:01


Merci infiniment pour ce beau billet, JM. Non, je ne suis ni son agent, ni son éditeur (rires), mais tu sais à quel point je tenais que ce nouveau roman du grand McKinty soit lu et remarqué. Tu
l'as fait, comme Unwalkers, et ça fait du bien de voir qu'au moins il ne sera pas passé inaperçu. Même moi qui y tenais tant et qui l'ait depuis déjà presque trois semaines, je n'ai
malheureusement pas eu le temps de le lire. Et je me suis décidé pour On the Brinks, parce que c'est Sam Millar, qu'il me l'a dédicacé, et que rien que le résumé de son livre - et donc de sa vie
! - me bouleverse et me fascine.


En attendant, puisqu'en plus ce premier tome de la nouvelle trilogie de McKinty est si bien édité (le soin apporté à la maquette, la couverture subtilement tramée, la photo d'illustration
impeccablement choisie, etc) dans cette décidément très belle et prometteuse nouvelle collection de polars de Stock, La Cosmopolite Noire (version noire de La Cosmopolite, nom de la collec. de
littérature étrangère de Stock), je me contente donc de le savourer d'avance du regard... D'autant plus que LE SECOND TOME EST PREVU POUR LE MOIS D'OCTOBRE !


Champagne les amis, le retour du grand McKinty le vaut bien !   ;)

Jean-Marc Laherrère 05/05/2013 03:47



Merci et vivement la suite.



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