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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:37

En 2009 j’avais découvert Ernesto Mallo avec le magnifique L’aiguille dans la botte de foin. Et sachant qu’il avait écrit d’autres romans j’attendais avec impatience la traduction suivante. La voici, toujours chez Rivages, c’est Un voyou argentin. Je n’ai pas été déçu.


MalloPerro Lascano, le flic de Buenos Aires a survécu à la fusillade qui concluait L’aiguille dans la botte de foin. Blessé, caché de ceux qui voulaient sa mort, il refait surface à un moment où les militaires ont lâché le pouvoir. Raul Alfonsin est président et une nouvelle génération de battants dynamiques se ruent dans une consommation effrénée.


Au même moment Topo Miranda, braqueur à l’ancienne est libéré et prépare ce qui sera son dernier coup. Dans la ville, les familles meurtries cherchent toujours leurs morts, et les grands-mères de la place de mai  révèlent le scandale des enfants volés par la junte et donnés en adoption à des familles de militaires … Drôle de moment pour refaire surface.


Le premier roman de la série était une superbe découverte, celui-ci confirme le talent d’Ernesto Mallo.


Une intrigue éclatée, une écriture qui oscille entre chaleur, rage, humour noir et mélancolie propre au tango, des personnages auxquels on s’attache immédiatement et la description sans concession d’un pays qui, au sortir d’une dictature atroce, n’arrive pas à régler ses comptes et laisse les principaux tortionnaires et les bénéficiaires du précédent régime aux commandes.


Seuls quelques lampistes payent, et si on ajoute à cela la corruption et la violence d’une police pourrie jusqu’à la moelle on comprend que les victimes d’hier n’ont pas fini de souffrir.


Un roman révolté et désespéré en accord avec l’état d’âme de Perro Lascano, meurtri, qui tente de rester fidèle à ses valeurs tout en cherchant partout son amour perdu. Mais en même temps un roman qui dégage une telle chaleur et une telle humanité qu’on en redemande.


Si tout va bien, Ernesto Mallo devrait être des nôtres à Toulouse en octobre prochain, je m’en réjouis d’avance.


Ernesto Mallo / Un voyou argentin (Delincuente argentino, 2007), Rivages/Noir (2012), traduit de l’argentin par Olivier Hamilton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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commentaires

Ys 23/03/2012 22:02


Chouette, L’aiguille dans la botte de foin m'a bien plu aussi, je lirai sans faute celui-là.

Jean-Marc Laherrère 23/03/2012 23:40



Alors celui-ci devrait te plaire.



Yan 23/03/2012 15:46


Il est dans ma pile. Je lirai ta chronique après avoir lu le bouquin. La 4 de couv', en tout cas, donne envie (je n'ai pas lu le premier).

Jean-Marc Laherrère 23/03/2012 16:30



On peut le lire séparément, mais comme il est quand même souvent fait référence à des événements et des personnages du premier, le mieux est quand même de lire d'abord L'aiguille ...



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