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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 21:36

Vous vous souvenez peut-être de Tommy, 19 ans, originaire de l’Indiana, apprenti écrivain et Jody, rousse flamboyante de 26 ans, récemment vampirisée par un monstre de plus de 800 ans ? Non ? Mais si, ça s’appelait Les dents de l’amour. Voilà, vous y êtes.

 

Nous les retrouvons dans D’amour et de sang frais, toujours sous la plume fort inventive de Christopher Moore. Pour ceux qui n’ont pas suivi le début, Jody est toujours une ravissante vampire, le monstre qui l’avait transformée est, pour l’instant, neutralisé, et elle vient juste de transformer Tommy, son amour, histoire de tout partager avec lui. Tout, et surtout des emmerdes … Pas facile pour les seigneurs (saigneurs ?) de la nuit de trouver à manger quand on a encore une mentalité et une morale de jeune homme bien élevé de l’Indiana, sans parler de visiter un logement ou d’avoir une vie sociale quand le moindre ultraviolet vous réduit en cendres.

 

Pour simplifier le tout, les Animaux, à savoir la bande d’allumés avec qui Tommy travaillait avant, revient de Las Vegas en compagnie d’une pute bleue (oui, une pute bleue, pour savoir ce que c’est il faut lire le livre) bien décidée à devenir une vampire, et le vieux monstre que les deux tourtereaux croyaient hors course va trouver le moyen de se libérer.

Heureusement une ado gothique et futée et un ninja chimiste vont leur venir en aide. Et l’empereur et ses hommes veillent toujours sur la bonne ville de San Francisco.

 

En démarrant le roman on peut craindre que Moore ne tire un peu sur la ficelle, la transformant en très grosse ficelle. Et bien non. Il faut savoir, dans un premier temps, que si les deux romans se sont suivis en traduction française, Christopher Moore a quand même laissé passer 12 ans entre ses deux romans. Il en a profité pour étoffer sa galerie de cinglés. Ils sont tous là. Et il en invente d’autres encore plus allumés que les anciens.

 

Son sens de l’humour fait une nouvelle fois mouche, son imagination semble sans limite et il réussit à étonner encore et toujours ses lecteurs. Et de temps en temps, sous la franche rigolade, on sent poindre une grande tendresse, une belle humanité, et une vision aussi acérée que les canines de nos héros préférés de notre joli monde.

 

Donc un grand moment de plaisir, avec rire, émotion, frissons. Que demander de plus, franchement ?

Christopher Moore / D’amour et de sang frais (You suck. A love story, 2007), Calmann-Levy (2009), traduit de l’américain par Luc Baranger.

PS. Je suis d’accord, la couverture est très moche.

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commentaires

paco 01/12/2009 22:34


Je ne suis en général pas fan du genre, mais ton résumé m'évoque un peu les délires vampiresques de feu Marc Behm. Comme j'avais aussi beaucoup aimé l'Agneau, du même C. Moore (une biographie du
Christ aussi déjantée que celle des Monthy Python, en Série noire je crois), ça donne quand même un peu envie...


Jean-Marc Laherrère 01/12/2009 23:22


Marrant je n'avais pas pensé à Behm et pourtant, maintenant que tu le dis, la référence me semble évidente. Merci.
Pour ma part, je ne suis pas un inconditionnel de l'Agneau, même si l'idée de départ est géniale, et s'il y a de très bonnes choses, je préfère quand même Un blues de coyote et Le lézard lubrique !


M agali 01/12/2009 11:56


Bof, non, dans toute langue, le jeu de mots est possible.
D'ailleurs, le tittre français repose sur une expression courante détournée et n'est donc pas loin de ce procédé.
Le jeu de mots traduit mot à mot est rarement permis, par contre: ici c'aurait été en français trop choquant et direct dans une acception et pas assez immédiatement compréhensible dans l'autre ou
évocateur des coutumes des vampires que les Anglo-saxons connaissent mieux que nous.

La traduction actuelle essaie souvent avec bonheur de reproduire l'effet jeu de mots ou ambiguité Je pense au récent "Deaf sentence" de David Lodge pas mal traduit du tout par "La vie en sourdine"
même si cela affadit quand même le titre original (deaf/death) beaucoup plus angoissant.


Jean-Marc Laherrère 01/12/2009 23:20


Bien sûr, toute langue a ses jeux de mots. J'ai juste l'impression que les anglo-saxons jouent peut-être un peu plus que nous, mais je peux me tromper. Et puis Christopher est vraiment un grand
joueur !


M agali 01/12/2009 07:21


La couverture est moche, mais le titre très bien traduit (en anglais, euh...c'est pour le moins ambigu...)


Jean-Marc Laherrère 01/12/2009 09:55


Ambigu, et voulu ! En général l'anglais permet davantage ce genre d'ambiguité.


Sonntag Fabien 30/11/2009 22:07


J'ai passé un super bon moment de lecture avec ce roman. Et au passage, j'ai découvert le style de Moore. J'aurais dû t'écouter plus tôt Jean-Marc ;-)


Jean-Marc Laherrère 30/11/2009 22:30


Tout le plaisir reste à prendre !
Je conseille tout particulièrement Un blues de coyote réédité chez folio policier.


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