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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:21

Cela fait deux romans d’Arnaldur Indridason qu’on sait qu’Erlendur est en vacances. Il faut savoir que les vacances façon Erlendur c’est pas vraiment sea, sex and sun … Non, le revoilà sur son lieu de villégiature préféré, les fjords de l’est. On l’y trouve dans Etranges rivages.

Indridason

Erlendur est donc en vacances dans l’Est, dans sa région d’origine, là où gamin il a perdu son petit frère dans une tempête. Comme chaque fois qu’il revient, il campe dans leur ancienne maison, en train de tomber en ruine. Ses discussions avec un paysan voisin lui rappellent une disparition dont il avait entendu parler dans son enfance, celle d’une jeune femme qui n’avait jamais atteint la maison de ses parents qu’elle allait rejoindre à travers la lande. Par curiosité, par désœuvrement, pour régler ses comptes avec son passé … Il décide de s’intéresser à cette disparition qui lui semble étrange.


Il est fort cet Indridason. Il est très fort même. Parce qu’arriver à nous passionner pour ce personnage de plus en plus dépressif, de plus en plus isolé, de moins en moins rock & roll, il faut le faire ! Comme le dit un des vieux qu’il interroge et qu’il finit par faire craquer :


« Vous êtes l’homme le plus buté que j’aie rencontré dans ma longue existence. »


Têtu, buté … et humain. Malgré sa misanthropie, malgré sa vie de solitaire, au fond, Erlendur aime les gens, et encore plus, aime la vérité. Et cela se sent. S’il y a un domaine dans lequel Indridason excelle, outre la subtilité de ses intrigues, c’est dans le rendu des émotions et des sensations. Ses enquêtes ne sont jamais aussi fortes que lorsqu’il se penche sur l’intime. On a froid avec Arnaldur, on revit avec lui les journées entourant la disparition de son frère, on partage sa peine, sa culpabilité. On compatit avec lui, on sent cette vie rude d’une Islande en voie de disparition, bien différente de celle des requins de la finance. Une Islande qui vit au rythme de la nature, parfois somptueuse, parfois meurtrière. Une nature que les habitants avaient appris à aimer, mais aussi à respecter et à craindre.


Encore un très bon cru islandais, avec le plaisir de retrouver Erlendur. Reste que j’aimerais bien maintenant voir comment Indridason traite la situation de crise, pour avoir une autre regard, après celui très pertinent d’Arni Thorarinsson.


Arnaldur Indridason / Etranges rivages (Fur∂ustrandir, 2010), Métailié (2013), traduit de l’islandais par Eric Boury. 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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commentaires

Nicolas Marhadour 12/07/2013 23:31


J'ai été heureux de retrouver Erlendur et j'ai versé la larme aussi ! J'ai retrouver l'émotion ressentie à la lecture de la femme en vert. Trop fort l'islandais !

Jean-Marc Laherrère 13/07/2013 00:08



Trop fort. Vivement le prochain.



BiblioMan(u) 12/03/2013 11:41


Je rattrape mon retard et je n'hésiterai pas à le lire non plus. Je suis toujours aussi impressionné par ce "rendu" dont tu parles... Le monsieur est impressionnant de maîtrise, je trouve.

Jean-Marc Laherrère 13/03/2013 14:04



Je suis bien d'accord.



Pierre FAVEROLLE 11/03/2013 20:42


Salut Jean Marc, je l'ai lu bien sur. Je l'ai trouvé très émouvant, avec des moments intenses qui m'ont fait verser une petite larme. Pour la crise, il a abordé le thème (un peu) dans le
précédent, peut-être va-t-il y revenir, en même temps qu'Erlendur va retourner à Reykjavik ? Amitiés

Jean-Marc Laherrère 11/03/2013 22:51



abordé, disons effleuré ... attendons le retour d'Erlendur à la capitale.



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