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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 21:47

Après une revisite réjouissante de 68 par une bande de retraités, revoici Françoise Laurent, beaucoup plus intimiste avec L’hiver continue au fond du magasin.

 

C’est l’été, l’arrière pays niçois est ravagé par les flammes. Un petit immeuble, écrasé par la chaleur. La propriétaire et les locataires sont tous, pour une raison ou un autre, bouleversés par la mort de Sophie, jeune femme pleine de vie qui a brûlé dans sa voiture en essayant d’échapper aux feu. Accident tragique ou meurtre ? Cette mort va faire remonter de vilains souvenirs et chacun dans l’immeuble, va devoir affronter ses petits secrets.

 

Françoise Laurent confirme son talent pour créer des personnages et leur donner vie en quelques phrases. A ce titre le premier chapitre qui suit la pauvre Magali dans la lutte obsessionnelle qu’elle livre à toute forme de saleté est exemplaire. Son histoire est bien construite, autour d’une vraie tension dramatique, et la construction passant d’un personnage à l’autre est habile. Les fausses pistes, créées par les interprétations erronées des uns et des autres fonctionnent et le tout avance, subtilement, par petites touches.

 

Ensuite il y a une question de goût. Il est rare que j’arrive à être vraiment ému par des histoires de névroses, par des histoires très introspectives (de mémoire, seule Michèle Rozenfarb et sa tétralogie déglinguée m’a vraiment secoué). Et cette fois encore je perds petit à petit mon intérêt pour l’histoire. Je ne tremble pas quand les personnages sont en danger, parce que leur sort m’importe peu. Je préfère Françoise Laurent quand elle écrit sur le registre de la générosité et de la colère comme dans Dolla.

 

Ce qui n’enlève rien à la qualité du bouquin. A vous de dire si vous avez été touchés.

Françoise Laurent / L’hiver continue au fond du magasin, Krakoen (2009).

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