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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 19:50

J’ai raté les derniers romans de Xiaolong Qiu. Par hasard et parce que j’avais été déçu par un épisode. Je suis tombé sur Dragon bleu, tigre blanc. J’y ai retrouvé le plaisir et l’intérêt des premiers.

qiu

Coup de tonnerre à Shanghai, l’inspecteur Chen est muté, sous couvert de promotion, vers un poste qui ressemble fort à un placard. Plus grave, il est très vite victime d’un traquenard qui aurait pu le mettre définitivement hors jeu. Le problème est que, dans une ville et un pays en pleine mutation où les luttes pour la prise du pouvoir sont féroces, Chen n’arrive pas à comprendre qui veut sa peau. Une course contre la montre, très encadrée par le pouvoir politique, s’engage …


Je m’étais donc arrêté il y a quelques années avec La danseuse de Mao qui m’avait déçu. Et puis j’avais un peu laissé tomber Xiaolong Qiu. Mais j’ai bien fait d’y revenir.


Alors certes, les aventures en l’inspecteur Chen ne sont pas les plus Rock and Roll de la planète polar, et l’action n’avance pas à un rythme trépidant. Mais une fois de plus, à Shanghai comme à Belfast ou Paris, le polar se révèle le genre littéraire le plus à même de mettre en lumière les disfonctionnements d’une société.


C’est ici la corruption des ex cadres politiques, devenus puissances économiques qui est mise en lumière. Une corruption contre laquelle il est d’autant plus difficile de se battre qu’elle s’appuie, comme ailleurs, sur la force de nuisance de l’argent qui peut tout acheter (ou presque), mais également sur une structure politique qui, c’est un doux euphémisme, a une certaine habitude et efficacité dans la mise au pas des récalcitrants.


La nasse dans laquelle se trouve pris notre héros semble parfaite, et le lecteur se demande tout le long du roman comment il va s’en dépêtrer. Cela redonne une vigueur à l’intrigue, mais n’enlève rien à la qualité d’évocation de l’auteur qui nous fait toujours ressentir l’odeur d’un jasmin (ou du tofu fermenté !), la saveur du thé vert et des multiples petits plats consommés, ou le calme d’un jardin.


Un vrai plaisir retrouvé pour moi que ce retour aux aventures de l’inspecteur Chen, que je vais de nouveau mettre dans la liste des personnages à suivre.


Xiaolong Qiu / Dragon bleu, tigre blanc (Shanghai redemption, 2013), Liana Levi (2014), traduit de l’américain par Adélaïde Pralon.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans polars asiatiques
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commentaires

Mary 21/03/2014 20:02


Au départ, Qiu Xiaolong n'avait pas du tout envie d'écrire des polars, et il n'en lisait jamais. Il voulait écrire sur la société en Chine, et il se trouve que le policier lui fournissait par
hasard le cadre idéal, car un policier, surtout en Chine, a presque tous les pouvoirs et rentre chez les gens. il voit la situation de l'intérieur.


Pour moi aussi, ce fut un très bon moment de lecture, et une magnifique rencontre. On peut parler de plein de choses avec cet homme adorable, ma collègue et moi avons réellement passé une soirée
délicieuse.


A très bientôt !


Mary

Jean-Marc Laherrère 21/03/2014 20:10



J'avais animé une rencontre avec lui il y a quelques années, excellente soirée en effet. Cette fois j'étais en déplacement et je n'ai pas encore discuté avec le copain qui a animé la rencontre.



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