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5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 23:42

Avec Fin du monde à Breslau, Marek Krajewski livre le troisième épisode des aventures de Eberhard Mock, flic à Breslau dans les années 20. Je vous avais déjà parlé du second épisode, La peste à Breslau, ce que j’en disais reste, à peu de choses prêt, vrai pour le troisième.

 

KrajewskiBreslau fin des années 20. Un illuminé russe prévoit la fin du monde pour bientôt, Eberhard Mock est devenu une star de la police locale mais son mariage avec une jeune beauté aristocrate bat sérieusement de l’aile. Alors que soupçons et vengeance ravagent le couple, un tueur en série commence à semer les cadavres aux quatre coins de la ville. Des morts que rien ne semble relier et qui narguent Mock et toutes les forces de police de la ville. Jusqu’à ce qu’Eberhard fasse le lien entre ces meurtres et l’histoire criminelle de Breslau, un lien qui vient renforcer les prêches catastrophistes du russe. C’est au moment où il commence à entrevoir une solution que son épouse disparait …

 

Comme pour l’ouvrage précédent, même s’il y a un tueur en série et un flic, ce n’est pas dans l’intrigue qu’il faut chercher l’intérêt de ce roman. Il est ailleurs.

 

Dans le personnage central pour commencer. Un flic tout en clair obscur, avec plus de zones d’ombre que de lumière, un flic ambigu, pas forcément sympathique, pas forcément défendable, plus que borderline, et auquel on s’intéresse pourtant, à défaut de s’y attacher.

 

Dans la description d’une époque dont Mock est finalement l’incarnation parfaite. Une époque de transgressions, de montée de haines et d’obscurantismes, une époque parfaitement dépeinte par ses atmosphères nocturnes, avec des tavernes enfumées, des zones de brouillard … tout en clair obscur, comme Mock.

 

L’ensemble est oppressant, mais en même temps plein d’une vitalité grouillante, plus malsaine que joyeuse, malgré les agapes, les beuveries, la sensualité … Une vitalité qui ressemble à ce que l’on voit quand on retourne un gros caillou ou qu’on fouille dans les feuilles mortes …

 

Ce n’est pas forcément agréable, ce n’est pas joyeux, mais c’est de plus en plus maîtrisé et de plus en plus impressionnant. A découvrir par une belle journée ensoleillée d’été.

 

Marek Krajewski / Fin du monde à Breslau (Koniek świata w Breslau, 2003), Série Noire (2011), traduit du polonais par Charles Zaremba.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars Europe de l'Est
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