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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 17:52

Comme Gonzalez Ledesma dont je parlais récemment ici même, Andrea Camilleri rajeunit de roman en roman. Son humour et sa capacité d’indignation sont intacts, pour ne pas dire qu’ils vont grandissant. Après Un été ardent, Les ailes du sphinx en est la démonstration éclatante.

 

Montalbano n'a pas le moral : Il vieillit, implacablement. Les matins ne sont plus glorieux, sa relation avec CamilleriLivia est dans une vilaine impasse, il est fatigué … Il va bien lui falloir, pourtant, se remettre au boulot quand le corps d'une jeune femme est découvert dans une décharge publique. Elle a été jetée là, nue, abattue d'une balle. Seul signe distinctif, le papillon qu'elle a, tatoué sur une épaule. C'est donc un Montalbano grognon qui va mener l'enquête. Une enquête qui le mène rapidement sur les traces d'une étrange association caritative très comme il faut, patronnée par un évêque. Et ce n'est pas les pressions immédiates qu'il subit de sa hiérarchie pour ne pas trop secouer son excellence, et les non moins excellents membres de l'association qui vont améliorer son humeur …

 

Comme le précédent, un excellent cru. J'ai beaucoup ri, vraiment beaucoup. J'ai même plusieurs fois éclaté de rire aux dialogues géniaux avec l'incontournable Catarella, aux sarcasmes rageurs de Montalbano, à sa mauvaise foi réjouissante, à sa mauvaise humeur rageuse.

 

Question écriture, Andrea Camilleri comme les plus grands crus s'améliore en vieillissant. Et ses griffes sont toujours aussi acérées. Gare à ceux qui passent à portée de son coup de patte ! Ici c'est la bonne société sicilienne, ses évêques, ses femmes de préfets, ses associations (qui dans l’esprit de l’irascible commissaire deviennent des organisations) qui font les frais de ses attaques aussi vives que précises. Et ça saigne. Toujours avec le sourire, bien entendu.

 

Allez, juste pour vous mettre en ‘pétit ce que pense Montalbano (et très certainement son créateur) des propriétaires de certains véhicules :

« Et y’avait aussi une deuxième catégorie d’imbéciles parents très proches des crétins à Ferrari, c’était celle des gens qui, pour aller faire leur marché, se prenaient leur tout-terrain à quatre roues motrices, avec quatorze phares grands et petits, boussole et essuie-glace spéciaux anti tempête de sable. »

 

Andrea Camilleri / Les ailes du sphinx  (Le alli della sfinge, 2006), Feluve noir (2010), Traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

Michel 24/09/2011 15:58



Peut-être serez-vous intéressé(e) par mon petit blog sur Montalbano. Je vous y
propose des version sous-titrées de quelques épisodes de la série... Elle ne vaut pas les romans, mais elle est supportable... En VO !



Jean-Marc Laherrère 24/09/2011 20:19



Je suis intéressé et j'y vais de ce pas ! Merci pour le lien.



Aurore 14/02/2010 12:58


Chouette alors, je me posais la question car j'ai 'un peu) moins aimé le précédent!


Jean-Marc Laherrère 14/02/2010 15:49


Moi j'avais beaucoup aimé le précédent, un des plus drôles de la série. Et ce dernier m'y a refait penser ...


alain 12/02/2010 20:00


J'adore aussi Camillieri


Jean-Marc Laherrère 13/02/2010 01:01


Alors celui-ce devrait te plaire.


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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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