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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 22:32

J’avais vu passer les critiques à propos de Il faut tuer Lewis Winter de Malcolm Mackay, mais je n’avais pas trouvé le temps de le lire. J’ai cette fois décidé de découvrir ce nouvel auteur écossais avec la suite : Comment tirer sa révérence.

 

Mackay

A Glasgow, Frank Macleod est une légende. Tueur au service de la bande de Peter Jamieson il est le plus ancien en exercice, le pro le plus efficace et le plus reconnu, que personne n’a encore pu surprendre et contre qui la police n’a jamais rien trouvé. Mais Frank vieillit, inexorablement. Et au retour d’une opération de la hanche, pour la première fois, il se fait surprendre par le jeunot qu’il devait abattre. Contre toutes les règles du milieu, Peter envoie Calum MacLean lui sauver la mise en catastrophe. Reste ensuite la question la plus embêtante : comment un tueur comme Frank, qui sait tant de choses sur l’organisation de Jamieson peut-il prendre sa retraite ? En a-t-il envie ? Et comment s’assurer qu’il ne parlera jamais ?


Un bouquin impressionnant pour lequel j’ai du mal à m’enthousiasmer. J’explique.


Objectivement, c’est un très bon roman, pas étonnant qu’il ait gagné, si j’en crois son éditeur, le prix du meilleur polar de l’année chez lui, en Ecosse.


Les personnages des deux tueurs, Frank et Calum sont intéressants, comme est très intéressante cette façon de les décrire comme des hommes « ordinaires », ayant un boulot, presque comme un autre, sans émettre le moindre jugement de valeur, en laissant juste le lecteur sursauter de temps en temps quand il s’aperçoit qu’il se prend à oublier, justement, en quoi consiste ce boulot. Très habilement et intelligemment fait !


La description du milieu est aussi impressionnante, d’une sécheresse totale, à l’opposé du glamour et du mythe, extrêmement froide et sans le moindre jugement moral. Vraiment là encore une réussite.


La progression de l’intrigue ne ravira certes pas les amateurs de coups de théâtre et d’action à tout va. Un boulot vous disais-je, les personnages vont au boulot, sans plus de passion, mais sans plus de dégout non plus que le poinçonneur des Lilas. Mais si elle n’est pas trépidante, l’intrigue est d’une totale cohérence, et elle nous mène sans le moindre faux pas vers la fin inéluctable.


Alors pourquoi ne pas être enthousiaste ? Je ne sais pas trop. Trop froid peut-être, des vies trop ternes (et oui, ici les truands ont des vies très ternes), pas de passion, très peu de suspense finalement, pas d’émotion. Je sais que c’est voulu, mais du coup je suis resté en dehors.


Jusqu’au dernier chapitre. Qui m’a pour le coup remué et bluffé. Il est pourtant tout en retenue, comme le reste du roman, mais il m’a vraiment touché. Mais je ne vous dirai pas pourquoi pour vous laisser le découvrir. Et vous reviendrez me dire si vous y avez, vous aussi, été sensibles.


Malcolm Mackay / Comment tirer sa révérence (How a gunman says goodbye, 2012), Liana Lévi (2013), traduit de l’anglais (Ecosse) par Fanchita Gonzalez Battle.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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commentaires

Norbert 16/10/2013 23:57


Venant d'Ecosse, cette trilogie me tentait, et puis comme on ne peut pas tout lire non (ni tout acheter), j'aurais donc fait l'impasse.


Par contre, j'ai terminé "Belém" de Audyr Augusto, et j'ai beaucoup aimé. D'une noirceur totale, un sacré contraste avec le décor, surtout que je l'ai écouté avec la BO sélectionnée par l'auteur
et disponible sur le site d'Asphalte comme musique d'ambiance. J'ai aimé les personnages, l'écriture très réaliste, bref, j'aurais bien fait durer le plaisir...

Jean-Marc Laherrère 17/10/2013 08:11



Je suis en train de le lire, au 2/3. Très bien effectivement.



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