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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 11:20

J’ai plusieurs fois écrit ici même que les polars irlandais étaient en général sauvé du désespoir par l’humour. C’est souvent vrai. Pas toujours. Malgré le titre, peu d’espoir, et pas d’humour pour éclairer Redemption factory de l’irlandais du nord Sam Millar, dont j’avais déjà beaucoup aimé Poussière tu seras.

 

MillarPaul Goodman a besoin d’argent. Pour vivre (ou survivre ?) et pour s’entraîner au snooker. C’est pourquoi il se présente aux abattoirs, prêt à accepter n’importe quel boulot. Et il faut du cœur au ventre pour bosser dans cet enfer de sang et de tripes, mené d’une main de fer par Shank, le patron, une brute épaisse à la réputation sinistre et ses deux filles, complètement cinglées. Shank qui, si l’on en croit les rumeurs, n’a pas abattu que des vaches et des moutons dans sa vie …

 

Bienvenue en enfer, un enfer à la Jérôme Bosh (le peintre, pas le personnage de Connelly). Car c’est bien dans un tel univers que Paul Goodman met les pieds. Un univers où l’on teste les nouveaux en les plongeant dans un bain de sang (littéralement), un univers de difformités physiques et psychiques, un univers de violence et d’anormalité …

 

Ajoutez à cela un passé qui pèse encore son poids, un passé très présent même si le cesser le feu est effectif depuis quelques années, un passé de violence, de trahisons, de vengeances, de secrets, de non dits … Vous l’aurez compris, on ne rentre pas dans la Redemption Factory pour rigoler.

 

Et pourtant, l’ensemble n’est jamais complètement désespérant, parce qu’il reste une forme de solidarité, une humanité, des amitiés, et même la naissance d’amours pourtant difficiles. Il y a le plaisir d’une bonne Guiness, celui du jeu, le goût des belles choses.

 

Autant de détails qui, alliés à une très belle écriture font que ce tableau rouge sombre est plus émouvant que déprimant, plus chaleureux que glaçant. Bref une nouvelle réussite de Sam Millar.

 

Sam Millar / Redemption factory (The redemption factory, 2005), Fayard/Noir (2010), traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Raynal.

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commentaires

S


Je l'ai lu sur vos conseils. Et je me suis régalé. C'est vrai qu'on attend un peu la 200e page pour voir ce qui va se passer mais on sent incroyablement l'embrouille venir. Avec un type comme
Willie Short, un jour ou l'autre ça vous tombe sur la gueule. Un très, très bon livre, original, réaliste et qui sent bon le pub, la clope et les points de suture.



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J


C'est vrai qu'il se passe du temps avant que tout se déclenche. Mais c'est aussi une sorte de montée de tension qui ne peut que mener à ... Mais on n'en dira pas plus.



S


Jean-Marc


thank you once again for covering my book on your excellent site. 


Sam 



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J


You're welcome, thank you for writing !



C


La déception est liée à l'attente qu'on a par rapport au livre. Je n'ai pas trouvé dans le dernier Bruen ce que j'attendais : du nouveau sous le soleil !



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J


En espérant que tu seras moins décçu par le prochain.



C


Voilà j'ai publié ma critique du dernier Bruen, bel et bien décevant !


http://polars-addict.e-monsite.com/rubrique,bruen-ken,238761.html


Pour moi au lieu de faire un pas en avant, Bruen en a fait deux en arrière ! (un concernant le non départ aux USA et un autre pour le retour sur l'évènement marquant de la fin du Dramaturge)



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J


J'irai voir, même si pour moi le dernier Bruen est tout suaf décevant.



C


C'est étrange car, pour moi, "Le Dramaturge" me paraît exempt des aspects parfois un "too much" de la prose de Bruen. Je l'ai trouvé plus resserré, moins digressif même si, effectivement, on voit
venir la fin.


Pour en revenir à Sam Millar: si vous ne devez lire qu'un roman irlandais cette année, à mon humble avis, c'est bien celui-là!!!



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J


Quelle drôle d'idée ! Lire un seul auteur irlandais, alors qu'il y en a tant d'excellents.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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