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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 22:38

Une première chez Rivages (du moins, une première pour moi), un polar hongrois. Chouette ! J’aurais adoré être complètement conquis. Malheureusement ce n’est pas le cas. Mais ce n’est pas non plus une catastrophe. Avis mitigé donc pour Budapest la noire de Vilmos Kondor.

 

KondorBudapest, 1936. La premier ministre, ami de l’Allemagne nazie vient de mourir et la capitale s’apprête à lui faire des obsèques grandioses. Tous les policiers et tous les journalistes sont sur le pont. Mais cela ne passionne pas Zsigmond Gordon, chroniqueur judiciaire d’un grand journal. Dans l’indifférence générale il s’intéresse au cadavre d’une jeune femme juive trouvée sous le porche d’une rue mal famée. Elle semblait en bonne santé, n’avait avec elle qu’un livre de prières. Comment une jeune fille de bonne famille a-t-elle pu finir comme ça ? et pourquoi le chef de la criminelle avait-il, avant sa mort, sa photo dans un de ses tiroirs ? Autant de questions qui tardent à trouver des réponses, mais qui dérangent visiblement du beau monde …

 

« Située quelques années avant l’horreur nazie, cette histoire tragique dépasse, par l’ampleur de ses ramifications historiques, la simple résolution du mystère ». Lit-on en quatrième de couverture. Et c’est bien vrai. Mais c’est aussi là que réside le problème. Car si le fond est passionnant, surtout pour un ignare comme moi de l’histoire de la Hongrie, c’est dans la « résolution du mystère » que le roman pêche. Ainsi que dans la construction des personnages. Comme souvent, il m’est un peu difficile de dire exactement ce qui m’a laissé en dehors de l’histoire.

 

Le manque de chair des personnages pour commencer. On ne les « sent » pas, on ne perçoit pas leurs doutes, leurs souffrances, leurs colères. Ils ne sont pas incarnés, ils restent tout du long des personnages de papier, avec lesquels on ne se réjouit pas, qu’on ne hait pas, pour lesquels on ne tremble pas …

 

Le mystère ensuite, ou plutôt sa résolution. Car si l’explication finale tient bien la route, à plusieurs reprises je n’ai pas compris, ou senti, pourquoi tel ou tel personnage accepte, ou refuse, de parler au journaliste. Peut-être sommes nous trop habitués aux polars tordus, peut-être la situation était-elle plus « simple » en 1936 en Hongrie, mais j’ai trouvé que le bon Zsigmond avait bien de la chance avec des interlocuteurs qui lui lâchent les infos avec une grande bonne volonté au lieu de l’envoyer se faire voir, au mieux, de le passer à tabac, au pire.

 

Manque de métier ? Maladresse de débutant ? Peut-être, car il semble que cela soit un premier roman. Mais comme je l’écris en introduction, il y a aussi du bon dans « l’ampleur de ses ramifications historiques », dans la description d’un pays en train de passer à la dictature, dans la description d’un lieu dont je ne savais rien. Car si tout élève moyen de terminale n’ignore rien de la situation politique de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de l’URSS et de l’Espagne en 1936, que sait-il de celle de la Hongrie ? Rien.

 

C’est ce qui fait l’intérêt de ce roman. Cela et les descriptions de la ville, de ses environs, des cafés. Ainsi que le charme suranné des dialogues, très datés et, mais là ce n’est qu’une supposition, représentatifs d’un milieu et d’une époque.

 

La quatrième de couverture annonce une série. Je la suivrai, malgré mes réserves sur ce premier volume, en espérant que les défauts de jeunesse disparaitront et que la richesse du fond restera.

 

Vilmos Kondor / Budapest la noire (Budapest Noir, 2008), Rivages/Thriller (2011), traduit du hongrois par George Kassai et Gilles Bellamy.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars Europe de l'Est
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commentaires

Nela San 15/03/2011 22:43



J'étais à la recherche de polars hongrois.


Puis, en lisant ce post, je me suis posée la même  question que j'avais lors de terminer  celui de Esmahan Aykol (je pense que chez vs
c'est Meurtre à l'hôtel du bosphore...): "Polar ou Guide Routard?" Et donc, avant d'acheter le 1er Kondor, j'attends le post sur le 2ème (selon promise sur 4éme de courverture)


Cdmt



Jean-Marc Laherrère 15/03/2011 23:38



Je n'ai pas lu le titre que tu sites.


Et j'attends de voir s'il y a d'autres avis sur le roman de Kondor.



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