Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 11:00

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Cathi Unsworth, Au risque de se perdre, publié sous les louangeurs, mais redoutables hospices de Robin Cook, Ken Bruen et David Peace. J’étais donc curieux de voir s’il y en aurait un second, et s’il tiendrai les promesses de ce démarrage en fanfare. Il y en a un second, Le chanteur, et il tient les promesses du premier.

 

UnsworthDébut des années 2000, la musique et la culture punk semblent revenir à la mode à Londres. Eddie Bracknell, petit journaliste obscur survivant à coups de piges dans différents magazines musicaux découvre grâce à un ami photographe, vétéran de l'époque des Sex Pistols, un groupe à la trajectoire de comète : Blood Truth et son chanteur incandescent, Vincent Smith.

 

Vincent qui, un beau jour, disparaît à Paris sans laisser de traces, au moment où le groupe après avoir connu son heure de gloire était en train d'imploser. Profitant du regain d'intérêt pour les années 80, Eddie décide d'écrire un livre sur le groupe et son chanteur et de tenter de retrouver sa trace. Il commence  une série d'interviews qui va l'amener, peu à peu, à cerner la personnalité complexe et controversée du mystérieux Vincent et de ceux qui gravitait autour de Blood Truth, jusqu'à …

 

Autant rassurer tout de suite d’éventuels lecteurs : Je ne suis ni fan, ni connaisseur du mouvement punk, j’écoute plutôt du jazz, du blues et de la soul, je connais mieux Ray Charles, Otis Reding, Aretha Franklin ou Art Tatum que les Sex Pistols … Et j’ai trouvé le roman de Cathi Unsworth passionnant, même s’il me manquait parfois quelques références musicales pour en apprécier pleinement toute la richesse.

 

Parce que sa construction est impeccable jouant avec brio sur les alternances passé / présent. Parce que les personnages sont réellement incarnés. Parce que l'auteur connaît parfaitement l'époque et le milieu dont elle parle, et qu'elle arrive à les refaire vivre, de façon saisissante. Parce que Eddie, looser attachant, est un personnage comme les aiment les amateurs de polar …

 

Et aussi et surtout parce la tension est superbement maîtrisée, allant croissant au fur et à mesure que les différents témoignages apportent un nouvel éclairage sur les personnages et les événements que l'on croyait connaître. L’auteur joue magnifiquement de ces points de vue, retournant le lecteur comme une crêpe (comme elle retourne le pauvre Eddie), un lecteur qui s’aperçoit, peu à peu, que les vérités du début du roman peuvent être remises en question.

 

Plus on avance, plus les ombres s’épaississent jusqu'à l'ébouriffant final ... Une partition magistralement exécutée.

 

Et je ne peux qu’imaginer à quel point un tel roman doit être encore plus enthousiasmant pour ceux qui connaissent bien l’époque et la musique décrites.

 

Cathi Unsworth / Le chanteur (The singer, 2007), Rivages/Thriller (2011), traduit de l’anglais par Karine Lalechère.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
commenter cet article

commentaires

holden 10/03/2011 10:09



ce livre est donc fait pour un acnien punk like me


yeahhhhhhhhhhhhhhhhhhh


 


merci



Jean-Marc Laherrère 10/03/2011 10:27



Exactement.



christophe 09/03/2011 11:47



Chose promise, chose due, le podcast avec Cathi Unsworth sur 1001libraires.com est en ligne ici


Et bientôt une longue interview "papier" sur le site...



Jean-Marc Laherrère 09/03/2011 14:27



Merci pour le lien.



One More Blog in the Ghetto 04/03/2011 08:44



Hello


Bien que déjà totalement convaincu par la chronique du camarade cynic, la tienne -et notamment ta dernière phrase, ayant baigné dans cette musique lors de ma jeunesse...- (Ah!! Le Clash à
Mogador!!) n'a fait que renforcer ma conviction de la nécessité que ce roman rejoigne très vite ma PàL.


Amitiés rock'n'rolliennes.



Jean-Marc Laherrère 04/03/2011 17:09



Amitiés et bonne lecture.



cynic63 04/03/2011 08:10



J'avais donc fait une erreur sur Bad penny blues. Merci de l'avoir corrigée Tannhauser!!! En tout cas, j'avais bien compris que c'était du grand également: vivement que ça arrive chez nous



Tannhauser 03/03/2011 17:10



La fin est incroyable! La fin de "Au risque de se perdre" m'avait déjà laissé bouche bée, et là c'est encore le cas...Petite précision : son troisième livre "Bad penny blues" est déjà sorti en
anglais depuis quelques temps, c'est un magnifique roman noir basé sur des meurtres réels à Londres en 1959, avec là encore une fin d'anthologie, considéré par David Peace comme le "Dahlia noir"
anglais... Son quatrième livre "Weirdo" est annoncé pour 2012, et cette fois elle quitte Londres pour Norfolk.



Jean-Marc Laherrère 03/03/2011 17:30



C'est vrai qu'elle fait très fort sur les fins. Et donc la suite rste au même niveau. Une excellente nouvelle.



Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact