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20 septembre 2013 5 20 /09 /septembre /2013 12:22

C’est un lecteur attentif qui m’a signalé la sortie du dernier roman d’Eduardo Mendoza, La grande embrouille, que j’avais complètement laissé passer. Une aventure de son détective – coiffeur – fou dans la Barcelone d’aujourd’hui, voilà qui s’impose après la lecture du roman d’Antoine Chainas.

Mendoza

Où l’on retrouve donc le détective sans nom, mais non sans particularités du Mystère de la crypte ensorcelée, du Labyrinthe aux olives et de L’artiste des dames.


Pour ceux qui ne le connaissent pas, je conseille d’aller voir le lien ci-dessus qui m’évite de me répéter … Notre narrateur est donc coiffeur, il fait chaud, très chaud l’été à Barcelone, les affaires de son salon ne sont pas brillantes, seul le bazar en face de chez lui, qui vend des machins en plastique à 2 euros semble marcher (et oui, en Espagne tout le monde le sait, c’est la crise).


C’est dans ces circonstances qu’il rencontre le Beau Romulo qu’il a connu quand il était logé à l’asile. Beau certes, mais aussi un peu con, spécialiste de plans foireux qui le ramènent systématiquement en prison. Ce qui n’empêche pas notre ami de l’admirer pour sa prestance et son esprit d’initiative, et d’accepter de se lancer à sa recherche quand une gamine vient, en pleur, lui dire qu’il a disparu.


C’est bien entendu le début d’une enquête riche en rebondissements qu’il va mener avec l’aide d’une statue vivante spécialisée dans une obscure reine portugaise, d’un africain albinos, d’une accordéoniste calamiteuse, ex agente du KGB et quelques autres comparses tout aussi cintrés que lui.


Amis trop cartésiens, amateurs d’intrigues où le moindre détail est pensé et ou les chaussetrappes sont millimétrées, passez votre chemin. Amateurs exclusifs d’écrits neurasthéniques autocentrés, pisse-froids, pisse-vinaigres, amateurs éclairés de grande littérature qui aborde de grands thèmes de façons sérieuse, forcément sérieuse, itou. Eduardo Mendoza s’amuse, délire sans barrières et sans censure grâce à son narrateur qui porte sur notre monde un regard qui, pour être décalé, fou et hilarant, n’en est pas moins incisif.


Alors certes, on peut trouver qu’il y a moins de rythme que dans les premiers, que le délire s’assagit un brin, que ceci et que cela, n’empêche au second chapitre j’avais déjà éclaté de rire et certaines scènes resteront à jamais gravées dans ma mémoire. Ne serait-ce que pour ça, je conseille la lecture de La grande embrouille, qui peut se lire absolument indépendamment des autres volumes, mais qui vous donnera sans doute envie de les découvrir, si vous ne les connaissez pas déjà.


Eduardo Mendoza / La grande embrouille (El enredo de la bolsa y la vida, 2012), Seuil (2013), traduit de l’espagnol par François Maspero.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
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commentaires

Maïté Bernard 26/09/2013 09:21


Merci cher Jean-Marc de nous avoir signalé qu'il existait donc une suite aux deux premiers tomes que j'adore!  J'ai aussitôt commandé "La aventura del tocador de senoras", qui devrait
arriver samedi dans ma boîte aux lettres!


Grâce à toi, j'ai aussid écouvert qu'il existait une traduction en français de "Premier sang" que j'avais lu en anglais et beaucoup aimé il y a longtemps, et que je me suis empressé d'offrir à un
jeune homme de 18 ans amateur de bons bouquins pas trop connus.

Jean-Marc Laherrère 26/09/2013 22:03



Lo del tocador est génial ! Le suivant un poil moins bon, mais un poil moins bon ça reste quand même le haut du panier.


Quand à premier sang il vaut la peine, de même que la précédente réédition chez gallmeister qui a donné Délivrance.


Tu viens à Toulouse ?



Claude-Henri Rousseau 24/09/2013 09:37


Mendoza est très fort dans tous les domaines. Je termine à l'instant "Bataille de Chats" qui nous plonge au début de la guerre d'Espagne. L'intelligence du propos est prodigieuse. Il faut tout
lire de Mendoza.

Jean-Marc Laherrère 24/09/2013 11:58



Je suis assez d'accord avec la conclusion, même si je n'ai malheureusement pas le temps de tout lire de Mendoza ...



Hervé Le corre 20/09/2013 18:13


Mendoza est grand, son dingo amphigourique est son prophète ravagé.


Pour les mômes ( prétexte pour sez régaler au passage) , leur faire lire "Sans nouvelles de Gurb" ( Points Seuil), où l'on voit un extraterrestre débarquer à Barcelone et prendre à volonté la
forme de ce qu'il voit ( Madonna, un bus, une maison, etc.) A tomber de sa chaise plié en huit.

Jean-Marc Laherrère 20/09/2013 19:29



Gurb, génialissime. Je n'y avais pas pensé pour les gamins mais c'est une excellente idée.



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