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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 10:02

Avis aux fans d’Erlendur, leur commissaire préféré est toujours perdu quelque part dans l’Est du pays, pas revenu de ses vacances. C’est donc un nouveau flic de l’équipe que l’on découvre dans La muraille de lave, le dernier roman d’Arnaldur Indridason.


indridasonErlendur n'est donc toujours pas revenu de ses vacances. Depuis un peu plus d'une semaine, personne n'a de ses nouvelles. Alors son équipe doit faire tourner la baraque, quitte à être submergée.


C'est le cas de Sigurdur Oli, pas le plus sympa de la bande : bourré de préjugés, ouvertement réactionnaire, il tente de faire son boulot, honnêtement, malgré les ennuis qui lui tombent dessus : il est en train de se séparer de sa femme, un de ses amis d'enfance lui demande d'aller calmer un couple de maîtres chanteurs, sa mère exige qu'il découvre qui vole le journal d'une de ses amies et un clodo insiste absolument pour lui parler !


Quand dans l'appartement où il se rend pour faire cesser le chantage (sans en avoir parlé à ses supérieurs), il trouve une jeune femme agonisante, et que l'agresseur tente de l'éliminer d'un coup de batte de baseball, les choses tournent définitivement au vinaigre.


Pas d'Erlendur donc, et comme dans La rivière de lave c'est un autre flic de l'équipe qui prend la relève. On se croirait vraiment chez Ed McBain, avec, suivant les épisodes, l'accent mis sur l'un ou l'autre des flics du 87°. Et comme à Isola, Indridason excelle à mêler plusieurs enquêtes, à faire des nœuds là ou tout pourrait être simple, pour tout démêler au final, pour le plus grand plaisir du lecteur. Etre comparé à McBain et ne pas souffrir de la comparaison, cela suffit à faire un très bon polar.


D’autant plus qu’Indridason ne choisit pas la facilité. Son flic est réac, inculte et fier de l’être, raide comme un piquet, il ne boit pas, ne fume pas, mène une vie saine et chiante, à regarder des matchs de baseball à la télé. Bref un personnage vrai, sans la moindre aspérité intéressante. Du moins en apparence. Car finalement, tout le monde a ses forces et ses failles, il suffit de prendre le temps de les découvrir. Et l’auteur prend ce temps.


En prime, ici Indridason se fait plus critique et polémiste que parfois. Il nous peint une Islande complètement affolée par l'argent facile de la bulle spéculative, avec ce que cela implique d’avidité, de folie et de perte de repères moraux. Tout cela sans perdre se finesse et son empathie dans la description des souffrances et des peines des plus fragiles.


On attend avec impatience la suite, avec l’explosion de la bulle et la crise qui en a découlé.


Arnaldur Indridason / La muraille de lave (Svörtuloft, 2009), Métailié (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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