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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 10:47

Après le pessimisme de David Vann, cela fait du bien de reprendre un peu confiance dans l’être humain. Et pour ça c’est bien d’avoir des copains. Surtout des copains qui vous passent des bouquins que vous n’auriez jamais ouverts sans eux. C’est ce qui vient de se passer avec Les ignorants d’Etienne Davodeau.

Davodeau

« Etienne Davodeau est auteur de bande dessinée, il ne sait pas grand-chose du monde du vin.

Richard Leroy est vigneron, il n’a quasiment jamais lu de bande dessinée. »


Tout est dit dans la quatrième de couverture. Etienne va passer un an chez Richard et participer à un an de travail de la vigne et du vin. En parallèle il initie son ami à la BD. Et dessine. Le résultat de ce travail, mis à part les bouteilles que malheureusement je n’ai pas gouttées c’est cette BD, Les ignorants.


C’est certain je n’aurais jamais acheté, ou même emprunté cette BD si elle ne m’avait pas été conseillée. Et j’aurais eu tort. Je l’ai trouvé passionnante. Pour deux raisons très simples : j’aime la BD et le processus de création qui l’entoure m’intéresse, et j’aime le vin et le processus bla bla bla …


A partir de là je crois que tout est dit. Si vous aimez la BD (et même plus généralement la littérature) et le vin, cet ouvrage est pour vous.


Bien entendu, derrière cette boutade il y a bien plus. A commencer par les deux personnages, l’auteur et le vigneron, qui existent charnellement dans le dessin et le textes. Ensuite on sent le travail, le vent, la pluie, mais aussi les discussions sur le choix d’une couleur pour une planche, les visites aux autres vignerons et aux autres auteurs …


Et puis il y a l’humour, la légèreté et ce bonheur de voir deux artistes qui font leur métier avec tout le sérieux du monde … mais ne se prennent pas trop au sérieux eux-mêmes. Le perfectionnisme, une certaine forme d’intransigeance fort bienvenue en ce monde où on essaie de nous dire que tout se vaut, que tout est relatif, et en même temps une grande ouverture, une humanité et une humilité, et le sens de l’humour.


Bref, même si le dessin n’est pas de ceux qui vous accrochent immédiatement, dès qu’on ouvre le bouquin on ne peut plus le lâcher. On finit avec envie de découvrir des auteurs qu’on ne connait pas, et de boire les bouteilles de Richard Leroy … Et on retrouve confiance en l’être humain, du moins en certains êtres humains.


Etienne Davodeau / Les ignorants, Futuropolis (2011). 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans BD
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commentaires

Hoel 08/04/2013 11:05


Très belle BD que ces ignorants. Je conseille vivement.

Je suis un grand amateur de Davodeau, sans doute un de mes auteurs de BD préférés avec Tardi et quelques autres...
Je crois bien qu'y a rien à jeter chez lui mais je conseille en priorité :
Les mauvaises gens
Lulu femme nue (2 vol.)
Un homme est mort
Rural !
Jeanne de la zone
...

En gros, je te conseillerai bien de lire tout Davodeau, petit à petit.
Enfin, tu verras bien si ça te plait mais ça ne m'étonnerait pas que oui. ;)

Sinon il me semble me souvenir que tu es branché rugby (me trompe-je ?).
J'ai lu une super BD de rugby il y a peu, qui pourrait vraiment te plaire. La BD de rugby est un truc rarissime en soi déjà, à part la série humoristique Les rugbymen, alors une bonne  en
plus !
Ca s'appelle En même temps que la jeunesse et c'est signé Jean Harambat (chez Actes Sud BD). Il s'agit de tranches de vie d'un rugbyman (c'est autobiographique j'imagine) amenées
à chaque fois par une combinaison de jeu (mais il ne s'agit que d'un prétexte). Ca se passe sûrement pas loin de chez toi mais aussi en Argentine (entre autres pays) !

Jean-Marc Laherrère 08/04/2013 12:16



Je regarde tout ça, promis.


Lulu femme nue, et le rugby. Merci pour les pistes de lecture.



Ben 04/04/2013 17:55


Puisqu'on peut donner des conseils, du même auteur, il y a aussi Le Réflexe de survie, avec un petit côté polar. Cet album plus ancien a peut-être moins d'épaisseur que ceux précités, mais il a
des dialogues importants: "eh bien, je le proclame, ce slip qui sèche c'est ma dignité". Je l'ai rangé entre Little Bird et L'Arbre à bouteilles.

Jean-Marc Laherrère 04/04/2013 20:57



je note, je note ...



BMR 02/04/2013 11:39


Et une citation :


La dégustation d'un livre est peut-être plus solitaire que celle d'un vin. Mais ils ont ceci de commun que leur goût se déploie et s'affine à la discussion.


On adore les histoires ordinaires de gens ordinaires de Davodeau (comme Lulu femme nue, déjà citée plus haut).

Jean-Marc Laherrère 02/04/2013 15:08



excellente citation ... et je re-note ce titre de Davodeau



Michel 01/04/2013 22:17


J'ai tout de suite accroché au dessin ! pour le reste je suis d'accord avec toi

Christian 01/04/2013 21:11


 


Il m'est arrivé exactement la même chose il y a peu : lors d'un repas un peu arrosé un ami m'a parlé de cette BD, je me la suis procurée et ne l'ai plus lâchée avant la dernière page.


L'occasion de découvrir des références de BD et de crus qui m'étaient inconnus.


Pour ce qui est de se procurer des bouteilles de Richard Leroy, cela ne semble pas très simple, sa production doit être plutôt recherchée ...


J'en profite : avez-vous lu le dernier Lehane ?

Jean-Marc Laherrère 01/04/2013 21:23



Je suis en train, je termine même d'ici demain soir ... magistral.



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