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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 00:19

Un nouveau roman de Thomas Cook, c’est toujours l’assurance d’un moment de finesse, de subtilité et d’humanité. Le dernier message de Sandrine Madison ne fait pas exception.

Cook

Sam Madison, professeur à l’université de la petite ville de Coburn, Géorgie est en mauvaise posture. Il se retrouve accusé du meurtre de sa femme, la belle Sandrine. Elle est morte une nuit, après avoir avalé une bonne dose de médicaments mélangés à de la vodka. Atteinte d’une maladie dégénérative, tout laisse penser qu’elle n’a pas voulu vivre la déchéance annoncée. Mais le procureur et le policier venu constater la mort sont persuadés que c’est son mari qui l’a empoissonnée. Et voici donc Sam devant un jury, obligé de voir son histoire et ses petits secrets révélés à tous, en essayant de surmonter la peine de la perte de cette femme qu’il a tant aimé.


Un chef d’œuvre de construction tout en subtilité. Thomas Cook mêle procès et souvenirs avec une fluidité impressionnante et, jusqu’à la toute fin, laisse le lecteur dans le doute. Sam est-il victime ou bourreau ? Est-il juste un peu minable ou vraiment machiavélique ? Et s’il est victime, de qui ? Autour de l’exercice imposé du roman de prétoire l’auteur tisse une toile aussi fine et légère que celle de l’araignée, mais également aussi implacable pour capturer le lecteur.


Et cette finesse dans la construction va de pair avec la subtilité dans l’analyse de l’évolution du couple de Sam et Sandrine, ainsi que dans celle de cette petite ville.


Thomas Cook est un grand humaniste, mais garde les yeux ouverts. Il aime les hommes tout en connaissant leurs travers. Il sait le côté étriqué, conservateur d’une petite ville du sud, mais arrive à nous faire sentir la noblesse et la dignité qu’elle peut aussi receler, et la grandeur qu’il peut y avoir à s’y intéresser.


On referme le roman en ayant l’impression d’avoir partagé un moment intense, d’avoir côtoyé des êtres humains, d’avoir un peu grandi. Comme Sandrine, magnifique personnage que l’on ne voit pourtant que par les yeux de ceux qui l’ont connue, il arrive à nous élever. Au moins le temps de la lecture.


Merci monsieur Thomas Cook.


Thomas H. Cook / Le dernier message de Sandrine Madison (Sandrine’s case, 2013), Seuil/Policiers (2014), traduit de l’américain par Philippe Loubat-Delranc.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

BiblioMan(u) 23/05/2014 13:53


Apparemment Thomas H. Cook a encore frappé, je m'en vais me le procurer !

Jean-Marc Laherrère 23/05/2014 14:05



Frappé, mais en douceur, comme d'habitude !



maclure 14/05/2014 22:08


le terme subtil me parait particulièrement bien adapté pour T Cook. C'est plein d'humanité et c'est tellement agréable de lire un polar ou il n'est pas besoin d'hémoglobine pour rendre le récit
passionant. 

Jean-Marc Laherrère 15/05/2014 08:16



D'accord avec tout.



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