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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 21:56

J’aime beaucoup les romans de Thomas H. Cook. En plus le bonhomme que nous avons reçu à Toulouse en 2011 est absolument charmant. C’est pourquoi j’essaie depuis Les feuilles mortes de ne pas rater ses nouvelles traductions. La dernière s’appelle : L’étrange destin de Katherine Carr.

 

cook

Sur un bateau, en route vers une jungle, il raconte à son voisin de transat un certain M. Mayawati une histoire …


C’est l’histoire de George Gates, journaliste dans une petite ville des Etats-Unis. George Gates survit depuis que son fils, Teddy, a été enlevé et tué alors qu’il avait 7 ans. Ce jour là, George devait aller chercher Teddy à la descente du bus. Il ne l’a pas fait, parce qu’il cherchait à terminer une phrase pour son livre, et Teddy a disparu. Son cadavre est réapparu, quelques jours plus tard. Par hasard George rencontre un flic à la retraite qui le reconnaît. Ce flic est obsédé par une autre affaire, la disparition de Katherine Carr, vingt ans auparavant. Katherine a disparu un jour, sans laisser de traces, sinon un roman …


Un roman qui raconte comment une certaine Katherine, victime un jour d’une violente agression, est approchée par un homme mystérieux qui semble vouloir l’aider …


Vous l’aurez compris, nous avons là un roman à tiroir, chaque tiroir contenant sa part de suspense et de tension. C’est très casse-gueule comme procédé, mais ceux qui connaissent l’auteur savent qu’il est, mine de rien, un maître dans l’art de la construction subtile. Donc, pas de soucis, faites-moi confiance, tous les tiroirs finiront par se refermer sur des doigts. Reste à savoir lesquels …


Même si ce n’est pas mon Thomas H. Cook préféré (j’ai été plus ému, bouleversé même, par Les feuilles mortes ou Les leçons du mal), une fois de plus je me suis fait prendre dans sa toile d’araignée. C’est un peu ça les romans de Cook, et celui-ci plus que d’autres : On l’ouvre, on commence à y goûter, en ayant l’impression qu’il ne se passe pas grand-chose, et qu’on peut le laisser de côté un moment, pour lire autre chose. Mais on continue. Et insidieusement, sans faire de bruit, la petite mélodie du roman vous rentre dans la tête. Au tiers on croit encore qu’on peut le laisser, lire autre chose, et puis tout d’un coup, vers la moitié du roman, on s’aperçoit qu’on est complètement englué, et qu’on ne peut plus le lâcher, jusqu’à la dernière ligne. Au bout on se retourne, impossible de savoir quand, à quel moment du récit, sur quelle péripétie on s’est fait accrocher de la sorte. Du grand art tout en finesse et en subtilité.


Au-delà de ce talent de conteur, on retrouve certains des thèmes chers à l’auteur : la relation parents-enfants, la douleur de la perte, la vie dans une petite ville américaine, la nature du Mal … Pimentées ici d’une touche de fantastique qui … mais je ne vous en dit pas plus.


Thomas H. Cook / L’étrange destin de Katherine Carr (The fate of Katherine Carr, 2009), Seuil/Policiers (2013), traduit de l’américain par Philippe Loubat Delranc. 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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commentaires

anjelica 26/03/2013 22:47


Il est vrai qu'avec "les feuilles mortes", il a mis la barre haute !

Jean-Marc Laherrère 26/03/2013 23:45



Très haute.



anjelica 23/03/2013 22:22


pour moi, loin d'etre à la hauteur des "feuilles mortes" et comme j'ai du mal avec le surnaturel, cela n'a pas arrangé les choses. 

Jean-Marc Laherrère 24/03/2013 12:12



Certes, mais Les feuilles mortes est un authentique chef d'oeuvre ...



blandenet 21/01/2013 21:32


Je n'ai pas encore lu celui-ci mais je vais m'y précipiter sans tarder. Thomas H.Cook est pour moi un grand bonhomme qui parvient avec des mots et une construction simples à retranscrire des
sentiments tellements humains. Great ! comme diraient nos amis américains ! et blog toujours aussi pertinent dans ses choix.

Jean-Marc Laherrère 21/01/2013 22:32



Merci, et pour ma part, je ne saurais mieux dire l'admiration que j'ai pour cet auteur (qui en plus est absolument charmant).



Foxy 14/01/2013 19:12


Je suis également un admirateur de Thomas H cook et j'avoue que j'ai été moyennement embarqué par ce livre...même si on retrouve toujours ce style un peu mélancolique qui fait son charme...j'ai
un peu décroché dans les "tiroirs"...peut_être un peu de fatigue intellectuelle :o)...j'ai quand même largement préféré les feuilles mortes, qui reste pour moi son meilleur roman.

Jean-Marc Laherrère 15/01/2013 07:25



Je préfère aussi les feuilles mortes.



Bad chili 14/01/2013 16:09


Sans me déranger, l'aspect fantastique ne m'a pas vraiment intéressé. Par contre j'ai trouvé le personnage de Gates très fort, la culpabilité qu'il porte en lui, ses pensées morbides qui
surgissent sans prévenir... c'est assez poignant. 

Jean-Marc Laherrère 14/01/2013 17:41



Non effectivement ce n'est pas le plus intéressant ce côté fantastique, juste un assaisonnement différent.


Et oui, la culpabilité de gates est très subtilement et finement rendue, surtout que le sujet se prête facilement à un traitement avec de très gros sabots et plein de violons bien dégoulinants.
Mais ce n'est pas le genre de la maison chez Cook.



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