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19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 15:54

Gallmeister délaisse, momentanément, les grands espaces pour ceux beaucoup plus confinés de New York. Avec Totally killer de Greg Olear dont vous avez sans aucun doute déjà entendu parler sur les blogs. A mon tour de mettre mon grain de sel.

 

OlearNew York 1991. L’incandescente Taylor Schmidt débarque de son Missouri natal à la recherche du boulot de sa vie. Elle débarque par la même occasion dans la vie de Todd, le narrateur, dont elle partage l’appartement. Comme elle Todd fait partie de cette génération, un rien désabusée, qui cherche désespérément à trouver sa place. Pauvre Todd, baladé d’un emploi précaire à un autre, fasciné, hypnotisé même, par sa colocataire, qui se retrouve dans la position inconfortable de meilleur ami et confident alors qu’il ne rêve que d’une chose, la mettre dans son lit …

 

Toujours est-il que les deux galèrent jusqu’au jour où Taylor tombe sur la pub pour une agence de recrutement de plus. Mais celle-là est spéciale. Locaux luxueux, chasseur de tête à tomber par terre, et immédiatement, une proposition. Le boulot de rêve, celui pour lequel Taylor serait prête à tuer … Prête à tuer ? Vraiment ?

 

Je ne sais pas trop comment tourner cette chronique …

 

Totally killer est un bon polar. Personnages caricaturaux mais c’est la règle dans ce genre d’exercice, écriture qui accroche dès les premières pages (c’est d’ailleurs le gros point fort du roman), une intrigue qui ose tout dans un crescendo grand guignol plutôt drôle, et une idée de départ …

 

C’est là que je coince un peu. Dans l’absolu, l’idée de départ est excellente. Comme il n’y a pas de postes disponibles, il ne reste plus qu’une seule solution, flinguer ceux qui ont un boulot pour leur prendre la place. Excellente certes, mais le premier lecteur de polar venu m’objectera (et il aura raison) qu’elle a déjà été exploitée, et de quelle manière, par Le couperet, le chef-d’œuvre (pardon, un des chefs-d’œuvre) de Donald Westlake. Et que la comparaison, que l’on ne peut s’empêcher de faire (ou du moins que je n’ai pas pu m’empêcher de faire) n’est pas à l’avantage de Totally Killer.

 

Parce qu’on croit beaucoup moins aux personnages (mais c’est une satire, donc ce n’est pas grave en soi), parce que le final grand-guignolesque atténue la portée du propos (mais c’est une satire …), parce qu’aussi la référence permanente et répétitive à l’année 1991 l’ancre terriblement dans le temps là où Le couperet est intemporel (c’est d’ailleurs le seul vrai reproche que j’ai à faire à ce roman, la répétition parfois un peu lourde des références à cette époque). Pour faire court, parce qu’on compare un bon polar avec un chef-d’œuvre.

 

Voilà pourquoi j’ai du mal à écrire cette chronique ... Parce que c’est un bon polar, mais que je ne suis pas certain que je vous ai donné envie de le lire. D’un autre côté, je ne peux pas non plus passer sous silence le problème suscité. Bref, à vous.

 

Greg Olear / Totally killer (Totally killer, 2009), Gallmeister (2011), traduit de l’américain par François Happe.

 

PS. Si, par le plus grand des hasards, vous n’avez jamais lu Le couperet de Donald Westlake, précipitez-vous toutes affaires cessantes, interro écrite la semaine prochaine. Mais tout le monde ici a lu ce monument. Forcément.

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commentaires

Miss Alfie 05/04/2011 10:59



N'ayant pas lu Le couperet (oui, c'ets moi !), j'ai apprécié Totally Killer même si la fin m'a laissé un peu sur ma faim... Mais il est vrai que l'écriture vive et accrocheuse
de l'auteur n'y est pas pour rien !



Jean-Marc Laherrère 05/04/2011 14:38



On l'a donc trouvée !


Pour lundi prochain, lire Le couperet et faire un note sur le blog.



Pierre FAVEROLLE 03/04/2011 13:45



Salut Jean Marc, je l'ai fini hier soir, et je suis d'accord avec toi. C'est un bon polar. Mon article devrait être plus indulgent parce que c'est un premier roman, tout de même ! A +



Jean-Marc Laherrère 03/04/2011 15:05



Certes, c'est un premier roman, et c'est d'ailleurs pas mal ... Mais j'ai du mal à ne pas le comparer au Couperet. la difficulté, parfois, d'avoir trop lu ...



Emeraude 27/03/2011 19:17



je suis assez d'accord avec Hélène et Pierre Faverolle : certes c'est un polar mais ce n'est clairement pas que ça. Bon, pour ma part je n'ai pas lu "le couperet" mais ce n'est pas la première
fois que j'entends la comparaison. J'imagine que ça a du te déranger, mais encore une fois, je ne pense pas qu'il faille voir "totally Killer" que comme un polar, sinon, il perd au moins 2/3 de
sa valeur !



Jean-Marc Laherrère 27/03/2011 19:31



Je ne penses pas que ce soit le fait de voir, ou non, Totally Killer qui pose un problème. C'est vraiment la comparaison avec Le Couperet dont il reprend l'idée. Et les références, un poil
lourdes, aux différences entre 1991 et 2010 ...


Mais ça reste un bon petit roman au style alerte et percutant.


Et IL FAUT LIRE LE COUPERET !!!!



Hélène 21/03/2011 20:16



Ce n'est sans doute pas un hasard s'il ne fait pas partie de la partie "noire" de Gallmeister. Il est publié par Philippe Beyvin, chez "Americana".


Je pense que ce qui intéressait l'auteur était davantage de faire le portrait d'une génération plus que d'écrire un polar comme "le couperet" (excellent, sur ce point je vous rejoins)


Alors oui, ce n'est pas un livre inoubliable, mais sa verve nous emporte et personnellement j'adhère plutôt bien.



Jean-Marc Laherrère 23/03/2011 09:21



Je suis d'accord, ce n'est pas un livre inoubliable, mais un bon roman.



gridou 20/03/2011 20:27



oups...pas lu (la cancre!) mais j ai vu le film de Costa Gavras et vu l 'article de Richard qui m'avait bien motivée.



Jean-Marc Laherrère 20/03/2011 21:19



Le film de Costa Gavras est bien et assez fidèle à l'histoire. Il lui manque la finesse et l'ambigüité du roman où le lecteur oscille entre horreur et compassion. Même en ayant vu le film, ça
vaut le coup de lire le roman, vraiment.



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