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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:02

Décidément une bonne semaine française … Qui avait bien démarré dimanche, qui c’est poursuivi en fanfare avec le dernier Caryl Férey et se conclue en beauté avec le nouveau Christian Roux, L’homme à la bombe.

 

Roux

Que reste-t-il à perdre quand on a tout perdu ? Plus de boulot, les humiliations quotidiennes de la recherche d’emploi, la famille qui se délite, le quotidien qui perd sa structure ?

 

Rien. Et c’est quand on n’a plus rien à perdre que tout devient possible. Larry, ancien ingénieur acousticien dérive, coule, et finit par s’ancrer sur sa bombe. Une fausse bombe, mais qui ressemble à une vraie. Une fausse bombe qui le rassure et lui laisse entrevoir des possibilités … Jusqu’au jour où il passe à l’acte, entre dans une banque, et se retrouve à fuir avec Lu, tout aussi perdue que lui. Une fuite sans avenir dans un monde qui ne veut pas d’eux.

 

Christian Roux prouve par l’exemple qu’il n’est pas nécessaire d’écrire des pavés pour dire beaucoup de choses, de façon forte, fine et subtile.

 

Tout est dit dans ce petit roman en forme de fuite en avant. Racisme ordinaire, détresse du chômage, manque de repères et d’amour, manque de simples relations humaines … Avec Larry et Lu, l’auteur revisite avec talent et bonheur le mythe du couple meurtrier en cavale, sans justifier ni condamner, juste en décrivant des êtres humains qui souffrent, en les décrivant au plus près, au ras des sentiments.

 

Et il touche en plein cœur. Un diamant noir avec de vraies pépites d’humanité dedans.

 

Christian Roux / L’homme à la bombe, Rivages/Noir (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

olivier Verstraete Radio Cité Vauban (RCV) 12/06/2012 23:15


bonjour JML,


de nouveau d'accord cela va devenir une habitude


 


 


 


Dans un climat économique et social lourd, difficile, de crise, , les personnes poussées au bout de leurs limites sont parfois prêtes à tout pour mettre sur la place publique leur désarroi,
malheurs. Elles en viennent à commettre des exactions terribles de type suicide, immolations dans des lieux publics ou actes de désespoir impliquant la vie d'autrui. Voici campée la toile de fond
du nouveau livre de Christian Roux, l'homme à la bombe, paru en proche chez Rivages.


 


Larry ne croit plus en rien. Ce quinqua surdiplômé ne croit plus en son retour à l'emploi; à sa femme et sa fille qui s'éloignent de lui petit à petit, à son envie de s'en sortir. Il ne voit plus
qu'une issue : casser le modèle et faire un coup d'éclat grâce à une bombe artisanale qu'il porte à la ceinture. Mais au moment de l'instant final, une rencontre impromptue va chambouler tous ses
plans et l'emmener dans un road movie haletant.


Quel plaisir de retrouver Christian Roux dans ce court roman qui lui fait renouer avec un terrain d'écriture qu'il affectionne tout particulièrement : celui des destins mal barrés de gens barrés
qui partent en sucette. Il mène sa narration à tambour battant au rythme des errements de Larry et Lu, deux personnages hautes en couleur au sens propre comme au figuré. Cette fiction réussie de
l'auteur de Braquages ne manque surtout pas de cynisme à travers notamment cette machine à broyer que peut être le chômage associée au manque d'humanisme de certains recruteurs qui, par leurs
comportements, agissent comme des détonateurs.

Jean-Marc Laherrère 13/06/2012 08:55



C'est même une habitude qui dure, depuis le regretté Mauvais Genres ...



Cousteix 12/05/2012 14:27


Bonjour JM, Juste pour vous dire merci ! Je suis un GRAND lecteur, depuis tout petit. Nourri jeune aux Cendrars, Kessel, Conrad, Istrati, London. Puis, avec l’âge, Balzac, les classiques russes,
Giraudoux... J’ai participé à de nombreux jurys de lecteurs : Lire, l’Express, Orange... Et cette année j’ai postulé pour le jury du Prix Polar Points.
http://www.lecerclepoints.com/page-163.htm#prixdumeilleurpolar Je me suis lancé. Jamais lu de polars : des préjugés ? Peut-être ! Alors j’ai lu «L’île des chasseurs d’oiseaux» de Peter May. La
claque ! J’envoie une lettre de motivation et ma critique du livre. Gagné, reçu ! Voilà, tout ça pour vous dire que depuis, je dévore les polars et essentiellement ceux que vous conseillez. Et
là, je dis encore et encore, j’insiste, merci !


Je tenais à ce que tout le monde le sache !

Jean-Marc Laherrère 12/05/2012 14:31



Je ne peux que répéter ce que je vous ai dit directement : Merci.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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