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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:27

« Il fut un temps, lointain, où j’allais régulièrement au ciné. Jusqu’à une à deux fois par semaines. Ce temps est révolu et je suis content maintenant quand je trouve le temps d’y aller … deux fois par an. » Voilà ce que j’écrivais en août dernier. Et cela se confirme.

 

Onze mois plus tard, je retourne enfin au cinéma pour voir autre chose que Harry Potter VII ou Pirates des caraïbes IV avec les minots.

 

Heureusement, comme l’an dernier bonne pioche avec le jubilatoire La part des anges de Ken Loach.

 

Ken Loach 01

A droite et à gauche les critiques varient entre : « excellent » et « certes on rit mais c’est un petit Ken Loach. »

 

Ben non. On rit ET c’est un grand Ken Loach. Quelle manie de vouloir à tout prix rabaisser un film (ou un livre), sous prétexte qu’il est accessible et surtout drôle. Comme écrivait le grand Desproges à un critique imbécile qui disait d’un film qu’il n’avait d’autre  ambition que celle de faire rire, mais elle est immense l’ambition de faire rire.

 

Et que dire d’un film comme celui-ci qui arrive à faire rire intelligemment, sans aucun mépris pour personne, avec une vraie compréhension des personnages, sans misérabilisme mais sans angélisme, un film capable de vous faire passer d’une scène qui vous tord les tripes a un vrai éclat de rire ? Ben on dit que c’est un grand film.

 

Un grand film magnifiquement joué. Un grand film qui vous redonne un peu de confiance dans l’humanité, qui met en avant la notion de solidarité, d’amitié, qui ne cache aucune difficulté et dit que ça vaut quand même la peine d’essayer. Un grand film qui montre toute la dureté de la vie des paumés, sans pour autant tomber dans le cynisme, le pessimisme dandy, ou la haine de l’autre.

 

Et qui ose un happy end. Et en plus, scandale des scandales pour les pisse-froids, la rédemption passe par le plaisir ! Non ? Si ! A mais ça, ça va pas du tout, merde, il faut souffrir pour réussir ! Et ben non, là on réussit et on s’en sort (miraculeusement) grâce au partage d’un immense plaisir.

 

Bref d’hésitez pas un instant, vous voulez tester votre anglais ? (je vous mets au défi de comprendre ce que racontent ces prolos de Glasgow), vous voulez frémir et rire ? Vous voulez visiter une distillerie derrière une hôtesse gironde et enthousiaste ? Vous voulez assister à une belle arnaque ? Allez voir La part des anges.

 

Je ne suis pas inquiet, dès la géniale première scène vous serez conquis.

 

PS. Je sais je n’ai rien raconté de l’histoire, mais le film est sorti depuis assez longtemps pour que tout le monde la connaisse …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Cinéma
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commentaires

Anna Blume 24/07/2012 21:56


Je suis une inconditionnelle de Loach. Quelle frustration de ne pas avoir encore eu le temps d'y aller !!!

Jean-Marc Laherrère 30/07/2012 01:07



Il passe encore dans les bons cinés.



jeanne desaubry 20/07/2012 14:51


J'approuve totalement : le début du film est très noir, on ne s'attend vraiment pas à ce que les choses s'arrangent,mais Loach prend à contrepied... Un film joyeux, optimiste pour autant, sans
illusion.  Ni angelisme ;-))

Jean-Marc Laherrère 30/07/2012 01:04



Salut Jeanne, j'espère que plein de gens iront voir ce film.



Hannibal le lecteur 12/07/2012 00:25


Vu la semaine dernière. J'ai beaucoup aimé aussi. Et c'est vrai que ça faisait un moment que je ne m'étais pas autant marré au cinéma, surtout avec le personnage d'Albert ("Mona who ?").

Contrairement à vous, je ne connais pas Ken Loach mais ça m'a donné envie de continuer à voir ce qu'il a fait. Pour l'heure, en plus de celui-ci, j'ai seulement vu Sweet Sixteen, que j'ai aimé
aussi. Je trouve que ces deux films ont pas mal de points communs (les prolos britanniques, le jeune en galère...) mais aussi de belles différences (je ne m'attendais pas à un happy end).

Je ne me souviens pas avoir trop lu les sous-titres ni avoir été gêné par l'accent. Faut dire que j'ai passé quelques semaines en Ecosse et dans le nord de l'Angleterre, sur les borders (là où
ils mâchent encore plus leurs mots qu'ailleurs), ça aide.

Jean-Marc Laherrère 12/07/2012 09:40



Disons que le rire et le happy end sont assez peu représentatifs de l'oeuvre de Ken Loach.


En général on sourit parfois un peu, et ça se termine souvent mal, voire très mal.


Mais toujours cette empathie et cette proximité. Un grand cinéaste.



meyer meyer 11/07/2012 06:01


TRès bonna analyse d'un film qu'on ne peut que recommander et que je trouve sous estimé par la critique.Mais il existe parfois chez les critiques un certain "goût" (terme pas vraiment approprié)
pour dénigere ce que 'lon a adoré.


Un Ken Loach dit mineur reste généralement un bon film supérieur à bien des productions qui encombrent les sales de cinéma.


Je confirme on necomprend pas grand chose à "l'anglais" des comédiens mais les sous-titres sont là. 


En résumé un film ou on ne s'ennuie paset où l'on passe des larmes (là j'exagère, en fait je veux dire de situations dramatiques mais larmes ça fait bien dans l'expression) au(x) rire(s). Bon
posez votre bouquin 2 heures et allez au cinéma.

Jean-Marc Laherrère 11/07/2012 09:32



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