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26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 22:32

Je continue à lire pour TPS. Brigitte Aubert est, avec Paco Ignacio Taibo II invitée d’honneur, et c’est un auteur que je connais peu, mis à part l’horrible et jubilatoire Souffle de l’ogre. Comme sa bibliographie est fort abondante j’ai pêché un peu au hasard. Requiem Caraïbe, bonne pioche.


AubertDagobert Leroy (oui son père avait un sens de l’humour assez spécial), 45 ans, est plutôt noir, plutôt baraqué, ex militaire et privé sur l’île de Saint- Martin dans les Antilles. Ce matin là on se croirait dans les années cinquante en Californie : Charlotte Dumas, métisse flamboyante et insupportable (en bref la femme fatale de cinéma) déboule avec sa mauvaise humeur dans son bureau. Il s’agit ni plus ni moins que de retrouver son père, qu’elle n’a jamais connu, qui a juste croisé sa mère vingt-cinq ans plus tôt à Sainte-Marie. Pas de piste, aucun témoin survivant ou presque, la routine pour Dag qui ne se doute pas qu’il va mettre les pieds dans un véritable nid de serpents.


Plus classique que ça, on peut pas.


Un privé baratineur, une cliente somptueuse et insupportable, la recherche a priori sans risque d’un (ou d’une) disparu, de jolies femmes, des bagarres et une situation qui part en vrille. Depuis l’invention du privé hard-boiled il y a eu des centaines de romans sur ce canevas. Alors pourquoi lire celui-là ?


D’abord parce que j’aime ça, et que quand c’est bien fait, ça marche. Ca marche chez Lehane, ça marche chez Pelecanos, ça marche  chez Block. Et bien ça marche aussi chez Brigitte Aubert. Voilà, le privé dur à cuire avec ses réflexions, ses vannes, ses répliques son sourire de tombeur, elle sait faire, comme les américains.


Et puis le décor change et ça aussi c’est bien. La balade d’une île à l’autre est bien agréable. Et puis elle maîtrise parfaitement les scènes à grand spectacle, comme celle de l’ouragan ou la confrontation finale. Et puis il y a de vrais affreux, bien convaincants, ingrédient indispensable du genre. Et puis il y a des coups de théâtres bien amenés. Et puis elle y introduit quelques variantes plutôt bienvenues … Allez, je vous révèle un petit secret … Malgré un début archi classique, le privé ne devient pas amoureux de sa cliente … Vous verrez … hihi …


Bref, une lecture extrêmement agréable.


Brigitte Aubert / Requiem Caraïbe, Seuil/Policiers (1997).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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commentaires

Sophie 03/10/2011 14:06



Le meilleur de B. Aubert de mon point de vue, la scène finale (dans l'usine de canne à sucre ?) me laisse encore des frissons !



Jean-Marc Laherrère 03/10/2011 14:11



D'accord, excellent final, la scène de la tornade n'est pas mal non plus.


Et j'ai beaucoup aimé Le souffle de l'ogre.



yossarian 03/10/2011 08:09



La couverture me fait penser à un Marc Dorcel des années 1970.



Jean-Marc Laherrère 03/10/2011 11:35



Une référence qui m'est totalement inconnue ...



Yan 28/09/2011 06:16



Je serai là de samedi à dimanche.



Yan 27/09/2011 22:07



J'ai beaucoup entendu de bien de Brigitte Aubert mais n'ai jamais encore eu l'occasion de la lire. Tu donnes en tout cas envie de découvrir cet auteur. TPS sera donc l'occasion.



Jean-Marc Laherrère 27/09/2011 23:13



Parfait. Quand arrives-tu ?



christophe 27/09/2011 15:39



J'avais vraiment bien aimé lors de sa sortie, heureux de voir que le livre n'a pas vieilli...



Jean-Marc Laherrère 27/09/2011 15:59



Le point de départ est tellement classique qu'à mon avis il n'y avait que deux solutions : Soit il était déjà vieux à la sortie, soit il était indémodable. A mon avis il est indémodable ...



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