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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 23:13

Un livre à côté duquel j’étais passé l’an dernier. Et que j’ai lu grâce à l’ami Norbert : Tu es la mal de Roberto Costantini.

 

Costantini

1982, l’Italie est sur le point de gagner la coupe du monde de foot en Espagne. Michele Balistreri a fait beaucoup de conneries, avec ses amis d’extrême droite, puis dans les services secrets. Il est maintenant flic dans un quartier facile. Jusqu’au meurtre d’Elisa Sordi, superbe jeune femme qui travaille pour le cardinal Alessandrini. Son corps est retrouvé, torturé et mutilé, et Michele ne trouvera jamais son meurtrier. En 2006, l’histoire semble se répéter, l’Italie est de nouveau en final et la mère d’Elisa se suicide. Mais d’autres jeunes femmes sont de nouveau trouvées torturées … Michele mal en point et assagi va devoir retrouver sa rage intacte pour affronter des puissances qui le dépassent, du Vatican aux services secrets, et passant par les milieux d’affaire.


Rien de révolutionnaire, ni dans la construction ni dans l’écriture, mais un solide polar, bien construit, avec une bonne intrigue et un fond historique et politique bien documenté.


On prend plaisir à l’intrigue, même si certains retournements et coups de théâtres sont un peu forcés. Le héros principal, avec ses sérieuses zones d’ombre et ses colères mal dirigées qui se trompent de cible est ambigu, inhabituel et donc intéressant.


Mais ce qui fait sortir ce roman du lot du tout venant c’est la description des liens entre l’aristocratie italienne, le Vatican, le monde politique, les services secrets et l’extrême droite. Tout un réseau d’intérêts, de complicités, de magouilles allant jusqu’au meurtre. Un réseau déjà mis en scène par des gens comme De Cataldo, mais ici la répétition n’est pas inutile.


En résumé un polar solide, avec une bonne histoire qui dévoile quelques pans guère glorieux des trente dernières années de politique italienne.


Roberto Costantini / Tu es le mal (Tu sei il male, 2011), Presses de la cité/ Sang d’encre (2012), traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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commentaires

Norbert 29/08/2013 14:48


Oui, cette série je l'ai dans le viseur depuis un moment, mais le résumé de ce Carofiglio me "parlait". Je suis allé voir ta chronique du coup, et elle est très bonne ! En plus, il s'agit de la
déchéance du personnage principal, et même si je sais que ça ne respire pas la joie de vivre, j'aime bien ce thème dans les romans noirs ! rires


Pour Paolo Roversi, La ville rouge a été publié en 2012 aux Escales, ça se passe à Milan où en 1958 2 ados sont témoins du braquage d'une banque, et alors que l'un va rentrer dans la police et
gravir les échelons, l'autre a un parcours parallèle dans le banditisme. Sinon, Roversi est aussi l'auteur d'une série avec un journaliste hacker comme héros, ce qui lui vaudrait d'être salué par
la critique comme "le Scerbanenco postmoderne".


Voilà, c'était le flash-info du jour. À bientôt, JMarc !  ;)

Jean-Marc Laherrère 29/08/2013 15:10



C'est vrai, c'est très bien, mais Guido c'est ...


Bref, ce n'est pas très représentatif du reste de son oeuvre, donc après il faudra lire Témoin Involontaire et tu deviendras toi aussi fan de Guido.



Norbert 29/08/2013 11:41


Oui, j'ai noté sa série aussi, mais j'ai d'abord acheté "Le passé est une terre...". Pourquoi, il est moins bien ? J'ai été attiré par le résumé...

Jean-Marc Laherrère 29/08/2013 14:33



J'ai moins aimé, surtout parce que je suis fan inconditionnel de la série avec Guido.



Norbert 29/08/2013 11:07


Bonjour JMarc,


Merci pour cette lecture. Je suis content que tu ais aimé ce roman.


Personnellement, je ne voulais pas le comparer à Romanzo Criminale ou autres grands classiques, mais je trouvais que pour un premier roman en plus, c'était quand même très prometteur ! La
construction, même si elle n'a peut-être rien de révolutionnaire, a malgré tout le mérite d'exister, avec cette première partie dans les années 80, qui permet de saisir une autre ambiance et de
connaître les personnages plus jeunes. D'ailleurs, l'un des gros points forts du livre sont justement les personnages : j'ai trouvé qu'ils avaient une vraie présence, bons ou mauvais ils sont
tous extrêmement crédibles. Pareil pour l'intrigue qui n'est pas qu'une simple histoire de serial-killer: en plus de l'enquête, j'ai beaucoup aimé les histoires d'amour et d'amitié (certes qui se
passent mal, je n'en dis pas plus) que vit Balistreri. Et ce personnage de Balistreri, j'ai été en totale empathie avec lui dans la seconde partie, pourtant il n'y a pas de pathos, mais j'ai bien
aimé aussi le fait qu'il soit parfois imprévisible, par exemple. Comme Holden, j'ai trouvé qu'il avait une véritable "force", que ce soit dans les personnages ou dans l'histoire.


En tout cas, il faudrait vraiment qu'au moins les deux autres romans de cette trilogie soient traduits en français, Déjà par souci de cohérence et de suivi, et surtout parce que ce premier polar
montre à mon avis que ça vaudrait le coup (sans le comparer à d'autres, hein ;) ) !


Bref, du coup ça m'a donné envie de lire du polar italien, et du coup, cet été pendant que tu n'étais pas là, je me suis permis de revenir ici et de noter Gianni Bondillo (Le matériel du tueur)
et Maurizio de Giovanni (La méthode du crocodile, en attendant sa série Ricciardi). J'ai aussi choisi le Carofiglio chez Rivages, "Le passé n'est pas une terre étrangère", et "La ville rouge" de
Paolo Reversi qui vient de sortir en poche (je ne sais ps si tu connais). ;)


 

Jean-Marc Laherrère 29/08/2013 11:27



C'est vrai que c'est un premier roman ambitieux, et original dans la choix de son personnage principal.


Pour carofiglio, s'il est encore temps, je te conseillerais plutôt "témoin involontaire" le premier de sa série Guido, avocat à Bari, et je ne connais pas Reversi.



holden 28/08/2013 10:05


tres bon livre qui n'estpas du tout un thriller, malgré la couverture, le resumé, mais un trs bon poalr, qui nous eclaire sur l'italie


merci jm

Jean-Marc Laherrère 28/08/2013 16:27



De rien. J'ai bien aimé, même si ce n'est pas au niveau d'un roman comme Romanzo Criminale.



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