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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 22:28

Vous ne pouvez pas savoir le plaisir que j’ai éprouvé à ouvrir Signé Mountain de Peter Corris. Parce que comme le suggère le titre fort littéraire de ma chronique, Peter Corris et son Cliff Hardy ont été parmi les premiers à l’accueillir dans le monde merveilleux du polar. Ni les meilleurs, ni les plus originaux, mais avec Hillerman, Ellroy, Montalban et un ou deux autres, un des premiers que j’ai lus et appréciés.

 

CorrisComme son auteur Cliff Hardy est australien, de Sydney. Il est privé, un vrai, un hard-boiled pur et dur, dans la grande tradition Bogart. Il picole, sait se battre, raconte à la première personne, a le sens de la formule, plait au femmes mais vit seul … Un vrai vous dis-je.

 

Tout commence quand un de ses amis, loueur de voitures, l’embauche pour démasquer l’équipe qui lui a déjà volé 4 voitures. Or parmi les voleurs déguisés et maquillés qui ont loué un véhicule sous un faux nom, Cliff reconnaît une de ses connaissances de bar : Bill Mountain, écrivain raté, alcoolique accompli, qui gagne (fort bien) sa vie en écrivant des merdes pour la télé. La suite ne sera qu’une longue poursuite, derrière un looser qui plonge toujours plus loin dans la folie.

 

Essayons d’être objectif … pas grand-chose d’original, rien de révolutionnaire dans ce roman. Le plus grand dépaysement vient du lieu, Sydney, où le privé est quand même plus rare qu’à Los Angeles, New York ou Paris. Sinon sur une intrigue somme toute assez classique, proche (pour le point de départ) de celle du dernier baiser de l’immense James Crumley (un privé court après un écrivain en panne d’inspiration), et une histoire qui fonctionne, avec un personnage comme les aiment les amateurs de polar, des rebondissements, de la castagne … et le plaisir de retrouver un personnage perdu de vue depuis longtemps, de se couler dans cette histoire comme dans des pantoufles certes un peu usées, mais ô combien confortables.

 

Parce qu’on ne peut pas ne lire que du David Peace, que du génial, que du qui secoue, et qu’un bon polar des familles, avec un privé dur à cuire dans la tradition, écrit par un bon écrivain qui maîtrise parfaitement son sujet, ça fait aussi du bien de temps en temps.

 

Allez, quelques réflexions de Cliff, qui font partie du charme de l’ensemble :

 

« On a échangé une poignée de main, si longue que j’ai bien cru qu’il voulait me léguer la sienne »

« avec des cheveux plus sel que poivre, et une calvitie si galopante que c’était à se demander si son dernier cheveu aurait le temps de blanchir avant de tomber. »

 

C’était donc ma madeleine à moi. Une de mes madeleines.

 

Peter Corris / Signé Mountain  (Deal me out, 1986), Rivages/Noir (2010), traduit de l’australien par Catherine Cheval.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars des antipodes
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commentaires

Olivier 23/09/2010 08:15



Ma foi, je viens de croquer dans cette madeleine, et elle a jusqu'ici fort bon goût...à tel point que je redoute fort de trouver comme principal défaut à ce livre d'être trop court quand
j'arriverai à la fin.

Merci de m'avoir encore une fois fait découvrir un auteur que je ne connaissais pas...et je pense que je vais tenter de trouver d'autres titres de cet auteur.




Jean-Marc Laherrère 23/09/2010 09:12



D'autres titres ont été publiés, tous chez rivages/noir. Des romans, et, je crois, un recueil de nouvelles (peut-être un cran en dessous).



Catherine 20/09/2010 23:22



Bonjour Jean-Marc, en ligne jeudi sur le blog du défi. Bonne continuation !



Jean-Marc Laherrère 20/09/2010 23:25



Merci.



Serge 31 20/09/2010 23:06



Plaisir totalement partagé. Dans le costume de l'enquêteur, j'ai toujours préféré le personnage atypique du privé à celui de flic, nettement plus engoncé dans son devoir de rétablir un ordre
établi. Pour info, il reste près d'une trentaine de Cliff Hardy inédits à découvrir (romans et recueils de nouvelles)...



Jean-Marc Laherrère 20/09/2010 23:25



Voilà une excellente nouvelle ... Si Rivages décide de les traduire ...



Hélène 20/09/2010 09:52



Je ne pense pas avoir déjà lu un livre de lui, je vais tenter l'aventure. parmi mes madeleines, je compte aussi Tony HILLERMAN, Howard Fast et son Sylvia, William IRISH, Chester HIMES...
Je comprends ta jubilation, j'irais bien les relire aussi !



Jean-Marc Laherrère 20/09/2010 10:18



Ma jubilation est d'autant plus grande qu'il s'agit d'un inédit !!



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