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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:07

Qui a dit que la vieillesse est un naufrage ? Certainement pas Jean-Paul Jody qui, avec Vingt mille  vieux sur les nerfs nous mitonne un poulpe qui donne envie de vieillir !

 

JODY-PoulpeC’est la crise. Chéryl n’a plus de temps pour la gaudriole, elle passe son temps à « s’informer » en regardant la télé pour pouvoir discuter dans son salon ; et Gérard, dont le bistro est envahi par des cadres encravatés, ne sert plus de pieds de porc, parce que sa nouvelle clientèle n’en veut pas. Mais Gabriel ne s’avoue pas vaincu. Qui mange encore des pieds de porc ? Les vieux. Il va donc faire le tour des maisons de retraite pour rameuter les anciens amis de ses défunts parents. Il n’imagine pas qu’en rassemblant ainsi autant d’anciens de tous les combats (guerre d’Espagne, résistance, guerre d’Algérie, mouvements sociaux …) il joue avec le feu. Que dis-je le feu ? la dynamite. Et d’ailleurs, peu après, ça commence à péter.

 

En voilà un poulpe réjouissant, à défaut d’un poulpe réjoui. Le pauvre Gabriel, complètement dépassé par les événements, n’est ici qu’un détonateur, et tout juste le témoin du raz-le bol des anciens. Il observe, il subit, et même Chéryl lui refuse le repos du guerrier (ce qui donne lieu à quelques effets de comique de répétition assez réussis).

 

Ils sont beaux ces papis mamies. Ils sont beaux, ils sont enragés, ils ont décidé, une dernière fois, de combattre la saloperie et la connerie. Et ils ont bien raison merde ! Ils n’ont quand même pas risqué leur vie sur tous les fronts pour voir leurs idées et leurs valeurs à ce point foulées au pieds.

 

De toute évidence Jean-Paul Jody s’amuse à les mettre en scène et à leur faire dézinguer quelques uns des nuisibles qui nous pourrissent la vie. Alors ça ne fait peut-être pas avancer les choses (quoique, ce serait bien aussi que la peur change un peu de camp), mais qu’est-ce que ça fait du bien ! A se demander même comment ce n’est pas encore venu à l’esprit de quelques-uns.

 

Allez, courage, plus que 30-35 ans à patienter et …

 

Jean-Paul Jody / Vingt mille vieux sur les nerfs, Baleine/Poulpe (2010).

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commentaires

J


De passage. Merci pour la chronique


Amitiés


J,



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J


De rien, merci pour le bouquin !



H


pour burke les chroniques :)))))))



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J


Ca vient. Je viens de le terminer, il est ... comme d'habitude.



C


Je reprends la formule de Sébastien Gendron : "Et ouais, les gars. Faut se tenir au courant. Depuis 18 mois maintenant, Le Poulpe a retrouvé son indépendance et sous la houlette de sa directrice
de collection, Stéphanie Delestré, l'octopus reprend du mordant."


Exaque, m'sieur. Sauf qu'il y deux ou trois genres de Poulpe, depuis sa renaissance. Ceux qui sont "dans l'esprit poulpesque" (Jody, Dounovetz, Marin Ledun), ceux qui sont imprégnés de la manière
de leurs auteurs restant dans l'esprit (L.Walker, F.Mizio, Laurent Martin); et puis d'autres, plus éloignés de la définition du Poulpe : Serge Scotto ou Sébastien Gendron, par exemple.


Non que ces derniers soient moins bons (me faites pas dire ça), mais moins impliqués dans le sociopolitique actuel. N'oublions pas que, selon sa définition, Le Poulpe est un témoin de l'époque.


Amitiés.



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J


Je n'ai pas lu tous ceux que tu cites, j'en ai aussi lu d'autres. Effectivement, ils collent plus ou moins au modèle de départ, mais c'était déjà le cas dans la première mouture. Et il me semble
que la qualité d'ensemble c'est améliorée et qu'il n'y a plus de déchet.



M


Rendez-vous est donc pris le 19 juin, à la librairie Terminus Polar sur Paname, puisque Caroline Masson y organise, avec le concours de S. Desltré un après-midi / soirée "Le Poulpe", avec des
auteurs de la collection et les amis. J'imagine qu'on en recausera. Bonne soirée.



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J


Bonne soirée, et bonne rencontre pour les parisiens.



M


Je crois (je veux dire : je suis certain) que tout le mérite de cette "qualité" retrouvée en revient à Stéfanie Delestré, la nouvelle directrice de la collection "Le Poulpe" qui fournit vraiment
un excellent travail, qui bosse les texte avec les auteurs, bref qui "édite" dans le bon sens du terme les romans de sa collection. J'ignore comment ça se passait auparavant (je suis trop "jeune"
dans l'histoire du polar poulpesque pour avoir un avis intéressant sur la question), mais une chose est certaine aujourd'hui : Stéfanie Delestré est une bonne éditrice.



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J


Je ne sais pas comment les choses se passent "à l'intérieur", mais il est certain que l'éditrice a forcément quelque chose à voir avec cette qualité. Et son dictionnaire des personnages de la
littérature populaore est un vrai bijou.



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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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