Cinéma

Lundi 6 juillet 2009 1 06 /07 /2009 21:24

Un petit coup de mou ? Besoin d’un remontant ? Marre d’entendre du Delerm ? Fatigué d’avance par les embouteillages et le tube fadasse de l’été ? J’ai une solution pour vous redonner le moral, la pêche, la patate. Soul Power, le documentaire de Jeffrey Lévry-Hinte.


Kinshasa, 1974, Muhammad Ali est là pour regagner sa couronne poids lourds face à George Foreman. En parallèle quelques allumés, car il fallait l’être, décident d’organiser un festival de soul aussi monumental que le combat à venir. Soul Power, c’est le documentaire qui retrace ces trois jours de folie.

Une première partie suit les préparatifs. Et on ne peut s’empêcher de penser à l’énergie, à la folie, à la passion qu’il a fallu, en 1974, à une époque où on ne trouvait pas si facilement toutes les infos sur internet, pour organiser un événement aussi monstrueux à Kinshasa ! Une ville dont la plupart des musiciens n’avaient sans doute jamais entendu parler. Et les prodiges de persuasion qu’il a dû falloir déployer pour convaincre les investisseurs privés de participer, et les plus grands noms de la scène noire américaine de faire le déplacement.

 

 

Cette première partie, qui se déroule entre Kinshasa, où l’on voit des organisateurs de plus en plus épuisés, obligés de régler, un à un, les innombrables problèmes techniques et politiques (l’hôte, ce cher Mobutu, n’est pas forcément l’interlocuteur le plus facile à manœuvrer …), et aux US où les stars embraquent toutes pour ce voyage  fantastique. Sur place, le représentant des investisseurs semble un poil inquiet : les artistes arriveront-ils à temps ? Vont-ils se faire payer pour les contretemps ? Où trouver l’argent réclamé pour installer des câbles non prévus ? Que faire si le Président veut décaler le festival ? … Dernière tuile en date, le combat Ali-Foreman est reporté ! Mais, The show must go on.

 

 

Puis c’est l’arrivée, les retrouvailles avec un Muhammad Ali très, très politisé, la rencontre avec l’Afrique, et le concert, monumental. La seconde partie est consacrée au concert. Elle est à la fois enthousiasmante et frustrante. Frustrante parce qu’on n’a droit qu’à un morceau par artiste. Et quand on voit le plateau, Miriam Makeba, impériale, Celia Cruz dans une robe hallucinante, au milieu des Fania All Stars où l’on trouve un certain Ray Baretto aux congas, les Crusaders dans un instrumental funky de feu, BB King d’une évidence et d’une simplicité aveuglantes dans ses interventions à la guitare qui dit, dans les loges, qu’il y a eu quelques bons moments durant le concert ( ! ), Bill Withers dans une balade déchirante, seul à la guitare entre deux déferlantes de cuivres déchaînés … et la vedette du concert, James Brown, au meilleur de sa forme.

 

Ben voilà, on trépigne, on a un sourire d’une oreille à l’autre, et la frustration de passer, déjà, au groupe suivant est immédiatement noyée par l’énergie du nouveau venu. Et quand ça s’arrête, on repartirait bien pour un, ou plusieurs tours.

 

Conclusions : Un, allez-y si ça passe près de chez vous. Deux, si quelqu’un a une quelconque influence sur les producteurs, distributeurs … Il pourrait pas lui demander une version longue en DvD ?

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Mardi 12 mai 2009 2 12 /05 /2009 23:26

Ca y est, je l’ai vu. Et j’ai beaucoup aimé. Pour tout un tas de raisons bien entendu. Dont un certain nombre sont très subjectives, et ne relèvent même pas vraiment de l’art cinématographique. En vrac …

 

Parce que j’y suis allé avec une très grande envie … de l’aimer. Parce que j’aime Tavernier, Burke et Robicheaux !

Parce que Tommy Lee Jones cadre parfaitement avec l’image que je me faisais de Dave Robicheaux. Parce qu’en plus, un fois de plus, il joue très bien. Il rend parfaitement le côté borderline du personnage de James Lee Burke, en apparence calme, voire imperturbable, mais qui doit se contrôler en permanence pour ne pas péter les plombs. Et dont les accès de violence sont d’autant plus imprévisibles et donc impressionnants. Un peu à la manière d’un Takeshi Kitano.

 

Parce que John Goodman incarne à la perfection le pourri. Cela fait déjà un moment que John Goodman excelle dans ce genre de rôle qui oscille entre le ridicule et l’effrayant. Il fait ça, très très bien.

 

Parce que tous les autres acteurs sont bons, et justes.

 

Parce que j’adore Buddy Guy, et que c’est un bonheur de le voir, d’entendre sa voix, et, cerise bien appréciable sur un beau gâteau, de l’entendre chanter.

 

En parlant de chant, parce que la bande son est superbe.

 

Parce que c’est très bien filmé. Je m’étais fait une idée des bayous que je n’ai jamais vus en lisant les romans de James Lee Burke. Je n’ai pas été déçu par les images comme c’est parfois le cas. Bien au contraire, je les ai trouvé somptueuses.

 

Parce que, contrairement à pas mal d’autres, j’ai aimé la voix off. Je l’ai aimé parce que Tommy Lee Jones a une voix extraordinaire, qui dit superbement le texte de James Lee Burke et rend sa poésie originale.

 

Parce que Bertrand Tavernier, de mon point de vue, a capté l’ambiance des Dave Robicheaux et l’a parfaitement transposée sur la pellicule. Sons, moiteur, paysages, poids étouffant du passé, folie latente de Robicheaux, racisme d’aujourd’hui si profondément ancré dans le racisme d’hier, arrogance des grandes familles … Tout y est, et y est bien.

 

Parce que Tavernier a su préserver la lenteur et la complexité du roman. Parce qu’il a su également rendre la touche de fantastique, et la rendre légèrement, laissant au lecteur (ou au spectateur), le choix de croire, ou non, à ce fantastique. Une touche qui fait la spécificité de ce roman dans la série.

 

Parce que j’aime James Lee Burke et que je l’ai retrouvé, et parce qu’il y a longtemps que j’avais lu ce roman là, assez longtemps pour en avoir oublié les péripéties. Ce qui m’a permis d’être à la fois en terrain connu, et pris par l’histoire.

 

Et sans doute pour plein d’autres raisons que je ne saurais exprimer …

 

Autour du film, il y a presque un mois Mauvais genres, sur France Culture a consacré deux émissions à James Lee Burke. J’ai déjà écouté la première. Passionnante.

 

Je feuillette, lis, parcours … depuis le début de l’année le magnifique bouquin de Bertrand Tavernier, Amis américains. Un vrai régal, textes comme illustrations. Si vous ne savez pas quoi vous faire offrir pour votre anniversaire, la fête des mères, des pères …

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Lundi 12 janvier 2009 1 12 /01 /2009 00:06

L’inconvénient (ou l’avantage ?) de vivre un petit peu loin du centre ville, et d’être plombé par deux minots encore jeunes, est que l’on ne peut que très rarement aller voir les films à leur sortie (encore heureux quand on peut aller les voir).


Quand on y va, tout le monde les a déjà vus, et on a l’impression de parler d’une vieillerie.

La dernière vieillerie que je suis donc allé voir est Burn After Reading des inénarrables frères Coen.


Quel est donc, se demande à juste titre le visiteur de ce blog, l’avantage d’aller voir un film après tout le monde ? Ben c’est que tout a déjà été dit. Plus besoin de raconter l’histoire, plus de crainte de révéler un détail qui tue le suspense. On raconte absolument ce qu’on veut !


Burn after reading n’est pas le meilleur film de ces deux guignols. Ca a été dit partout, c’est sans doute vrai. Mais fan de chichourle, qu’est-ce que je me suis marré ! Ca faisait longtemps que je n’avais pas pris de tels fou-rires au cinéma. Et ça fait un bien !


Qui d’autre qu’eux est capable de faire tourner trois stars comme les trois monstres Clooney, Pitt et Malkovich et de les faire passer pour de tels crétins ? Avec qui d’autre ces acteurs pourraient-ils tourner de tels rôles ? S’amuser autant ? Amuser autant le spectateur ?


Les scènes d’anthologie se succèdent, et après le tournant du film, grandiose (que je ne dévoilerai pas pour Le visiteur de ce blog qui n’a pas encore vu le film), c’est du grand guignol de haut vol en permanence.

Brad Pitt et Malkovich sont absolument incroyables, de crétinerie sportive, et de bêtise pompeuse, quant à Clooney, c’et simple, je trouve qu’à plusieurs reprises il fait penser à Cary Grant. Pas moins.


Vous remarquerez que je parle moins des rôles féminins. N’y voyez aucun machisme. C’est juste que les deux affreux Coen sont beaucoup plus gentils avec les femmes, qui du coup sont quand même moins drôles. Mais les actrices sont parfaites, ce qui n’est pas peu dire face aux numéros des trois acteurs principaux.


Il y a fort longtemps, le grand Desproges avait rossé d’importance un critique qui sous-estimait  le rôle des comiques, et parlait d’un réalisateur qui « n’avait d’autre ambition que celle de faire rire ». Le grand Pierre le fessait d’importance et affirmait qu’il n’y a pas de plus haute ambition que celle de faire rire.


L’imbécile (le critique) sévit peut-être encore. Il a surement tordu le nez au film des Coen. Malheureusement il n’y a plus de Desproges pour lui mettre le nez dedans.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 28 septembre 2008 7 28 /09 /2008 21:41
Le gaucher ...


                    ... l'arnaqueur


















Hombre



    ... Butch Cassidy


















Et bien d'autres. Salut l'artiste. Sale mois de septembre.
Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 13 juin 2008 5 13 /06 /2008 22:21

Une fois de plus avec un certain retard, pour ne pas dire un retard certain …

Shine a ligth, concert des Rolling Stones filmé par Martin Scorsese ne va rien changer : Ceux qui aiment les Stones, vont ou ont aimé le film, ceux qui en ont marre de les voir faire la même chose depuis quarante ans râleront, ou ont râlé, qu’ils font la même chose depuis quarante ans.

Moi j’aime ça, et j’ai pris un sacré pied. Parce que finalement, les Stones, c’est ça, le pied. On peut trouver que c’est peu, mais les occasions d’être de bonne humeur et d’avoir la pêche sont tellement rares que je trouve que c’est déjà extraordinaire.

Certains ont trouvé la séquence du début de trop : On y voit Martin Scorsese, affolé de ne pas avoir la liste des morceaux à quelques minutes du début du concert, et surtout on y voit les papis obligés de dire poliment bonjour à leur hôte, à savoir Bill Clinton, ainsi qu’à ses invités de marque, dont sa belledoche.

J’avoue que cela m’a intéressé d’entrevoir comment travaille quelqu’un comme Scorcese qui n’est pas le premier venu, mais surtout, que cela m’a beaucoup amusé de voir la bande obligée de dire bonjour, serrer la main, et presque faire la bise à la belle-mère, les minots, les cousins, les invités … Voir Keith Richards obligé de faire la bise à la tante qui pique, je pouffe.

Ensuite je vais être obligé d’enfiler les poncifs comme des perles.

-  Martin Scorsese est un grand réalisateur, qui filme magnifiquement. Difficile de rendre aussi bien l’énergie phénoménale qui se dégage du concert.

- Jagger est une bête de scène qui capte toute l’attention, tout le temps, et laisse bouche bée, scotché par la performance.

- Non Jagger n’est pas un immense chanteur, Buddy Guy présent sur un morceau a une voix, un phrasé, une puissance mille fois supérieurs.

- Non Richards et Wood ne sont pas des guitaristes géniaux, Buddy Guy, encore lui, les écrase en trois notes lumineuses. Et soit dit en passant, le chorus de Keith Richards sur Sympathy est limite indigent …

- Mais, comme le dit Richards, si pris séparément ils ne sont pas géniaux, les deux ensemble, ils sont presque imbattables. Et c’est ça le miracle : une bête de scène, des individus qui ne sont pas les meilleurs musiciens du monde, et le résultat est un groupe qui rempli les stades dans le monde entier depuis quarante ans. Et qu’on est prêt à retourner voir, une fois de plus, le coup d’après, même, et surtout, pour revoir encore le même concert.

-  Accessoirement, les choristes, le bassiste, les cuivres sont, eux, impressionnants.

- Et ils sont absolument inégalables dans les entames de morceaux, l’attaque du concert sur Jumping est, à ce titre, un modèle du genre.

- Le résultat est … unique.

-  J’aimerais bien avoir la même pêche à plus de soixante ans …


Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /2008 22:08

Allant au cinéma dans les petits cinés de village tendance Art et essai plutôt que dans les supermarchés à pop-corn et coca cola, je vois souvent les films après tout le monde (quand je les vois). Tout ça pour dire que ce petit billet risque d’arriver un peu tard pour recommander d’aller voir La Zona, excellent film mexicain très noir de Rodrigo Plá.

 

La Zona, contrairement à ce que l’on pourrait croire, n’est pas la zone, mais un lotissement fermé, très fermé, surveillé, très surveillé, et défendu, très défendu, dans lequel les riches se réfugient pour échapper à la violence, la crasse, la misère et la pauvreté, qu’entre parenthèse ils ont fortement contribué à générer, fermons la parenthèse, ce n’est pas le propos du film. Dehors c’est gris, entassé, bordélique, crade et pauvre … Dedans c’est carré, verdoyant, rangé, net et riche …

Jusqu’au soir où, lors d’un orage, un panneau publicitaire tombe sur le mur, créant une brèche et coupant l’alimentation électrique. Trois gamins qui traînaient en profitent pour rentrer et cambrioler la maison la plus proche. Malheureusement elle n’est pas vide. La propriétaire est tuée, et dans la panique qui suit, deux gamins sont abattus, un garde descendu par erreur par un résident, et le troisième larron arrive à se planquer dans le lotissement. Le conseil d’administration décide alors de cacher les événements pour que la police (et donc l’extérieur honnis) ne vienne pas mettre son nez dans le quartier. Pour qu’il n’y ait pas de fuite, ils décident également de traquer puis d’éliminer le survivant. Et gare à ceux qui ne seraient pas d’accord avec cette décision, prise à la majorité des voix … La suite est encore plus glaçante, sombre et désespérante que ce que l’on peut alors craindre.

 

Commençons par le minimum syndical : L’histoire est très habilement contée, le suspense parfaitement maîtrisé (même si l’on se doute bien que cela ne finira pas bien) et tous les acteurs jouent très bien. La zona est bien filmée, et les quelques rares images extérieures rendent parfaitement l’ahurissant contraste entre dedans et dehors. Ne serait-ce que pour cela, c’est déjà un excellent film noir.

J’ai pu lire ici ou là, des critiques présentant ce film comme d’une œuvre d’anticipation. Il se passe aujourd’hui. Il existe un peu partout en Amérique latine des quartier comme celui du film. Avec grilles dignes d’une base de l’armée américaine, caméras et gardes armés. Il commence à en exister en France, sans toutefois les gardes armés. Pour l’instant.

Au-delà de la réalité sociale qu’il décrit, le film est également extrêmement intéressant dans sa description de l’engrenage qui, partant de la peur de l’autre (un autre oppressé politiquement et économiquement et qui a donc des raisons objectives de ne pas être aimable) glisse vers une société policée, milicée, fermée. Comment cet engrenage créé des ghettos d’un nouveau genre, dorés certes, confortables certes, mais tout aussi emprisonnant  que ceux des pauvres. Et comment surtout, malgré, ou à cause de toutes ses mesures, la peur loin de disparaître ne fait qu’augmenter.

 

Un film à voir, et à méditer …

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma - Communauté : POLARDISES
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Mardi 26 février 2008 2 26 /02 /2008 16:35

will-be-blood.jpg L’avantage de passer des vacances dans une grande ville, c’est qu’en plus du temps que l’on a toujours pendant les vacances, on y trouve des cinémas, et des baby-sitters ! Donc on a enfin eu le temps et l’occasion d’aller au cinéma, et on a même pu voir un film qui, si je ne m’abuse, n’est pas encore sorti en France !

Un chef d’œuvre, qui vous retourne la tête et vous laisse groggy. There will be blood, de Paul Thomas Anderson avec le monumental Daniel Day-Lewis (qui a très justement gagné l’oscar).

Un film qui pourrait être au mythe des premiers grands magnats et capitalistes qui ont fondé leur fortune sur le pétrole, ce que Les portes du paradis de Michael Cimino fut pour le conquête de l’ouest : Une entreprise de démythification absolument géniale, portée par un réalisateur et des acteurs au sommet de leur art.

La première scène, déjà donne le ton : Une quinzaine de minutes sans paroles, avec une musique qui par moment vous vrille les nerfs, et les grognements de fatigue et de souffrance d’un Daniel Day-Lewis qui, déjà, crève l’écran.

Le reste sera à l’avenant, rude, rugueux, sans pitié, à l’image du personnage principal. En plus de la description des premiers pas de l’industrie pétrolière, c’est également une peinture sans concession de la religion, de la famille, et des valeurs américaines que nous livre ce film indispensable.

Il faut revenir sur l’interprétation de Daniel Day-Lewis. Il est absolument monstrueux, incarnation d’un personnage d’une dureté implacable, d’une violence rentrée qui ne demande qu’à exploser, calculateur, rusé, maquignon, insensible à la douleur, qu’elle soit la sienne ou celle des autres. Capable de tuer si besoin, d’acheter sinon. Toujours sur le fil du rasoir, à la limite d’une folie que l’on sent présente, à fleur de peau. Un vrai personnage de roman noir.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Jeudi 13 décembre 2007 4 13 /12 /2007 21:34

Cinéma pour les grands, pour changer. J’ai profité d’un peu de temps disponible pour combler deux oublis (parmi de trop nombreux autres) de ma culture cinématographique.

prisonniere.jpg Deux grands classiques que j’avais ratés pour des raisons obscures. Deux films hollywoodiens, deux réalisateurs que j’adore. Deux films que tout oppose. La prisonnière du désert de John Ford, et Le trésor de la Sierra Madre (tiré du roman de B. Traven) de John Huston.

L’un propose un cinéma centré sur l’espace et les paysages (grandioses), l’autre un cinéma centré sur l’humain ; l’un est en couleur, l’autre en noir et blanc ; l’un compose des plans majestueux où l’homme vient donner sa dimension à un espace mythique, l’autre centre ses plans sur les regards ; l’un raconte un affrontement entre l’américain et l’étranger (ici les Comanches) ; l’autre  montre un américain qui vit avec des mexicains ; l’un est le reflet des préjugés de son époque, l’autre, en avance sur son temps, fait preuve d’une approche étonnamment humaniste de son rapport aux autres ; l’un met en scène un roc, plein de contradictions, de fêlures, solitaire, inadapté, mais inébranlable (John Wayne), l’autre met à mal une autre figure emblématique, le mettant en scène dans un lente dégradation paranoïaque qui aboutit à la mort (Humphrey Bogart).

Au-delà de ces oppositions, les deux sont géniaux, époustouflants dans leur beauté esthétique, tresor-de-la-sierra-madre.jpg impressionnants pour les performances des acteurs, géniaux jusque dans, (et peut-être surtout), les seconds rôles absolument inoubliables. Ward Bond truculent, tonitruant, ouragan d’énergie, de vitalité emporte tout dans le rôle du Révérend et capitaine des rangers le capitaine révérend Samuel Clayton, sorte de négatif de John Wayne aussi solide et présent que lui, mais avec le caractère opposé. Et chez Huston, le rôle magnifique qu’il confie à son père Walter Huston, papi à l’énergie et à la jeunesse communicatives, humains jusqu’au bout de ses cheveux blancs en bataille, crevant l’écran.

Chacun de ces films laisse des images qui ne s’effaceront plus de ma mémoire. L’arrivée de John Wayne bien entendu dans La prisonnière du désert, avec la superbe composition créée par la famille qui l’attend sur la véranda de la ferme, et les somptueux paysages de Monument Valley ; La scène qui voit Walter Huston soigner un gamin dans un village indien, avec des plans des visages dignes d’un Eugène Smith dans Le trésor de la Sierra Madre, et le fou rire final, chute parfaite à cette ode à l’Aventure.

Pourquoi donc le cinéma américain a-t-il arrêté de produire des westerns (à part quelques exceptions dont le grand Clint), et des films d’aventure ? Pourquoi ? The-Treasure-of--Bogart-Huston.jpg

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 24 octobre 2007 3 24 /10 /2007 11:32
Matrin Scorcese et Leonardo di Caprio, pour une adaptation de .... Shutter Island de Dennis  Lehane. C'est tout frais, et c'est annoncé en anglais là :

http://www.variety.com/VR1117974525.html

Complément de scoop !! Dennis Lehane a livré son nouveau manuscript. Le roman se passe en 1918, lors d'une grève de la police à Boston. L'info (en anglais) vient de là :

http://www.sarahweinman.com/confessions/2007/10/picture-of-the-.html
Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Cinéma
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