Eté 1978. A Bologne Antonio Sarti, comme tout le monde, crève de chaud. De plus il se fait confier une mission qui l'ennuie au plus haut point : assurer la sécurité d'une exposition numismatique. Comble de malchance, dès le premier soir les trois plus belles pièces sont volées, et Sarti se retrouve à patrouiller dans le Pilastro, quartier ghetto de la ville. Un quartier pauvre, où les flics ne sont pas particulièrement bienenus. Sarti, râle, bougonne, mais se prend d'amitié pour Claudio, gamin de 12 ans particulièrement vif. Quelques temps plus tard, Claudio est retrouvé mort, tué d'une balle dans la tête. Avec son ami l'étudiant perpétuel et contestataire Rosas, Sarti n'aura plus de repos tant qu'il n'aura pas trouvé le meurtrier.
Ceux qui aiment Loriano
Macchiavelli et Sarti vont adorer Derrière le paravent. Les autres détesteront. Parce que c'est là du Macchiavelli pur jus (pour autant que l'on puisse en juger en France où
seulement trois titres ont été traduits). Sarti court dans Bologne à la recherche d'un café correct, râle, s'engueule copieusement avec son ami Rosas, qu'il ne supporte plus, mais dont il ne peut
se passer, et supporte très difficilement l'imbécillité de son chef. Il se heurte à ses propres préjugés, ses incohérences, et fait semblant de s'indigner quand Rosas où un autre lui met le nez
dedans. Et Macchiavelli est là, tout le temps, à expliquer que "son policier" n'en fait qu'à sa tête, mais qu’il l’aime bien quand même, et qu’il ne saurait plus quoi écrire s’il lui arrivait un
malheur …
Du pur Machavelli donc, avec son humour, son style, et sa façon, subtile, de pointer du doigt les disfonctionnement de l'Italie de 78 sans en avoir l'air. Cela peut être un peu désarçonnant pour un lecteur français qui découvre la série 30 ans plus tard, alors que Sarti est depuis longtemps un héros en Italie, et même un personnage de série télé. Alors que Macchavelli est une référence pour tous les auteurs de polar italien que nous découvrons depuis quelques années. Alors surtout que les années 70, avec leurs valeurs, leurs luttes, et même leur quotidien semblent, par certains côtés, si lointains, alors que finalement, on en est si proche.
Mais même aujourd’hui, avec ses partis pris stylistiques, c'est fort, noir et parfumé comme les vrais cafés que Sarti aime tant. On aime ou pas, mais on ne peut que reconnaître l'originalité et le talent.
Jeanjean fait aussi partie des fans de Sarti Antonio.
Loriano Macchiavelli / Derrière le paravent (Passato, presente e chissà, 1978), Métailié/Noir (2008), traduit de l’italien par Laurent Lombard.
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Voilà pour l’histoire. Elle n’est pas très importante. Même s’il est quand même dommage que le lecteur devine, bien avant le héros, qui est l’affreux vilain. Le propos
est surtout de dénoncer la main mise quasi féodale de quelques familles sur toute une région. Et au passage de dénoncer les agissements de la camorra et le trafic des déchets toxiques. Cette
partie là tient la route. Mais c’est presque la seule. Les personnages sont assez falots, et je me fichais de ce qu’il pouvait arriver à ce pauvre garçon. De plus, sans pouvoir mettre le doigt
dessus, je sens qu’il y a quelque chose qui ne fonctionne pas dans l’écriture. Les dialogues, en particulier, sonnent faux. Padana City pourrait donc être un polar moyen plein de
bonnes intentions, et basée sur une solide documentation.
Automne 92 -automne 93, La saison des
massacres. La guerre sanglante entre l'état italien et la mafia est à son apogée. Les juges Falcone et Borsellino ont été assassinés en Sicile. Toto Riina a été arrêté et placé dans une
prison spéciale. La mafia engage un bras de fer, multipliant les attentats, et les partis au pouvoir sont touchés, les uns après les autres, par l'opération mains propres.
Adelmo Baudino était cheminot,
jusque pendant la guerre de 39-45. Il a participé à la résistance des partisans contre les nazis et leurs alliés fascistes. Il y a vu mourir des amis. C’est pourquoi il est particulièrement amer
d’avoir été « épuré »
Anthracite commence en 1875, quand
Pantera est recruté par les Molly Maguires, une société secrète irlandaise qui se bat pour l'amélioration des conditions de travail de ses concitoyens dans les mines de charbon de Pennsylvannie.
Il doit trouver et abattre un espion infiltré au plus haut niveau de l'organisation. Sur place, il va devoir faire semblant de faire partie de l'agence Pinkerton qui pourchasse les Molly et casse
les syndicalistes et grévistes. Pantera, pris entre plusieurs intérêts contradictoires, va s'apercevoir qu'il est manipulé par des forces bien plus grandes qui ont entamé une bataille dont
l'issue pourrait avoir une influence durable sur le futur des Etats-Unis d’Amérique.
de la protection informatique, il vivait une vie de rêve à
Milan. Aujourd’hui il a tué un homme à la sortie d’un restaurant à Milan, il est en fuite, et n’a presque plus un sou. Ses connaissances en informatique lui permettent, sans se faire prendre, de
communiquer à celle qui a été désignée pour juger son affaire. Il veut absolument lui expliquer son geste. Et il veut finir de se venger de ceux qui l’ont fait tomber.
On ne peut pas lui reprocher d’avancer à couvert, le titre annonce la couleur, il est question de mouvement syndical, de communisme, de luttes. Comme nous
sommes dans un roman noir, il est également question de corruption, de crime et de liens entre le pouvoir et la mafia. Comme pour sa série de SF, il met en scène un « héros »
particulièrement malfaisant. La comparaison s’arrête là. Si Eymerich est un ascète fanatique habité par ses idéaux (ce qui justifie les pires tortures qu’il peut ensuite infliger), Eddie lui a un
objectif unique : satisfaire tous les désirs, même et surtout les plus malsains … d’Eddie Florio.
L’inspecteur Francesco Bagni,
membre de la brigade criminelle milanaise, se trouve en charge de l’enquête sur la mort spectaculaire d’une jeune aristocrate. Sa mère l’a trouvée sur son lit, une dent de narval plantée dans le
visage. Le récit de la mère, Comtesse milanaise, est assez incohérent. Le père, membre des services secrets est en mission, injoignable. Le jour de l’enterrement, le père est de retour, furax,
mais la comtesse a disparu. Le super espion ne lâche rien à la police, mais Francesco Bagni qui l’a mis sur écoute l’entend pester, persuadé que mère et fille l’ont arnaqué. L’enquête s’annonce
bien difficile, mais Francesco Bagni est malin, et surtout très patient.