Toute l’Irlande change à toute vitesse, l’argent afflue, les repères se perdent, une nouvelle pauvreté s’installe … Mais tout le monde est choqué par l’assassinat d’un prêtre, retrouvé décapité à Galway. Etrangement, c’est Jack Taylor, qui vient juste de sortir de trois mois dans un asile où il végétait à la suite de la mort de la petite Serena dont il avait la garde, qu’un curé vient chercher pour faire la lumière sur cette affaire. Jack, plus paumé que jamais, se retrouve pris entre une église qui tente désespérément de se dépêtrer de nombreux cas de pédophilie, et des victimes qui se sont, parfois, transformées en bourreaux. Pas de quoi améliorer son moral.
Même si Jack est capable de manier l’humour le plus noir dans les circonstances les plus dramatiques, ne
comptez pas sur ce nouveau roman de la série pour vous remonter le moral. C’est à
chaque fois la même chose. On croit que Ken Bruen et son personnage ont touché le fond, mais, non, il arrive toujours à l’enfoncer un peu plus. C’est encore le cas dans La main
droite du diable. Jack Taylor y est animé, tout le long du roman, d’une rage incontrôlable associée à une dépression sans fond.
Son état d’esprit est en phase avec une nouvelle Irlande totalement perdue, qui garde ses superstitions mais perd tout respect pour une église trop souvent impliquée dans des affaires de pédophilie, qui ne croit plus dans ses religieux mais ne peut sauter le pas de la laïcité. Une Irlande qui perd son identité, sa culture, les valeurs qui la construisaient (pour le meilleur et pour le pire), diluées dans le consumérisme le plus débridé et l’imitation aveugle du modèle américain. Au milieu de tout ça, Jack Taylor, l’homme des livres et des vieux pubs, se sent chaque jour d’avantage un homme du passé perdu dans un monde où il n’a plus sa place. Un homme qui connaît, et aime, bien plus de morts que de vivants.
Et malgré tout, on sent un tel amour pour ses personnages chez Ken Bruen, qu’on en redemande. Il a beau nous faire sombrer un peu plus à chaque roman, il nous tarde déjà de retrouver Jack, avec peut-être le secret espoir qu’un jour, un vrai rayon de soleil brillera aussi pour lui. A moins que le lecteur de polar ne soit masochiste …
Et puis, avant le nouveau Jack Taylor, on aura peut-être droit à un petit R&B pour se détendre ?
Ken Bruen / La main droite du diable (Priest, 2006), série noire (2008), traduit de l’anglais (Irlande) par Pierre Bondil.ajouter un commentaire commentaires (1) recommander
Michael Forsythe, à peine vingt ans, est obligé de
quitter Belfast et de travailler pour la pègre irlandaise à New York. Son intelligence, son entraînement dû à un passage houleux dans l'armée anglaise, et son sang froid le font rapidement
remarquer. Un peu trop remarquer, même par la maîtresse du boss. C'est comme ça qu'il va se retrouver dans une prison atroce, au fin fond du Mexique. Une prison dont il ne reviendra qu'avec une
idée en tête : se venger.
London Boulevard est donc un
roman … londonien de Ken Bruen, mais ne fait pas partie de la série R&B. Après trois ans de taule Mitch est libéré. Son copain Norton l'attend. Au programme : braquages, intimidations
de mauvais payeurs, tabassages. Le tout au service du caïd local. Mais Mitch ne veut pas retourner en cabane. Alors en parallèle, il tente de trouver un travail légal, et de s'éloigner de son
ancien monde. Il se retrouve homme à tout faire chez Lilian Palmer, ancienne star de théâtre, richissime, et complètement allumée. Il devient vite son amant. Le malheur est que ses deux mondes ne
peuvent pas cohabiter, et que l'un comme l'autre le veulent tout entier …
Malheureusement pour Roberts et ses collègues, elle
s’est associée à deux truands sans envergure et a décidé d’extorquer du fric à leur commissariat. Résultat, des bombes commencent à exploser tout autour, et pour mener l’enquête Roberts a
l’embarras du choix : l’agent Falls qui tente d’oublier ses problèmes dans la vodka ; l’inspecteur Porter Nash qui a des problèmes de santé ; l’agent McDonald qui fait toujours
preuve d’une bêtise affligeante … Ou il plonge dans l’inconnu, l’imprévisible, avec Brant. Bref, Angie n’a pas finit de faire tourner la police londonienne en bourrique, et forcément, Brant va
rentrer dans la danse.
La série noire (et folio policier ensuite en
poche), éditent deux séries de l’Irlandais Ken Bruen. La première, R&B est noire et très drôle. Elle a pour personnages principaux deux flics londoniens affreux (machistes, limite
ripoux, violents, grossiers, racistes … et j’en passe). Le seconde se situe à Galway, et met en scène Jack Taylor, ancien Guarda (police irlandaise) viré pour alcoolisme (ce qui est un exploit),
qui s’est reconverti en privé. Elle est noire et … très sombre.