J’avais aimé la côte 512 de Thierry Bourcy puis, noyé sous l’avalanche des sorties, laissé passer les suivants. La rencontre avec ce très sympathique auteur lors du premier salon TPS m’a donné envie de me replonger dans la série. Voici donc l’arme secrète de Louis Renault.
Noël 1915. Célestin Louise ne s’attend absolument pas à bénéficier d’une
permission. Il reçoit pourtant bien une lettre de son ancien patron à la tête de la police parisienne qui le rappelle pour dix jours loin du front. Sa précédente enquête l’a fait remarquer de
l’état-major qui le réclame pour une affaire très embarrassante : Les plans d’un nouveau char ont été volés dans le coffre-fort de l’appartement de Louis Renault. Et bien entendu, les seules
personnes à en avoir le code sont absolument insoupçonnables. Célestin revient donc à Paris et découvre le fossé qui existe, après plus d’un an de guerre, entre la vie frivole de la capitale et
l’enfer vécu par les poilus. Un fossé qui ne pourra aller qu’en grandissant.
Si l’écriture de Thierry Bourcy, parfois un poil trop sage, ne révolutionnera pas le genre, ce deuxième volume confirme tout de même l’intérêt de cette très bonne série.
Pour commencer l’idée d’écrire un polar par année de guerre, et de montrer ainsi l’évolution de l’état physique et mental des soldats et des gens de l’arrière est excellente. Ensuite, son personnage de Célestin Louise existe vraiment et certains personnages secondaires commencent à prendre de l’épaisseur. Pour finir sur la forme, l’intrigue est bien menée.
Quant au contexte historique, comme dans le premier volume il est très bien rendu. Après les tranchées, Thierry Bourcy s’attache à décrire l’incompréhension totale entre ceux qui vivent l’enfer des tranchées, et ceux qui sont restés en arrière. Même ceux (et plus généralement celles) qui souffrent de la perte d’un frère, mari ou fils ne peuvent comprendre ce que vivent les poilus. Et le fossé est encore plus grand avec ceux qui continuent à profiter de la vie, voire dans certain cas, à exploiter la guerre.
En bref une très belle chronique, que je vais poursuivre sans trop attendre.
Thierry Bourcy / L’arme secrète de Louis Renault, Folio/Policier (2008).
Zone frontière Figueras rassemble huit nouvelles qui, comme leur nom
l’indique, se déroulent de part et d’autre des Pyrénées. Comme ses personnages Michel-Julien Naudy ne dit que l’essentiel, l’indispensable. Ses nouvelles sont épurées à l’extrême. Au point
de pouvoir même désarçonner parfois tant il manie l’ellipse. Mais quand ça passe, c’est du grand art.
Médico-Légal : Une star du rock underground vient d’être amenée. Quand Mona arrive sur place, le corps a disparu. Cela pourrait n’être qu’une
coïncidence, d’autant plus qu’une grève paralyse le fonctionnement de l’Institut. Les choses prennent un tour plus étrange quand Mona s’aperçoit que la biographie du chanteur a disparu de toutes
les librairies, et qu’il n’existe plus une seule données à son sujet sur internet. Elle n’imagine pas encore que son enquête va l’amener au cœur des plus étranges perversions de l’homme et de la
société contemporains.
Une nouvelle fois, Gilles Bayonne chevau-léger du roi est obligé d'obéir à
Cheverny, le grand chancelier de Henry IV, qui menace sa famille. Au lieu de se trouver sur le champ de bataille comme il le souhaite, il est obligé de rester à Paris pour enquêter sur deux
affaires. Une série de vols particulièrement audacieux et fructueux chez différents riches marchands, et surtout le meurtre sauvage d'un curé, retrouvé enfermé dans un tonneau et dévoré vif par
des rats. A l'heure où les luttes sanglantes entre catholiques et protestants sont encore dans toutes les mémoires, un tel meurtre ne peut rester impuni. Accompagné du jeune Pique-Lune, Gilles
Bayonne va devoir affronter un assassin particulièrement inventif et cruel, et garder ses arrières pour se protéger des espions de Cheverny et des commissaires du Châtelet qui voient d'un mauvais
œil un soldat venir chasser sur leurs terres.
Dalet est une petite ville de province qui crève à petit feu. La seule entreprise
de la ville délocalise à tour de bras, les commerces ferment, et à partir de 20h00 tous les volets sont fermés, plus personne ne traîne dans les rues. Sauf il y a trois ans, quand le club de foot
amateur est arrivé miraculeusement en demi-finale de la coupe de France. Et cette année, le miracle se reproduit ! De nouveau, tout Dalet ne pense que foot, ne rêve que foot. Tout, pas
exactement. Quelques jours avant Le match, un sauvage a brisé des vitrines et lancé des cocktails Molotov contre des maisons. Tout le monde veut croire à la descente bête et méchante de quelques
sauvageons d’une banlieue voisine. Sauf une des victime qui a peur et appelle à l’aide la sœur d’un ancien amant. Et c’est comme ça que la superbe Yasmina, et Christian Milius, ancien flic à la
retraite vont débarquer à Dalet, et faire remonter à la surface une vilaine affaire.
manger dans les restaurants les plus fins. Elle en est persuadée. Malheureusement Alice est
fonctionnaire de police à la
Stan le slave est un jeune truand, spécialisé dans la prostitution et le trafic
de drogue, il dépend d’un caïd, le vieux Zampierri. Princesse est une des prostituées de Stan. Quand elle veut arrêter elle s’enfuit et se réfugie chez son frère Paul Verdi, grossiste en fruits
et légumes. Mais pas seulement. Il est aussi ancien commando, et petit-fils de Pauline, une grand-mère de choc, rouge parmi les rouges, ancienne combattante de tous les combats d’un XX° siècle
qui n’en a pas manqué. Alors quand Stan retrouve Princesse et l’élimine, la mémé décide qu’il est tant de reprendre la castagne. Elle réactive ses vieux réseaux, et c’est parti pour un tour …
particulièrement sanglant.
Quelque part dans une forêt du Lot John Nichols, franco-américain, a quitté la
compagnie des hommes pour vivre dans un tipi. Il va pourtant devoir aller à Paris reconnaître le corps de son ami Alan, junkie tatoué qui s’est suicidé dans une boite où il faisait un numéro de
fakir. A Paris justement le Lieutenant Guérin, suivi comme son ombre par son stagiaire Lambert est haï de tout le 36 quai des orfèvres et a été mis au placard à s’occuper des suicides de la
capitale. Les deux hommes vont se rencontrer, par hasard, et faire remonter à la surface de bien sales histoires.
Le commissaire Workan et toute sa fine équipe sont envoyé sur l'île de Cézembre, au
large de St Malo, pour surveiller deux soi-disant scientifiques américains, en réalité agents de la CIA, qui viennent régulièrement voir comment évolue l'île qui avait été copieusement bombardée,
avec toutes sortes de produits exotiques, à la fin de la seconde guerre mondiale. Normalement, en cette saison, il n'y a personne. Mais là, juste par hasard, il y a, les trois tenanciers de
l'unique hôtel, les deux guignols de la CIA, les cinq flics de Workan, deux couples accompagnées d’une ado en séminaire pipeau, un rocker pathétique transformé en tueur à gage et un ancien de
Diên Biên Phu qui l'a amené là. Détail pittoresque, la tempête fait rage, et toute communication est coupée. Et c'est là qu'apparaît le premier cadavre …
Julien Gras, après avoir tenté d’écrire, s’est installé comme bouquiniste à
Paris. Un matin plutôt tranquille il reçoit la visite de trois gros bras qui le menacent des pires ennuis s’il ne retrouve pas, en moins de trois jours, un manuscrit inédit de Boris Vian.
Inquiet, mais surtout curieux, Julien part alors en chasse. Une chasse qui le fera voyager de Paris à Eus (c’est dans les Pyrénées Orientales) en passant par Bordeaux.

