Parallèlement à la découverte de nouveaux auteurs, Moisson rouge poursuit la réédition de perles passées et totalement oubliées. Cette fois, il s’agit d’un roman de David Goodis (dont Rivages d’ailleurs sort également un titre, Nightfall), Cassidy’s Girl.
Le roman est précédé d’une excellent présentation de James Sallis qui, bien mieux que je ne saurais le faire, présente l’homme et son œuvre.
Cassidy vit dans le quartier des docks de Philadelphie. Il sombre peu à peu, malgré
son boulot de chauffeur de bus. Et il noie de plus en plus sa déprime dans les verres de whisky chez Lundy, bar fréquenté par les épaves du quartier. Avant, il y a longtemps, Cassidy a été un
héros de la guerre, et un pilote respecté dans une grande compagnie aérienne. Jusqu’à l’accident dont il a été, à tord, jugé coupable, qui l’a cassé. Maintenant, quand il n’est pas au volant de
son bus, il partage son temps entre les bagarres épuisantes avec Mildred, sa femme, et l’alcool chez Lundy. Jusqu’à ce qu’il rencontre la douce Doris, et entrevoit une possibilité de rédemption.
Comme l’explique James Sallis dans sa préface, on a là un David Goodis dans la plus pure veine : ambiance nocturne, repère de paumés, les docks, le pluie, l’alcool … et un héros qui a chuté, voit une possibilité de s’en sortir, miraculeusement, et finit par plonger encore plus profond. Et les femmes, toujours les femmes, cause de déchéance, ou lueur d’espoir, mais toujours au centre des romans. Il ne manque plus que la lune dans le caniveau …
Comme toujours c’est tendre, poignant, déprimant. Ensuite on aime ou pas les histoires de Goodis . J’avoue que j’avais arrêté après en avoir lu deux. Et je retrouve mes sensations d’il y a bien des années : Une très belle écriture, une empathie qui fait qu’on plonge avec les personnages, une grande tendresse pour ces paumés, un pessimisme noir, et la déprime, engluante …
Mais les histoires de personnages qui plongent sans espoir et sans révolte (ou presque) ne sont pas ma tasse de thé, ou plutôt, vu le contexte, mon verre de whisky. David Goodis fut bien un grand auteur, mais un grand auteur auquel je n’arrive pas à accrocher.
David Goodis / Cassidy’s girl, (Cassidy’s girl, 1947) Moisson rouge (2009), traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.
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Le narrateur n’a pas de nom, juste une fonction : détective privé à la
Continental Detective Agency de San Francisco. Il est à Poisonville pour rencontrer Donald Willsson qui est abattu avant d’avoir pu lui parler. Il décide alors d’aller voir son père, le vieux
Elihu Willsson, maître de la ville. Quelques années auparavant, ce dernier avait fait appel à la pègre pour casser les grèves qui agitaient cette ville minière. Une fois le mouvement réprimé, les
truands sont restés et se sont emparés de la ville. Elihu a alors tenté de se servir de son fils, bombardé patron de la presse locale, pour les déloger, avec le résultat que l’on sait. Le privé
décide alors de nettoyer Poisonville, par tous les moyens.
Voici donc l’histoire. A l’issue d’un casse encore plus calamiteux que
d’habitude, Dortmunder se trouve suspendu à une poutre, 10 mètres au-dessus d’un groupe de nonnes qui ont fait vœux de silence. Un bon départ non ? En échange de leur aide, il accepte
d’aider Sœur Marie du machin du bidule (elles s’appellent toutes Marie du machin du truc) à échapper à son père, aussi riche que tyrannique (et il est très très riche). Premier hic, elle est
tenue prisonnière au dernier étage d’une tour absolument inviolable. Et ce n’est que le premier hic, car, bien entendu, les catastrophes en chaîne vont s’abattre sur John et son équipe de bras
cassés.
L’homme qui partit en fumée présente la particularité d’extraire
leur personnage principal de son environnement, autant géographique qu’humain.
décrit, entre autres, un événements traumatisant qui aura des conséquences dans tous les
autres épisodes : c’est dans ce roman qu’Ed Cercueil reçoit dans le visage l’acide qui lui fait le masque d’épouvante qui hantera ensuite les nuits de Harlem.
Rivages poursuit son travail de
réédition des vieux polars de Westlake. Divine providence était paru en 1968 chez Gallimard sous le titre du Pigeon récalcitrant. La traduction a été revue,
corrigée et surtout complétée. Les amateurs ne seront jamais assez reconnaissant à Rivages pour ce travail.
Si, dans quelques années, des
historiens ou des sociologues veulent savoir comment on vivait à New York en 1950 et 2000, ils peuvent faire l’impasse sur tous les essais du monde et se « contenter » de lire la série
écrite par Ed McBain consacré aux flics du 87° District. En une cinquantaine d’ouvrages, écrits entre 1956 et 2002, il fait le portrait de la ville et
de ses habitants en toutes saisons, par tous temps et à toutes les époques. Ses intrigues passent en revue tous les délits possibles et imaginables, et se déroulent dans tous les secteurs de la
société new-yorkaise, scannant ses évolutions économiques, morales, sociologiques … Le tout au travers de romans qui, grâce à un sens époustouflant du dialogue et une maîtrise parfaite de la
construction laissent une impression, ô combien trompeuse, de facilité.
Rivages a eu une idée excellentissime (une de plus) : rééditer les premiers Westlake, ainsi que les premiers Richard Stark qui
n’étaient plus disponibles. Je reparlerai sans doute plus tard de Richard Stark et de son personnage de Parker, mais il va ici être question de l’inénarrable John Dortmunder.
Quand un ténor du barreau vient prendre spontanément sa défense, le faisant acquitter, il se demande bien évidemment
ce que cela va lui coûter. Pas très cher en fait, juste un accord avec un riche dilettante qui souhaite organiser un faux vol de tableau pour arnaquer son assurance. Il organise tout pour qu'il y
ait des témoins, et pour que tout se passe bien. Malgré tout, devinez qui reste coincé dans la cage d'ascenseur alors que ses potes se carapatent avec la toile ? Et devinez combien de temps le
tableau va rester en leur possession ? Et combien de combines vont être nécessaires pour le récupérer ?

