Je suis dans une mauvaise passe question lecture. Un roman abandonné en route (dont je ne dirai rien, même sous la torture) puis ce siège de Bogotá de Santiago Gamboa, pas franchement convaincant. De cet auteur j’avais apprécié Perdre est une question de méthode, et surtout le délicieux Les captifs du lys blanc. Mais là, bof. Enfin, bof puis bien, j’explique.
Le livre est composé d’un roman très court qui donne son titre à l’ouvrage, et d’une
nouvelle : Histoire tragique de l’homme qui tombait amoureux dans les aéroports (Tragedia del hombre que amaba en los aeropuertos) qui le complète.
Le roman se déroule dans une Bogotá en guerre, assiégée par la guérilla. On y suit les tribulations de deux journalistes, un maltais (pourquoi maltais ? Il n’a rien de Corto) et une islandaise bien roulée et dotée d’une descente impressionnante. Ils enquêtent sur un trafic d’armes entre armée régulière et guérilla pour s’apercevoir que, même en temps de guerre, les affaires des narco trafiquants continuent. Comme on le voit, rien d’original. Pas de découverte fracassante. Les personnages sont assez sommairement plantés, on ne comprend pas vraiment pourquoi l’auteur a décidé d’imaginer une guerre à Bogotá quand il y a tant de villes en guerre dans le monde … Bref on se demande à quoi bon.
Heureusement vient Histoire tragique de l’homme qui tombait amoureux dans les aéroports qui a, elle aussi, un journaliste pour protagoniste. Un photographe plus exactement, qui parcourt le monde et est donc amené à passer beaucoup de temps dans les avions et les aéroports. Tout va bien pour lui jusqu’au jour où il tombe amoureux de May Lim, superbe hôtesse de Singapour Air Lines. Comme cet amour semble partagé, il croit être au début d’un beau rêve, sans se douter que c’est un véritable cauchemar qui vient de commencer.
Tout ce qui manque au roman précédent est là dans cette nouvelle. Humour, légèreté, originalité. C’est drôle, sensuel, la chute et la morale sont ébouriffantes … Tout ce que l’on peut souhaiter quand on lit une nouvelle, et je me suis régalé.
Malgré cette fin heureuse, pour ne pas me planter de nouveau j’assure en ce moment avec le dernier recueil de nouvelles Western d’Elmore Leonard, une valeur sure.
Santiago Gamboa / Le siège de Bogotá, (El cerco, 2003) Métailié (2009), traduit de l’espagnol (Colombie) par Claude Bleton et Anne-Marie Meunier.
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Sigmundo
Salvatrio est le fils d’un cordonnier de Buenos Aires. Il a toujours été fasciné par les récits des exploits des détectives privés, et en particulier par ceux des plus grands d’entre eux,
rassemblés au sein du Cercle des Douze. Lorsque Renato Craig, l’un des fondateurs du Cercle, ouvre un cours pour devenir détective, Sigmundi se précipite. Et quelque mois plus tard, en 1889,
c’est le miracle, son maître malade le choisit pour aller le représenter à Paris, où le Cercle des Douze doit se réunir pour la première fois au complet à l’occasion de l’exposition. Sigmundo va
y rencontrer ses idoles et leurs assistants et se retrouver pris dans une affaire qui commence par le meurtre d’un détective au pied de la Tour de Monsieur Eiffel. Cette première enquête va le
plonger au cœur des rivalités entre détectives, et lui faire rencontrer d’étranges personnages, membres de sectes aussi ésotériques que variées.
« Il y a des jours où le bord de votre lit ressemble à un précipice de cinq
cent mètres de fond. Synonyme d’une répétition à l’infini de tâches qu’on n’a aucune envie d’accomplir. Lascano voudrait ne plus avoir à quitter son lit, ou alors pour se jeter dans l’abîme. A
condition que ce vide soit bien réel. Mais il n’existe pas. La seule réalité c’est la douleur. […]
Voici donc
nord. C’est forcément très noir, et Trujillo réussit de façon extraordinaire à
camper, en quelques phrases échangées (et laissées en anglais), une bande de toubibs infects, en apparence pas méchants pour deux sous, mais dépourvus de tout sens moral et capable de tout, très
calmement, pour quelques dizaines de milliers de dollars. Un modèle d’efficacité dans l’écriture, pour cette peinture de la saloperie presque ordinaire dans un monde où la loi du fric, et celle
du plus fort priment.
inventeur doué, a une excellente
Miguel Angel Morgado a déjà choisi un boulot pas facile :
avocat défenseur des droits de l’homme à Mexico DF. Pas facile donc, mais carrément impossible, si vous avez chez vous des charpentiers menant un boucan d’enfer. C’est peut-être pour ça qu’il
accepte immédiatement quand un des ouvriers lui demande de retrouver ce qu’est devenu son père. Tout ce qu’il en sait, il le doit aux souvenirs de sa mère morte récemment, et aux quelques photos
qu’elle lui a laissé. On y voit le papa, d’origine américaine, en compagnie de deux gros bras, mais aussi de William S. Burroughs et de Jack Kerouac. Il a disparu en 1951, lors d’un échange de
coups de feu entre trafiquants de drogue et flics à Tijuana.
La Havane en ce mois de janvier 1887 est en pleine ébullition. Politique, en
ces temps où le sort de l’île se joue entre les espagnols qui ne veulent pas perdre leur dernière colonie, les indépendantistes créoles, qui voudraient être maîtres de leur futur, et le grand
voisin américain, puissance industrielle en plein essor, qui voudrait mettre la main sur la production de sucre cubaine. Culturelle, avec la venue de Sarah Bernhardt, et celle du grand matador
espagnol Luis Mazzantini. Et policière avec la découverte du corps sans vie d’un mulâtre vêtu d’habits de femme. Qui du gouverneur Sabas Marin, du chef de la police Regino Trujillo, de
l’inspecteur Juan Bautista Valiente en charge de l’enquête, ou de l’aventurière gringa Elisabeth Garden saura, ou pourra, tirer son épingle d’un jeu faussé dès le départ ?
« Je viens de tuer ma mère ». Ainsi commence Saint
Remède de l’uruguayen Rafael Courtoisie.
femme meurt lors de sa sieste dans un hôtel de Marrakech. Juste au moment où, indécis, il se demande quoi faire du corps et de sa vie, un escroc baratineur et argentin débarque
dans sa vie et balaie toutes ses certitudes.
Un quartier en périphérie quelque part au Mexique. Une voyante un peu
sorcière, que certains traitent de putain (quand elle n’entend pas, elle est quand même sorcière). Son fils albinos, bizarre, qui ne sort que la nuit (le soleil l’agresse) et à qui les gens
jettent des pierres. C’est lui qui raconte. Il aime manger ce qu’il trouve dans les poubelles, regarder les dessins animés de la panthère rose (qui ne le font pourtant jamais rire) et tuer, de
temps en temps, chose qu’il fait avec une facilité qui le déconcerte. Il sait beaucoup de choses, est capable d’un grand discernement comme de délires sans fin. Même sa mère a peur de lui …

