On ne peut pas dire que je m’y prenne dans l’ordre, mais je vais quand même y arriver. Après le choc de la Religion, j’étais curieux de lire les polars de Tim Willocks. Mais je m’y suis mal pris et je finis donc par Bad city, qui vient pourtant avant Les rois écarlates.
Une ville de Louisiane écrasée par la chaleur humide du mois d’août.
Callilou, ex prostituée, camée, femme d’un pasteur télévangéliste s’est associée avec Luther, un ancien du Vietnam et quelques truands pour dévaliser la banque où son mari a des responsabilités.
Elle s’apprête maintenant à doubler tous ses associés avec l’aide de Cicero Grimes, un psy complètement déjanté. Cicero est le frère de Luther, et il a juré de le tuer. Comme si les choses
n’étaient pas assez compliquées, Clarence Seymour Jefferson, flic colossal, brillant, sadique et complètement allumé, est mis au courant par hasard et décide d’entrer dans la danse. Une danse
mortelle qui ne peut s’achever que par un bain de sang.
La vache. Quand on est lecteur de polar, on a forcément vu son comptant de fous furieux, de sadiques, de flics immondes, de tueurs déjantés … Mais même comme ça, les personnages de Tim Willocks sortent vraiment du lot. A commencer par le personnage extraordinaire de Clarence Jefferson qui constitue un des méchants les plus réussis mais également des plus ambigus de la planète polar qui en compte pourtant quelques-uns.
Bad city blues est d’une noirceur, d’une folie, d’une violence rarement égalées. Et pourtant l’auteur réussit le miracle de ne jamais donner l’impression de faire du sensationnel, de racoler, d’en rajouter pour accrocher le voyeur. Il est impressionnant de voir comme il maîtrise ses personnages, sa narration et mène le lecteur par le bout du nez, l’amenant où il veut sans lui laisser jamais la possibilité de le lâcher ; comme il impose violence, folie et noirceur sans jamais rebuter. Du grand art.
Tim Willocks / Bad city blues, (Bad city blues, 1991) Points (2007), traduit de l’anglais par Elisabeth Peellaert.
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depuis que sa fille lui a été enlevée à la naissance. Le psychiatre Cicero Grimes
quant à lui se vautre dans une dépression profonde depuis six mois. Les deux reçoivent une lettre de Clarence Jefferson, qui fut leur tortionnaire, et qui va, une fois de plus, changer leur vie
et déclencher un ouragan de violence.
1565. Soliman le Magnifique, sultan des Turcs, a décidé d'éradiquer un de ses plus
féroces ennemis : l'Ordre de Malte, aussi nommé La Religion. Il envoie des dizaines de milliers d'hommes assiéger ces moines soldats fanatiques dans leur propre forteresse. Dans le même temps, un
Inquisiteur débarque sur l'île pour tenter de permettre au Pape de reprendre le contrôle de cet ordre, extrêmement riche, et de plus en plus indépendant de Rome. C'est dans ce contexte pour le
moins trouble que Matthias Tanhauser, aventurier d'origine hongroise, ayant servi pendant des années dans les troupes d'élite turques avant de s'installer comme trafiquant d'armes en Sicile se
laisse convaincre par une belle comtesse de l'aider à récupérer son fils à Malte. Il ne se doute pas qu'il va ainsi mettre les pieds en enfer.
Mark Miles est un impresario minable. Magiciens ratés, ventriloques ou tentatives de
battre le Guiness des cracheurs de noyaux de cerises sont son quotidien … Quand il réussit à obtenir l’organisation du séminaire du Docteur Temple, gourou sensé transformer en un week-end une
bande de gogos en leaders invincibles, il pense avoir décroché le gros lot. Bien entendu, tout ce qu’il va gagner, c’est un paquet d’emmerdes qui mériterait, pour le coup, de le faire entrer lui,
dans le Guiness …
Au début de sa saga, Charlie Resnick est inspecteur au CID (Criminal Investigation
Department, équivalent de la PJ française) dans la ville de Nottingham. La quarantaine, toujours mal habillé (cravate tachée, chemise qui dépasse du pantalon …), ce grand bonhomme aux yeux
sombres, un peu lourd pour sa taille, pas très sportif et souvent fatigué plait pourtant à bon nombre de femmes qui se savent jamais dire d’où vient son charme.
violeurs, tueurs, bourreaux d’enfants, et excités d’extrême droite racistes et homophobes,
mais sait parfaitement qu’il ne résout rien, et que le racisme, la misère, le chômage, la perte de valeurs et de repères de jeunes sans le moindre avenir sont une réalité forgée par des années du
gouvernement Thatcher, et jamais démentie par la suite. Il ne peut que constater, désemparé, qu’il ne comprend plus rien aux gens avec qui il vit, même s’il sait bien quelle est la cause première
des bouleversements de la société anglaise.
L’interview publié sur bibliosurf, et référencé deux billets plus bas (j’ai la
flemme de re-saisir le lien), laisse entendre que l’on va bientôt revoir Charlie. Dire que cette nouvelle me comble de joie est un dous euphémisme.
Cambridge. Stephen Bryan, jeune professeur homosexuel est retrouvé mort, sauvagement
tabassé dans sa salle de bain. Les deux enquêteurs, Will Grayson et Helen Walker, suivent deux pistes : Soit un cambriolage qui a mal tourné, soit un ex amant qui n’a pas accepté la rupture
imposée par Stephen. Sur l’insistance de Lesley, la sœur du défunt, il sont également amenés à se poser des questions sur le livre qu’il écrivait avant sa mort : Il s’agissait de la
biographie d’une obscure actrice anglaise morte tragiquement bien des années plus tôt. Rien de dérangeant a priori, même si elle était apparentée à un des industriels les plus puissants de la
région. A moins que Stephen n’ait découvert de vilains secrets …
Nom de code : Axiom day commence à Londres, à 19h30. Stan
Lindow, irlandais, récemment revenu pour prendre un poste à l'Imperial College après une brillante carrière au MIT attend son frère Eammon dans Clarence Street quand le bus qui approchait
explose. Aussitôt c'est l'enfer. Stan est blessé et amené à l'hôpital. Au moment de sortir, il est embarqué par deux policiers, et apprend avec stupéfaction qu'il est considéré comme suspect.
Interrogé sans relâche, il ne craque pas, mais apprend qu'Eammon qui était dans le bus est très grièvement blessé, et est soupçonné d'être son complice. Le commissaire Foyle, en charge de
l'enquête, est presque sûr que les deux frères sont innocents, et après la garde à vue réglementaire, fait libérer Stan. Mais Foyle est aussitôt désavoué par sa hiérarchie, et les services
secrets font pression pour le faire évincer. Pourquoi ? Qu'est-ce qui pousse tous ces hauts personnages à insister sur la culpabilité d'un innocent ? Qui protège t'ils ainsi ? Quel secret
inavouable ?
conseiller spécial du président des Etats-Unis est assassiné lors de son arrivée à
Londres où il devait rencontrer le premier ministre. Au même moment, à l’aéroport d’Heathrow, Isis Herrick, chargée de la filature d’un libraire musulman, remarque un étrange manège parfaitement
coordonné, qui conduit à un échange d’identité entre une douzaine de passagers. Immédiatement, une cellule de crise se met en place, craignant que quelque chose de très gros ne se prépare …
Sidonie Keene, vieille dame très digne de 85 ans, est en possession de quelques aquarelles de sa sœur Naomi dont la côte est en train de grimper. Un petit groupe de
collectionneurs s'intéressent aux portraits de dignitaires nazis que la jeune peintre avait réalisés entre 36 et 40. A l'époque, elles étaient avec sa sœur très proches du parti d'extrême droite
anglais, et avaient voyagé en Allemagne où elles avaient fait connaissance de tout le gratin nazi.
L’inspectrice Sally Birthron, et la Commissaire Principale Adjointe Esther
Davidson n’ont pas choisi une mission facile : Elles sont envoyées loin de leur brigade habituelle enquêter sur un éventuel cas de corruption chez les flics locaux. Un de leurs meilleurs
indics a été torturé et abattu. Le procès a eu lieu, deux petits malfrats ont été condamnés. Mais le ministère de l’intérieur, sous la pression de la presse, envoie Sally et Esther vérifier si
l’indic n’a pas été donné par la police parce qu’il gênait certaines accointances louches en haut lieu. Dire que les deux femmes vont être chaleureusement accueillies et généreusement aidées par
les flics locaux serait sans doute un peu exagéré.
L'inspecteur Faraday n'est pas à la fête. Il
semblerait que sa ville de Portsmouth soit le théâtre d'une guerre de gangs pour le contrôle du trafic d'héroïne. Sa compagne et son fils, qui tournent une vidéo sur les ravages de cette drogue,
se retrouvent impliqués dans la mort d'un junkie. Un de ses collègues est laissé pour mort par deux dealers. Pour compléter le tableau, il est recruté pour faire partie d'un groupe très restreint
qui mène une guerre secrète, même au sein des forces de police, contre le parrain de la ville. Sur le terrain, c'est la blanche qui gagne.

