Vous qui êtes de fidèles lecteurs de ce blog vous connaissez déjà Moite von Lipwig, alias Albert Paillon. Mais si, souvenez-vous, c’est cet ancien escroc que le seigneur Vétérini avait obligé à devenir Directeur des Postes. C’était dans Timbré.
Et bien revoilà
Moite. Et le problème est que notre ami s’emmerde. La poste tourne à plein régime, sans qu’il ait à faire un de ces numéros de funambule qui seuls semblent donner du sens à sa vie. Par chance, si
l’on peut dire, la vieille propriétaire de la banque royale d’Ankh-Morpork arrive en fin de parcours, et tous ses héritiers potentiels sont idiots ou cupides ou méchants ; et souvent les
trois à la fois. Vétérini décide alors que c’est un poste où Moite van Lipwig devrait faire merveille. Pour ce qui est de donner du piquant, il suffit de savoir qu’en mourant, la vieille va
léguer ses 51 % de la banque à son chien (qui devient Président), et nommer Moite gardien du Président. Elle va également passer un contrat à la guilde des assassins : si son chéri canin
meurt de mort non naturelle, il faut abattre Moite. Sachant que le chien-chien est le seul obstacle entre les héritiers et le magot, la vie de notre ami risque de devenir très, très intéressante
…
C’est au tour de la finance de passer à la moulinette pratchienne. Autant dire qu’elle va en voir de toutes les couleurs,
et que sous couvert de balancer des grosses blagues sur un monde qui, bien entendu, n’a rien à voir avec le nôtre on lit des choses du style :
« C’était effectivement ce qu’on appelait une « vieille fortune », donc une fortune acquise si loin dans le passé que les forfaits qui avaient au départ rempli les coffres étaient désormais historiquement hors sujet ».
Une petite restriction, l’intrigue est un peu moins réussie que d’habitude.
Reste … tout le reste justement. A commencer par la galerie de personnages parmi lesquels on peut citer, entre autres, la famille des banquiers (particulièrement gratinée), un golem qui découvre sa féminité en lisant des manuels de savoir vivre un rien désuets, un comptable, très très comptable etc … La faune pratchienne habituelle, si exotique, si farfelue et, en y réfléchissant un tout petit peu, si quotidienne.
L’humour à la fois décalé et très pertinent est là, bien sûr. Et puis cette impression délicieusement troublante que ce petit monde tellement loufoque, produit d’une imagination délirante est étonnamment proche du nôtre.
Petit bonus, pour nos gouvernant et autres mous du bulbe, au détour d’une blague, Terry Pratchett que décidément
j’aime de plus en plus énonce une vérité première un peu oubliée : c’est le travail qui produit la richesse.
Non ? Si !
Terry Pratchett / Monnayé (Making money, 2007), L’Atalante (2009), traduit de l’anglais par Patrick Couton.
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Moore. Pour ceux qui n’ont pas suivi le début, Jody est toujours une ravissante
vampire, le monstre qui l’avait transformée est, pour l’instant, neutralisé, et elle vient juste de transformer Tommy, son amour, histoire de tout partager avec lui. Tout, et surtout des emmerdes
… Pas facile pour les seigneurs (saigneurs ?) de la nuit de trouver à manger quand on a encore une mentalité et une morale de jeune homme bien élevé de l’Indiana, sans parler de visiter
un logement ou d’avoir une vie sociale quand le moindre ultraviolet vous réduit en cendres.
Inutile de s’étendre sur l’intrigue, tout le monde la connaît : Une
catastrophe a tout détruit. Une couche de poussière et de suie recouvre tout, cache le ciel. Tout est gris et froid. Sur la route, un homme et son fils tentent de survivre et fuient l’hiver, en
direction du sud. Ils ne croisent que désolation, solitude, et quelques survivants, transformées en bêtes sauvages. L’homme n’a qu’un seul et unique but : la survie du petit.
Dans ce nouveau volume on retrouve Tiphaine Patraque, sorcière
stagiaire, Mémé Ciredutemps, sorcière en chef (je sais, il n’y a pas de chef chez les sorcières, c’est impossible et impensable, d’ailleurs, comme elles le disent toutes très bien, Mémé ne
permettrait jamais qu’il ait une chef, alors), et bien entendu, comme toujours quand il y a Tiphaine il y a les Nac mac Feegle, ces sortes de gnomes très forts et un rien turbulents. Tiphaine est
donc en stage dans les montagnes de Lancre, loin de ses collines. Et Tiphaine fait une grosse, une très grosse bêtise, elle danse avec L’hiverrier, l’entité qui fait l’hiver, qui tombe amoureux
d’elle, et la cherche partout. Sa cour est un peu fraîche, mais surtout, s’il ne devient pas raisonnable, le printemps ne reviendra jamais …
Le règne de Louis XIII se poursuit, malgré les guerres qui se préparent, l'hostilité
de l'Espagne et les nombreux complots contre le roi, et surtout son premier ministre le cardinal de Richelieu. Parmi les ennemis les plus dangereux du royaume, la Griffe Noire. Cette société
secrète sert les dragons, une race très ancienne, qui contrôle toute la cour espagnole, et est pour l’instant tenue en échec en France.
Qui est Ralf, ce comique moyen devenu animateur du Monde selon Ralf sur une des
innombrables chaînes américaines ? Un comique qui a pété les plombs et s’est totalement identifié à son personnage ? Un véritable homme du futur venu nous faire peur avec la description
sans fard de ce qui attend nos petits-enfants ? L’incarnation d’une conscience supérieure venu nous réveiller juste avant la catastrophe ? C’est ce que se demandent Texas Jimmy Balaban,
son agent, vieux briscard du show-biz de seconde catégorie à LA, Dexter D. Lampkin, écrivain de science-fiction qui peine à croire encore à ce qui le poussait à écrire quand il était jeune, et
Amanda Robin, actrice, formatrice mystique, à la recherche de l’illumination. En attendant de savoir, ils vont tous utiliser Ralf pour tenter de réveiller leurs contemporains. A moins que ce ne
soit Ralf qui les utilise … Et quel peut bien être le lien avec Foxy Loxy, jeune camée new-yorkaise qui entame une terrible descente en enfer ?
La série du Trône de fer est très certainement une des plus riches, des plus
originales et des plus intéressantes de la Fantasy actuelle. Loin des affrontements caricaturaux du Bien contre le Mal, à mille lieux des récits initiatiques qui voient l’inévitable jeune homme
qui ne sait pas encore qu’il a du sang de roi découvrir ses pouvoir avant de sauver le monde, le Trône de Fer est un récit plein de fureur, de sang, de cris, de larmes, de trahisons, de grandeur
…
laisser entrevoir l’ombre d’une fin. C’est dire la richesse extraordinaire de cette saga, où l’on suit simultanément quelques dizaines de personnages, et où, surtout, le
lecteur ne peut se raccrocher à aucune certitude : Le héros d’un chapitre n’est pas du tout assuré d’arriver au bout de la course, il peut très bien être abattu, brutalement, au détour d’une
page, comme n’importe quel personnage secondaire. Certains survivent alors que l’on ne donnait pas cher de leur peau, d’autres en apparence indestructibles ne passent pas quelques chapitres.
Il y a fort longtemps, dans la
lointaine vallée de Koom, les nains perfides tendirent une embuscades à de braves trolls. A moins que ce ne soit l’inverse. Toujours est-il que le sang coula en abondance. Depuis les relations
entre les deux races ne sont pas au beau fixe, et tous les ans, à la date anniversaire, les tensions se cristallisent. A priori, le commissaire divisionnaire Vimaire du Guet d’Ankh-Morpok, n’en a
pas grand-chose à faire. Mais, mais …. Mais il y a de plus en plus de nains et de trolls dans sa bonne ville. Et dernièrement des grags (un équivalent de prêtres ?) nains particulièrement à
cheval sur les écritures et la pureté de la nanitude sont arrivés en ville et auraient tendance à échauffer les esprits. Alors, quand un grag est trouvé mort dans un sous-sol, le crâne
apparemment défoncé par un gourdin troll, la situation devient explosive.
Thomas a quitté l’Indiana et sa petite ville
où sa vocation d’écrivain n’aurait pas pu s’épanouir. A San Francisco il espère connaître toutes les expériences dont il a besoin pour son œuvre. Il va être servi, au-delà de ses espérances. Dès
la première semaine, Jody, flamboyante rousse lui tombe dans les bras. Certes elle a quelques bizarreries, mais Thomas est éperdument amoureux. Et puis qu’est-ce qu’un plouc comme lui peut savoir
des habitudes des dames sophistiquées de la grande ville ? Or il se trouve que Jody est vraiment … à part.
Il découvre alors un bâtiment en
ruine, des tonnes de lettres non distribuées, et un service soi-disant rendu obsolète depuis que la compagnie interurbaine des clic-clac permet d'envoyer quasi-instantanément un message à l'autre
bout du Disque-Monde. Mais, l'interurbain est cher, et de moins en moins fiable depuis qu'il a été repris par une bande de financiers qui ne voient que le profit à court terme. Et on ne peut pas
envoyer une mèche de cheveux, ou un baiser parfumé par clic-clac. Alors Moite a une carte à jouer, et peut-être quelques requins à filouter … Le poste pourrait même se révéler amusant.

