Moite von Lipwig est un escroc de haute volée. Il ne se sent vivant que lorsqu'il est en train de plumer un pigeon, au bord du gouffre, tout près d'être découvert. Mais il a été découvert, et va être pendu. Sauf … Sauf s'il accepte la proposition du seigneur Vétérini, maire d'Ankh-Morpock et devient Ministre des postes. A-t-il le choix ? Il accepte.
Il découvre alors un bâtiment en
ruine, des tonnes de lettres non distribuées, et un service soi-disant rendu obsolète depuis que la compagnie interurbaine des clic-clac permet d'envoyer quasi-instantanément un message à l'autre
bout du Disque-Monde. Mais, l'interurbain est cher, et de moins en moins fiable depuis qu'il a été repris par une bande de financiers qui ne voient que le profit à court terme. Et on ne peut pas
envoyer une mèche de cheveux, ou un baiser parfumé par clic-clac. Alors Moite a une carte à jouer, et peut-être quelques requins à filouter … Le poste pourrait même se révéler amusant.
Ai-je déjà écrit ici que Terry Pratchett est un génie ? Si oui, je le répète. Si non, c’est maintenant fait. On en est à environ 30 volumes de Disque-Monde, 30 volumes avec le même univers et les mêmes personnages de base, et c'est toujours nouveau, toujours étonnant, toujours réussi. Après le cinéma, la religion, l’opéra, les contes de fées, les robots, l’université … et bien d’autres, il traite dans Timbré de la Poste et des méfaits de la privatisation des services publics ! Sachant que Terry Pratchett est anglais, on peut supposer qu’il sait de quoi il parle, quand il cause des ravages de la privatisation des services publics. Encore faut-il le faire avec talent. Et c’est bien là que c’est un vrai génie.
Qui d'autre pourrait nous décrire un monde aussi délirant, aussi imaginaire, aussi impossible, et le rendre si proche, si semblable au nôtre ? Qui serait capable de parler de façon colorée, imaginative et drôle des ravages de la privatisation des services publics ? Qui pourrait chanter de façon à la fois aussi poétique, émouvante et picaresque de la magie de l’échange de lettres ? Qui saurait décrire avec autant d’humanité, d’humour, et de pertinence impitoyable la logique scélérate des financiers uniquement intéressés par le profit à court terme ? Et tout cela, sans jamais prononcer, bien entendu, les mots, « services publics », « privatisation », « profit », « actionnaire » …
Donc Pratchett est un génie. Parce qu’en plus il vous tricote une histoire qui, sous le nez rouge du clown, arrive à vous accrocher comme le meilleur thriller, se joue des clichés qu’il retourne comme des chaussettes pour en faire ses clichés à lui, et crée des personnages absolument extraordinaires que l’on aime, que l’on déteste, pour lesquels on tremble, on rit ou on pleure.
Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, je me suis aperçu que j’avais deux volumes de retard et que j’en ai donc un autre en réserve !
Terry Pratchett / Timbré (Going postal, 2004), L’Atalante/La dentelle du cygne (2008), traduit de l’anglais par Patrick Couton.
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Il y a fort longtemps, dans un bordel fréquenté par les artisans et ecclésiastiques de Barcelone, naît un enfant étrange. A cinq ans, son visage est celui
d’un adulte et il se nourrit de sang. Quand il a sept ans, sa mère accusée de sorcellerie par l’Autre, est exécutée. Il survivra alors seul, au fil des siècles, se cachant, changeant d’identité
et de métier quand ceux qui le côtoient s’aperçoivent qu’il ne vieillit pas, échappant plusieurs fois à l’Autre qui le pourchasse à travers les siècles. Aujourd’hui, Marta Vives, belle jeune
femme, stagiaire dans un cabinet d’avocat, est amenée à croiser sa route, et à s’interroger sur l’histoire de sa propre famille, liée à la guerre entre les deux éternels, ainsi qu’à celle que se
livrent, depuis fort longtemps, les libres-penseurs et les tenants de l’orthodoxie religieuse.
connaissent pas encore l’univers de Jérôme Leroy, et c’est pourtant un roman qui m’a
un peu déçu. Cela peut sembler paradoxal, mais je vais m’expliquer.
Valentin Raoul Rochefort est l’homme
de Sully. Marie de Médicis lui ayant prouvé qu’elle pouvait faire assassiner son protecteur quand elle voulait, il accepte d’organiser l’assassinat d’Henry VI. Il choisit volontairement un
illuminé qui a peu de chance de réussir. Ravaillac. Pendant ce temps, en Angleterre Robert Fludd arrive à calculer ce que l’avenir prépare. Il sait que pour éviter l’anéantissement de la Terre
dans cinq siècles, il faut absolument, dès aujourd’hui, infléchir l’avenir du royaume pour avancer la révolution industrielle. Pour cela, il faut que le roi Jacques Stuart soit assassiné, et que
son fils lui succède. Il a aussi calculé que l’homme idéal pour le rôle est un français, Valentin Raoul Rochefort …
Pour l’instant L’épée de feu est déjà le volume 7 d’une saga, Le trône de fer, qui en compte 12 en traduction française. Une saga fantazy comme je les aime : pas de gentils tout gentils qui, bien que beaucoup
moins nombreux vont sauver le monde. Pas de lutte entre le Mal avec un M et le Bien avec un B. Pas de recherche des objets magiques qui permettront, à la toute fin, de sauver le
monde.
héroïques, tour à tour victime et bourreaux, un jour cruels, le lendemain pathétiques. Des
personnages que l’on suit, chapitre après chapitre, au quatre coins de ce monde foisonnant.
partage l'univers, et un des personnages vedette en la personne de Mémé. On y retrouve le même humour, la même humanité, la même
façon de parler de notre monde et de ses tares en prétendant raconter des bêtises sur un monde magique flottant sur le dos d'une tortue. Passionnant, drôle et émouvant, comme toujours.
Indispensable comme tous les écrits de cet anglais génialissime.
1633,
Paris. Le Cardinal de Richelieu décide de réunir de nouveau les meilleures lames du royaume, sous le commandement du capitaine La Fargue. Il s'agit une fois de plus de combattre l'Espagne et ceux
qui en ont pris le contrôle, les dragons. Redoutables adversaires, venus du fond des temps, ils ont forme humaine mais pratiquent une magie puissante et sont sur le point d'installer une loge en
France. La Fargue se méfie de Richelieu qui l'a déjà lâché par le passé mais accepte tout de même de réunir à nouveau ce qu'il reste de sa petite armée : les épées et les esprits les plus acérés
de France. Les lames du Cardinal reprennent du service, gare à ceux qui se mettront en travers de leur chemin.
Charlie Asher a tout du bonhomme moyen à qui rien d’exceptionnel n’arrivera jamais. Il est comblé
par son boulot pépère, une femme qu’il adore, et la venue prochaine d’une fille. Le jour de la naissance tout s’écroule : Rachel meurt juste après l’accouchement, Charlie voit dans sa
chambre un grand type habillé en vert que personne d’autre n’a vu passer, et le voilà seul, avec le bébé et son chagrin. Quelques jours plus tard, il apprend qu’il est devenu un sbire de la Mort,
chargé d’aider les âmes des défunts à trouver un nouveau réceptacle. Comme si cela ne suffisait pas, il semblerait que parmi les nombreux sous-fifres il ait un rôle spécial dans le combat à venir
entre la lumière et les Ténèbres. Lui, Charlie Asher, revendeur d’objet d’occase ! Heureusement il sera aidé par l’Empereur de San Francisco et son armée, une ado gothique, un géant habillé
en vert, un flic désabusé, une armée d’écureuils empaillés, deux molosses un peu hors normes … et bien entendu, sa chère fille.
qui produisaient un écho en chaîne sans parvenir à voir qui les produisait.