Spectacles

Dimanche 19 octobre 2008 7 19 /10 /2008 22:04

Dernièrement ce n’étaient pas des nouvelles joyeuses qui nous arrivaient d’Italie. Gomorra et l’enfer de la camorra, la réélection de Berlusconi, corruption, trafic de déchets toxiques … Mais hier soir, ce sont deux heures de bonheur qui se sont invitées du côté de Toulouse, grâce par deux italiens et leurs complices : Stefano di Battista (saxophones), Fabrizio Bosso (trompette), Baptiste Trotignon (orgue hammond) et Greg Hutchinson (batterie) étaient en concert à Odyssud ce samedi soir.

J’ai quelques disques avec di Battista, je savais donc un peu à quoi m’attendre de sa part. Je ne connaissais par contre pas du tout son trompettiste. Dire qu’il m’a espanté est un doux euphémisme ! Cela faisait très longtemps que je n’avais pas entendu un trompettiste qui fasse autant grogner, râler, feuler … son instrument. A ce niveau, ce n’est plus un instrument en cuivre, c’est juste un accessoire pour amplifier la voix humaine tant elle « dit » ce que Bosso veut. Ce qui ne l’empêche pas d’afficher également une virtuosité et une dextérité qui ne rend pas une double croche à di Battista. De la haute voltige, tempo d’enfer, et alternance impeccable de longues notes gueulées et travaillées et d’envolées affolante de technique.

Il suffit de dire de Stefano di Battista n’était jamais en reste, et répondait point par point à ce phénomène pour donner une idée du concert. Les deux se sont révélés particulièrement impressionnants dans les conclusions de certains morceaux, moments de pure magie, où on ne savait plus lequel des deux exposait le thème et lequel brodait autour tant les deux voix se tournaient autour, s’emmêler, se répondaient, sans jamais nuire à la clarté de la mélodie ou du rythme. A croire que l’on était en présence d’une seule créature, dotée de deux corps, deux instruments, mais d’une seule conscience, d’une seule idée, parfaitement claire, de la musique à jouer. Quasi miraculeux !

Inutile de dire que cela n’était possible que parce que derrière, les deux autres tenaient la baraque. Baptiste Trotignon impérial, dans le rôle difficile de l’organiste qui doit jouer deux rôles : celui du bassiste, qui assure les fondations avec son compère batteur, et du pianiste (ou guitariste) qui définit l’harmonie. Certes, sur les chorus, il pouvait paraître un peu plus effacé que les deux phénomènes, mais il leur a fourni, tout au long du concert, un vrai fauteuil pour briller. Et Greg Hutchinson aux dires de di Battista, il découvrait ce jour là les morceaux et le groupe. Et il s’agissait quasiment uniquement de compositions originales. Un gros matou, ronronnant, aux coups de pates fulgurants, qui finissait tous les morceaux avec un sourire radieux qui disait, si besoin était, le pied qu’il prenait ce soir là.

Et nous donc ! Si par hasard ces quatre là passent vers chez vous, et s’il reste des places, allez vous payer deux heures de bonheur made in Italy.

 

Stefano di Battista (saxophone)

Baptiste Trotignon (orgue Hammond B3)

Fabrizio Bosso (trompette)

Greg Hutchinson (batterie)

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Spectacles
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Samedi 19 avril 2008 6 19 /04 /2008 21:17

« Je vais de ce pas (disons, d’un pas prochain) aller m’acheter l’album It’s allright with me enregistré par ces musiciens. »

Ainsi se concluait mon billet enthousiaste sur le concert donné par Sara Lazarus et le Gipsy project de Biréli Lagrène. C’est fait. Je l’ai écouté.

Le résultat est à la fois décevant et rassurant.


Décevant car, si Sara Lazarus reste dans cet enregistrement une superbe chanteuse, fine, toute en nuance et précision, au swing entraînant, si Biréli Lagrène y est aussi virtuose et musical, si bien entendu (et c’est la moindre des choses à ce niveau) tous les morceaux sont parfaitement en place, il manque au disque la complicité, la folie, l’inventivité de certains échanges auxquels nous avons eu droit en concert. Parfaitement huilé le disque ronronne un tout petit peu.

Rassurant parce que cela montre, un fois de plus, que le jazz est une musique vivante faite pour être vue et écoutée en concert ! Vive la scène, qui permet ce que les prises studios interdisent souvent : la réactivité, l’échange entre musiciens, l’improvisation, la magie d’un soir où les musiciens se trouvent parfaitement, s’interrogent, se répondent, se provoquent, se soutiennent. Vive la scène où, quand par une sorte d’alchimie, un groupe devient une entité mystérieuse et miraculeuse bien plus « grande » que la somme de ses membres.

Sara Lazarus : Chant
Biréli Lagrène : Guitare
Hono Winterstein : Guitare rythmique
Diego Imbert : Contrebasse
André Ceccarelli : Batterie

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Spectacles
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Vendredi 11 avril 2008 5 11 /04 /2008 18:51

Lundi 7 avril Odyssud accueillait Sara Lazarus, accompagnée par le Gipsy project de Biréli Lagrène auquel s’était joint André Ceccarelli.

Commençons par quelques évidences genre tarte à la crème.

Biréli Lagrène est monstrueux. Par moment on se dit, « tient, il a ralenti », et on s’aperçoit qu’il enquille des triolets à un tempo de 160 (bon pour ceux qui ne font pas de musique, ça veut dire que ça va déjà raisonnablement plutôt vite). Le reste du temps, on a l’impression qu’il y a quelque part un énorme ballon de notes, qui explose, les faisant fuser dans tous les sens à une vitesse surhumaine. Et le pire c’est qu’on les entend toutes ! Pas de purée, pas une seule qui ne soit parfaitement attaquée. Pire encore, avec tout ça, c’est quand même musical. Le cauchemar pour un guitariste. M’en fous, je suis pianiste.

Deuxième tarte à la crème, André Ceccarelli est un grand batteur, qui vous installe un drive monumental, sourire aux lèvres, en donnant l’impression de faire la chose la plus simple au monde. Puis vous ponctue tout ça de relances qui tombent toujours juste là où il faut, en finesse, toujours l’air de rien.

 


 

On se doute bien que les trois autres, les compères de Biréli Lagrène, ne sont pas manchots. Le bassiste (Diego Imbert) est un roc, quel que soit le tempo, et il y en a des un peu vifs, Hono Winterstein, l’air de celui qui lit son journal peinard, installe deux heures de pompe manouche sur sa guitare rythmique, tranquille, imperturbable, souriant (encore un cauchemar de guitariste, mais une fois encore …) et le saxo que je découvrais, Franck Wolf fait des miracles, au ténor, et, à mon goût, encore plus au soprano où je lui trouve un plus beau son.

Et puis il y a Sara Lazarus, que je ne connaissais pas vraiment, à part quelques morceaux entendus par hasard à la radio. Quel choc ! Quelle chanteuse !! Quelle classe !!! Je ne me souviens pas de la dernière fois que j’ai entendu une chanteuse ayant un tel swing, tout en nuances, finesse et précision. Loin de ces chanteuses jazz qui transforment la moindre balade en démonstration de puissance vocale. Ici pas un moment d’esbroufe, tout, tout, absolument tout, sonne juste, avec une maîtrise et une inventivité rythmique dans les chorus absolument hallucinantes.

Cerise sur le gâteau, mais qui fait toute la différence entre un bon concert et un concert exceptionnel, de toute évidence, les six musiciens s’amusent, s’éclatent, prennent du plaisir à jouer ensemble, à se répondre, à s’épauler, à se provoquer. Et ce plaisir est bien entendu communicatif. On se sent au ventre une bulle de rire, les pieds bougent tous seuls, un grand sourire s’épanouit sur les visages. Du bonheur à l’état pur, sur scène et dans la salle. Et ça fait du bien.

Je vais de ce pas (disons, d’un pas prochain) aller m’acheter l’album It’s allright with me enregistré par ces musiciens.

Sara Lazarus : Chant
Biréli Lagrène : Guitare
Franck Wolf : sax ténor et sax soprano
Hono Winterstein : Guitare rythmique
Diego Imbert : Contrebasse
André Ceccarelli : Batterie

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Spectacles
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Dimanche 16 mars 2008 7 16 /03 /2008 14:38

eloise-01.jpg Ils sont encore en France, pour quelque temps. Ils sont extraordinaires. Ils fascinent les enfants et les parents. Ils sont québécois. C’est le Cirque Eloïse.

 

Je suis allé les voir hier après-midi en compagnie de mes deux gamins, respectivement 5 ans et 6 ans et demi. La salle était pleine de minots, de tous âges, de parents, mais aussi d’adultes qui n’avaient sans doute pas eu la possibilité d’aller les voir aux séances du soir et qui devaient donc supporter le bazar inévitable quand on enferme des hordes de minots surexcités dans une salle de spectacle.

 

Le Cirque Eloïse est un des plus brillant représentant de ce que l’on appelle le nouveau cirque, qui mêle acrobaties, jonglages, clown, musique, théâtre … dans un spectacle qui, plus qu’une succession de numéros, se présente comme un tout cohérent, avec un fil directeur.

 

C’était magique, nous sommes restés scotchés deux heures tous les trois, et si j’ai eloise-02.jpg applaudis et sifflés plus fort que les deux nains, c’est juste qu’ils ne savent pas siffler, et que j’arrive encore à faire plus de bruit qu’eux.

 

La musique est envoûtante, entraînante, mélancolique, joyeuse … mélange de musique enregistrée et musique vivante, avec un pianiste génial qui arrive à continuer à jouer juste même quand ses potes le lancent en l’air. Les numéros sont d’une virtuosité et d’une qualité d’exécution aussi irréprochables que dans les plus grands cirques. Les jeux de lumière sont magnifiques. L’humour souvent présent marche parfaitement à divers degrés, déclenchant sourires et rires des enfants ET des parents. L’ensemble dégage une poésie qui touche au cœur.

 

Le final est de toute beauté, magique, mélancolique, joyeux … en parfaite adéquation avec le fil conducteur du spectacle : l’enfance, et les jeux sous la pluie.

 

Ah oui, j’oubliais, le spectacle s’appelle Rain. Ils sont encore en France. Si vous êtes convaincus, allez sur leur site (cliquez sur le lien en haut de la note), et cherchez un peu, vous trouverez les dates à venir.

Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Spectacles
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Samedi 6 octobre 2007 6 06 /10 /2007 14:25
Grand moment hier soir à la Halle aux Grains, lieu de concert habituellement réservé à l'orchestre de Toulouse et ses invités. Un des monuments de la musique brésilienne était de passage à Toulouse :  Caetano Veloso, le chanteur à la voix d'ange, qui, a soixante-cinq ans, a donné un concert inoubliable, alternant morceaux rock, rythmes  samba, balades ... sans oublier la version extraordinaire de Cucurucucu Paloma rendue mondialement célèbre par Parle avec elle de Pedro Almodovar.

Pour les lyonnais, il sera chez vous dimanche soir, à Paris le  9 ... pour les autres, restent ses nombreux disques, ou la possibilité de voir ou revoir Parle avec elle ...

Pour les toulousains cette fois, le TNT reprend une pièce de Dario Fo montée il y a deux ans : Faut pas payer . J'en ai gardé un souvenir  ému. J'avais ri, m'étais émerveillé devant autant d'invention dans la mise en scène, d'énergie dans le jeu, et me souviens de m'être dit que, depuis sa création dans les années 70, la situation ne s'était guère améliorée. Le TNT rejoue cette pièce entre le 16 et le 30 octobre, ne la ratez pas.
Par Jean-Marc Laherrère - Publié dans : Spectacles
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