Pour le défi polars cinq continents je comptais parler un auteur un peu oublié, qui m’avais enchanté quand je l’avais découvert, à savoir Arthur Upfield, créateur, avec son privé métis, du polar ethnique, grand inspirateur de Tony Hillerman. Et puis, finalement, plusieurs participants en ont causé, et je vais donc revenir sur un polar néo-zélandais passé injustement inaperçu lors de sa sortie il y a maintenant trois ans.
« C'est au cours de la même semaine que nos poules furent volées et que Daphné Moran eut la gorge
tranchée. » Beau début non ? C’est ainsi que commence L’épouvantail
de Ronald Hugh Morrieson.
Ned Poindexter est ado à Klynham, petite bourgade rurale en Nouvelle-Zélande. Sa famille n’est pas franchement un modèle, entre un oncle qui s’évertue à ne jamais rien faire, un frère spécialiste de billard, et un père qui tente de faire des affaires dans la brocante au volant d’une épave. Heureusement il y a Prudence, sa sœur aînée, la plus jolie fille de la ville, et son pote Les Wilson avec qui il fait les 400 coups. La vie s’écoule, avec ses hauts et ses bas, mais une ombre plane sur Klynham depuis que Salter, magicien itinérant, épouvantail immense et famélique au regard inquiétant est arrivé en ville …
La postface de Jean-paul Gratias nous apprend que l’auteur a très peu écrit, et que ses romans, s’ils ont connu un vrai succès en Australie, n’ont été découvert en Nouvelle-Zélande qu’après sa mort. Grâce à Rivages, nous découvrons ce premier roman étonnant.
La trame policière est assez ténue, le drame et sa résolution intervenant tard dans le déroulement du roman. Cela
n’empêche pas l’auteur de faire entendre une toute petite musique inquiétante, sournoise, qui vient, repart, se fait oublier pour resurgir au détour d’une phrase. Entre deux moments angoissants,
le lecteur oublie presque la tension, pour se plonger avec délice dans cette chronique haute en couleur, jusqu’à ce que l’ombre du croquemitaine surgisse, avant de s’évanouir à
nouveau.
L’auteur joue avec brio de ces ruptures de ton, passe de la drôlerie et de la truculence, à un climat onirique et horrifique pour le plus grand plaisir du lecteur qui jubile. Comme s’il l’on passait, sans s’en rendre compte, de Fantasia chez les ploucs à La nuit du chasseur et retour … Une très belle découverte.
Ronald Hugh Morrieson / L’épouvantail (The scarecrow, 1963), Rivages /Noir (2006), traduit de l’anglais (Nouvelle Zélande) par Jean-Paul Gratias.
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Londres 1826. Gabriel Swift est depuis peu apprenti chez le chirurgien Poll, un des
plus réputés de la ville. Il soigne le gratin londonien, et une foule vient assister à ses cours, durant lesquels il dissèque des cadavres pour essayer de comprendre le mystère de la vie et du
fonctionnement du corps humain. Mais la célébrité a son revers … Pour trouver des corps à autopsier, il doit traiter avec les Résurrectionnistes, pilleurs de cimetières, trafiquants de corps,
truands sinistres. Gabriel est souvent en contact avec eux, et avec leur chef, l'inquiétant Lucan. Perdu dans la capitale, exposé à ses tentations, Gabriel se laisse corrompre et finit par tomber
sous la coupe de Lucan. Il entame alors un chemin qui le mènera à l’horreur et à la folie.
s’enterrer dans le bled de province où il retape la maison d’un oncle. L’automne est bien avancé quand son quotidien est
bouleversé par la mort d’un notable local, tabassé à mort dans sa luxueuse villa. L’enquête désigne très vite trois jeunes aborigènes comme les coupables bien pratiques. Quand ils sont abattus
lors de leur arrestation par la police locale, l’affaire prend une ampleur nationale. De son côté, Joe Cashin n’est pas convaincu, et reste persuadé que l’enquête a été bâclée.
Mark Henshaw et
John Clanchysont deux australiens, du moins si on en croit ce qu’il y a écrit au dos du bouquin. Je m’attendais donc à un polar venu d’ailleurs, un ailleurs rarement représenté ici,
depuis que Rivages a cessé de traduire les Cliff Hardy de Peter Corris (ou qu’il a cessé d’en écrire ?). Première déception, impossible de savoir où se déroule
Si Dieu dort, le premier roman de la série consacrée au Lieutenant Glass. J’aurais tendance à penser que c’est aux US, mais il n’y a rien de plus de précisé.

