Est-il utile de résumer ici l’intrigue de Shutter Island ? Non.
Voici donc, dans la collection Rivages/Casterman/Noir une nouvelle adaptation, et non des moindres, celle du chef d’œuvre de Dennis Lehane. Face à un tel défi, j’étais à la fois admiratif et dubitatif. Etrangement, ces deux sentiments persistent à la lecture de l’ouvrage.
Tout ce qu’en dit Jeanjean sur son blog Moisson Noire est exact. Les couleurs, le découpage, les clairs-
obscurs, l’alternance ce cases sombres et de cases plus
lumineuses … Toute l’illustration est magnifique, et en accord parfait avec l’histoire. Le scénario, très fidèle au texte d’origine, arrive à résumer tout en gardant
l’essentiel d’une histoire pourtant complexe, où le moindre détail peut se révéler d’une importance capitale. Je ne vois aucun défaut, et je suis vraiment admiratif devant ce travail
d’adaptation.
Mais je reste un peu dubitatif. Parce que malgré ses immenses qualités, je n’ai pas retrouvé l’émotion de la lecture du roman. Je n’ai pas retrouvé l’angoisse, la fébrilité, cette excitation qui fait tourner les pages, de plus en plus vite, tout en faisant regretter que cela s’arrête.
Sans parler du choc monumental de la fin du roman, qui de toute façon n’aurait pas été là non plus à la relecture du roman.
J’avais l’impression que Shutter Island était inadaptable. J’avais tord, le résultat est superbe, mais pas complètement, parce que, de mon point de vue, quelque chose c’est quand même perdu en route. Inutile de dire que je suis également admiratif et dubitatif en attente de l’adaptation que nous prépare Scorcese …
A propos des adaptations BD de la série … Celles de Jim Thompson et Pierre Pelot sont parfaites. Mais je résiste pour l’instant à lire de Donald Westlake. Une grande partie de l’humour de la série Dortmunder, pour moi, réside dans l’économie de moyen dans les descriptions, dans l’équilibre entre ce qui est dit, décrit, et ce qui est omis mais que le lecteur complète, à sa façon. De ce manque, de ce léger décalage temporel entre ce qu’on lit, et ce qu’on imagine et comprend naît le rire. J’ai l’impression que le dessin doit, obligatoirement, faire basculer l’équilibre, montrant bien plus que ce que suggère le texte, détruisant ainsi une bonne partie du ressort comique.
Mais peut-être est-ce que je me trompe …
Jim Thompson , Christian de Metter (adaptation) / Shutter Island, Rivages/Casterman/Noir (2008).
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une vieille peau sadique. Quelques habitants plus ou moins bas de front. Une situation qui
semble pouvoir durer des siècles. La disparition d’un gamin handicapé lors d’une sortie de l’orphelinat fait tout voler en éclats, libérant haines, rancoeurs et mesquineries. Jusqu’à l’explosion.
Puis retour au calme …
Après des décennies d’absence, revoilà donc
SuperDupont qui revient Pourchasser l’ignoble !. Sous les plumes et crayons de Gotlib, Solé et Lefred-Thouron.
Cela commence donc à se savoir, Nuit de
fureur, adapté par Matz (scénario) et Miles Hyman (dessin) est une superbe réussite.
Vies brèves, le tome 7, est
centré sur Delirium qui cherche de la compagnie pour partir à la recherche de Destruction disparu depuis 300 ans. Dream (que l’on appelle parfois Morphée), accepte de l’accompagner pour échapper
à son palais et à son récent dépit amoureux. Leur quête ne sera pas sans risque (surtout pour les pauvres humains qui croisent leur route), et obligera Dream à revoir son fils Orphée.
Avec
La saison des cendres de Ségur et Chevalier, la quête de l’oiseau du temps de Letendre et
Loisel est, à ma connaissance, la seule BD de fantasy qui propose un vrai projet complet, sans point faible, sans temps mort, sans album superflus venant diluer et pondre des
cases au seul prétexte qu’elles se vendent.