Il y a quelques jours j’ai écrit que j’étais en train de mener une expérience de lecture extrême. Elle est maintenant terminée. Voilà de quoi il s’agit.
Certains
parents, pourvu d’une imagination débordante, sont capables d’imaginer une histoire qu’ils racontent, jour après jour à leurs enfants. Pour ma part, je suis dépourvu de toute imagination. Et mes
gamins adorent les histoires.
Donc en juillet dernier j’ai entamé une sorte de marathon : la lecture, à haute voix, du Seigneur des anneaux. Fin juillet, nous avons ouvert pour la première fois l’édition en un seul volume, illustrée par Alan Lee. Plus de 1000 pages, et les gamins ont pour la première fois entendu parler de Frodon, Sam, Merry et Pipin, puis de Gandalf et de tous les autres.
Et ça a marché, nous avons terminé ce matin.
Alors certes c’est un peu rude, il a fallu expliquer pas mal de mots. Il a surtout fallu expliquer la structure narrative qui, à partir du deuxième livre, se complique, partagée entre plusieurs groupes de personnages. Le plus difficile a été pour eux de comprendre qu’on pouvait parfois revenir en arrière et revoir, sous un autre angle, des événements déjà décrits et qu’ils considéraient comme acquis.
Malgré cela ils n’ont jamais lâché et ont insisté pour poursuivre, jour après jour. Mais surtout ils se sont enthousiasmés, ils ont ri de plaisir quand Gandalf réapparaît ou quand il y a des retrouvailles, pleuré à la mort du roi Theoden, se sont indignés quand un coup du sort leur paraissait trop injuste, ont protesté quand on s’arrêtait à un moment critique. J’avoue que j’ai un peu raccourci quelques descriptions et sauté quelques poèmes, mais vraiment très peu.
Et ce matin, gros coup de blues à la fin, et la question a jailli, immédiate : Qu’est-ce qu’on va lire maintenant ?
On a bien deux ou trois petits bouquins sous la main, mais après il va peut-être falloir attaquer Harry Poter. A moins que vous n’ayez d’autres idées …
Un petit billet d’information pour les parents de minots accros aux séries.
Trois séries qui marchent très fort viennent de sortir de nouveaux épisodes. J’ai nommé :
de rançon. Là aussi, je ne leur ai pas encore lu, mais il n’y a aucune raison que le cocktail aventures, suspense et humour ne soit pas au rendez-vous.
Une découverte récente de l’aîné, huit ans, la cabane magique.
Récente mais dévorante, et il s’est donc rué sur le n°34 qui vient de sortir, il s’appelle Un monstre sous les mers.
n’avez quand même pas cru …
Dure vie du père de famille. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir Dans
la brume électrique, mais j’ai vu Ponyo sur la falaise … Ce qui m’amène à parler un peu cinéma pour les mômes.
Dernière satisfaction en date, la semaine dernière, Le signe de
Zorro, avec Tyrone Power, en noir et blanc, et en VO ! J’ai fait un peu de traduction, mais c’est tout. Je me suis régalé, mon fils et son copain aussi, et en plus ils ont reconnu,
que Zorro, c’était le même que Jamie Boy dans Le cygne noir, et que le méchant était le même méchant que dans Les aventures de Robin des bois (à savoir Basil
Rathbone) et que le curé était le même qui faisait frère Tuck dans le même Robin des Bois.
Et bien elle continue, et c’est toujours aussi bien. Les auteurs ne
sacrifient toujours pas à la mode hystérique et gesticulante (surtout cinématographique il est vrai). Ils prennent leur temps, décrivent la vie à bord ou dans les différents ports où nos pirates
font escale, et osent même, quelle audace, en profiter pour étoffer la culture de nos minots en causant de la mythologie grecque, de la culture japonaise, ou le monde des pirates et des
corsaires.
de l’Indonésie et affronter de terribles pirates chinois dans Les sept dormants d’or, puis changer complètement de cap pour aller voler Le Trésor
du grand sultan à Constantinople où ils auront maille à partir avec les janissaires. Dépaysement, péripéties, abordages, batailles, humour, jurons, leçons d’escrime … et une bonne
nouvelle, il y aura une suite, du côté des pyramides ! (vérification faite, il y a déjà deux autres volumes en italien).
d’autres pays. Et rien ne le mettait plus en rage que de voir ces pauvres oiseaux exploités par d’affreux vautours et aigles royaux.
Je fais habituellement une
confiance aveugle à la cinémathèque toulousaine dans sa programmation pour les gamins. Une fois de plus, bien m’en a pris. Ce week-end, au programme, Gunga Din film d’aventure de
1939 se déroulant en Inde. J’y vais.
Commençons par un détail, qui a son
importance quand on parle de bouquins pour les enfants. J’ai lu quelque part « A partir de 10 ans ». Peut-être pour qu’ils le lisent tous seuls. Mais lu par les parents, je vous garanti
que Ana (5 ans et demi) et Gaby (7 ans) ont été scotchés, et attendaient impatiemment la suite chaque fois que je m’interrompais. Donc si vos gamins ont déjà l’habitude d’écouter des histoires
« à suivre », car il y a quand même cinq volumes assez conséquents, vous pouvez y aller.
encore, des enfants incompris par les adultes. Ca c’est déjà bingo. Là où Holly Black
fait fort, c’est qu’elle construit une véritable histoire, avec suspense et rebondissements, et surtout, crée de vrais méchants, immondes, atroces, violents, sans pitié et sans remords. Pas des
méchants pour rire qui se révèlent finalement gentils, ni des méchants dont on se moque. Non, des vrais croque-mitaines, qui font peur. Du coup, on y croit et on a envie, et peur, de connaître la
suite.
Le vocabulaire très riche, et demande
parfois quelques explications ; et c’est très bien ainsi. Et on rit aussi, avec en particulier Tête-de-lard, le bien nommé, personnage mal embouché dont les diatribes sont d’une verdeur très
… Haddokienne (ça se dit ça ?), même si elles sont sur un autre registre.

