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8 mai 2009 5 08 /05 /mai /2009 22:40

Dure vie du père de famille. Je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir Dans la brume électrique, mais j’ai vu Ponyo sur la falaise … Ce qui m’amène à parler un peu cinéma pour les mômes.

 

Suivant les excellents conseils d’un guide incontournable dont j’ai déjà causé ici, à savoir, Le guide du cinéma pour les enfants, 500 DvD pour les 4-14 ans, dès qu’ils ont eu l’âge de rester tranquille devant un écran, j’ai abreuvé mes minots de films de toute époque, de tout style, couleur, noir et blanc, parlant, muet …

 

Résultats, maintenant, plus de récrimination parce que c’est « en gris », ou que les gens ne parlent pas. Gagné !

 

Et alors direz-vous ? Et alors, ils se régalent autant aujourd’hui, à 6 et 8 ans avec le magnifique Ponyo de 2009 qu’avec le King Kong de 1933 vu déjà deux fois en DvD. Ce qui permet d’acquérir un bagage correct, et de forger son esprit critique pour quand ils choisiront tous seuls ce qu’ils veulent voir.

Gagné aussi parce qu’ils ont été aussi enthousiastes face au combat titanesque, très bricolé, mais ô combien magique de King Kong contre le tyrannosaure que devant les effets spéciaux époustouflants du Monde de Narnia. Gagné parce qu’ils comprennent, très rapidement que, comme chez Miyazaki, il n’y a pas de méchant dans King Kong, seulement des victimes. Gagné parce qu’ils ont pleuré comme des madeleines à la mort de King Kong, ce qui montre un bon degré de compréhension du film, et d’empathie, malgré le noir et blanc, et le singe de toute évidence bricolé.

 

Gagné parce qu’ils se sont vite aperçus dans Ponyo, que celui qui paraissait méchant, ne l’était pas vraiment (ce qui est une des caractéristiques remarquables des œuvres du maître japonais).

 

Gagné aussi, très égoïstement, parce que je me régale à aller au cinéma ou à regarder des DvD avec eux …

Gagné enfin parce que ça ouvre des perspectives quasi illimitées quant aux centaines et centaines de films à découvrir …

 

Ce n’est pas un combat gagné d’avance, il demande un tout petit peu de boulot pour chercher les films qui marchent, prendre le temps de s’asseoir avec eux et partager leur enthousiasme. Et surtout, c’est un combat à mener tôt, à partir d’un certain âge, la résistance à ce qui est différent, en noir et blanc, ou plus lent, ou plus complexe, devient très forte à vaincre, alors qu’elle est quasi nulle au départ. Mais après, c’est le pied.

 

Dernière satisfaction en date, la semaine dernière, Le signe de Zorro, avec Tyrone Power, en noir et blanc, et en VO ! J’ai fait un peu de traduction, mais c’est tout. Je me suis régalé, mon fils et son copain aussi, et en plus ils ont reconnu, que Zorro, c’était le même que Jamie Boy dans Le cygne noir, et que le méchant était le même méchant que dans Les aventures de Robin des bois (à savoir Basil Rathbone) et que le curé était le même qui faisait frère Tuck dans le même Robin des Bois.

 

Vive moi, vive les minots, vive le cinéma, de 1933 à 2009.

 

 

Pour en finir avec les minots, côté bouquins, le volume 5 de Tous Pirates, La pyramide maudite est sorti.

 

 

Pour les grands, dimanche ou lundi je vous cause du nouveau roman, impressionnant d’Hervé Le Corre.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 20:56

Après le Spinrad il me fallait un peu de détente avant de me relancer dans quelque chose de dense. Un poulpe me semblait donc une lecture indiquée. A vos Marx, prêts, partez ! de Jérôme Leroy a parfaitement fait l’affaire.

Gabriel déprime. Le monde court à sa perte et sa relation avec Chéryl bat de l’aile. Gabriel est en permanence de mauvais poil. Du coup, il chasse une gueule de bois avec la suivante. Jusqu’à l’arrivée d’Alfredo Garcia (ouarf !). Ce mexicain, au service du Consortium (les cinq personnes qui, depuis des décennies, dirigent le monde dans le plus grand secret), vient l’appeler à l’aide. Ses maîtres, voyant la crise remettre en cause leur pouvoir, ont décidé de tuer Marx ! Le pire c’est que, grâce au nouvel accélérateur de particules de Genève, ils sont sur le point d’y arriver. Imaginez un monde où Marx n’aurait pas existé. Voilà qui file la chair de poule et redonne la pêche au poulpe, le temps d’une plongée vers 1843 …

 

Jérôme Leroy reprend ici l’idée d’une des nouvelles parues dans le recueil Comme un fauteuil Voltaire dans une bibliothèque en ruine. Il en profite pour la développer, lui faire prendre une autre direction, et multiplier les clins d’œil et les hommages. A ses potes, ses films préférés, ses chansons fétiches (il est à noter à ce sujet qu’il a des goûts littéraires et cinématographiques plus surs que ses goûts musicaux, plouf plouf …).

 

On sent bien qu’il aurait aimé parler un peu plus vins, mais une bible est une bible, et même un athée marxiste comme lui se voit obliger de la respecter. Le poulpe ne boit que de la bière. Par contre, non content de dire son admiration pour Marx, l’auteur, qui ne recule devant aucune vilenie, va même jusqu’à en citer des passages entier et à en conseiller la lecture aux jeunes générations.

 

Jésus, Marie, Joseph ! Saint Nicolas, Santisima Carlita protégez-nous de cette lecture subversive.

Rythmé, original, drôle et revendicatif. Avec à la fin des affreux, des vrais, qui en prennent plein les dents. Si j’osais, je dirais une bonne cuvée. Mais comme on n’a pas le droit de causer pinard …

Jérôme Leroy / A vos Marx, prêts, partez ! Baleine/Poulpe (2009)

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 21:59

La collection Polar & Rock’N’Roll des éditions La tengo fonctionne visiblement comme ça : Personnage principal, Mona Cabriole, photographe éblouissante d’un journal internet ; Il faut du rock ; chacun des 20 auteurs traite un arrondissement de Paris.

 

Avec La bourse ou la vie c’est Laurence Biberfeld qui s’y colle. Crash boursier, traders kamikazes qui font, littéralement, sauter la banque, traite des femmes (soit pour les ateliers clandestins soit pour la prostitution), collusion entre pouvoir et affaires … Pourquoi de beaux traders et de jeunes chinoises sont-ils retrouvés morts dans Paris ? Mona et Parisnews vont le découvrir à leurs risques et périls sur fond de rock.

 

L’idée de départ de ces traders kamikazes est excellente. Y associer une enquête sur les conditions de vie des exploités sans papiers qui permettent à certains de gagner des fortunes est très « manotienne ». Donc tout aussi bonne. Malheureusement la contrainte de la collection, qui oblige à citer à tout bout de champ (ou de chant ?) des extraits de chansons vient hacher et délayer le propos. On peut soupçonner aussi que ce roman a été écrit un peu vite, et/ou qu’il avait une contrainte de nombre de pages à ne pas dépasser.

 

Il a l’énergie, le style et l’empathie de Laurence Biberfeld, mais on sent qu’avec un tel matériau elle aurait pu faire beaucoup mieux. L’attaque des traders aurait vraiment mérité d’être développée et vécue de l’intérieur. Les filières de prostitution et de travailleuses sans papiers venues de Chine aussi. Et que dire des meurtres des uns et des autres, ainsi que des enquêtes qui mènent à la vérité … Autant de sujet effleurés, avec talent, mais effleurés, ce qui laisse un goût d’inachevé.

 

Agréable, mais dommage, cela aurait pu être bien plus qu’agréable.

 

Laurence Biberfeld / La bourse ou la vie. La tengo/Polar & Rock’N’Roll (2009)

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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 10:23

Il s’est fait attendre, voilà le billet sur Il est parmi nous, le dernier roman, de Norman Spinrad.

 

Qui est Ralf, ce comique moyen devenu animateur du Monde selon Ralf sur une des innombrables chaînes américaines ? Un comique qui a pété les plombs et s’est totalement identifié à son personnage ? Un véritable homme du futur venu nous faire peur avec la description sans fard de ce qui attend nos petits-enfants ? L’incarnation d’une conscience supérieure venu nous réveiller juste avant la catastrophe ? C’est ce que se demandent Texas Jimmy Balaban, son agent, vieux briscard du show-biz de seconde catégorie à LA, Dexter D. Lampkin, écrivain de science-fiction qui peine à croire encore à ce qui le poussait à écrire quand il était jeune, et Amanda Robin, actrice, formatrice mystique, à la recherche de l’illumination. En attendant de savoir, ils vont tous utiliser Ralf pour tenter de réveiller leurs contemporains. A moins que ce ne soit Ralf qui les utilise … Et quel peut bien être le lien avec Foxy Loxy, jeune camée new-yorkaise qui entame une terrible descente en enfer ?

 

Commençons par ce qui m’a agacé : la quantité de coquilles ! Certes c’est difficile et long de relire près de sept cent pages, mais Fayard n’est quand même pas une petite maison d’édition sans moyens !

 

Ceci dit, quel monstre. Je n’en attendais pas moins de l’auteur, entre autres, de Jack Baron, de Bleue comme une orange, du Printemps russe, des Années fléaux, de En direct … n’empêche, je suis impressionné. Durablement.

 

Commençons par cerner la bête. C’est à peine de la science fiction. Pour commencer, ça se déroule aujourd’hui, et ici (enfin là-bas aux US). C’est à la fois picaresque (autour du personnage de Balaban), sans pitié mais pas sans tendresse, quand il s’agit de décrire le monde des fans de SF aux US, d’une noirceur totale dans les pages consacrées à Foxy Loxy, très philosophique et d’un haut niveau de prospective scientifique, très pessimiste, et incroyablement optimiste. Tout ça à la fois. Mais c’est vrai qu’on peut en faire des choses en 700 pages d’une telle densité.

 

En toute objectivité, il y a des longueurs, et le lecteur devrait décrocher. Et pourtant, on ne s’ennuie jamais, on tient le coup, même dans les passages les plus ardus, même quand on ne comprend pas tout. Ayant une formation plus scientifique que philosophique, j’avoue qu’il y a certains passages qui me sont passé un peu haut. Je comprends mieux les notions de mécanique quantique, que celles de Zeitgeist, mais je n’ai pas décroché, et je suis peut-être un tout petit moins idiot maintenant.

 

Il semble qu’il ne passe rien et pourtant on est pris.

 

Pris par l’humour, la noirceur, l’optimisme souriant, même quand il sait parfaitement que tout va mal. Pris par ses personnages extraordinaires, tellement humains, tellement émouvants, tellement imparfaits, tellement surprenants.

 

Et quelle richesse ! Il y a tant de choses dans ce roman. Il y a l’acuité de son regard sur le show-biz et sur le grand cirque médiatique. Son analyse de ses mécanismes, de sa mégalomanie, de sa folie, son impact. Mais est-ce étonnant de la part de l’auteur de Jack Baron et de En direct ? 


Il y a une réflexion sur la littérature, et surtout sur la science-fiction. Une réflexion à la fois profonde et amusée, qui passe de l’humour à la déclaration d’amour, qui dresse un panorama historique de ce genre, qui met en scène ses grands noms, qui s’amuse à citer un certain Norman Spinrad que Dexter croise ici ou là … Qui sait se moquer des fans et de leur côté grotesque et pathétique, mais qui sait aussi leur rendre hommage. Qui sait dire la grandeur de l’écrivain de science-fiction, mais aussi sa mesquinerie, qui sait le décrire visionnaire et queutard, inspiré et imbibé. Qui sait flinguer les dérives d’un Hubbard, la soupe merdique de la grande majorité de la production, la prépondérance de la marchandisation la plus kitsch et la plus vulgaire sur la véritable création (ce qui n’a pas plu à tout le monde, le roman n’a, à ce jour, pas trouvé d’éditeur anglo-saxon). Mais qui sait aussi affirmer que c’est une littérature absolument nécessaire, qui ne saurait exister sans des lecteurs parfois ridicules, mais finalement sincères.

 

Pour finir il y a l’aveuglante évidence de son constat : l’humanité va à la catastrophe si rien de change maintenant … On le sait, d’autres l’ont dit, bien d’autres le diront. Peu le disent aussi bien.

 

Norman Spinrad / Il est parmi nous, (He walked among us) Fayard (2009), traduit de l’américain par Sylvie Denis et Roland C. Wagner.
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Published by Jean-Marc Laherrère - dans SF - Fantastique et Fantasy
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 13:09

Toujours en attendant la note sur Spinrad, voici une brève présentation d’un des deux romans publié récemment par le troisième et dernier invité de la rencontre polar du 13 mai organisée par TPS. Dieu veille Toulouse de Jan Thirion était paru, il y a quelques années, chez un éditeur du net pour le moins confidentiel. Je n’en avais eu connaissance que grâce à la vigilance infaillible de Claude Mesplède. Voilà ce que j’en avais pensé :

 

Dieu existe. Il est flic, à Toulouse. Et bien que blindé, les plaisanteries sur son nom arrivent encore à l'agacer de temps à autre. Il enquête sur la mort du  gourou d'une secte n'ayant d'autre ambition que de plumer des gogos pour le plus grand bénéfice … dudit gourou. Détail scabreux, l'assassin a découpé les paupières de sa victime. Quelques jours plus tard, c'est le patron d'une start up qui fait dans le porno soft qui est retrouvé assassiné de la même façon. L'enquête cherche du côté des membres de la secte et des clients du site porno. Mais Dieu et ses collègues ont beau se creuser, toutes les pistes tombent à l'eau. Côté vie affective, Dieu pédale aussi dans la semoule, entre sa copine qui est en train de le lâcher pour un auteur de polars et la petite stagiaire gironde qui fait équipe avec lui. Et puis Dieu s'occupe de Lulu, la fille handicapée de sa copine (celle qui est en train de le larguer). Heureusement, il y a Glen Gould, et son tabouret magique. Quel rapport avec le reste ? Dieu seul le sait.

 

Construction impeccable, personnages attachants, enquête très bien menée, très bonne utilisation du cadre, ici la ville de Toulouse, suspense maîtrisé, humour présent mais jamais envahissant. Que demander de plus ? Voilà un excellent polar qui vous fait passer un moment de lecture délectable. En prime une fin étonnante, en forme de coup de théâtre et de tonnerre.

 

Dieu veille Toulouse est aujourd’hui réédité de façon beaucoup plus visible à L’écailler du Sud. Ce qui lui permettra de trouver le public qu’il mérite. Et Jan Thirion sera donc, avec Benoît Séverac et Dominique Delpiroux à la librairie de la Renaissance le 13 mai à 18h00 pour vous rencontrer et signer des livres à leurs fans enthousiastes.

 

Jan Thirion / Dieu veille Toulouse. L’écailler du Sud (2009)

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 22:35

Me revoilà avec le festival toulousain d’octobre.

 

Il faut bien vous occuper pendant que je suis plongé dans l’excellent et copieux Il est parmi nous de Norman Spinrad. Donc en attendant je vous invite à prendre connaissance du programme quasi définitif du prochain festival Toulouse Polars du Sud, avec l’Espagne comme invité. N’hésitez pas à le propager.

 

En parlant de propager … Le blog de Jean-Pierre Martin fait, une fois de plus, très fort !

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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28 avril 2009 2 28 /04 /avril /2009 23:28

Je ne sais pas si c’est la pluie persistante, un coup de blues passager, une lassitude … ou si je suis simplement de mauvais poil, grognon, grincheux, … mais voilà encore une petite déception avec Chasseurs de tête de mon scandinave préféré, Jo Nesbø.

 

Roger Brown est le meilleur chasseur de têtes du pays. C’est simple, il n’a jamais vu une seule entreprise dire non à un candidat choisi par ses soins. Roger Brown est cynique, manipulateur et très content de lui. Il gagne très bien sa vie, mais pas assez, car il dépense encore plus, ne serait-ce que pour garder l’amour de sa femme Diana. Alors, pour arrondir ses fins de mois, Roger Brown vole des tableaux chez les candidats qui lui passent entre les pattes.

 

Jusqu’à Clas Greve. Ancien militaire, cadre de haut vol, il est le candidat parfait pour une entreprise qui vient de contacter Roger Brown. Miracle supplémentaire, il possède un Rubens ! De quoi se mettre définitivement à l’abri du besoin. Sauf que, bien entendu, c’est là que ça dérape, et que Roger Brown de chasseur, va devenir gibier. Et pour le coup, c’est sa tête, au sens littéral du terme, qui sera en jeu.

 

Jo Nesbø délaisse donc Harry Hole pour ce thriller moins ambitieux que ses romans précédents. Qu’en dire ? Pas grand-chose de très original. Pour un thriller, c’est du haut de gamme. Pour un Nesbø, c’est un poil décevant.

 

On ne s’ennuie pas un instant même si, comme moi, on se fiche un peu de savoir si l’insupportable personnage principal va s’en sortir ou s’il va passer à la trappe. C’est parfaitement huilé, les surprises et renversements  tombent là où il faut, et arrivent à nous surprendre. Le style est impeccable, d’une efficacité sans faille. Un thriller haut de gamme donc. Le moins que l’on puisse attendre de l’auteur du Bonhomme de neige !

 

Mais on avait aussi l’habitude de trembler, de s’émouvoir, de s’indigner, de déprimer, de se foutre en rogne avec Harry Hole … Et on attend beaucoup de son auteur. Là on a juste la forme (impeccable), mais il manque le fond que l’on trouve habituellement chez Nesbø.

 

Alors voilà, malgré ses qualités, je suis déçu. C’est sans doute injuste, je suis peut-être grognon, mais c’est comme ça. Du coup je me suis lancé dans un pavé de SF, le dernier roman de l’immense Norman Spinrad. Va falloir attendre un peu pour en avoir des nouvelles. Vous trouverez un avis plus indulgent sur Moisson Noire.

 

Jo Nesbø / Chasseurs de tête, (Hodejegerne, 2008) Série Noire (2009), traduit du norvégien par Alex Fouillet.

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26 avril 2009 7 26 /04 /avril /2009 17:04

Le résurrectionniste de James Bradley. Chouette, un auteur australien ! Et un sujet prometteur, je me précipite … Et je suis déçu. Explication :

 

Londres 1826. Gabriel Swift est depuis peu apprenti chez le chirurgien Poll, un des plus réputés de la ville. Il soigne le gratin londonien, et une foule vient assister à ses cours, durant lesquels il dissèque des cadavres pour essayer de comprendre le mystère de la vie et du fonctionnement du corps humain. Mais la célébrité a son revers … Pour trouver des corps à autopsier, il doit traiter avec les Résurrectionnistes, pilleurs de cimetières, trafiquants de corps, truands sinistres. Gabriel est souvent en contact avec eux, et avec leur chef, l'inquiétant Lucan. Perdu dans la capitale, exposé à ses tentations, Gabriel se laisse corrompre et finit par tomber sous la coupe de Lucan. Il entame alors un chemin qui le mènera à l’horreur et à la folie.

 

Voici donc un australien qui fait revivre le Londres gothique de Jack L'éventreur et du Docteur Jekyll. L'évocation est belle et puissante. Le sujet prometteur. Les brumes, les bouges, la misère, les cimetières, la lente descente aux enfers … Tout est là comme promis. Et pourtant …

 

Et pourtant, je n'ai pas réussi à m'intéresser à cette histoire. J’ai tardé à finir le roman, je ne sentais aucune impatience à le poursuivre (ce qui est un signe qui ne trompe pas).

 

L'auteur adopte le point de vue de Gabriel, souvent perdu dans les brumes de l'alcool et de l'opium. Un point de vue très distant. Trop pour moi. Je suis resté incapable de m'inquiéter pour le personnage, incapable de frémir quand j'aurais dû être horrifié, incapable de ressentir sa déchéance, incapable même de m’émouvoir aux descriptions d’une misère inhumaine.

 

L'auteur est un maître de l'ellipse, du sous-entendu, du non-dit. Il va rarement au bout des tensions qu'il crée, les désamorçant au moment où on s'y attend le moins. C’est très certainement voulu, et l’effet est sans aucun doute recherché. Mais le résultat est qu’il a également désamorcé mon intérêt.

 

Alors, un roman ambitieux raté de peu, ou un grand roman que je n'ai pas su lire ? Je suis curieux de lire d’autres avis.

 

James Bradley / Le résurrectionniste, (The ressurrectionist, 2007) Rivages Thriller (2009), traduit de l’anglais (Australie) par Benjamin et Julien Guérif.

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 14:04

Ca y est, Temps Noir 12 est enfin sorti. Mais cela valait le coup d’attendre, l’animal est de belle taille !

Presque 350 pages consacrées uniquement à notre littérature préférée, avec au sommaire

  • Un dossier spécial consacré à Thomas Narcejac. Plus de 250 pages avec biographie, analyses, bibliographies, textes inédits, photos, documents d’époque … En bref, tout sur Thomas Narcejac.
  • Une interview de Bertrand Tavernier, à propos, bien entendu, de son adaptation de James Lee Burke.
  • Un entretien avec Jean-Bernard Pouy à propos de la collection Suite Noire.
  • Une interview de Thierry Crifo précédée d’une analyse de son œuvre.
  • Une interview de Jean-Pierre Gattégno.
  • Un tour mondial de l’actualité polar 2008 rédigé par Michèle Witta (de la Bilipo), Christine Lhomeau, et ma pomme.
  • Un entretien avec Xiaolong Qiu recueilli par votre serviteur lors de sa venue à Toulouse.
  • Un hommage au bien trop nombreux grands noms du polar morts en 2008.
  • Et pour finir un tour du monde de l’actualité des DvD polar.

De quoi occuper quelques soirées non ?

C’est donc Temps Noir n°12 édité par les éditions Joseph K. Vous trouverez le sommaire complet ainsi que le scan de quelques uns des articles sur le site des éditions Joseph K.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 21:59

Le premier festival de l’association Toulouse Polars du Sud commence à prendre forme, à prendre forme très sérieusement.

 

Les invités pour commencer : Pour ce premier salon qui se déroulera du vendredi 9 au dimanche 11 octobre, l’Espagne sera à l’honneur avec, comme auteurs confirmés :

 

Francisco Gonzalez Ledesma, invité d’honneur, et

Alicia Gimenez Bartlett, Raul Argemi (argentin vivant en Espagne), Juan Madrid, Fernando Martinez Lainez, Alfonso Mateo-Sagasta, Carlos Salem (argentin vivant en Espagne), Lorenzo Silva, Mariano Sanchez Soler, José Carlos Somoza, Jéronimo Tristante, Daniel Vasquez Salles, Jordi Canal, Paco Camarasa, Mintsé Clavé.

 

Il y aura bien entendu aussi des français avec :

 

Didier Daeninckx et François Guérif invités d’honneur et

Mouloud Akkouche, Stéphanie Benson, Richard Beugné, Mathieu Bernardi, Thierry Bourcy, Stéphane Bourgoin, Solenn Colleter, Stéphanie Delestré, Gilles Del Pappas, Dominique Delpiroux, Pascal Dessaint, Magali Duru, Fabienne Ferrère, Jean-Jacques Fleury, Daniel Hernandez, Hervé Jubert, Michel Mathe, Claude Mesplède, Philippe Motta, Michel Julien Naudy, Jean-Hugues Oppel, Patricia Parry, Francis Pornon, Sébastien Rutés, Benoit Séverac, Jan Thirion, George Tyras, Emmanuelle Urien, Maurice Zytnicki.

 

Sans oublier les dessinateurs : Frédéric Bézian, Miles Hyman, José Jover, Bernard Katou, Simon Léturgie, Mako, Benoit Peyrucq, Jeff Pourquié et Jeanne Puchol.

 

Et les photographes Vincent Loison et Xavier Hacquard.

 

Le programme complet vous sera très prochainement présenté sur le blog de TPS. Vous y trouverez également, dans les semaines à venir des textes, interviews et infos diverses zé variées sur les différents invités.

 

Encore deux points à propos de ce festival qui s’annonce bien :

 

Je vous rappelle qu’un concours de nouvelles a été lancé, sur le thème « De Toulouse à l’Espagne.. (ou vice-versa) ». Je vous rappelle également que vous pouvez télécharger le règlement ici même.

Second point, le festival va avoir besoin de mains (et bras et jambes et la tête alouette …) bénévoles. Pour accueillir les auteurs, leur servir de guide, accueillir les visiteurs, tenir la buvette, assurer la logistique … Si cela vous dit, si passer un week-end en compagnie de vos auteurs préférés vous tente, faites tout de suite signe sur le blog de TPS.

Vous pouvez aussi, si l’aventure vous tente, adhérer à l’association.

Alors, à très bientôt ?

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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