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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:38

Et oui, nous arrivons, petit à petit, au moment du grand bilan … Je préfère le faire avant d’avoir l’esprit trop embrumé par les vapeurs de … Les vapeurs ! Et je suis allé faire un petit tour du côté du bilan 2012, pour voir. Il semblerait que 2013 soit un peu sa petite sœur. Avec un bilan français de qualité mais un poil restreint, et par contre de très beaux livres, confirmations et découvertes un peu partout dans le monde. C’est parti.

 

J’avoue que j’ai un peu la flemme de reprendre tout ce que j’ai aimé cette année (j’arrive, avec les rééditions de qualité, les anciens textes exhumés, les nouvelles et novellas etc … à plus d’une cinquantaine de textes), je vais donc faire le gros fainéant et vous en sortir vingt que vous pouvez offrir sans la moindre hésitation :

Waites
Meyer  Ayerdhal  Hawley

 

Maryn Waites / Né sous les coups

Deon Meyer / Sept jours au Cap

Ayerdhal / Rainbow warriors

Noal Holay / Le bon père

Chainas
Carlotto   Nesbo   LeeBurke  

 

Antoine Chainas / Pur

Massimo Carlotto / A la fin d’un jour ennuyeux

Jo Nesbo / Fantômes

James Lee Burke / L’arc en ciel de verre

 

Monfils

 Bruen  Mani  Lehane

 

 

Nadine Monfils / La vieille qui voulait tuer le bon Dieu

Ken Bruen / Sur ta tombe

Stefan Mani / Présages

Dennis Lehane / Ils vivent la nuit

 

  McKinty   Biondillo   Lansdale   Lunar

 

 

Adrian McKinty / Une terre si froide

Gianni Biondillo / Le matériel du tueur

Joe Lansdale / Diable rouge

Lorenzo Lunar / la vie est un tango

 

Bill  Neville  towfik  DeGiovanni

 

 

Bill Frank / Chiennes de vie

Stuart Neville / Ames volées

Ahmed Khaled Towfik / Utopia

Maurizio de Giovanni / Le printemps du commissaire Ricciardi

 

Bonnes fêtes à tous.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 10:34

Ce n’est pas franchement un conte de Noël. Donc vous pouvez considérer que je suis complètement hors saison, voire hors sujet tant il semble difficile d’offrir ce bouquin, à Noël ou à tout autre moment. Par contre on peut le conseiller, en toute connaissance de cause. Ce que je fais. Il s’agit de Natural enemies de l’américain Julius Horwitz.

Horwitz

Paul Steward est éditeur à New York. Tout devrait aller bien dans une vie qui ressemble à l’american dream. Succès professionnel, une famille avec trois beaux enfants, une belle maison ancienne en banlieue, des amis intelligents à New York. Et pourtant, ce matin en se levant Paul a chargé son fusil et est parti au boulot en sachant que le soir il allait abattre sa femme et ses enfants avant de se donner la mort. Natural enemies est le récit à la première personne de ce dernier jour.


C’est le seuil, puis baleine qui sont allés repêcher cette pépite, reprise cette année chez folio. Dire que ce roman est éprouvant est un doux euphémisme. Il est désespérant. Plongée en apnée dans l’esprit en apparence sain d’un homme ordinaire qui a décidé un geste inexplicable. Inexplicable, et pourtant si on en croit l’auteur relativement répandu, au moins dans ces années 70.


Plongée en apnée dans le désespoir, dans l’incompréhension, dans l’impossibilité à communiquer, même avec les personnes sensées être les plus proches. Plongée dans un monde qui n’a plus de valeurs, d’illusions, de rêves, d’envies, d’amour. Plongée dans un monde où tout le monde a peur de tout le monde, dans un monde où on ne croit plus en rien.


Plongée en apnée, et je vous garantis, l’eau est froide, glaciale même. D’autant plus glaciale que l’écriture est froide, détachée, tout aussi morte que le narrateur. Et les quelques étincelles qui surgissent, de part et d’autre, ne suffiront pas à vous réchauffer.


Vous êtes avertis, et si je puis me permettre, pour après, mettez de côté un roman léger, chaleureux, bouillonnant de vie. Un Camilleri, un Westlake ou un Pratchett par exemple.


Julius Horwitz / Natural enemies (You can run, 1975), Folio/Policier (2013), traduit de l’américain par Anne de Vogüé.

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 17:49

Deux nouveaux (ou au moins nouveaux pour moi), dans le petit monde des blogs polar.

 

Un « classique », qui mêle nouveautés et titres anciens, est logé par le Monde. Il s’appelle Polar’oïde.

 

Le second est, à ma connaissance unique, et pourra se révéler extrêmement utile pour l’amateur de polars. Eric Tamagna s’est attelé à la tâche titanesque de référencer et mettre à notre disposition toutes les vidéos qu’il trouve sur le web traitant de notre littérature préférée. Interview, lectures, rencontres, VO, VF … Tout est, ou sera sur Polarmundi.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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20 décembre 2013 5 20 /12 /décembre /2013 22:06

En cette fin d’année un peu trop dense, j’avais besoin d’une lecture « facile », de celles qui aèrent le cerveau sans trop solliciter les méninges. Et j’avais sous la main un C. J. Box, Piégés dans le Yellowstone qui a fait parfaitement l’affaire.


Box

Pas de Jo Picket ici (le garde-chasse du Wyoming personnage récurrent chez Box). C’est Cody Hoyt le personnage central. Cody est flic, très limite, alcoolique et immaîtrisable mais très bon flic. Il travaille pour le shérif d’un bled de l’ouest quand son parrain aux AA est retrouvé mort dans l’incendie de sa maison. L’enquête conclue à un accident, mais Cody est certain que c’est un meurtre. Et il découvre que le meurtrier potentiel est sur le point de prendre part à une randonnée dans le parc de Yellowstone. Plus grave, son fils Justin 17 ans serait inscrit avec son futur beau-père à cette randonnée. Voilà Cody complètement parti en vrille à la poursuite des méchants dans un des parcs les plus sauvages de l’ouest américain.


Je ne vais pas vous dire que c’est le roman de l’année. Mais bon, je voulais un machin facile je l’ai eu. Alors certes, le démarrage est un poil tiré par les cheveux, mettre le fils de Cody dans l’affaire pas forcément indispensable, et le superflic mal embouché et très borderline n’est pas franchement originale ... Mais.


Mais une fois cela posé, C. J. Box se révèle une fois de plus un bon artisan. Le rythme va en s’accélérant, les fausses pistes s’accumulent (même si on devine quand même assez rapidement qui est l’affreux de service), le final est bien mené, et le fameux parc de Yellowstone apparaît sous un jour moins carte postale, et donc plus intéressant que ce à quoi nous habituent les dépliants touristiques.


Un bon divertissement pour des périodes de fatigue, même si, côté grand ouest, le préfère Craig Johnson


C. J. Box / Piégés dans le Yellowstone (Back of beyond, 2011), Seuil/policiers (2013), traduit de l’américain par Freddy Michalski.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 19:19

Je suis gentil avec vous, je vais vous faire une autre proposition de cadeau de Noël. Un album absolument magnifique, à la hauteur du roman monumental qui l’a inspiré. Les plus perspicaces d’entre vous auront deviné qu’il s’agit de la BD dessinée par Miles Hyman, sur un scénario de Matz et David Fincher, d’après le chef d’œuvre de James Ellroy : Le dahlia noir.

 

Dahlia 01

Est-il besoins de rappeler l’histoire ? Fin des années 40, deux flics du LAPD : Fire and Ice. Deux anciens boxeurs, Lee Blanchard, le feu et Bucky Bleichert, la glace sont coéquipiers. Pour le meilleur et pour le pire. Leur vie change quand les flics trouvent le cadavre d’une inconnue. Elle a été torturée, éviscérée et balancée dans un terrain vague. Elle s’appelait Betty Short, la presse la surnomme rapidement le Dahlia Noir. Elle va devenir l’obsession des deux partenaires.


Un des grands romans de James Ellroy (et il y en a eu quelques uns !). Avec une police violente et corrompue, des femmes fatales, avec le mensonge, l’obsession morbide, une ville de Los Angeles et en particulier un monde d’Hollywood complètement pourri … Et des personnages en quête de rédemption, des dialogues au couteau. Un pavé absolument inadaptable en BD.


Erreur. Ils ont réussi. Parce que Matz a pris le parti de garder un maximum de dialogues, qu’il a retraduit directement de la VO et qui sonnent comme dans le roman. Parce qu’avec David Fincher ils ont réussi à épurer pour tenir dans le format BD (plus de 160 pages quand même), tout en gardant l’esprit, le rythme et la musique du grand James. Parce que Miles Hyman est un magicien et que chaque case est une pure merveille.


Matz et Miles Hyman avait déjà réussi une superbe adaptation d’un autre chef d’œuvre, Nuit de fureur de Jim Thompson. Ils rééditent ici avec cet album que vous devez absolument offrir ou vous faire offrir, ou les deux.


James Ellroy, Matz, David Fincher et Miles Hyman / Le Dahlia Noir Casterman/Rivages (2013).

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans BD
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 23:25

Si vous cherchez un petit cadeau pour Noël, voici une idée : Un très joli coffret (comme tout ce que font les éditions In8), qui rassemble quatre belles signatures du polar français sous la thématique de Femmes en colère. On y trouve quatre nouvelles de Marc Villard, Didier Daeninckx, Dominique Sylvain et Marcus Malte.

In8Femmes

Quatre histoires de femmes en colère, quatre histoires de vengeances, quatre styles et quatre nouvelles fort belles.


Kebab palace : Cécile et sa fille Lulu, seize ans vivent dans un mobile home quelque part en Alsace. Cécile boit, comme un trou. On ne saura pas pourquoi. Souvent Lulu doit aller la récupérer au poste. Ou au Kebab Palace. Le jour où elles trouvent le cadavre mutilé d’une jeune chinoise, elles décident de piéger le tueur et de se venger sur lui des injustices de la vie. Ce n’est pas forcément une bonne idée.


Disparitions : Elsa marche dans les rues de Bangkok. Elle est là pour se venger de Cedric, l’homme en qui elle a cru et qui lui a tout pris, tout. Ce soir elle récupèrera son dû et le laissera avec seulement se yeux pour pleurer. A moins que la vie n’en décide autrement.


La sueur d’une vie : Yanamaria, Querida, Dorbeta, Erendira et quelques autres. Elles ont autour de 80 ans, et sont victimes de la crise en Espagne. Les banques leur ont tout pris, elles n’ont plus rien à perdre. Alors aujourd’hui l’heure de la vengeance a sonné.


Tamara, suite et fin : Tamara vient de Guyane. Elle y a vécu jusqu’au jour où elle a hérité d’une terre, en pleine campagne, quelque part en métropole. La chance de sa vie, la chance de changer de vie. Elle s’installe, élève des cochons et s’en tire fort bien. Mais Tamara est étrangère (comprenez, pas du village), noire et femme. Autant dire que sa vie ne va pas être facile, et que les plus obtus des locaux sont bien résolus à la faire partir. Jusqu’à ce que Tamara décide qu’elle en a assez.


Trois excellents textes … Et puis Marcus Malte.


L’idée n’est pas ici de dénigrer les trois autres, bien au contraire.


On sait depuis longtemps que Marc Villard est un des grands de la nouvelle. Il confirme une fois de plus, même s’il s’éloigne un peu (mais un peu seulement) de ses thématiques habituelles : il n’y a ici ni flic pourri, ni jazz, ni dope … mais il y a deux êtres qui souffrent, se perdent et perdent les pédales. Ecriture au rasoir, maîtrise de la progression narrative, du fait main. C’est la vengeance, aveugle, de celles qui n’ont plus rien à espérer.


Dominique Sylvain elle s’intéresse à une vengeance personnelle, une femme trahie qui demande des comptes. Elle montre qu’elle est aussi à l’aise dans le texte court que dans le roman dans cette nouvelle qui vous réserve quelques surprises.


Didier Daeninckx écrit la nouvelle la plus politique. Politique mais littéraire. La construction est impeccable, la montée de la tension parfaite, la chute rageante et réjouissante à la fois. S’il fallait pinailler, mais vraiment pour pinailler, je dirais juste que faire du pourri un petit fils de franquiste n’était peut-être pas nécessaire, parce que les banquiers pourris sont, malheureusement autant fils ou petit-fils de bourreaux que ceux de victimes …  Juste un petit message à l’attention de la visiteuse qui s’est indignée du roman de Petros Markaris, Liquidations à la grecque, et qui trouve que désigner les grands banquiers à la vindicte populaire est faire preuve de populisme, lisez donc, La sueur d’une vie, vous verrez que si la réponse au problème est différente de celle proposée par Markaris, l’analyse est la même.


Et puis il y a Tamara et Marcus Malte. La première scène vous sèche d’emblée. La construction est habile et parfaitement maîtrisée … Comme toujours, la grande force de l’auteur c’est son empathie, et sa capacité à nous toucher au plus profond sans jamais tomber dans le sentimentalisme. Tamara et la gamine qui raconte avec elle vont vous bouleverser, leur souffrance, leur rage, leur vengeance resteront longtemps dans vos esprits. Le texte est à la fois tendre et âpre, il désespère sur la nature humaine, mais en même temps donne de l’espoir … La magnifique conclusion d’un très beau coffret.


Marc Villard / Kebab palace, In8/Polaroid (2013) - Didier Daeninckx / La sueur d’une vie, In8/Polaroid (2013). - Dominique Sylvain / Disparitions, In8/Polaroid (2013). - Marcus Malte / Tamara, suite et fin, In8/Polaroid (2013). Dans Femmes en colère.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 14:19

Vous avez sans doute remarqué que je suis un inconditionnel de Terry Pratchett. Si je ne vous ai pas convaincus de lire ses aventures du Disque-Monde, je peux peut-être essayer avec Roublard, dernier livre paru, qui ne fait pas partie de cette série mais nous plonge dans le Londres historique de Charles Dickens.

Pratchett Roublard

Nous sommes à Londres dans les années 50. 1850. Roublard est un jeune homme débrouillard, un ravageur, ces jeunes qui fouillent les égouts de la ville et y trouvent leur substance (pas sous forme organique ! Ils cherchent ce que les gens perdent, pièces, bagues …). A l’occasion, mais vraiment à l’occasion, il peut lui arriver d’intercepter un objet juste avant qu’il tombe dans les égouts, dans une poche ou une maison … Ce soir-là, sous une pluie battante, il tombe sur deux sinistres individus en train de tabasser une jeune fille. Il leur tombe si bien dessus qu’il les met en fuite, et est recueilli avec sa protégée par deux hommes, un journaliste du nom de Charlie Dickens et son ami Henry Mayhew. Il ne sait pas que vient de commencer une aventure qui l’élèvera jusqu’au sommet du Royaume.


Pas de suspense, c’est un grand Pratchett, même s’il n’y a ni mages, ni sorcières, ni coffre à pattes.


A force de lire cet auteur, je crois que j’ai fini par cerner ce que j’aime tant chez lui.


Il aime les gens, profondément, et il les décrit avec tendresse. Enfin, il ne les aime pas tous. Et son empathie n’exclue pas une terrible lucidité. Qui lui interdit de se faire trop d’illusions sur la nature humaine et de tomber dans l’angélisme. Ensuite il est très fort pour analyser une situation, la comprendre, et en faire ressortir les côté absurdes, drôles, piquants ou émouvants. Pour finir, il sait mettre tout ça en musique avec un humour irrésistible. En plus, c’est un grand conteur.


Vous me direz, comme j’ai bien dû lire une bonne quarantaine de ses romans, il était temps que je comprenne pourquoi je les aime … Voilà, c’est fait.


Ici tous les ingrédients sont rassemblés. Et ils éclairent le reste de son œuvre. Difficile par exemple de ne pas s’apercevoir que Ankh-Morpork doit beaucoup à cette Londres du XIX siècle. On y trouve un Robert Peel, créateur de la police anglaise, qui évoque fort Vimaire, la description de la foule grouillante, bagarrante, vociférante et crasseuse de l’une rappelle celle de l’autre, et roublard a quelques cousins humains, nains, gnomes et autres du côté du Disque-Monde.


Un plaisir supplémentaire ici est de croiser quelques figures connues : Charles Dickens bien entendu auquel le roman est un fort bel hommage, mais également le barbier Sweenny Todd, la reine Victoria, pas franchement joviale … On entend même parler plusieurs fois d’un juif prénommé Karl qui tient des discours étonnants sur le travail, la richesse …


Comme toujours, la ville est magnifiquement décrite, les personnages immédiatement attachants, Roublard a un tel charisme qu’on aimerait bien le retrouver un de ces jours, les femmes sont … étonnantes et détonantes, l’humour est là, bref du Pratchett pur jus.


Terry Pratchett / Roublard (Dodger, 2012), L’Atalante/La Dentelle du cygne (2013), traduit de l’anglais par Patrick Couton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans SF - Fantastique et Fantasy
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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 22:47

 

Après Le prix de mon père, voici donc le second roman publié en France de l’espagnol (basque) Willy Uribe. Avec Nous avons aimé, il nous fait voyager de Bilbao au sud du Maroc.

 

 

Uribe

Eder est riche, Sergio est pauvre. Les deux sont jeunes, surfeurs, les deux sont de Bilbao. Leur relation est malsaine dès le départ : Sa richesse permet à Eder d’avoir systématiquement le dessus et de décider de tout. C’est donc lui, un beau matin du début des années 80, qui décide de partir pour le Maroc et les vagues mythifiées du grand sud. Comme toujours Sergio va suivre, même s’il se doute qu’il ne sera pas uniquement question de surf, et qu’il est parti pour être le dindon de la farce. Et le voyage dégénère …


Je ne vais pas crier au chef-d’œuvre de l’année, mais je ne vais pas non plus bouder mon plaisir. Si les références à Thompson et Goodis m’avaient semblée un peu écrasantes pour le précédent roman, je trouve plus d’accents Thompsoniens dans celui-ci, même si on n’atteint pas non plus la puissance et la noirceur de ce grand ancien.


N’empêche qu’il est fort bien mené ce roman qui arrive à instiller petit à petit des zones d’ombre et des drames en préparation dans un récit de ce qui pourrait être le récit picaresque et détendu de la virée sérieusement alcoolisée et enfumée de deux potes surfeurs.


La tension monte, inexorablement, jusqu’à une première explosion, et le regard du lecteur sur les personnages, et en particulier sur le narrateur va changer, sans qu’il s’en rende compte, jusqu’à un final étonnant. Un narrateur qui se révèle alors fort Thompsonien … Mais je n’en dirai pas plus.


Si un peu plus quand même … Sans discours, sans démonstration et sans prêche, l’auteur démonte le mécanisme de perversion de deux jeunes, au départ pas forcément plus méchants que d’autres, qui finissent par tuer juste par lâcheté, par manque de valeurs et de repères moraux, par individualisme, égoïsme …


Bref une dérive géographique et morale fort bien orchestrée.


Willy Uribe / Nous avons aimé (Los que hemos amado, 2011), Rivages/Noir (2013), traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 14:43

On ne peut pas avoir grandi dans les années 70-80 dans une famille où l’on écoutait Paco Ibañez et Jean Ferrat, et où on achetait l’Humanité tous les jours sans avoir quelques références politiques et quelques images et noms qui reviennent encore et toujours.

 

La joie à la mort de Franco, le premier concert des Quilapayuns à Bayonne, la mort de Bobbie Sand, les dictatures de Pinochet et Videla, les luttes sandinistes … Et Mandela.

 

En général quand un homme politique meurt je reprends deux fois des nouilles comme disait le grand Pierre Desproges. Mais là non.

 

Un homme qui est resté 27 ans en taule, alors qu’on lui proposait de le laisser sortir à condition qu’il renonce à son combat, un homme qui a su réconcilier (imparfaitement, mais réconcilier) un pays sans bain de sang, en pardonnant mais sans oublier (chose que pour l’instant aucun pays d’Amérique latine n’a réussi …), un homme qui a eu le courage et la modestie de quitter le pouvoir après un seul mandat, un homme capable de répondre à une autre icône, Desmond Tutu qui lui reprochait ses chemises bariolées « C'est étonnant, venant d'un homme qui porte des robes » … Cet homme-là a tout mon respect et mon admiration.

 

Et puisque nous sommes sur un blog consacré au polar, je ne saurais trop vous recommander de lire les romans de Wessel Ebersohn, grand écrivain de l’apartheid (et dont Rivages va sortir début 2014 un nouveau roman), et pour la période de transition les premiers romans de Deon Meyer, Jusqu’au dernier, Les soldats de l’aube et L’âme du chasseur.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 19:15

Mardi soir, sur le coup de 10h00, en rentrant d’une répétition musicale, je mets France Inter et je tombe sur ça :

 

 

Waow ! J’ai rajeuni de quelques années. Pourtant je ne suis pas particulièrement fan de chanson française, mais cette version d’Europa par Gato Barbieri, qu’est-ce que je l’ai dans l’oreille sans m’en rendre compte ! Ca m’a mis de bonne humeur pour quelque temps.

Du coup, j’ai cherché un peu ce qui se passait pour les 50 ans d’inter. Et je suis tombé là-dessus !

Il semblerait bien que samedi et dimanche, on ait droit à quelques heures du Tribunal des Flagrants Délires. Je sais pas comment je vais me débrouiller, mais ces deux-là je vais les récupérer.

A vos cazettes, à vos cazettes comme disait l’autre …

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