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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 22:35

Heredia et son chat Simenon, créations du chilien Ramón Díaz Eterovic, sont de ces personnages qui finissent par faire partie de la famille, aux côtés de Mario Conde, Salvo Montalbano, Giorgia Cantini ou … Leonard Pine et Hap Collins. C’est pourquoi c’est toujours un plaisir de les retrouver, comme ici dans Le deuxième vœu.

 

Diaz Eterovic

Les affaires ne sont pas florissantes pour Heredia, et Simenon se plaint de ne pas avoir mangé autre chose que des restes depuis un bout de temps. Heureusement, voici un client. Un homme qui revient après des années d’exil en Allemagne et qui veut reprendre contact avec son père, avec qui il a été en conflit pour raisons politiques au moment de sa fuite du pays, sous Pinochet. Après des années de silence son père a fini par lui écrire, et il lui semble qu’à 58 ans, il est plus que temps qu’ils se parlent à nouveau. L’ennui est que le vieil homme n’habite plus à l’adresse de la carte postale. Heredia part en vadrouille dans Santiago, de maison de retraite en maison de retraite. Une double quête, à la recherche de cet homme, et de son père qu’il n’a jamais connu.


On retrouve donc Anselmo le turfiste du kiosque à journaux, les rues et les bars de Santiago, et surtout le couple Simenon-Heredia. Simenon, le chat (oui le chat parle et ça ne pose aucun problème à personne), pragmatique et caustique, double qui ramène Heredia sur Terre, et Heredia archétype du perdant qui ne se rend jamais, qui noie son blues dans la poésie, les tangos et le vin.


Et ça fait du bien, dans un monde obnubilé par les chiffres, la rentabilité à court terme, le fric, le fric, le fric, de retrouver, de temps en temps, Heredia chaque fois un peu plus fatigué, chaque fois un peu plus vieux (comme nous …) mais qui ne lâche jamais. Heredia pour qui un verre de vin avec un ami, l’écoute d’un disque ou les retrouvailles avec d’anciennes amours sont plus importants que de gagner quelques pesos de plus.


Ça fait du bien aussi de retrouver sa capacité de révolte et de rage intacte, malgré ses forces peu à peu déclinantes. Ça fait du bien de voir que, malgré les défaites, malgré les illusions perdues, il ne renie rien. Ça fait du bien et ça donne de l’espoir, et des forces pour se sentir un peu moins seul, à contrecourant de tout un monde.


Voilà, on n’est pas seul, il y a encore Heredia, et sans doute une bonne partie de ses lecteurs. Salut à vous tous.


L’histoire ? J’avais oublié d’en parler. Comme toujours elle est menée à son rythme, et elle est secondaire. Elle est le squelette qui tient le bouquin. Le plaisir est surtout ailleurs, dans la déambulation dans les rues de Santiago, dans les réflexions sur la vieillesse, dans la révolte face à une certaine déshumanisation, dans le plaisir de partager la musique, les lectures, les amitiés et les amours d’Heredia, dans l’humour de ses relations avec Simenon …


Ramón Díaz-Eterovic / Le deuxième vœu (El segundo deseo, 2006), Métailié (2013), traduit de l’espagnol (Chili) par Bernardo Toro.

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 21:28

Bien entendu, malgré les mauvaises nouvelles, la vie et les lectures continuent. J’avais cette chronique sous le coude depuis vendredi soir, et on aura bien besoin de ça pour se remonter le moral.


 

……………………………………………


Après Le bon père, j’avais besoin d’une petite récréation. Et comme je suis prévoyant, j’avais ce qu’il faut sous la main. Un roman historique de l’immense Andrea Camilleri. Le neveu du Négus a parfaitement fait l’affaire.


Camilleri Negus1929. En plein enthousiasme fasciste, alors que l’Italie, sous la direction de son guide éclairé merdouille dans ses relations avec l’Ethiopie et la Somalie, le neveu du Negus en personne débarque à Vigata poursuivre ses études à l’Ecole d’ingénieurs des Mines. Le jeune homme, 19 ans a fort belle prestance et doit être reçu par tous avec les honneurs qui lui sont dus … même s’il est indéniablement noir, ce qui ne va pas sans poser des problèmes aux fascistes les plus convaincus. Problèmes mineurs au regard du chaos que va semer le prince, bien conscient que les autorités locales sont obligées de tout lui passer, et avec le sourire s’il vous plait. Et il faut bien avouer que le bonhomme est un sacré tracassin, et qu’il a un talent indéniable pour foutre le bordel.


Qu’est-ce qu’il a dû s’amuser à écrire ce roman le papa de Montalbano. Je l’imagine, l’œil brillant, le sourire aux lèvres en train d’inventer une de ces missives entre dignitaires de l’Italie fasciste. Lourdes, ridicules, grotesques …


Ceux qui ont assisté à Toulouse polars du sud en octobre dernier se souviennent forcément du show d’Ernesto Mallo expliquant que ce que craignent le plus les dictateurs c’est le rire. Ben là qu’est-ce qu’il prend le Duce, lui et tous ceux qui pourraient avoir des velléités autoritaristes, et se héritiers, sa petite fille et les guignols de la ligue lombarde. Et quel bonheur de lecture !


Une construction virtuose, où le protagoniste principal, le prince donc, n’a jamais la parole, mais où on suit ses frasques au travers des notes de service, échanges de lettres ou conversations de bistro (ou équivalent).


Qu’est-ce qu’ils prennent tous, du plus convaincu, obtus, bas de front, au plus opportuniste et lèche-botte, en passant par tous les intermédiaires. Seul un commissaire, ancêtre de Montalbano, semble garder sa lucidité et sa capacité à raisonner. Ce qui donne lieu, bien évidemment, à quelques sorties réjouissantes.


Pour le plaisir, un brin de rhétorique fasciste à la sauce Camilleri : « Je crois que semblables méfaits sont dignes du pays des Soviets où, comme chacun sait, la misère et la faim contraignent les parents à dévorer leurs nouveau-nés, mais sûrement pas d’une nation comme la nôtre, qui baigne dans la lumière solaire de la civilisation fasciste ! »


Pour ceux qui seraient friands de vérité historique, une petit complément à la fin de l’ouvrage fait la part des choses entre ce que l’auteur a inventé, et ce qui est réel, et se conclut ainsi : « si les faits principaux (….) relèvent de la pure invention, le climat général est authentique – une véritable stupidité collective à mi-chemin entre la farce et la tragédie qui, hélas, marqua toute une époque. »


Andrea Camilleri / Le neveu du Négus (Il nepote del Negus, 2010), Fayard (2013), traduit de l’italien par Dominique Vittoz. 

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
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1 juin 2013 6 01 /06 /juin /2013 23:43

Une bien mauvaise nouvelle m’arrive.

Patricia Parry vient de nous quitter. J’avais eu l’occasion de la côtoyer aux débuts de Toulouse Polars du Sud, et à l’occasion de quelques tables rondes. Elle était toujours drôle, enjouée,  chaleureuse, avec cette énergie et ce sourire qui vous embellissait la journée.

Si je n’avais pas complètement accroché à ses premiers romans parfois un peu trop gentils, un peu trop « pour filles » pour l’amateur de noir pur et dur que je suis, j’avais adoré son dernier où, me semble-t-il elle avait trouvé le lieu, l’époque, les personnages et l’écriture qui lui allaient parfaitement. Elle s’y révélait une très belle et très digne héritière de Dumas auquel elle rendait un hommage sensuel et émouvant. Clara et ses fleurs blanches avaient le goût des lectures d’adolescence, la légèreté et l’enchantement des romans de cape et épée avec Errol Flynn, et mine de rien mettaient en lumière quelques épisodes peu glorieux de notre histoire.

Je n’avais pas eu l’occasion d’en parler avec elle, sinon par mail, alors qu’elle habite Toulouse. Et je me faisais un plaisir de la rencontrer en octobre prochain où elle était invitée de la prochaine édition de Toulouse Polars du Sud.

Saleté.

Toutes mes pensées vont à ses proches, sa famille, ses amis.

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 22:24

Rions un peu …

 

En ce week-end de finale de rugby, bien triste puisqu’il n’y a pas Toulouse, bien triste surtout parce que le rugby professionnel a quand même perdu en âme ce qu’il a gagné en intensité physique et en technicité, ces petits liens que je vous offre avec plaisir, histoire de voir que non, tout le rugby n’est pas formaté, non tout le rugby n’est pas qu’une histoire de gros sous.

 

Il reste quelques villages gaulois où les vraies valeurs perdurent.

 

Et zou, zou zou !

 

Et d’un, et de deux, et de trois.

 

PS. Pour ceux qui auraient un problème de traduction, disons ce qui vivent en dehors d’un triangle Biarritz, Périgueux, Perpignan, je pourrai vous traduire quelques uns des termes les plus techniques à la demande. 

 

 

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Published by Jean-Marc Laherrère
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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:44

On ne peut pas reprocher à la série noire de ne pas prendre de risque … Cette année,  après La nuit de Frédéric Jaccaud, Le bon père de l’américain Noah Hawley une fois de plus, ne caresse pas le lecteur dans le sens du poil. Malgré cela (ou plutôt, à cause de cela), ce serait dommage de passer à côté.

 

Hawley

Le Docteur Paul Allen mène une vie réglée et confortable du côté de New-York. Médecin reconnu (et donc fort bien payé), époux et père comblé, il vit dans une banlieue tranquille et cossue. Jusqu’au soir où, loin de là, à los Angeles, un déséquilibré tire sur le candidat démocrate à la Présidence, l’homme qui rassemblait l’espoir de tout le pays. La nouvelle est choquante. Cinq minutes plus tard deux hommes sonnent à sa porte. L’assassin a été arrêté. C’est un jeune homme d’une vingtaine d’années. Le fils de Paul Allen, né d’un premier mariage. Un fils qu’il n’avait pas vu depuis des mois. Incapable de se rendre à l’évidence, Paul Allen va basculer dans la paranoïa et remonter dans le passé de ce fils qu’il croyait connaître pour trouver la faille, prouver son innocence … Ou se résoudre à l’impensable.


Commençons par évacuer une question rigolote. Je ne sais pas qui a décidé de cataloguer ce roman dans « thriller » en quatrième de couverture, mais vraiment, c’est plutôt drôle. Parce que s’il y a en ce moment un roman qui n’a rien du « thriller » tel que l’entendent les vendeurs de best sellers, c’est bien celui-là !


Passons donc. Un roman absolument passionnant. Tant par la forme, que par les questions qu’il pose.

On dit d’un morceau de musique que si l’ouverture et le final sont réussis, le tour est joué. C’est aussi vrai pour un roman. Et ici les deux chapitres, le prologue et l’épilogue sont très forts. Très émouvants. Vraiment. Je n’ai pas envie de les reprendre ici (j’ai la flemme) et vous pouvez aller voir chez Yan le final du prologue.


Entre les deux, le récit est parfaitement distribué entre le présent de ce père qui cherche à savoir, le récit des derniers mois du fils et les retours quelques cas célèbres d’assassinat d’hommes politiques ou d’anonymes.


Une mise en forme au service de deux questions : Comment peut réagir un père à une telle nouvelle ? Et pourquoi dans ce pays autant de jeunes hommes, un jour, prennent une arme et tirent sur quelqu’un, sénateur, président ou passant ?


Deux questions, aucune réponse … Et c’est la grande force du livre.


La première, bien évidemment, va continuer à tourner, tourner, tourner dans la tête de tous ceux qui ont des gamins. Elle rejoint la thématique d’un autre roman extraordinaire, Les feuilles mortes du grand Thomas Cook. Le récit ici prend une autre direction, mais il partage avec celui de Cook la finesse dans la description d’une situation qui pourrait se prêter au pathos le plus lourd et le plus larmoyant. Je sais que cette question restera longtemps dans un recoin de mon cerveau, et resurgira sans doute aux moments les plus inattendus  


La seconde question évidemment ne trouve pas non plus de réponse. Quel disfonctionnement, quelle frustration, peuvent-ils expliquer que dans le pays qui se définit lui-même comme la plus grande démocratie du monde, la lumière qui doit guider le reste des nations, autant de jeunes hommes prennent un jour une arme pour tirer sur un sénateur, un président ou des anonymes ? Comment en sont-ils arrivés là ? Qu’est-ce qui dans l’Histoire, et dans leurs histoires a abouti à ce geste irréversible ? Des éléments, des fragments de réponses sont apportés, mais il est clair, tout au long du roman qu’aucun n’apporte une explication satisfaisante. Ni pour les cas réels exposés, ni pour l’histoire inventée par Noah Hawley.


Ce qui laisse le lecteur, comme le pauvre docteur Allen, perdu, troublé (et c’est peu dire) et durablement marqué par cette histoire.


Noah Hawley / Le bon père (The good father, 2012), Série Noire (2013), traduit de l’américain par Clément Baude.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 22:51

Pour une fois, il ne va pas être question d’un roman, mais d’une revue et de deux essais. Tous consacrés au polar.

813La revue, c’est 813. Une revue qui parait 4 fois par ans, dont je vous ai causé il y a maintenant pas mal de temps à l’occasion de la sortie du numéro spécial sur les 100 polars de l’association.

Il se trouve que le dernier numéro est de particulièrement haute volée. Non que les autres soient mauvais, mais disons que deux dossiers dans le dernier m’ont particulièrement touché.

L’hommage à Joseph Bialot pour commencer, recueil de textes très émouvants et témoignages touchants de gens qui ont eu la chance de le connaître. S’il m’a marqué c’est que tous ces textes racontent un homme drôle, chaleureux et généreux, un homme jamais résigné face à l’injustice du monde. Un homme tel que je l’avais ressenti lors des trop rares échanges téléphoniques que j’ai pu avoir avec lui. Un homme que malheureusement je n’ai jamais pu rencontrer.

Le gros dossier est celui consacré à Jim Thompson, un des premiers auteurs sur lequel je sois tombé quand j’ai commencé à lire sérieusement du polar, et le responsable, avec quelques autres, d’une addiction qui ne s’est jamais démentie. Le dossier présente une partie passionnante sur la traduction, des analyses et un excellent texte de François Guérif. De quoi donner envie de lire et relire, découvrir ou redécouvrir un des très grands noms du polar américain.


Si je cause également ici de deux essais c’est que leurs deux auteurs ont contribué à la revue 813, et que les deux sont des figures incontournables du polar.

MESPLEDE-1

Le premier est Claude Mesplède, l’archiviste du polar, auteur du monumental Dictionnaire des littératures policières, le DLLIPO souvent appelé Le Mesplède. Il faut savoir que pour cette œuvre pharaonique il s’est appuyé, sur son réseau inégalé d’amis et connaissances, mais aussi sur un fouillis en apparence inextricable de notes, articles, critiques, revues de presses, textes d’interventions …

Il faut être allé chez Claude pour comprendre. Vous allez bosser, prenons un exemple, sur une présentation du polar latino-américain. Au bout d’une heure, effaré, vous regardez votre montre, vous percevez que vous n’avez rien écrit, et que Claude vous a montré ses dernières acquisitions en DvD, le roman dont vous n’aviez jamais entendu parler d’un auteur américain dont a été tiré un polar mexicain, vous a fait écouter de vieilles musiques de film, vous a dégotté un article de 1975 sur un journalistes uruguayen qui est devenu auteur de polar … Vous vous affolez, vous lui dites que dans un heure il faut être prêt, vous flippez, puis vous oubliez quand il vous raconte comment il a rencontré Chavarria ou bu un coup avec Montalban … Et finalement, tout se passe bien parce que  … parce que c’est Claude. Ben Claude Mesplède, chroniques, fictions, entretiens, essais chez Krakoen, c’est ça. C’est un peu comme aller chez lui, et on ne voit pas le temps passer.


guerif

L’autre essai passionnant c’est Du polar, très long entretien entre François Guérif et Philippe Blanchet. Qui connait un tout petit peu le catalogue Rivages, et les ouvrages sur le cinéma signés François Guérif, n’est pas vraiment étonné de lire des avis d’une rare pertinence, et des analyses passionnantes sur le roman et le film noirs, de Jim Thompson à Jean-Hugues Oppel, en passant par Robin Cook, James Ellroy, Paco Ignacio Taibo II ou Manchette. Son travail parle pour lui, François Guérif est un très grand du polar en France. Ce qui n’était pas forcément prévisible pour qui ne le connait pas personnellement, c’est que, soit c’est un grand conteur, soit Philippe Blanchet est un magnifique interviewer … Soit plus vraisemblablement les deux. Ce recueil c’est un peu comme les noix de cajou. Vous commencez, vous vous dites que vous allez lire juste un chapitre, puis vous en lisez un autre, puis un autre … Jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus. La différence avec les noix de cajou, c’est qu’au lieu de faire grossir ça rend intelligent.

 


Claude Mesplède / Chroniques, fiction, entretiens essais, 1982-2012 Volume I, Krakoen (2013). François Guérif et Philippe Blanchet / Du polar, Rivages (2013).

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26 mai 2013 7 26 /05 /mai /2013 22:22

Limoges remet une tournée polar et vins les 14 et 15 juin avec :

 

Jean-Pierre ALAUX

Laurence BIBERFELD

Nicolas BOUCHARD

Franck BOUYSSE

Patrick K. DWEDNEY

Dominique FORMA

Jérome LEROY

Franck LINOL

Michaël MENTION

Joël NIVARD

Jean-Hugues OPPEL

Serge QUADRUPPANI

Serge VACHER

Antonin VARENNE

Marc VILLARD

 

Chacun sera associé, c'est le principe, avec un vigneron.

Lectures, débats (le 14 à la bibliothèque), musique, dégustations, dédicaces, tout ça dans une rue piétonne du centre-ville.

 

Vous pouvez en savoir davantage en allant sur Facebook (vins noirs)

 

Je regrette bien de ne pas pouvoir y aller. Et dans la liste des invités j’en connais un certain nombre qui vont être enchanté d’être associés avec un vigneron le temps d’une journée (je ne citerai pas de noms …).

 

Amusez-vous bien.

 

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 19:24

Il est un peu difficile de suivre les aventures éditoriales de Leonard Pine et Hap Collins, les deux glandus les plus drôles du polar mondial créés par l’américain Joe R. Lansdale. Heureusement, grâce aux blogs, j’avais eu vent de la sortie de Diable rouge, qui suit Vanilla Ride.

 

Lansdale

Pour ceux qui ne connaissent pas les deux zozos, vous pouvez aller voir l’article cité en introduction.


Leonard et Hap se tiennent plutôt tranquilles, juste un petit tabassage de méchants pour le compte de Marvin, un ex flic devenu privé qui les fait bosser de temps à autre. Jusqu’à ce qu’ils soient contactés par une cliente dont le fils a été assassiné avec une amie alors qu’il faisait son footing. Les flics ont conclu qu’il se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment. Mais la mère n’est pas convaincue. Et elle a peut-être raison. Car les jeunes gens fréquentaient une bande de cinglés se prenant pour des vampires. Et sur place on a trouvé une étrange signature, une tête de diable peinte en rouge …


Avant d’aller plus loin. Si vous ne supportez pas de lire les mots « bite » ou « burnes », si l’humour scato et sexuel vous fait tordre le nez, laissez tomber ce papier, et surtout n’ouvrez pas le bouquin. Ceux qui connaissent savent de quoi je parle. Leonard et Hap sont très grossiers, ne reculent devant rien, absolument rien … et moi ça me fait beaucoup rire.


Un bon cru, avec un Hap Collins qui vit mal son vieillissement, qui doute de plus en plus de ce qu’il fait, se pose beaucoup de questions et déprime même sacrément … Un sacré portrait de l’East Texas, et, mine de rien, sous le nez rouge, de très belles pages sur l’amitié et la fidélité.


Mais on rigole quand même n’ayez pas peur, et Lansdale ne se prend jamais au sérieux, pas plus que ses personnages. Les fans de Sherlock Holmes y trouveront un hommage à leur héros, un hommage un peu décalé, ça reste du Lansdale, et je ne résiste pas à vous donner une idée du style, pour ceux qui ne connaissent pas (et je fais attention, je reste dans le très très correct) :


L’automne vue par un poète romantique :

« Les sanglots longs / Des violons / De l’automne / Blessent mon cœur / D’une langueur / Monotone. »

La même saison vue par Lansdale :

« Tandis qu’on humait l’odeur d’urine dans la fraicheur automnale, des fleurs fanées virevoltaient dans l’air et tombaient sur le sol avec un craquement sec – comme quand on marche sur des sacs en papier ou qu’on fracasse le genou d’un gros con avec une batte de base-ball ».


En fait, j’aime les deux.


Joe R. Lansdale / Diable rouge (Devil red, 2011), Denoël/Sueurs froides (2013), traduit de l’américain par Bernard Blanc.

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23 mai 2013 4 23 /05 /mai /2013 22:17

Je ne sais pas vous, mais pour ma part, avec ce temps, je suis tout somnolent. Et je ne vous parle pas de ma conscience qui roupille quelque chose de bien.

Tout ça pour dire aux militants d’extrême droite que pour me réveiller va falloir accélérer le rythme. Comme le dessine si bien le grand Maester, il y a des exemples à suivre.

Une fois n’est pas coutume, ça fait quand même deux fois que le FN me fait rigoler ces derniers jours.

Si on ajoute la mère Lagarde devant les juges (même si je ne me fais aucune illusion), et la mort récente de Videla, finalement on pourra bientôt dire  « mai pluvieux, mai heureux ». 

Comment ? Ben non, je ne suis pas gentil et je me réjouis du malheur d’autrui. Ça doit être à force de lire des polars.

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 23:05

A la lecture de la quatrième de couverture il semblerait que j’ai raté deux romans de Gianni Biondillo chez Joëlle Losfeld. J’en suis fort marri. Car j’ai beaucoup aimé Le matériel du tueur, son troisième traduit en français, une belle révélation pour moi.

Biondillo

Etrange … Dans la banlieue de Milan un petit délinquant sans importance est libéré lors d’un transfert de la prison vers l’hôpital par un commando qui sent la mafia à plein nez. Mais pourquoi donc s’intéresseraient-ils à un africain paumé ramassé dans un bistro lors d’une bagarre à propos d’un match de foot ? A moins que les choses ne soient plus compliquées, et que le petit malfrat soit un gros, un très gros poisson. Qui, autre fait étrange, échappe sans peine à la traque d’Elena Rinaldi, une flic d’élite venue exprès de Rome. Une flic secondée par un local, le bougon mais étonnant inspecteur Ferraro.


Rien ici ne révolutionne le genre. Aucune des qualités de ce roman enthousiasmant n’est absolument nouvelle. C’est l’ensemble qui met en joie et fait réfléchir.


La structure est classique : D’un côté le tueur, que l’on suit sans vraiment savoir où il va ni quel est son but, et dont on découvre peu à peu le passé. D’un autre les deux flics qui le traquent et qui se font balader. Classique, mais très bien maîtrisée, aussi bien dans les aller-retour présent-passé que dans les passages d’un personnage à l’autre. Donc très efficace et plaisant à lire.


Les personnages eux aussi sont classiques : un tueur très bien entraîné qui poursuit un but que l’on découvre peu à peu, une flic coriace et à la dent dure et un autre dépressif et tête de lard. Trois archétypes. Encore faut-il savoir les manipuler. Et Gianni Biondillo le fait parfaitement. Il ne se contente pas du cliché, il lui donne une chair et une âme. Et surtout, il fait preuve d’un humour parfois ravageur. Les dialogues entre Ferraro et un collègue un poil extraterrestre sont des monuments du genre. Eclats de rire garantis. Les épisodes gastronomiques, quasi incontournables quand on est en Italie sont eux aussi très réussis. Prévoyez quelques antipasti pour quand vous refermez le bouquin, il donne faim. Et cela donne des goûts et des odeurs au texte.


Cet humour, cette énergie et ce plaisir de la narration font que les digressions assez nombreuses sur le passé colonial de l’Italie en Afrique, les circuits actuels de traite des migrants, ou les charmes historiques et artistiques de telle ou telle ville du nord de l’Italie ne sont jamais pesantes et ne donnent jamais l’impression de ralentir ou alourdir le récit. Au contraire, elles lui donnent une épaisseur et un intérêt qui ajoutent au plaisir de lecture.


On apprend en s’amusant. Et surtout on se régale. Une vraie découverte pour moi. Je ne sais pas si je vais trouver le temps de lire les deux premiers, mais il est certain que je ne raterai pas le suivant.


Gianni Biondillo / Le matériel du tueur (I materiali dell killer, 2011), Métailié (2013), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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