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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 17:19

Comme Henry Porter, James Carlos Blake est un auteur que je ne lis pas systématiquement, mais dont je garde souvent les romans quelque part, sous une pile, en poche. Pour le moment où je trouve enfin un peu de temps. C’est comme ça qu’à la faveur des vacances j’ai enfin lu Crépuscule Sanglant.


Blake

Au milieu du XIX°, quelque part en Floride, la famille Little n’est pas une famille modèle. Le père a quelques meurtres à son actif, il a battu et fouetté la mère quand il a appris qu’avant de le connaître elle avait quelque peu batifolé, Edward et John les deux frères aiment se battre et Maggie la plus jeune ne supporte pas le traitement imposé à sa mère. Une situation explosive qui se dénoue quand Maggie s’enfuit et que les deux frères tuent leur père avant qu’il n’abatte leur mère. C’est alors pour John et Edward le début d’une longue vie de violence, de la Floride à la guerre entre les USA et le Mexique, en passant par les bordels de New Orléans, les prison texanes et les guerres indiennes.


Attention c’est rude. Et on comprend un peu mieux le rapport des US aux armes et à la violence. Certes, tous les pays ont eu leurs épisodes plus ou moins sanglants. Mais en lisant Crépuscule sanglant on ressent, dans ses tripes, à quel point ce pays c’est construit dans le sang, combien il a été longtemps un lieu où la loi du talion et la loi du plus fort ont été les seules à s’appliquer.


Vous imaginez bien que le roman n’est pas aimable. Tueries, crasse, bêtise, racisme, sang, sueur et larmes … Ils sont rudes les frères Little et leurs compagnons de route. Rudes, méchants, incultes, violents … Et c’est à travers leurs trajectoires que James Carlos Blake nous conte cette période de l’histoire des US, la République du Texas, la guerre contre le Mexique, le mépris envers les irlandais, les massacres des indiens.


On n’est pas un western propre avec James Stewart ou John Wayne, on est plus dans la lignée des Portes du paradis ou de Deadwood, et à relire ma note je me dis que j’aurais pu être lassé de l’accumulation de violence, de meurtres gratuits, de scalps et de viols. Et pourtant non, on n’a jamais l’impression que l’auteur en fait trop, il ne se complait jamais dans une surenchère voyeuriste et putassière, tout a un sens. Ca doit être ça, l’immense talent de James Carlos Blake.


James Carlos Blake / Crépuscule sanglant (In the rogue blood, 1997), Rivages/Noir (2007), traduit de l’américain par L. 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 18:40

Déjà la 16° édition pour le festival de Frontignan, qui se tiendra cette année du 24 au 30 juin.

Une programme riche, comme tous les ans. Pour cette 16° édition, Fred Vargas, marraine du FIRN dialoguera autour du thème "Affaires de familles" avec notamment les américains Mark SaFranko, David Vann, Ryan David Jahn, l’Irlandais Sam Millar, ainsi que Karen Campbell, Emile Bravo, Laetitia Milot, Thierry Crouzet…

Tout le programme sur leur site.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 05:57

Certains étaient tout près.

J’étais effectivement en Argentine.

Provincia de Corrientes.

L’endroit ce sont les Esteros del Ibera, des marécages qui occupent 15 % de la surface de la province et sont l’une des plus grandes réserves d’eau douce du monde. Et le paradis sur terre si vous souhaitez glander, voir des oiseaux, et vous couper du monde.

Plus précisément, on était Colonia Carlos Pelegrini, et encore plus précisément là.

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 14:38

Je vous ai abandonné quelques jours.

Mais me revoilà.

Pour me faire pardonner, et peut-être donner des envies à certains, quelques photos prises lors de cette escapade.

Et là, celui (ou celle) qui devine ou on a passé 5 jours perdus au fin fond de la nature aura droit à tous les applaudissements du monde, parce que ce n’est pas vraiment une destination très courante.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 15:13

J’ai déjà dit ici tout le bien que je pensais de Henry Porter, digne héritier du grand John Le Carré. Et même si je ne suis pas systématiquement ses sorties, je le lis avec grand plaisir dès qu’il m’en tombe un sous les yeux. Le dernier en date Lumière de fin, est atypique mais excellent.

 

Porter

David Eyam, brillant élève à Oxford, recruté par les services secrets anglais a connu une carrière toute aussi brillante que son cursus. Jusqu’aux plus proches cercles du pouvoir, avant de tomber en disgrâce et de partir s’enterrer dans la campagne anglaise. Les quelques amis qu’il a encore sont donc choqués d’apprendre, avec un bon mois de retard, sa mort « accidentelle » dans un attentat en Colombie. La plus surprise est Kate Lockhart, ex agente des mêmes services, amie proche de Eyam,  aujourd’hui avocate dans un grand bureau à New York qui hérite de tous ses biens. En rentrant elle  découvre un pays changé, où tous sont surveillés de près, surtout les anciens amis de David. Sa mort gênerait-elle le pouvoir ?


Un roman atypique donc, car il se déroule dans un futur proche, très proche, trop proche même d’après l’auteur que je cite dans sa postface :


« Les Britanniques sont aujourd’hui plus surveillés que n’importe quel autre peuple à l’Ouest, voire dans le monde entier. Nous avons plus de caméras de surveillance que toute l’Europe réunie. Elles infestent non seulement les rues et les centres commerciaux, mais aussi les restaurants, les cinémas et les pubs (…)

Les gens sont surveillés tout le temps. Les voyages sur la route sont maintenant suivis par des caméras adaptées de façon à pouvoir lire les plaques d’immatriculation des véhicules, et les données de n’importe quel déplacement sont conservées pendant cinq ans ».


C’est cette dérive vers une société orwellienne qu’Henry Porter décrit ici. Avec tout son talent de maître du roman d’espionnage. L’intrigue est solidement construite et, si elle demande un peu d’attention au démarrage, on est rapidement pris dans la nasse. Une nasse subtilement futuriste, au point qu’on met un moment à se demander à quelle époque se déroule le roman, et encore un peu plus à se dire qu’on doit être dans un futur très proche. Ce qui fait d’autant plus froid dans le dos.


Ne reste plus au lecteur français, glacé par cette vision d’un demain possible, qu’à se demander s’il n’y a que chez les grands bretons que ces choses là puissent arriver …


Henry Porter / Lumière de fin (The dying light, 2009), J’ai Lu (2012), traduit de l’anglais par Raymond Clarinard. 

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 17:03

Jo Nesbo est un grand, un très grand. Et Harry Hole est son prophète. Il revient, plus déterminé et plus déglingué que jamais dans Fantôme.

Nesbo

A la fin du volume précédent, Harry Hole un peu plus marqué, était retourné se terrer à Hong-Kong. Rien ne semblait pouvoir le tirer de sa retraite. Le voici pourtant de retour à Oslo. Oleg, le fils de Rakel son grand amour, a été mis en prison, accusé du meurtre d’un dealer. Une accusation à laquelle Harry ne peut pas croire. Après trois ans d’absence il trouve une ville changée, et pourtant égale à elle même. L’héroïne semble avoir été remplacée par une drogue de synthèse, la majorité des gangs de trafiquants ont été anéantis, sauf un, celui de Dubaï, un russe fantomatique que personne n’a vu. Un trafiquant discret, efficace et impitoyable qui semble avoir de très bonnes protections politiques et policières. Et c’est dans cette fourmilière là qu’Harry va donner un coup de pied, sans filet puisqu’il n’est plus rien dans cette ville, sinon le cauchemar de pas mal de flics et de truands.


Pour aller voir derrière la façade de la social démocratie scandinave il y a la façon … scandinave, avec des héros flics à tendance dépressive, respectueux de l’ordre, de la hiérarchie et de la procédure. Cela peut donner de très bons résultats, comme chez Mankell ou Indridason. Des résultats plus ennuyeux chez d’autres que je ne citerai pas … Et puis il y a la façon hard boiled, style yanqui, et là c’est Harry Hole et Jo Nesbo.


Et une fois de plus c’est sacrément, bon, ça déménage et on en prend plein les mirettes. Corruption à tous les étages, castagne, coups de théâtre à répétition, surprises de taille … Je me suis fait mener par le bout du nez du début à la fin. Et quelle putain de fin !


Bref encore un grand, grand thriller signé Jo Nesbo (comme quoi il y a de bons thrillers), un immense personnage, du grand art. Quand j’y pense, je me rends compte que la série Harry Hole est une des rares à n’avoir aucun épisode un peu faiblard, et une des rares à réussir à maintenir un fil conducteur, d’un épisode à l’autre. Vraiment du grand art.


Jo Nesbo / Fantôme (Gjenferd, 2011), Série Noire (2013), traduit du norvégien par Paul Dott.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 14:57

Un roman atypique chez Métailié, dans la suite italienne de Serge Quadruppani. Un texte court, plus un témoignage qu’un roman. Ce sont Les marques dans la peau de Stefano Tassinari.

 

Tassinari

Fin juillet, Gènes. Les altermondialistes du monde entier se sont retrouvés à Gènes, pour protester contre la tenue du G8. Ils savent qu’ils ne sont pas les bienvenus, ils voient que la ville a été transformée en une véritable place forte. Ils ne se doutent pas que le gouvernement italien a décidé de mener une véritable guerre. Caterina, jeune journaliste d’une radio alternative de Bologne est là pour couvrir l’événement, sans se douter que les trois jours vont changer sa vie.


Je ne vais pas prétendre qu’on a là le roman de l’année. Ni même un grand roman. A vrai dire, la qualité littéraire de l’ouvrage est moyenne. Sur la forme. Dialogues parfois maladroits, exposés souvent didactiques … On sent (à tord ou à raison) que l’auteur voulait témoigner et qu’il a choisi, de façon une peu artificielle, le cadre du roman, avec une vague intrigue policière.


Mais finalement, là n’est pas l’essentiel. L’essentiel est la mémoire. L’essentiel est, dans ce monde où un scandale, un événement chasse l’autre, de ne pas oublier. De ne pas oublier qu’en ce mois de juillet, à Gènes, nos gouvernants, les maîtres autoproclamés du monde, ont déclaré ouvertement la guerre au reste de l’humanité. Que cet été là, à Gènes, les patrons des huit puissances financières mondiales, aidés de leurs chiens de garde ont traités ceux qui protestaient comme l’ennemi dans une guerre où tout est permis. Tout car ils ont tout de leur côté : la police, l’armée, la justice et la grande majorité des média. Alors pour que la lutte de ceux qui ont eu le courage d’y être ne soit pas vaine, la moindre de choses est de se souvenir. Parce que cela arrivera de nouveau.


Les marques dans la peau est une façon de se souvenir. Peut-être pas la plus achevée d’un point de vue artistique, mais une façon. Charge à d’autres de reprendre le flambeau.


Stefano Tassinari / Les marques sur la peau (I segni sulla pelle, 2003), Métailié (2013), traduit de l’italien par Paola de Luca et Giséle Toulouzan.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 19:15

Attention, la tenue du blog, la publication des articles et les réponses aux commentaires vont souffrir, dans les jours à venir, de quelques perturbations.

 

Pas de panique, le pilote est toujours là, il lit toujours et tout reviendra dans l'ordre dans quelques temps.

 

A bientôt.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:59

Yan l’annonçait il y a quelques temps ici, si le grand George Pelecanos semblait victime d’une petite baisse de régime, il revient en forme avec Une balade dans la nuit, sans doute (on espère) le premier d’une nouvelle série.

 

Pelecanos

Spero Lucas a fait un passage chez les marines, entre autres en Irak. A son retour à Washington, pas question de reprendre des études, il a fait fructifier sa capacité à retrouver des objets volés. Capacité s’appuyant sur une parfaite connaissance de la ville, un grand sens de l’observation, un bon entraînement physique … Et une facilité à gérer à son avantage les situations violentes.


Il lui arrive parfois de travailler pour un avocat qui le met en relation avec un de ses clients, Anwan Hawkins, dealer de came. Celui-ci attend son procès en prison, et certains en profitent pour faire disparaitre ses livraisons. Contre 40 % de la marchandise récupérée, Spero accepte de chercher les colis. Il ne sait pas qu’il met le pied dans un sac d’embrouilles.


Revoilà donc le grand Pelecanos, peut-être pas encore au niveau des meilleurs Nick Stefanos ou de la série consacrée à Terry Quinn et Derek Strange, mais on s’en rapproche. Grace à Spero Lucas qui, comme les personnages suscités n’est pas blanc blanc, et se trimballe de bonnes zones d’ombre. Enclin à la violence, muet sur ce qu’il a vécu en Irak et tout à fait capable de s’accommoder de sérieuses entorses à la loi, pas moraliste pour un sou mais terriblement humain, voilà un personnage auquel on s’attache immédiatement, et qu’on espère retrouver bientôt.


Pour le reste, on est chez la star de Washington, pas de doute là-dessus. Tour de la ville, écriture sèche, efficace et fluide, chronique de la vie des gens humbles, ceux qui bossent pour vivre, dialogues impeccables, bande son soul et funk … la marque de fabrique George Pelecanos, tout ce qu’on aime chez lui et qu’il maîtrise si bien.


L’originalité ici est qu’il choisit comme personnage principal un ancien d’Irak, montrant ainsi, guerre après guerre, la permanence aux USA de générations de revenus blessés et surtout changés et difficilement adaptables dans un pays, finalement, toujours en guerre quelque part.


Reste à espérer qu’on retrouvera bientôt notre nouveau copain Spero Lucas …


George Pelecanos / Une balade dans la nuit (The cut, 2011), Calman-Lévy (2013), traduit de l’américain par Elsa Maggion.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 22:27

Je vous ai déjà causé, ici, de la collection « Quelqu’un a dit ..  » chez In8. Un écrivain, une phrase célèbre, une novella. Cette fois c’est l’incroyable « Justice est faite » prononcée par Obama pour annoncer la mort de Ben Laden. Et c’est Christian Roux qui s’y colle.

 

Roux Justice

La délinquance a explosé et les prisons sont surchargées. Heureusement les élites éclairées ne sont jamais à court d’idées. Elles ont donc inventé une nouvelle façon de punir les contrevenants, tout en satisfaisant les victimes, ces fameuses victimes que la droite (et parfois malheureusement la gauche) présente toujours comme les maltraitées du système judiciaire. Une fois le méchant reconnu coupable, il a le droit de choisir entre une peine de prison (souvent très lourde) et une compensation fixée par la victime, en accord avec un nouveau type de fonctionnaires de la République : le justicier.


La victime perd l’usage d’une jambe ? Elle peut exiger que l’on coupe la jambe du coupable. Sous contrôle du justicier et donc de l’état bien entendu. Et dans des conditions d’hygiène irréprochables ! Le tout couvert par la sécu. Etienne est justicier. Pas que ça l’amuse, mais il faut bien manger. Et c’est un boulot comme un autre. Jusqu’à ce que Zelda, toujours aussi belle, entre dans son bureau …


Après le très exigeant La nuit, un peu de rythme, et un texte court faisait du bien. Surtout quand il est aussi fort. Le texte est très noir, mais cela n’étonnera pas les lecteurs de Christian Roux, il ne fait pas dans le rose d’habitude. Mais cela n’empêche pas l’humour …


Résumé, un excellent texte, glaçant, sinistrement drôle, terriblement angoissant en même temps. Certes on n’en est pas là, certes, la loi du talion mise en texte n’est pas encore de mise. Mais, mais … en est-on si loin ? Est-on si loin quand le président de la plus grande démocratie du monde (c’est du moins ce qu’il dit) confond devant le monde entier justice et vengeance ?


Pour mettre en garde contre les dérives démagogiques qui prétendent mettre la victime au centre du système judiciaire, on peut écrire des analyses très savantes, des réquisitoires rageurs … Ou un peut imaginer ce que cela donnerait si on faisait juste un petit pas de plus. C’est ce que fait Christian Roux, et avec quel talent ! Un petit texte impeccable, humour noir, justesse de ton … Efficacité maximum, de quoi vous dégoûter pendant un bon moment de toutes ces dérives.


Christian Roux / Justice est faite, In8 (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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