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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 18:15

Quand un nouvel auteur espagnol apparaît chez Métailié, je me précipite. Si en plus j’ai eu l’occasion d’entendre des gens comme Carlos Salem, Paco Taibo II ou Raul Argemi dire que c’était un putain d’auteur et un putain de livre (en ces termes à peu près), je me précipite encore plus vite. Deux petites filles Cristina Fallarás de ne m’a pas déçu.

 

fallaras

Victoria González, ancienne journaliste est privée à Barcelone. Privée et enceinte. Elle reçoit, de façon anonyme, une forte somme d’argent et la demande d’enquêter sur la disparition de deux petites filles, deux sœurs enlevées en plein jour. Le cadavre de la première a déjà été retrouvé. Elle a été mutilée avant d’être tuée. Une sale enquête commence, une enquête aux frontières de la folie.


Ils nous avaient avertis les latinos, les bouquins de Cristina secouent salement. Et celui-ci a reçu le prix Hammett 2012. N’empêche que, bien que prévenu, il faut s’accrocher.


Même si je sais que le thème rebattu de tables rondes en mal d’inspiration « y a t’il un polar féminin » est un grosse connerie, j’ai quand même rarement vu des auteurs masculins se permettre d’être aussi durs avec leurs personnages féminins.


Vicky est une dure à cuire, une vraie, avec des côtés pas franchement aimables. Des côtés qui font même peur par moment … Et quelle cruauté, quelle méchanceté dans certains portraits féminins. La dent est dure, et drôle, mais de l’humour très noir.


Alors certes, comme souvent dans les romans écrits par des hispanophones, l’intrigue passe au second plan, ce qui compte c’est la peinture d’une ville bien loin des ramblas et bars à tapas pour touristes, et surtout de superbe portrait d’hommes et de femmes, souvent aux limites de la loi et de la folie, des portraits qui prennent aux tripes. Espérons que nos reverrons Vicky, sa noirceur, sa dent dure, sa méchanceté. Encore une belle découverte chez Métailié.


Cristina Fallarás / Deux petites filles (Las niñas perdidas, 2011), Métailié (2013), traduit de l’espagnol par René Solis.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars espagnols
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23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 09:45

Depuis que je l’ai découverte, par hasard, dans Les vacances d’un serial killer, je suis devenu accro à Mémé Cornemuse. C’est donc avec un sourire d’anticipation que j’ai ouvert La vieille qui voulait tuer le bon dieu, le dernier roman de Nadine Monfils.

 

Monfils

Mémé est concierge à Pandore, cette ville imaginaire qui se trouve quelque part du côté de la Belgique. Elle est toujours fan d’Annie Cordy et de Jean-Claude Van Damme (JCVD pour les intimes dont elle estime faire partie). Et elle a un casse en vue qui lui permettra de devenir riche et de convoler, avec JCVD justement. Manque de bol, ce soir-là, Ginette (une des locataires de l’immeuble) s’envoie en l’air hors mariage pour la première fois. Et en rentrant plus tard que d’habitude, elle retrouve son mari (qui est un gros con) égorgé, mains et kiki coupés. Or avec le casse en préparation mémé n’a aucun intérêt à voir la police débarquer, donc il va falloir se débrouiller sans appeler les flics …


Non ce n’est pas sérieux. Non ce n’est même pas recommandable pour les jeunes esprits malléables (quoi que …). Non ce n’est pas politiquement correct. Non on n’y apprend rien sur le trésor des templiers ni sur l’élection du Pape. Non on n’y trouve pas une analyse poussée de l’état du monde en général, de la Belgique en particulier (quoi que …). Non ce n’est pas réaliste. Non Mémé n’est pas gentille. D’ailleurs, ici, personne n’est gentil. Non, non et non.


Par contre, qu’est-ce qu’on rigole ! Et le pire, c’est que ce machin foutraque tient la route !


Ya vraiment pas de justice, dire qu’il y en a des qui s’emmerdent à faire des recherches pendant des années, des qui écrivent des plans sur 300 pages, des qui prennent des airs constipés, inspirés pour expliquer d’un air torturé que l’écriture se fait dans la douleur, mais qu’ils ont un message à faire passer merde kôa …


Je suis presque certain que Nadine Monfils ne fait aucune recherche, n’a aucun plan, et surtout, je suis prêt à parier qu’elle s’amuse comme un folle à écrire ces horreurs. Au moins autant que nous, lecteurs à les lire. Ya pas de justice je vous dis.


Nadine Monfils / La vieille qui voulait tuer le bon dieu, Belfond (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars Bénélux
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 22:01

Encore de l’autopromotion …

Pour les toulousains qui ne sauraient pas quoi faire le samedi 23 mars, et qui nous auraient raté le mois dernier au Chronic Argo, nous serons au C Café.

Nous, c’est Paint It Blues où je sévis au clavier.

On commence vers 21h00, pas besoin de réserver, c’est un bar.

Le C Café c’est :

91 Grand rue St Michel à Toulouse.

Pour le métro c’est entre Saint-Michel et Palais de Justice.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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19 mars 2013 2 19 /03 /mars /2013 23:00

Depuis l’arrivée fracassante de Aller simple, c’est avec impatience qu’on attend, tous les ans, le nouveau Carlos Salem. Le dernier Un jambon calibre 45 c’est fait un peu attendre, mais il est là, tout chaud.

 

Salem

Nicolas Sotanovsky est, suivant les avis, un latino craquant, un raté complet, un argentin mystérieux, un glandeur professionnel. Il faut dire qu’il est un peu tout ça à la fois et traine son blues dans une ville de Madrid écrasée par la chaleur d’août. Ce jour-là il se fait jeter par sa copine du moment et décide de profiter de la proposition d’un compagnon de beuverie : aller squatter chez une dénommée Noelia, très sympa et très cool, qui est en vacances et a laissé son appartement à la disposition de qui veut. Superbe occasion et possibilité pour lui, journaliste raté, de commencer enfin ce grand roman qu’il croit pouvoir écrire.


Manque de chance, il n’est pas installé depuis 24 heures qu’un malabar débarque, lui allonge une droite et lui dit qu’il a une semaine pour ramener Noelia et le fric. Noelia, il ne l’a jamais vue, et quel fric ? Il va être « aidé » par une brune gironde et peu farouche et un chat de gouttière philosophe, rencontrer des tueurs sans scrupule, un Marlowe par correspondance, un chauffeur de bus perdu et une vache secourable … entre autres.


Carlos Salem nous a déjà habitués à ses intrigues pour le moins flottantes, à ses personnages extravagants mais pourtant tellement crédibles, à ses déambulations à travers l’Espagne ou le Maroc. Il nous a déjà habitués à ses polars qui n’en sont pas, à ses fils narratifs en apparence décousus qui pourtant finissent par se tisser.


Il reprend tout cela ici, avec un nouveau personnage, toujours aussi paumé, toujours désespérément amoureux, sans trop savoir de qui. Malheureusement cette fois ça marche un tout petit peu moins bien à mon goût. Je ne saurais dire pourquoi, j’ai eu à la lecture de grands moments d’enthousiasme, et d’autre où mon intérêt faiblissait. Comme si l’histoire était un moins tenue (mais c’est très compliqué de tenir un lecteur en lui donnant l’impression qu’on fait « n’importe quoi »).


Je ne me suis pas ennuyé, mais j’ai moins aimé. Même si certaines scènes resteront gravées dans ma mémoire. Comme celle où Nico tente de poursuivre une conversation téléphonique intelligente alors que la brune Nina lui fait subir les derniers outrages, la relation géniale avec un chat de gouttière, ou encore un voyage en bus surréaliste. Sans oublier le tueur sentimental, ou le privé miteux.


C’est en lisant ce roman d’ailleurs qu’on prend conscience de la difficulté de maintenir une cohérence et une tension dans des histoires en apparence complètement déjantées avec des personnages qui ne devraient pas être crédibles, et qui le sont. Un vrai numéro de funambule. Et c’est compliqué de marcher sur un fil à longueur de roman, alors cette fois, peut-être l’artiste a-t-il un peu perdu l’équilibre. Il n’est pas tombé, mais il a vacillé.


A lire pour ceux qui, comme moi, aiment cet auteur et pour les très bons, et même excellents moments. A déconseiller toutefois à ceux qui découvriraient l’auteur, parce que l’ensemble est moins réussi que pour ses trois premiers romans.


Carlos Salem / Un jambon calibre 45 (Un jamón calibre 45, 2011), Actes Noirs (2013), traduit de l’espagnol (Argentine) par Claude Bleton.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 22:29

Avis de festival pour les habitants de Clermont et des environs :

Du 5 au 7 avril auront lieu les 48 heures du polar.

Tous les renseignements pratiques en allant sur le site indiqué sur l’affiche.

Parmi les invités on remarque Sam Millar dont je viens de vous causer.

Affiche-48h-Polar.jpg

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 22:57

En deux romans, Poussière tu seras, et Redemption factory Sam Millar, l’Irlandais du nord s’est déjà fait une réputation parmi les amateurs de noir très noir. En deux romans il a marqué par son univers sans pitié et la qualité de son écriture. Avec On the brinks il aborde un autre genre, l’autobiographie.

 

Millar

Avant d’être écrivain Sam Millar fut catholique irlandais à Belfast, prisonnier politique dans l’enfer des prisons de la mère Thatcher, croupier à New York, avant de braquer un entrepôt de la Brinks, l’un des plus gros casse de l’histoire américaine. Prisonnier malgré le manque de preuves pendant des années, il finira par rejoindre l’Irlande du Nord où il commencera à écrire … Mais ceci est une autre histoire.

Un parcours atypique et romanesque qui explique la noirceur de romans du bonhomme (pour ce qui est de sa qualité d’écriture, il ne la doit, je suppose qu’à son talent et à son travail).


Un parcours raconté avec un parti pris original, celui de l’ellipse. Sam Millar choisit de passer sous silence des pans entiers de sa vie, pour braquer son projecteur sur certains épisodes. C’est ainsi qu’on ne saura rien de ses activités politiques avant la prison, ni même des circonstances de son arrestation. Rien non plus de son départ d’Irlande, de son installation à New York ou de sa vie de famille. Plus étonnant, la préparation du casse, et même sa réalisation sont évoqués très rapidement, alors qu’on pourrait penser qu’ils seraient le point d’orgue du récit.


L’essentiel du récit est en fait centré sur son rapport à la justice (si on peut appeler ça une justice) et au monde carcéral.


La première partie, récit effarant sur les conditions de détention dans les prisons anglaise, au temps de la mort de Bobby Sand vous marquera à jamais. Sans effets, d’une écriture rageuse et froide à la fois, Sam Millar arrive à raconter l’irracontable. Si le ton et l’écriture n’étaient pas aussi tristement convaincants, on devrait penser qu’il exagère. Comment croire qu’une démocratie, un pays considéré comme civilisé a pu se comporter comme la pire des dictatures ? Car ce n’est pas un cas isolé de tortures dues à un pervers localisé que nous raconte l’auteur, c’est la torture instituée en système par tout un appareil judiciaire, par toute une société qui est ici décrite. On devrait douter, et pourtant le récit dégage une telle sincérité, une telle rage, une telle douleur, qu’on sait que c’est bien la vérité que nous raconte l’auteur.


Changement de ton avec la deuxième partie qui culmine non pas avec le casse, mais avec le procès qui suit. En quoi Sam Millar se révèle digne des plus grands spécialistes du thriller judiciaire américain, la scène de procès étant un modèle de suspense. Et là, bienvenue en Amérique, où ce qui compte, c’est le fric :


« Tuez quelqu’un dans ce foutu pays, et ce sera oublié en quelques semaines, si ce n’est quelques jours. Mais volez l’argent du gouvernement et ils vous traqueront jusqu’à ce qu’il ne reste plus dans votre corps la moindre goutte de sang et de sueur. »


L’ensemble est passionnant, étonnant, et donne immédiatement une envie : que l’auteur écrive une seconde partie pour éclairer toutes les zones d’ombre qu’il a laissées. Mais sans doute n’est-ce pas son intention. Quoi qu’il en soit, j’attends sa prochaine œuvre avec impatience.


Sam Millar / On the Brinks (On the Brinks, 2009), Seuil (2013), traduit de l’irlandais par Patrick Raynal.

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 23:23

La novella est un format encore plus difficile à éditer que la nouvelle. Raison suffisante pour encourager les maisons courageuses qui se lancent, surtout quand elles s’offrent le luxe d’un directeur de collection qui n’est autre que Marc Villard. Et encore plus quand on y trouve des plumes comme Marin Ledun qui signe un No more Nathalie poignant.

Ledun natalie

28 novembre 1981. Nathalie Wood, son mari l’acteur (pas franchement connu), Robert Wagner et Christopher Walken, grande star depuis son rôle dans Voyage au bout de l’enfer embarquent sur un yacht pour faire la bringue dans la baie de Los Angeles. A bord de l’alcool, mais aussi dix kilos de cocaïne et 250 000 dollars. Fric, trahison, sexe, dope et alcool. Tout est en place pour le drame.


Marin Ledun est donc parti d’un cas réel entouré d’ombres, la mort mystérieuse de l’actrice Nathalie Wood. Et comme tout bon écrivain de polar, c’est autour de ces zones d’ombre qu’il a travaillé. Sa version en vaut sans doute une autre. L’important pour le lecteur est qu’elle est cohérente, crédible et surtout décrite avec l’humanité et la lucidité que l’on connait quand on est un lecteur régulier de ses romans.


Il montre ainsi qu’il est aussi à l’aise dans le format court que long, et qu’il peut sortir du cadre social ou « techno-thriller » (je déteste ces classification, c’est mal ce que je fais !) pour faire du « people ».


Bref, quel que soit le sujet qu’il aborde, Marin Ledun est sensible, pertinent et talentueux.


Marin Ledun / No more Nathalie, In8/Polaroid (2013). 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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10 mars 2013 7 10 /03 /mars /2013 22:21

Cela fait deux romans d’Arnaldur Indridason qu’on sait qu’Erlendur est en vacances. Il faut savoir que les vacances façon Erlendur c’est pas vraiment sea, sex and sun … Non, le revoilà sur son lieu de villégiature préféré, les fjords de l’est. On l’y trouve dans Etranges rivages.

Indridason

Erlendur est donc en vacances dans l’Est, dans sa région d’origine, là où gamin il a perdu son petit frère dans une tempête. Comme chaque fois qu’il revient, il campe dans leur ancienne maison, en train de tomber en ruine. Ses discussions avec un paysan voisin lui rappellent une disparition dont il avait entendu parler dans son enfance, celle d’une jeune femme qui n’avait jamais atteint la maison de ses parents qu’elle allait rejoindre à travers la lande. Par curiosité, par désœuvrement, pour régler ses comptes avec son passé … Il décide de s’intéresser à cette disparition qui lui semble étrange.


Il est fort cet Indridason. Il est très fort même. Parce qu’arriver à nous passionner pour ce personnage de plus en plus dépressif, de plus en plus isolé, de moins en moins rock & roll, il faut le faire ! Comme le dit un des vieux qu’il interroge et qu’il finit par faire craquer :


« Vous êtes l’homme le plus buté que j’aie rencontré dans ma longue existence. »


Têtu, buté … et humain. Malgré sa misanthropie, malgré sa vie de solitaire, au fond, Erlendur aime les gens, et encore plus, aime la vérité. Et cela se sent. S’il y a un domaine dans lequel Indridason excelle, outre la subtilité de ses intrigues, c’est dans le rendu des émotions et des sensations. Ses enquêtes ne sont jamais aussi fortes que lorsqu’il se penche sur l’intime. On a froid avec Arnaldur, on revit avec lui les journées entourant la disparition de son frère, on partage sa peine, sa culpabilité. On compatit avec lui, on sent cette vie rude d’une Islande en voie de disparition, bien différente de celle des requins de la finance. Une Islande qui vit au rythme de la nature, parfois somptueuse, parfois meurtrière. Une nature que les habitants avaient appris à aimer, mais aussi à respecter et à craindre.


Encore un très bon cru islandais, avec le plaisir de retrouver Erlendur. Reste que j’aimerais bien maintenant voir comment Indridason traite la situation de crise, pour avoir une autre regard, après celui très pertinent d’Arni Thorarinsson.


Arnaldur Indridason / Etranges rivages (Fur∂ustrandir, 2010), Métailié (2013), traduit de l’islandais par Eric Boury. 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 17:21

Après le roman d’Elsa Marpeau, en voici un autre que je n’aurais même pas dû ouvrir. Et pourtant … Heureusement, parfois, les copains savent insister. Jugez-en par vous même : Un pavé de plus de 600 pages qui dans le résumé vous parle d’Opus Dei, du Vatican et de l’Egypte des pharaons. On a toutes les chances de retomber sur une mouture de plus de l’indigeste machin de Vinci. Ben non, même si tout ne me plait pas dans L’hypothèse de Copenhague de l’italien Oscar Caplan, je me suis bien amusé dans l’ensemble.

Caplan

Vanko Saint-Pierre, cardinal et érudit se fait renverser par un chauffard dans les rues de la résidence du Pape juste après lui avoir demandé une audience. Il laisse à son frère Théo, des notes qui semblent insinuer que des preuves existent que l’Exode de Moïse ne fut pas du tout celle racontée par la Bible. Personne n’est plus à même de poursuivre ses recherches : Théo est un athée féroce, archéologue, responsable du département d’Antiquité égyptienne au Louvre. C’est le couteau entre les dents et la rage au ventre qu’il se lance dans une quête qui va le mener de Sienne au désert du Sinaï. Mais face à lui, il n’a pas que quelques théologiens de bibliothèque … Juifs, chrétiens et musulmans, personne n’a vraiment intérêt à remettre en cause des religions qui permettent d’asseoir le pouvoir de quelques-uns sur l’immense majorité. Et outre le pouvoir, il y a beaucoup, beaucoup d’argent en jeu …


Opus Dei, FMI, complot mondial, triple alliance, Egypte ancienne et … Physique quantique. C’est tout cela qui est au menu de cette Hypothèse. Hypothèse qui pourrait se révéler un plat un poil roboratif. Et qui l’est un peu par moment (en particulier dans la partie physique quantique alliée à un poil de mysticisme à poil long). Mais tout au long des presque 700 pages, ce qui emporte l’adhésion, c’est l’impression que l’auteur c’est bien amusé.


Amusé à nous pondre des personnages hors du commun, mon préféré étant quand même un sacré hijo de puta de Guzman, chef de l’Opus Dei, espagnol amateur de Duende et de flamenco, de cigares et de chiquitas, cynique, magouilleur … Un vrai méchant de BD. Ce qui emporte l’adhésion c’est un manque total d’inhibition dans l’intrigue qui fait penser à un Indiana Jones sans fouet mais non sans ressource.


Ce sont aussi quelques réflexions pas bêtes du tout sur les trois religions monothéistes qui, il faut bien le reconnaître, nous pourrissent bien la vie depuis plus de 2000 ans maintenant … Et c’est le Guzman de L’opus Dei qui en parle le mieux :


« - Je ne sais pas encore qui est derrière tout cela, mais je suis certain d’une chose : il s’agit de quelqu’un qui a tout intérêt à ce que nous (je parle de l’Eglise chrétienne, mais cela vaut également pour Jérusalem et Riyad) continuions à faire ce que nous avons toujours fait.

- C’est à dire ?

- Retarder le progrès de l’humanité, dans quelque domaine que ce soit, et par tous les moyens possibles ».


Le bouffe curé primaire que je suis a souvent jubilé tout au long de ce roman. Ceci allié à un vrai sens du rythme et de la construction qui offre quelques scènes et découpages extrêmement cinématographiques, avec une accélération de l’action qui pousse à lire de façon frénétique en tentant d’accélérer le mouvement oculaire, fait que je me suis bien amusé, tout en ayant l’impression d’avoir appris deux ou trois petites choses.


Bref, je ne regrette absolument pas les heures passées en compagnie de Théo Saint Pierre et cet enfoiré flamboyant de Guzman.


Oscar Caplan / L’hypothèse de Copenhague (L’ipotesi di Copenhagen, 2009), Rivages/Thriller (2013), traduit de l’italien par Gérard Lecas.


PS. Ne cherchez pas, on ne va jamais à Copenhague, mais l’explication du titre tombe quand même, à la fin.

 

PPS. Assez rigolo à lire en cette période d'élection de pape ...

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 09:12

Je suis un blogueur indigne. Je vais encore vous laisser tomber deux jours.

Mais je vous laisse avec une devinette (très facile).

Quatre photos pour deviner où j’étais la semaine dernière :

Devinette 05

Les vainqueurs gagnent toute ma considération.

Devinette 03

Je reviens vendredi soir avec de nouvelles chroniques.

Devinette 04

 

Devinette 01

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Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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