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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 23:12

Après Ingrid Astier, voici Elsa Marpeau à la série noire. Autant la première construit (pour l’instant) une œuvre dans la continuité en reprenant certains personnages de son premier roman et en restant dans le style procédural, autant la seconde nous prend une fois de plus à contrepied. Après l’hôpital et les Black Blocs parisiens, elle nous amène à Singapour avec L’expatriée.

 

Marpeau

Elsa, la narratrice s’emmerde ferme à Singapour. Venue accompagner son mari, écrasée par la chaleur et l’humidité autant que par l’inactivité, elle n’arrive pas à écrire et s’ennuie ferme en compagnie d’épouses d’expatriés français aussi bêtes que médisantes. Jusqu’à l’arrivée de Nessim, l’arabe blond, et le coup de foudre. Deux mois après son arrivée, Nessim est assassiné de plusieurs coups de couteaux et Elsa pourrait bien être la coupable toute désignée. L’aide de sa maid philippine la tire d’affaire, mais à quel prix ?


En ce qui me concerne, ce nouveau roman d’Elsa Marpeau est un véritable tour de force. Parce qu’à priori, les états d’âmes d’expatriés qui vivent en cercles fermés dans des résidences de luxe à Singapour, je m’en contrefous. Et encore plus quand ce sont ceux de bonnes femmes qui s’emmerdent et n’ont d’autre occupation que médire, glander autour d’une piscine, ou se donner bonne conscience avec des actions charitables à la con. Voilà c’est dit.


Alors pourquoi un tour de force ? Parce que contre toute attente Elsa Marpeau a réussit à m’intéresser à son histoire, à me passionner même, et à me bluffer méchamment. Et ça, vu le sujet c’était pas gagné.


Tout le mérite revient à sa construction virtuose et à une écriture superbement maîtrisée qui passe de la poésie au plus ton le plus prosaïque, du lyrisme aux détails les plus quotidiens. Une écriture qui fait ressentir la moiteur, la chaleur, l’ennui, la mesquinerie, le racisme quotidien. Sans jamais insister. Une écriture et une construction qui savent suggérer la folie sans jamais la révéler entièrement, qui montrent sans en avoir l’air …


Vraiment, je ne dirais pas que l’expérience fut agréable, mais j’ai été complètement soufflé par la maîtrise et la façon de m’accrocher et de me retourner comme une crêpe.


Elsa Marpeau / L’expatriée, Série Noire (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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26 février 2013 2 26 /02 /février /2013 10:07

Une petite pause de quelques jours, et je reviens avec de nouvelles chroniques.

 

Bonnes lectures, bonnes vacances, bon ski, bonne raclette ... Enfin bons tout en attendant.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 13:08

Il me semble qu’il est un peu en avance cette année. D’habitude il nous arrive plutôt en mars (si je ne m’abuse). Mais on ne va pas s’en plaindre, bien au contraire. Le voilà donc. Qui ? Walt Longmire, le shérif de Craig Johnson, qui nous arrive au galop, monté sur son Dark Horse.

Johnson

Walt Longmire n’aime pas les affaires trop simples … Wade Barsad était une vraie pourriture. Capable de mettre le feu à l’écurie de sa femme Mary, avec les chevaux à l’intérieur. Du coup Mary est entrée dans la chambre et l’a abattu de six balles avant que le feu ne se propage à la maison. Fin de l’histoire. Sauf pour Walt qui accueille Mary dans sa prison. Comme le meurtre a eu lieu dans un autre comté, il décide de s’y rendre incognito. Mais difficile de ne pas être reconnu quand on a le gabarit de Walt, qu’on est accompagné par Le Chien, et qu’en plus un Cheyenne taillé comme un chêne traine dans le coin …


Walt Longmire et son chien ; Henry Standing Bear ; la nature du Wyoming ; Vic l’adjointe gironde mais pas commode ; une bonne histoire ; de la castagne ; du suspense ; un vrai salaud ; des coups de théâtres ; des dialogues qui claquent et de l’humour.


Tous les ingrédients de la cuisine généreuse et humaniste du plus français des cow-boys du Wyoming. Et une fois de plus, la cuisson est parfaite. Qu’est-ce qu’il vous faut de plus pour vous précipiter ?


Que je vous dise qu’il y a le portrait d’un village paumé, rude, dur, mais décrit avec une grande tendresse ? Qu’on y apprend deux trois choses sur les Buffalo Soldiers ? Qu’on y croise quelques personnages secondaires qu’on espère revoir l’an prochain ? Qu’on est toujours enchanté d’avoir des nouvelles du comté d’Absaroka ?


Ben voilà, c’est dit.


Craig Johnson / Dark Horse (Dark Horse, 2009), Gallmeister (2013), traduit de l’américain par Sophie Aslanides. 

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 18:21

Massimo Carlotto n’est jamais aussi bon que lorsqu’il met en scène un authentique salopard. Avec Giorgio Pellegrini, « héros » de Arrivederci amore il en tient un de belle facture. Du coup son dernier roman, A la fin d’un jour ennuyeux qui reprend le personnage est absolument excellent.


Carlotto

Giorgio Pellegrini est donc une authentique pourriture. Ancien combattant d’extrême gauche des années 70, converti sans état d’âme à la délation et à la délinquance, il s’est acheté une conduite grâce à l’argent mal acquis (et oui, contrairement à l’adage gentillet, bien mal acquis profite souvent). Il est aujourd’hui l’heureux propriétaire d’un restaurant où se rencontre le gratin de la Vénétie. En parallèle il gère de main de maître un petit groupe de prostituées de haut vol, très discrètes, à destination des politiques et hommes d’affaires. Et il est marié avec une très belle femme qui lui obéit en tout. La belle vie. Jusqu’à ce que son « ami » et associé l’avocat et député Brianese lui vole les deux millions d’euros qu’il lui avait confiés pour investissements. Une grosse erreur car, comme le dit Giorgio :


« Eux, ils avaient connu un homme différent, prêt à tout pour plaire et pour être accepté. Ils n’avaient pas la moindre idée de qui était vraiment Giorgio Pellegrini. »


Les italiens sont vraiment les meilleurs quand il s’agit de nous mettre dans la tête d’une authentique pourriture. Pas un psychopathe serial killer comme aux US. Pas même un fanatique raciste xénophobe, d’extrême droite … Non, juste un pur produit du capitalisme et de l’individualisme. Juste poussé à son extrême. Un qui ne pense qu’à lui, uniquement à lui, qui n’a aucun frein moral et un seul but, gagner du fric.


Le magnifique Giorgio Pellegrini peut rejoindre ses collègues Eddie Florio de Valerio Evangelisti, ou Gigi Vianello autre personnage de Massimo Carlotto. Infect avec les femmes, n’hésitant pas à tuer quand un meurtre l’arrange (même si la victime ne lui a rien fait), capable des pires extorsions, chantages, tortures … manipulateur, calculateur … et tout ça dans un seul et unique but : le bien être de Giorgio Pellegrini. Une vraie raclure, un vrai plaisir de lecture.


Car on se fait complètement piéger. A la question que je lui avais posée de savoir comment il avait supporté la cohabitation avec Florio, Valerio Evangelisti, très pince sans rire, m’avait répondu que ce n’était qu’un travail qui lui rapportait de l’argent. Que c’étaient ses lecteurs qui devaient se demander pourquoi ils payaient pour lire des horreurs pareilles ! Et en plus on prend plaisir à suivre les aventures infâmes de cet abominable, et on en vient presque à espérer qu’il réussisse et qu’il s’en tire.


Au-delà de la plaisanterie, rien de tel qu’un Giorgio ou un Eddie pour cristalliser et incarner un système pourri jusqu’à la moelle qui met au-dessus de toute valeur la réussite financière, et tous les signes extérieurs qui vont avec. Si les italiens sont si forts dans ce genre de littérature, c’est peut-être qu’ils ont eu, jusqu’à la nausée, un des plus beau représentant de cette société comme chef de gouvernement …


Massimo Carlotto / A la fin d’un jour ennuyeux (Alla fine de un giorno noioso, 2011), Métailié (2013), traduit de l’italien par Serge Quadruppani. 

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 22:30

mendez 01Pour les nouveaux venus au polar, une excellente initiative de Folio Policier qui semble démarrer la réédition des enquêtes de l’inspecteur Mendez de Francisco Gonzalez Ledesma.

 

Il y a maintenant un nombre certains d’années, trois livres avaient ouvert des espaces insoupçonnés à l’amateur de polars tout frais que j’étais. Meurtre au comité central de Manuel Vazquez Montalban, A quatre mains de Paco Ignacio Taibo II, et La dame du cachemire de Francisco Gonzalez Ledesma.

 

Je découvrais avec bonheur que le polar n’était pas qu’américain (ben oui, j’étais jeune, ignorant, et je ne connaissais même pas Claude Mesplède !).

 

mendez 02

 

Depuis j’en sais un petit peu plus, le polar a explosé dans le monde entier, mais ces trois livres restent pour moi des romans fondateurs.

 

Dans l’immédiat trois titres de la série Mendez ont été réédités : La dame du Cachemire, Le dossier Barcelone et Les rues de Barcelone. Si vous ne les connaissez pas, si vous ne les avez pas, si vous les avez oubliés, si vous voulez offrir … Bref, vous n’avez plus d’excuse.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 22:58

En trois romans Nick Stone, révélé avec Tonton Clarinette, est devenu un auteur dont on attend les romans avec impatience. Le dernier Cuba libre fait, en quelque sorte, le lien entre le premier et le suivant Voodoo land, tout en nous amenant à Cuba.

Stone

Revoici donc Max Mingus. Petit rappel pour ceux qui ne savent pas …


Voodoo land se déroule au début des années 80 à Miami, Max y est flic, sous les ordres d’Eldon Burns, flic pourri jusqu’à la moelle, dans le style de ceux de James Ellroy. Son coéquipier, Joe Liston, ne supporte pas cette corruption. Ils vont affronter le mal incarné en la personne de Boukman, un truand d’origine haïtienne. Vingt ans plus tard, dans Tonton Clarinette Max n’est plus flic. Après huit ans de prison, il est contacté par un riche haïtien pour aller retrouver son fils disparu sur l’île … Il en revient marqué, et riche.


Fin du résumé des épisodes précédents … On retrouve Max en 2008, il est détective privé, ruiné ou presque, solitaire, réduit à enquêter sur de sordides affaires de cul. Coup sur coup Eldon Burns et Joe Liston sont abattus. Juste avant de mourir, Joe lui a lâché un nom : Vanetta Brown. Dans les années 60-70 Vanetta était une activiste des droits civiques à Miami. Accusée d’avoir tué un flic lors de la perquisition du local où son organisation (très marquée à gauche) avait son siège, elle a réussi à quitter le pays et a été accueillie par Fidel Castro à Cuba. Elle doit toujours y être.


Fin de l’affaire pour Max ? Non. Il est contacté « fermement » par le FBI qui ne lui laisse guère le choix : Soit il part à Cuba retrouver Vanetta Brown soupçonnée d’avoir commandité les deux meurtres, soit il retourne en prison, accusé d’avoir blanchi l’argent de la drogue à son retour d’Haïti. Parce qu’il est coincé, parce qu’il veut savoir qui a tué son ami Liston, Max accepte.


De façon différente, et pour d’autres raisons, Cuba libre, comme les deux romans précédents fera sans nul doute partie des romans marquants de l’année.


Si on le compare aux deux premiers volumes, cet opus est comme Max Mingus, il s’est assagi. Moins violent, moins perturbant, moins sombre même. Cuba n’est pas Haïti, la violence n’y est pas la même, la traque est plus posée. Max surtout est plus calme. L’ex boxeur, flic borderline a beaucoup souffert et pris beaucoup de coups. Il a pris du plomb dans la cervelle (au sens figuré), a pris ses distances avec son mentor ripoux et a gagné, auprès de son ami Joe Liston, une maturité politique et morale qui l’amène à revoir ses anciennes certitudes.


Mais plus calme ne veut pas dire plus ennuyeux. La toile de fond est passionnante : le retour sur les années des luttes pour les droits civiques, l’exil des activistes (dont les Black Panthers) à Cuba, l’accueil par Castro de réfugiés haïtiens, la situation de l’île en cette fin de règne castriste, les désillusions, l’impact symbolique de l’élection en cours d’Obama  … Bref de quarante ans d’Histoire de ce coin du monde incluant la Floride, Cuba et Haïti. Passionnante car racontée sans manichéisme, sans angélisme, avec une grande honnêteté.


Et ce qui fait la force de Cuba libre, ce qui en fait un roman passionnant et pas un essai historique, c’est que, si Nick Stone a de toute évidence effectué un gros travail de préparation et de documentation, ce travail ne se sent absolument pas. Toute cette information est « cachée » dans le travail romanesque de plus en plus maîtrisé. Les coups de théâtre sont là, Max et le lecteur se font balader de surprise en surprise (et il y en a une ou deux de taille), jusqu’à l’apothéose. L’épilogue, qui on s’en doute tenait à cœur à l’auteur, est superbement apporté sur un plateau par l’Histoire, avec ce jour de l’élection de Barak Obama qui vient conclure magistralement cette fresque policière et historique.


Nick Stone / Cuba libre (Voodoo eyes, 2011), Série Noire (2013), traduit de l’anglais par Samuel Todd.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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17 février 2013 7 17 /02 /février /2013 17:59

Après Sur les nerfs, Larry Fondation revient sur ces éclats de vies déclassées à Los Angeles. Criminels ordinaires, le titre est plus explicite.

 

Fondation

Des gens flingués pour un regard de travers, une errance au Mexique, du sexe sans amour et sans émotion, des braquages bourrés ou complètement dans les vaps, des bagarres dans les bars … Pas de grands criminels géniaux, pas de vols spectaculaires, pas de serial killer au QI exceptionnel chez Larry Fondation. Rien que la misère, parfois encore plus morale et culturelle que financière. Et la bêtise et l’envie.


Criminels ordinaires est vraiment la prolongation de Sur les nerfs. Même personnages, même écriture, même force d’évocation de la réalité brute. C’est à la fois la force, et la limite de ce nouveau recueil.

La limite car on se demande si l’auteur peut écrire autre chose (plus long, ou sur d’autres sujets, ou plus construit), parce qu’on est en terrain très connu. Limite aussi parce que sur ce recueil il me semble que les textes les plus longs sont les moins convaincants.


Force parce qu’on retrouve cette humanité à la fois brute et vide. L’écriture sans aucun effet est au diapason de vies qui semblent sans colonne vertébrale : des désirs, des satisfactions immédiates, mais aucun réflexion, aucune construction, pas de prévision à plus de quelques jours. Le reflet de toute une portion de l’humanité réduite à la survie, sans avenir, sans rêve, sans espoirs … Mais également dépourvue de colère, de révolte, de la culture politique, de l’esprit de solidarité et de classe qui, dans une situation qui économiquement comparable, avait donné toutes les luttes du XX siècle.


Un portrait et un constat glaçants, désespérants rendue dans toute leur sécheresse.


Larry Fondation / Criminels ordinaires(Common criminals, 2002), Fayard (2013), traduit de l’américain par Alexandre Thiltges.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
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13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 22:34

On n’y croyait plus. On pensait qu’il était passé à autre chose. Et pourtant, on espérait. Et ça a fini par arriver. Quoi ? Le grand retour de Jean-Hugues Oppel ! Et en plus il revient là où on ne l’attendait pas, en Afrique, en territoire Awasati. Comme il n’est pas à une contradiction près, ça s’appelle Vostok.

Oppel

Quelque part, dans un coin désertique et écrasé de chaleur la société Métal-IK exploite une mine de terres rares (et ses mineurs). Une exploitation qui s’est faite, comme toujours, au détriment des intérêts des premiers habitants du coin, les awas. Mais bon, on ne va pas laisser une poignée de sauvages nous priver de nos portables. Quand Tanya Lawrence, envoyée d’une officine onusienne vient mettre son nez dans l’affaire, certains tiquent. Et peuvent être tentés de s’en débarrasser de façon expéditive. C’est sans compter sur Tony Donizzi, homme à tout faire et homme de ressource de la mine qui a décidé de la protéger. Pendant que les hommes se débattent dans la chaleur, les awas perçoivent des signes, et commencent à avoir peur …


« les informations géostratégiques touchant de près ou de loin à la situation du territoire Awasati sont classées CONFIDENTIEL jusqu’à nouvel ordre. » peut-on lire en ouvrant Vostok. C’est sans doute pour cela que je n’ai rien trouvé sur internet sur ce territoire qui serait donc fruit de l’imagination débordante du grand Jean-Hugues.


Ce qui ne m’étonne qu’à moitié. Car de l’imagination il en a le bougre. Mais une imagination qui s’appuie sur du concret. Parce que des compagnies minières qui se foutent complètement des intérêts et des modes de vie des gens qu’elles déplacent pour gagner du fric ; qui exploitent à la limite de l’esclavagisme des mineurs qui n’ont d’autre alternative qu’obéir ou crever de faim ; et qui envoient sur place des néo colonialistes alcolos, ambitieux, méprisants et pourris jusqu’à la moelle, il doit bien en exister quelques unes …


Pour le reste, c’est un vrai bonheur de retrouver le style JHO. Phrases qui claquent, humour, sens de la formule et indignation intacte mais jamais moralisatrice. Du rythme, des références qui pleuvent (cinéma, musique, bouquins … on en perd forcément), des scènes d’actions parfaitement maîtrisées et un final grandiose.


En bref JHO est de retour, c’est tant mieux, et on espère déjà que le prochain est en route.


Jean-Hugues Oppel / Vostok, Rivages/Noir (2013).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 21:37

La veine semble inépuisable. L’immense Donald Westlake est mort depuis maintenant plus de quatre ans et il nous fait encore le cadeau d’un Dortmunder inédit ici. Malheureusement Et vous trouvez ça drôle ? est l’avant dernier. Heureusement on pourra ensuite faire comme Yan, tous les relire en reprenant depuis le début.

Westlake

C’est inédit, John c’est fait coincer par un flic. Heureusement c’est un flic à la retraite. Malheureusement c’est un flic qui a une idée derrière la tête. Cette idée : obliger John et sa bande à voler un jeu d’échec historique, fait de pièces en or, un cadeau à l’origine destiné à un tsar et qui se trouve maintenant dans une chambre forte au sous-sol d’une des banques les mieux gardées de New York. John a beau lui expliquer qu’on ne rentre pas comme ça dans une chambre forte, et qu’on en sort encore plus difficilement, rien à faire, le flic le tient, il va falloir qu’il s’y mette.


Si vous voulez savoir pourquoi Westlake et John sont uniques, lisez ce roman, vous comprendrez. Je ne connais aucun auteur (sauf peut-être Terry Pratchett avec sa série du Disque Monde) qui soit arrivé à un tel degré de complicité avec ses lecteurs, et qui sache en jouer avec autant de maestria.


Westlake sait exactement ce que sait son lecteur, ce qu’il doit dire, ce qu’il peut sous-entendre ou suggérer. Il donne cette impression unique de reprendre, à chaque ouvrage, une conversation suivie avec un ami, de ceux à qui il n’est pas nécessaire de tout dire pour qu’il comprenne. Et cela donne un humour et une légèreté inégalables.


A noter dans ce volume quelques scènes d’anthologie. Le vol pour commencer, un des plus extraordinaire de la bande, qui en a pourtant quelques uns à son actif et qui prouve que John (et Donald), en plus d’être d’excellents organisateurs, sont des improvisateurs géniaux. J’ai éclaté de rire et j’en suis resté baba, bouche ouverte pendant quelques minutes.


Et puis, qui d’autre que Westlake pourrait oser enfiler des clichés aussi rabattus que le gus planqué dans le placard, et s’en sortir de façon aussi magistrale ? Qui ? Personne. Donald Westlake est grand, John Dortmunder est son prophète.


Donald Westlake / Et vous trouvez ça drôle ? (What’s so funny ?, 2007), Rivages/Thriller (2013), traduit de l’américain par Pierre Bondil.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 08:02

Un peu d’autopromotion …

Pour les toulousains qui ne sauraient pas quoi faire vendredi soir (demain), il y aura de la musique au Chronic Argo, un nouveau lieu qui tente de faire sa place à Toulouse.

Au menu, Paint It Blues où je sévis au clavier.

On commence vers 20h30, et si vous voulez manger, mieux vaut réserver, les tauliers fonctionnant avec des produits frais et un minimum de stock.

A demain peut-être ?

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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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