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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 21:53

Je relaie cet avis de festival :

 

Que fait la police ? - 17 octobre au 30 novembre 2012 au Forum des images

 

Les fictions réalistes voisinent avec la mythologie du flic à l'écran, une des plus attractives du 7e art. Au programme, une cinquantaine de films, des cours de cinéma, des rencontres et des débats avec des chercheurs, dont la parole viendra éclairer ce cycle.

 

Du film policier à la comédie, sans oublier la chronique réaliste et même le western, le premier cycle de la saison s’interroge sur la police comme métier et, au-delà, comme institution, soumise ces dernières années à de profondes réformes.

Il se déploie sur six semaines, avec des invitations à des réalisateurs, notamment Maïwenn (26 octobre), Frederik Wiseman et Marcel Ophuls (4 novembre), un hommage à celui qui a incarné « le genre policier » dans le cinéma français, Alain Delon, et une série de cinq cours de cinéma.

La programmation s’articule autour de trois axes principaux : les représentations de la police sur le terrain, les méthodes de travail et le portrait des « very bad cops ».

 

Chaque volet du programme est mis en perspective avec les débats organisés en partenariat avec Mediapart. Des chercheurs, des policiers, des écrivains et des cinéastes s’interrogent et livrent leurs regards sur les sujets suivants : « l’image de la police dans les médias », « police et citoyens : la grande méfiance » et « L’usage de la force ». Chaque débat est suivi de la projection d’un film.

 

La sélection de documentaires et de fictions présentée, qui s’accompagne d’une incursion dans l’univers des séries TV, révèle deux tendances entre lesquelles le cinéma oscille pour représenter la police : une approche ethnographique, centrée sur l’activité au quotidien d’un groupe d’individus unis par leur fonction, et une vision fantasmée, d’un être agissant seul au cœur de la violence, entre héroïsme et déchéance.

 

 

Plus d'infos : http://bit.ly/Si9WBN

Voir la bande-annonce : http://dai.ly/OyK0Tn 

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 19:38

 

Arni Thorarinsson était l’un des invités de TPS. J’avais eu l’occasion de le rencontrer à Ombres Blanches il y a deux ans et j’avais beaucoup apprécié l’humour et la gentillesse de ce grand bonhomme discret. Son dernier roman traduit L’ange du matin, montre que la discrétion n’empêche pas le talent et qu’il devient, sans faire de bruit, un des auteurs majeurs du genre.

 

thorarinssonEinar, journaliste mélancolique et flegmatique du « Journal du soir » de Reykjavik est rappelé à la capitale : Il lui faut faire une interview de Olver, un des fameux « nouveaux vikings », ces financiers véreux qui ont fait fortune puis plongé l’Islande toute entière dans la ruine. Cela l’enchante d’autant moins qu’au moment où on l’appelle il a découvert dans la petite ville où il était correspondant le corps d’une jeune femme sourde, employée de la poste qui a été étranglée, et il aimerait suivre l’affaire. Quand quelques jours après son interview, la fille d’Olver est enlevée, le journal du soir se trouve en première ligne pour traiter l’information.


Arni Thorarinsson s’améliore donc de roman en roman. L’ange du matin s’élève au niveau des meilleurs John Harvey. Et montre, une fois de plus, que c’est souvent le roman noir qui s’attelle à décrire (et pas dénoncer), les disfonctionnements de notre société. Quand c’est fait avec talent comme ici, c’est grand.


Superbes intrigues croisées, épaisseur des personnages, réelle compassion et empathie pour ceux qui souffrent, sans jamais tomber dans le pathos. Ecriture fluide et humour tendre. Que demander de plus ?


En plus on a la peinture sans concession d’une société islandaise complètement perdue, déboussolée par le cynisme des banquiers et autres traders qui ont amassé des fortunes, mis le pays à genou, et s’en sortent indemnes quand toute la population paie les pots cassés. Une impression d’impunité et d’injustice qui corrompt toute la société, fait tomber les barrières morales, laisse à penser que tout est bon pour s’en sortir et détruit, peu à peu, la solidarité qui cimentait le peuple islandais. D’où la dégradation du lien social, et la disparition d’une idée très islandaise (d’après l’auteur) qu’un islandais en vaut bien un autre, qu’aucun n’est au dessus ou au dessous …


Résultat, un très beau roman noir, amer, tendre et indispensable en ces temps de crise. Un roman qu’on lit un sourire mélancolique aux lèvres, et la rage au cœur, comme Einar.


Arni Thorarinsson / L’ange du matin(Morgunengill, 2010), Métailié (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.


PS. Comme je l’écris plus haut Arni Thorarinsson écrit de mieux en mieux. Et pour ceux qui voudraient découvrir cet auteur maintenant, on peut ne pas lire le premier de la série (un peu plus faible que les autres), commencer par le second, ou même directement par ce dernier. Les voici dans l’ordre :

Le temps de la sorcière / Le dresseur d’insectes / Le septième fils / L’ange du matin.

 

TPS 2012Arni Museum

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 21:13

Et voilà, c’est fini jusqu’à l’année prochaine. Ne comptez pas sur moi pour un compte rendu complet du week-end, ce serait une tâche absolument insurmontable. Ce seront donc juste quelques impressions, jetées en vrac.

Un festival comme TPS ce sont surtout et avant tout des découvertes et des retrouvailles.

TPS 2012 Yan et Black Jack

Retrouvailles avec l’équipe venue en soutien pour animer, Corinne, Jacques, Hervé et Yan. On a bien rigolé, on a dit du bien de certains, du mal d’autres (je ne citerai pas de noms, même sous la torture) on a parlé … bouquins, on a trinqué. Un vrai plaisir comme tous les ans.

TPS 2012 Salem soir

Comme tous les ans, il y a eu de grands moments lors des tables rondes et des rencontres en bibliothèque.

Quelques touches : Carlos Salem a révélé la dédicace à Juan Carlos qu’il a écrite sur Je reste roi d’Espagne, ça donne à peu près : « A Juanito, mon meilleur personnage, pour l’instant … Affectueusement, Carlos », le même Carlos se ventant (à juste titre) d’être le seul en 74 ans à avoir réussi à faire travailler le roi …

TPS 2012 Pouy

Les étincelles du débat de vendredi : « Quand le polar décoiffe » où le pauvre Elvin Post a eu bien du mal à exister entre un Jean-Bernard Pouy et un Carlos Salem en pleine forme. Pouy qui avait eu à cœur de montrer que, oui, le polar le décoiffe, Salem, pas dégonflé en a enlevé son bandana pour montrer que lui aussi était décoiffé. Il a ensuite proposé que la prochaine édition se déroule en août, avec tout le monde nu, comme dans Nus de Pouy et son Nager sans se mouiller. L’option est sérieusement considérée par le CA, la difficulté étant de trouver ce qui pourra remplacer le teeshirt TPS des bénévoles … On a beaucoup rit, mais mine de rien il s’est dit beaucoup de choses très intelligentes, aussi.

TPS 2012 Salem

Samedi, jolie performance d’un Aurélien Molas, intimidé de ses retrouver au côté de Caryl Férey auquel il a déclaré … non pas sa flamme, son admiration. Une des tables rondes les plus équilibrée avec Hervé Claude. Du sens, des sourires, Caryl qui n’a pas pu s’empêcher de balancer une ou deux vacheries … Du bonheur.

 

La suivante, entièrement latine, a vu l’argentin Ernesto Mallo faire un véritable show. Il a commencé par faire pleurer (littéralement) la salle en évoquant les disparus argentins (dur de traduire la gorge serrée), a même dû s’interrompre quelques secondes. Puis a tout fait exploser en défendant le rire et la dérision comme meilleure arme contre les dictateurs. Un numéro immense, hors norme … Dix minutes après la fin du débat il n’avait plus un bouquin à vendre. Pendant cette table ronde à noter une des plus belle « reprise de volée » qu’il m’ait été donné de voir : Ernesto avait conclu en disant que, même si on cherche à les faire disparaître, les morts reviennent toujours et hop, Yan enchaîne sur le commissaire Ricciardi qui voit les morts et d’une certaine façon vit avec eux, transition parfaite vers l’excellent Maurizio de Giovanni … Illustration parfaite de ce qu’on peut faire quand on est face à ses interlocuteurs, à l’écoute, et qui ne peut pas exister dans une interview par mail.

 

Dimanche matin, l’occasion de découvrir un R.J. Ellory très classe et décontracté, et de m’apercevoir que nous avons au moins un point en commun : Quand il est invité chez quelqu’un pour la première fois, il commence par regarder la bibliothèque. Il sait immédiatement s’il y aura ou non une seconde invitation …

 

TPS 2012 R. J. Ellory

 

Pas la foule pour écouter Tim Willocks, et pourtant … Long débat sur la violence présente dans ses livres, sur la violence du monde, sur la résonnance entre un livre comme La religion et ce qui se passe en Irak … Bref, un auteur aussi impressionnant et passionnant à écouter qu’à lire.

 

TPS 2012 Quadru Leroy

 

Table ronde équilibrée et animée aussi en fin d’après-midi entre Jérôme Leroy, Serge Quadruppani (qui se connaissent très bien et savent se chambrer) Olivier Bordaçarre très drôle dans le genre pince sans rire et un Karim Madani qui parle comme il écrit : à fond. Des styles très différents pour un même constat, quand les choses vont vraiment mal, rien ne remplace le roman noir pour rendre compte de la réalité. On a même vu Jérôme rougir en fin de rencontre quand une lectrice lui a dit toute l’admiration qu’elle avait pour son dernier roman.

 

TPS 2012 Bordaçarre Madani

 

Et puis, en dehors de tout ça, il y a ce qui fait tout le sel de ces festivals, les moments de rencontre hors débats : Une saucissonnade avec quelques auteurs le samedi soir, qui a permis de montrer aux espagnols et aux italiens ce qu’on sait faire par ici avec du canard. Une longue conversation avec Ramon Diaz Eterovic le samedi soir. Mes mômes, les yeux brillants, discutant avec le grand Tim et apprenant qu’il y aurait une suite à Dog lands. Le plaisir de tailler une bavette avec Oppel, Pouy, Quadruppani, Leroy, Mateo-Sagasta, Zucca … Et les copains venus pour l’occasion.

 

Et bien entendu les frustrations. De ne pas parler italien pour discuter avec De Giovanni, de ne pas avoir eu le temps de discuter avec tous les autres …

 

Bref, beaucoup de fatigue et beaucoup de bonheur. Et surtout, surtout, un immense merci à tous les bénévoles qui, pendant que je faisais le beau en table ronde ou que je discutais avec les amis se cassaient la tête à organiser, conduire, accompagner, conseiller, nourrir, abreuver … tout ce beau monde.

 

Pour un autre avis tout aussi subjectif, d’un collègue blogueur qui est passé (mais avec qui je n’ai pas eu le temps d’échanger).

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 21:37

TPS c’est parti !!

 

Hier soir, en l’absence de José Carlos Somoza victime de la grippe, j’ai essayé de tenir le crachoir une petite heure à la bibliothèque de Serveyrolle. On a causé de l’absent, ainsi que du programme du salon.

 

Aujourd’hui soirée beaucoup plus facile pour la rencontre avec Carlos Salem. On pose une première question et c’est parti, le conteur est lancé, les blagues fusent, l’auditoire est sous le charme, et une heure passe sans qu’on s’en rende compte.

 

A partir de demain, TPS à 100 %, donc le blog est en hibernation pour trois ou quatre jours.

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 21:22

Une nouvelle collection polars … Comme tout, cela peut être la meilleure ou la pire des choses. Ombres Noires (car c’est non nom) a plutôt l’air de démarrer de la meilleure des façons, avec Dans le ventre des mères de Marin Ledun.

 

LedunDébut 2008, quelque part en Ardèche, une explosion insensée détruit un village entier. Résultat, près d’une centaine de cadavres et, étrangement, les survivants ont tous disparu. Plus étrange encore, les corps présentent tous des mutations génétiques incroyables. Le commandant Vincent Auger, de Lyon, est dépêché sur place, mais il se heurte à des obstacles sans nom et se voit rapidement opposer le secret défense. Il a juste de temps d’identifier une jeune femme, Laure Dahan, qui semble semer la mort sur son passage. Le temps aussi de s’apercevoir qu’il y a là une énorme affaire de nanotechnologies, de mutations génétiques et de manipulation de l’humain. Pendant ce temps Laure Dahan est sur les traces de son père et bourreau, et surtout sur celles de sa fille qu’il lui a enlevée. Entre Laure, Vincent et les ceux qui tirent les ficelles une course poursuite s’engage, à travers toute l’Europe.

 

Je n’ai pas lu Marketing viral dont ce livre est la suite. Cela ne m’a absolument pas gêné. Voilà pour ceux qui seraient dans mon cas.

 

Comme j’ai une petite restriction, je l’expédie avant de dire tout le bien que je pense de ce bouquin. Donc voilà, après avoir été mené tambour battant, le roman se termine de façon un poil abrupte. Des explications finales pas forcément claires, un dénouement (après la fusillade) pas complètement convainquant.

 

Mais ne chipotons pas pour quelques pages … Il y en a quand même plus de 450 d’excellentes. Caractérisées en premier lieu par une parfaite maîtrise du rythme et du découpage. Ainsi que des scènes de bravoure que sont les scènes d’action.

 

Excellente cette héroïne, qui n’est pas sans rappeler les meilleures créations d’Ayerdhal. Un auteur  qui a peut-être inspiré Marin Ledun

 

Et pas seulement pour le sens du rythme, des scènes d’action et le goût pour des héroïnes qui déménagent. Mais également pour la colère, l’indignation, la rage et la façon de faire passer tout cela au travers d’une histoire bien racontée, sans jamais tomber dans la démonstration lourde.

 

Alors certes ce que raconte Marin Ledun n’est pas agréable et ne fait pas plaisir. Manipulations et marchandisation du vivant (y compris nous), commercialisation des corps et même, des esprits, corruption des élites, toute puissance du fric … Certes on ne peut guère parler de happy end, ni d’optimisme radieux. Mais le monde incite-t-il à un optimisme radieux ? Alors tant qu’à faire, autant être alertés par des auteurs de talent.

 

Marin Ledun / Dans le ventre des mères, Ombres noires (2012).

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 22:58

« Fuck me. » Pour la genèse de l’extraordinaire  Savages , il fallait bien que Don Winslow change sans changer, se renouvelle tout en maintenant la marque de fabrique. C’est ce qu’il fait, magistralement en ouverture de Cool.   

WinslowVous voici avertis. Si vous n’avez pas aimé Savages, laissez tomber, c’est pareil. Si vous êtes aussi fan que moi, précipitez-vous … C’est pareil. Une dernière chose avant de rentrer dans le vif du sujet. Si par erreur vous passez par ici et que vous n’avez pas encore lu  La griffe du chien, ACHETEZ LE TOUT DE SUITE ET LISEZ LE.

2005. Chon, la brute, O la belle, Ben le gentil. Les trois personnages inoubliables de Savages quelques années plus tôt (forcément !). Ben fait pousser la meilleure dope de Basse Californie (BC). Chon est son ami inséparable, son frère. Autant Ben est gentil (ce qui ne veut pas dire mou, ou victime attention, Ben a du caractère) autant Chon est … Pas gentil. O est leur meilleure amie, pas encore leur amante. Quand Chon ne casse pas du terroriste en Truckistan, ils trainent ensemble et, par exemple, regardent les filles sur la plage :

« - Et c’est quoi, ton type ? demande O, frustrée.

- Bronzée, répond Chon, mince, le visage doux, de grands yeux marron, avec de longs cils.

O se tourne vers Ben.

- Ben, Chon veut baiser Bambi. »

Mais aussi retour dans les années 70, puis 80. Quand la BC (voir plus haut) se construit sur la vente d’immobilier, et de dope. Quand les idéaux s’écroulent, quand le mouvement hippie meurt, quand le Peace, Love and Flower devient fric, fric et fric, quand la cocaïne remplace l’herbe … Quand, sans qu’ils ne le sachent, toute l’histoire de Chon, Ben et O se noue.

Une langue aussi inventive que dans le roman précédent, une langue déconstruite et pourtant immédiatement intelligible, une langue qui groove, qui swingue (à propos, une fois de plus chapeau bas au traducteur).

Un rythme éblouissant, trépidant, en accord total avec le rythme des phrase, qui donne parfois l’impression que l’auteur s’est mis en déséquilibre en haut d’un escalier et qu’il n’a plus d’autre solution que de descendre tout à toute allure, sans jamais s’arrêter sous peine de se vautrer.

Une construction brillante, où les pièces du puzzle se mettent en place peu à peu, jusqu’au feu d’artifice final.

Le plaisir des aficionados de retrouver, outre Chon, O et Ben et les autres, au détour d’une scène, Frankie Machine ou Bobby Z …

Le chant d’amour à une terre, et le cri de rage devant ce que les hommes lui ont fait subir.

Au détour de cet exercice littéraire brillant et parfaitement jubilatoire (car le bouquin file une banane incroyable), la description au scalpel de l’évolution d’une partie de l’Amérique, la disparition des illusions des mouvements intellectuels, rebelles et gauchistes de la fin des années 60, la mort de tout un idéal, les reniements par fatigue, dégoût, opportunisme, avidité … Pour en arriver là :

« Des milliards pour les prisons, encore plus de milliards pour empêcher les drogues d’arriver depuis l’autre côté de la frontière, pendant que nos écoles sont obligées d’organiser des ventes de gâteaux faits maison pour pouvoir acheter livres, papier et crayons, donc je pense que l’idée sous-jacente est de garder nos enfants à l’abri des drogues en les rendant aussi stupides que les politiciens qui perpétuent cette folie furieuse.

Suivez l’argent. »

Donc en plus de nous faire jubiler, Don Winslow nous donne à penser … Si avec ça vous ne vous précipitez pas le lire, je ne sais plus quoi vous dire.

Don Winslow / Cool (Kings of cool, 2012), Seuil (2012), traduit de l’américain par Freddy Michalski.

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7 octobre 2012 7 07 /10 /octobre /2012 19:07

C’est maintenant tout proche, la quatrième édition de Toulouse Polars du Sud est là. Je ne vais pas vous détailler tout le programme, vous avez tout sur le site du festival. Mauvaise nouvelle, Fred Vargas a annoncé il y a quelques jours qu’elle ne pouvait pas venir. Dommage. Il reste quand même du beau, du très beau monde.

 

Autre mauvaise nouvelle qui est tombée aujourd'hui, José Carlos Somoza, terrassé par une terrible grippe (espagnole ?) ne pourra pas venir. Mierda !

 

Juste quelques coups de projecteurs, totalement subjectifs pour vous dire où je serai, mais aussi quelles sont les rencontres à ne manquer sous aucun prétexte, soit parce que je sais déjà, pour les avoir pratiqués, que les auteurs valent le déplacement, soit parce que je connais bien leurs romans. Ce qui ne veut bien entendu pas dire que le reste n’est pas intéressant vous vous en doutez.

 

Hors les murs :


Mercredi 10, Carlos Salem à la médiathèque de Mirande à 18h00 (je ne sais pas à cette heure si une autre rencontre va remplacer celle de Somoza à Serveyrolles).

 

Jeudi 11, les mêmes : Carlos Salem à la médiathèque des Pradettes à Toulouse à 17h00 (avec cette fois bibi aux commandes).

 

Mais également Tim Willocks à la médiathèque de Pins Justaret à 18h30 et Marin Ledun à la bibliothèque de Saint-Jean à 20h30 (plus quelques autres ici et là, allez voir sur le site).

 

Vendredi 12, le grand show man Jean-Hugues Oppel à la bibliothèque de la Côte pavé à Toulouse à 18h00. Si vous y allez, et s’il n’en parle pas, demandez-lui de ma part de vous expliquer l’effet gros nez … mais aussi Caryl Férey à Lagardelle sur Lèze, Jérôme Leroy à Foix etc …

 

A la librairie de la Renaissance :

 

Vendredi soir, sur le site du festival, première table ronde qui devrait péter le feu :

 

A 18 heures : « Passées les bornes il n’y a plus de limites », avec Jean-Bernard Pouy, Carlos Salem et Elvin Post. Je ne connais pas ce dernier, mais s’il veut causer il va lui falloir s’imposer parce que les deux autres promettent, à eux seul, un débat de feu. C’est l’ami Yan de « encore du noir » qui aura la lourde tâche de, non pas mener, mais tenter de garder les choses sous contrôle ! Et je serai dans le coin à la traduction.

 

Samedi 13 : Trois tables rondes dès 10h00 dont une française « Noir aux antipodes » où l’on retrouvera Caryl Férey, Aurélien Molas et Hervé Claude, sous la direction de Corinne of the Noirode et une latine avec Maurizio de Giovanni, Ernesto Mallo, Ramon Diaz-Eterovic et Victor del Arbol, animée par Yan, l’occasion de venir écouter un italien, un argentin un chilien et un espagnol sur le thème « Sous le joug des dictatures, les blessures du passé au cœur de la littérature noire ». Une occasion unique à ne pas manquer.

 

Dimanche 14 : Dès 10 heures, trois auteurs répondront aux questions d’Hervé Delouche (président de 813), Corinne et moi-même, l’un après l’autre (mais je ne sais plus dans quel ordre). L’islandais Arni Thorarinsson (que j’ai déjà rencontré à Toulouse, il est adorable et passionnant), notre invité d’honneur Roger J. Ellory, et l’immense Tim Willocks. Donc ce serait bête de rater ça, et tant pis pour la messe (hihi).

 

L’après-midi vous pourrez venir découvrir en vrai le « mystérieux » érudit Barouk Salamé qui participera à la table ronde consacrée à l’Algérie animée par Corinne, et le dernier débat me verra tenter de maintenir le calme et la sérénité dans un débat qui s’annonce très politique « Le roman noir révélateur du malaise de la société française » avec Jérôme Leroy, Serge Quadruppani, Olivier Bordaçarre et Karim Madani.

 

Voilà donc une petite idée d’une partie de ce qui vous attend à Toulouse la semaine prochaine. Pour le programme complet, je vous renvoie au site.

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 18:08

Ca faisait un bon moment que je ne vous avais pas causé des lectures à voix haute avec mes deux affreux. Le plus beau, en fait, c’est que je continue, et qu’ils en redemandent, alors qu’ils sont en CM1 et 6°. Tant que ça dure …

 

Un peu moins de grands classiques ces derniers mois, et plus de lectures plus récentes, conseillées souvent par l’incontournable Cathie Martin, grande spécialiste en SF, fantazy et autres fantastiques.

A noter quand même que j’avais commencé à leur lire Les enfants de la terre, le premier volume. Qui a bien accroché dans l’ensemble avec quelques sérieux coups de mou lors de descriptions un poil trop longues et surtout très très didactiques. Du coup je n’ai pas poursuivi et je leur laisse le soin, s’ils le désirent, d’aller plus loin.

demons

Ensuite on a varié les plaisirs : polar écolo rigolo avec Comme un poisson dans l’eau de Carl Hiaasen et son appel à la désobéissance pas forcément passive face aux gros cons qui ont les autorités dans la poche (ça devrait leur servir dans quelques années). Drôle, allumé, iconoclaste, écolo … Gros succès.

 

Gros succès de l’histoire d’univers parallèle de La conspiration Merlin de Diana Wynne Jones qui aurait sans doute eu du mal à passer sans un peu d’aide vu le nombre de questions posées. Il faut dire que l’histoire est éclatée entre plusieurs personnages vivant, a priori, dans des univers différents et que faire le lien n’était pas facile pour eux.

 

Gros succès également malgré trop de scènes d’amour (avis partagé, frère et sœur d’accord pour un fois), de la trilogie Leilan de Magali Ségura. Des affreux vraiment affreux, un justicier masqué, un prince qui ne veut pas être prince mais manie l’épée et l’arc comme pas un, une princesse qui n’en est pas une et qui se bat au moins aussi bien que le prince, des combats, de la magie, du suspense … Tout ce qu’il faut, avec les rebondissements et surprises quand il faut.

 

gaimanowens

Rigoler en se faisant peur, la recette est bonne et marche à tous les coups quand elle est bien appliquée. C’est le cas de Démons de Royce Buckingham qui voit deux ados mal dans leur peau (pléonasme) et surtout assez peu intégré dans l’inculture générale affronter une espèce d’abomination qui dévore tout sur son passage. Frissons et rires assurés grâce aux démons type Gremlins qui mettent une pagaille innommable.

 

Les deux derniers en date resteront aussi dans les mémoires : le magnifique Doglands, dont je vous ai déjà causé ici. Il a posé beaucoup de questions et permis de réfléchir à l’attitude de l’homme face à la nature en général, aux animaux domestiqués en particulier. Il a aussi suscité beaucoup d’émotions, cris de rage et d’incrédulité à la mort de certains personnages, des rire les larmes n’étaient pas loin, bref gros succès.

 

Leilan

Et là on a attaqué L’étrange vie de Nobody Owens de l’immense Neil Gaiman, qui démarre très fort, et franchement, je me régale (tellement que je crois bien que je vous ferai un petit billet quand j’aurai fini de le leur lire …).

 

En réserve ensuite, un autre Neil Gaiman, Les trois mousquetaires et quelques autres. Donc tant qu’ils en redemandent, on continue.

 

Un conseil à tous ceux qui ont des enfants, lisez-leur, lisez-leur, sans vous arrêter quand ils commencent à lire leurs propres livres (et les miens dévorent les bouquins, de Harry Potter à La guerre des clans, en passant par Les chevaliers d’émeraude, Conan Doyle ou le club des cinq). Pour ma part je ne compte m’arrêter que lorsqu’ils n’en demanderont plus.

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 23:24

J’ai découvert William Gay tardivement, avec la réédition de La mort au crépuscule en poche. Impressionnant. La raison pour laquelle je ne voulais pas passer au travers de La demeure éternelle, son premier roman enfin disponible en français.

 

Gay demeure

Le Tennessee dans les années 40 c’est pauvre et rural. A Mormon Spring, Dallas Hardin fait la pluie et le beau temps. Distillation clandestine, bastringue tout aussi clandestin, tout cela avec la bénédiction d’autorités achetées. Ceux qui se dressent sur son chemin meurent en général très rapidement. Ce fut le cas d’un des premiers à s’opposer à lui, Nathan Winer qui disparut littéralement en 1933.

Dix ans plus tard, son fils, Nathan Winer 17 ans tombe amoureux de la très belle Amber Rose. Malheureusement Dallas Hardin a des projets pour elle. Et c’est cet être violent et pourri jusqu’à la moelle que Nathan, fort de son bon droit et de son innocence va affronter, sans se douter une seconde qu’il marche sur dans les pas de son père disparu.


Je dois avouer que j’ai été moins emballé par cette demeure éternelle que par La mort au crépuscule. Moins emballé ne veut pas dire que je n’ai pas aimé, seulement que j’ai préféré l’autre. Dans ce dernier, la tension narrative était installée dès le début du roman, faisant peser sur chaque scène, même lente, même onirique ou en apparence « hors intrigue » l’ombre du croquemitaine que l’on sentait toujours présent, quelque part, dans la nuit environnante.

Ici le point de départ de la même tension, celui qui va tendre la corde entre Nathan et Hardin n’intervient qu’aux deux-tiers du roman, après une longue période où l’auteur écrit plutôt une chronique des années 40 dans ce désert rural, décor âpre, zone en pleine perte de vitesse : industrie moribonde, peu d’agriculture, désert culturel …

Ensuite on retrouve l’éternelle lutte du Bien contre le mal, de l’innocence contre la corruption. Un affrontement qui peut donner lieu à d’abominable navets bienpensants, convenus, voire nauséabonds, mais qui donne lieu ici à un combat certes connu, mais qu’on a l’impression de redécouvrir chaque fois qu’un écrivain de talent s’en empare. Et William Gay en a du talent et l’on se surprend, une fois de plus, à trembler pour le Héros, à haïr le Monstre, et à craindre des surprises car il y en a …

En résumé un très bon roman, à conseiller plutôt aux amateurs d’ambiances qu’aux fans de thrillers, et juste un peu moins bon (du moins à mon goût) que ce que l’écrivain produira par la suite.

William Gay / La demeure éternelle(The long home, 1999), Seuil/Policiers (2012), traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 22:12

Quelques liens pour patienter :

Un premier lien polar, avec cette interview de Don Winslow. Il y raconte la même chose que ce que Paco Ignacio Taibo II disait à Toulouse l’an dernier : la guerre des narcos qui fait tant de morts au Mexique est une guerre purement américaine menée dans un pays étranger. A lire au moment de la sortie de Savages au cinéma et de Cool dans nos librairies.

Encore polar, les copains de la Noirode continue à explorer une de leurs excellentes idées: faire lire des textes par les auteurs, en VO et en VF. Tous les enregistrements sont là. On y trouve quand même des pointures comme Tim Willocks, Thomas Cook, Ramon Diaz Eterovic ou Don Winslow … Entre autres.

Dans un autre genre, quelques extraits de discours de l’immense Gabriel Garcia Marquez, de quoi donner envie d’acheter le recueil et de relire Cent ans de solitude.

Pour finir une excellente nouvelle pour les amateurs de rigolade sur fond de navets abominables. Le site nanarland muet depuis de nombreuses semaines est de nouveau là, encore plus beau, toujours aussi drôle. Un signet à garder dans un coin et à ressortir quand on a besoin d’un moment de détente.

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  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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