Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 11:47

Décidément, une rentrée bien contrastée. Après les deux romans lents et tout en nuances, une bonne bourrinade qui part dans tous les sens. Leonardo Oyola, découvert avec  Golgotha  revient avec Chamamé, un road bouquin complètement allumé. Un machin speedé qui fait penser à du Tarantino, mais plus le producteur de Machete que le réalisateur de Jackie Brown. 


OyolaPerro et Pasteur Noé sont associés, à la vie à la mort … Pirates de la route dans le nord-est de l’Argentine, près de la frontière paraguayenne. Jusqu’au jour où Noé double son ami. Commence alors une traque sans pitié sur les routes argentines. Une traque qui se complique quand un truand qu’ils ont affronté lors de leur passage en prison sort de taule, bien décidé à se venger.


Amateurs de vraisemblance et de bon goût passez votre chemin. Chamamé est outrancier, hyper violent, foutraque, cinglé … Et jouissif. Pas de quoi non plus crier au nouveau génie du polar latino-américain, il ne faut pas exagérer. Mais une vraie écriture, une énergie folle, une imagination débordante et une vraie cohérence dans le style, les références et les personnages (oui on peut être cohérent mais pas vraisemblable).


Un plaisir de lecture donc qui, mine de rien, brosse en négatif le portrait d’une Argentine violente, religieuse (comme Golgotha d’ailleurs où la religion est omni présente) et à la culture étrange, patchwork de traditions, de légendes, de télénovelas de bas étage, de jeux vidéo et de musique populaire américaine et locale.


 

Si vous voulez avoir une idée de style, regardez plutôt la bande annonce c’est l’esprit. 


Leonardo Oyola / Chamamé (Chamamé, 2007), Asphalte (2012), traduit de l’argentin par Olivier Hamilton.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
commenter cet article
31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 23:21

Vous le savez sans doute, je suis réfractaire au livre numérique. Cela fait peut-être de moi un dinosaure, mais au moins suis-je un dinosaure heureux …

Ceci dit, cela n’empêche pas souligner le travail des copains. Surtout quand on sait pour avoir longtemps collaboré avec eux qu’ils font du très bon boulot.

Le copain en question fut le Maître de « mauvaisgenres », dont les vieux de la toile se souviennent avec regret. Puis de Bibliosurf.

Bernard travaille maintenant le livre numérique. Et bien que je n’en achète pas, et que je ne connaisse donc pas son site, je suis bien persuadé qu’il le fait avec le sérieux, l’abnégation et la compétence qui ont toujours été les siens.

En voici quelques preuves :

« Après avoir créé une carte intitulée Le tour du monde en 80 interviews, une autre sur le Paris littéraire avec des classiques à télécharger gratuitement (cette carte a été reprise par les bibliothèques de la ville de Paris), j'essaie avec une carte Polar comme au meilleur de temps de Bibliosurf. »

Bon surf.

 

J’en profite pour vous signaler que, tenant in extremis mes promesses de cet été, j’ai publié à droite dans la liste des lien une rubrique « librairies » avec ma petite expérience et vos suggestions. Il ne tient qu’à vous de l’enrichir …

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
commenter cet article
29 août 2012 3 29 /08 /août /2012 22:47

Suite des lectures de rentrée avec Le monde à l'endroit de l'américain Ron Rash. On l'avait découvert avec Un pied au paradis, très bon polar, et j'avais ensuite été complètement emballé par  Serena. Le monde à l'endroit confirme l'entrée de cet auteur dans le cercle très restreint de ceux que je suivrai jusqu'au bout, quoi qu'il arrive.

RashTravis Shelton, 17 ans ne sait pas quoi faire de sa vie dans ce coin des Appalaches. Un père, cultivateur de tabac n'est jamais content de lui, il a laissé tomber le lycée, et ses copains ont pour seules activités : picoler, gober des cachets, et rouler. Autant dire que son avenir semble bouché.

Il croit avoir une chance quand il tombe, en pêchant dans un coin perdu, sur des pieds de cannabis. Une récolte clandestine lui rapporte un peu d'argent, mais à sa troisième visite il tombe sur le propriétaire des plants et la rencontre se termine mal.

Une dure leçon, mais aussi l'occasion de rencontrer un marginal, ancien prof, qui va réussir à lui donner le goût du savoir et lui révéler l’histoire sombre de ce coin perdu au temps de la guerre de sécession.

Grand texte. Inutile d’ergoter pour savoir si c’est un polar, un roman noir, un roman social … C’est un grand roman, point. Ron Rash dans la lignée directe d’auteurs comme Erskine Caldwell (la référence à La route du tabac semble … évidente),  ou, plus proches de nous, du regretté Larry Brown ou de l’immense Daniel Woodrell. Voilà c’est dit. Non seulement il fait partie de cette famille, mais il en est un digne représentant.

Même intérêt pour les oubliés du rêve américain, tellement oubliés qu’on ne croirait jamais être dans le même pays. Même écriture limpide, âpre qui sait aussi se faire poétique et lyrique. Même empathie sans complaisance pour les personnages, perdants condamnés d’avance et qui pourtant se battent jusqu’au bout. Même capacité à créer des personnages inoubliables, victimes certes, mais pas victimes consentantes, décrits avec une grande humanité mais sans angélisme.

Ajoutons ici un regard sur la passé et ses fantômes, regard d’autant plus intéressant que pour le lecteurs français, les plaies de la guerre d’Espagne, d’Algérie ou du Vietnam sont « connues », mais, à part parfois chez James Lee Burke, on n’imagine pas que la guerre de Sécession puisse encore avoir laissé des traces. Et pourtant, quelle traces, et quelle superbe façon de les rendre palpables !

Pour finir, la progression dramatique parfaitement maîtrisée malgré l’apparente lenteur du récit. Bref vous n’avez aucune excuse, lisez Ron Rash.

Ron Rash / Le monde à l’endroit (The world made straight, 2006), Seuil (2012), traduit de l’américain par Isabelle Reinharez. 

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article
27 août 2012 1 27 /08 /août /2012 20:13

C’est la rentrée. Pas encore pour les petits (restent quelques jours), mais pour les romans. A cette occasion une petite nouvelle, canadienne, fait son entrée chez Rivages. Je pouvais difficilement trouver un plus grand contraste avec le roman de George Martin. Autant Armageddon Rag est politique, fantastique et puissant, plein de bruit et de fureur, autant Dernière nuit à Montréal d’Emily St. John Mandel est discret, fugace, tout en nuance et en finesse.

MandelA sept ans Lilia est enlevée par son père par une nuit d’hiver. Avec lui elle passe la frontière entre le Canada et les US puis, jusqu’à 16 ans, ils voyagent à travers tous les Etats-Unis, changeant de nom, de coiffure, d’allure, pour échapper à sa mère et au détective privé qui la cherche. Elle commence alors à voyager seule, incapable de se fixer quelque part.

Des années plus tard, Eli l’accueille quelques mois à New York. Quand elle s’en va, un matin, sans rien dire, il décide de la chercher à Montréal où elle est allée. Montréal où vivait Christopher, le privé qui l’a suivie pendant des années, où vit Michaela, sa fille, qui a l’âge de Lilia. C’est dans cette ville, en plein hiver, que les secrets enfouis vont être révélés.

Un roman étonnant quasi évanescent et pourtant marquant.  Les personnages n’ont aucune attache, et ressemblent à ces ballons lâchés lors d’une fête qui partent, avec un petit mot attaché. Un petit mot ou l’une des pièces d’un puzzle qui ne sera entièrement reconstitué qu’à la toute fin, même si le lecteur, peu à peu, commence à deviner la forme dessinée.

Il y a aussi quelque chose de Mortelle randonnée dans l’histoire de ce privé qui suit une fille pendant des années sans jamais l’aborder, de plus en plus obsédé se transformant en une ombre, une silhouette à peine entraperçue.

Il y a à la fois un curieux détachement du monde, un manque d’accroche et d’investissement, et en même temps une vraie réflexion sur la solitude sur l’engagement, sur le rapport aux autres.

Et dans la construction, peu à peu, une tension grandissante, un suspense qui s’installe insidieusement, et une belle et forte résolution …

Un roman un peu hypnotique, qui vous attache sans en avoir l’air, tout en finesse, avant de vous laisser sur le quai, une impression douce amère dans la tête.

Emily St. John Mandel / Dernière nuit à Montréal (Last night in Montreal, 2009), Rivages/Thriller (2012), traduit de l’anglais (Canada) par Gérard de Chargé.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article
24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 12:11

Depuis que sa série culte est devenue une série télé, George R. R. Martin est une sorte de star. Et c’est tant mieux. Pour une fois que le succès frappe à la porte d’un grand auteur … Je n’ai pas vu la série Game of Thrones, il parait qu’elle est excellente. Je ne sais pas si elle est à la hauteur de la série d’origine, Le trône de fer, sans aucun doute l’une des œuvres majeures de la fantazy. Tout ça pour dire qu’avant d’entamer cette saga, George R. R. Martin avait écrit ce polar à la coloration fantastique, avec une touche d’hommage à Tolkien : Armageddon Rag. Que Denoël a eu la bonne idée de faire retraduire et republier.



Martin Rag20 avril 1971, à West Mesa près d'Albuquerque lors d'un gigantesque concert en plein air Hobbins, le chanteur du groupe rock le plus subversif du moment, les Nazgûl, est abattu d'une balle dans la tête en plein concert. Treize ans plus tard, à la même date, Jamie Lynch, qui fut leur manager est assassiné chez lui. Son cœur a été arraché.


Sandy Blair est écrivain, il a été le créateur d'une revue culturelle très engagée dans les années 70 mais c'est fait évincer quand elle a pris un tournant plus conformiste. Son ancien associé l'appelle quand même pour écrire un papier sur la mort de Lynch. Sandy accepte à condition de pouvoir enquêter sérieusement. Une enquête qui va le plonger dans le passé, les années hippies, gauchistes et rock. Une enquête qui va faire surgir des fantômes pas tous sympathiques. Car la grande bataille approche et les Nazgûl pourraient bien reprendre leur envol …


Une enquête policière pimentée d'un poil de fantastique pour une formidable plongée dans les années 60-70, avec tout ce que cela comporte de mouvement contestataires, de musique, de libération, de bruit et de fureur.


On pourra reprocher à l'auteur un procédé qui lui fait rencontrer un à un tous les archétypes des anciens de 68. Ceux qui ont sombré dans la déprime, ceux qui ont tourné casaque, ceux qui sont dans des communautés … Mais est-ce grave ? Pour celui qui recherche uniquement énigme et suspense peut-être. Pour celui qui s'intéresse à cette période, à ses illusions, ses combats, puis ses désillusions, ses compromissions, ses rêves brisés, sa musique, sa politique … C'est superbe.


Les pages sur la musique sont inoubliables, certains personnages également. La peinture de toute cette génération, de ceux qui sont restés fidèles, de ceux qui se sont reniés, de ceux qui ont sombré … Tout cela est parfaitement rendu au travers du personnage de Sandy, rongé par ses doutes mais ne renonçant jamais complètement.


Dans le même temps, même si la tension dramatique n’est pas toujours présente, surtout dans la première partie, le dernier tiers est construit en crescendo impeccable qui culmine de façon magistrale au moment du concert fatidique.


George R. R. Martin existait donc avant le Trône de fer et il avait écrit un superbe roman hommage à toute une période et toute une génération.


George R. R. Martin / Armageddon Rag (the Armageddon Rag, 1983), Denoël (2012), traduit de l’américain par Jean-Pierre Pugi.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans SF - Fantastique et Fantasy
commenter cet article
22 août 2012 3 22 /08 /août /2012 00:12

Encore un bouquin qui était resté coincé sous une pile … mais comme je suis un inconditionnel du regretté Marc Behm, j’avais bien enregistré, dans un petit coin de ma petite tête, que j’avais par là un bouquin de son petit-fils Jeremy Behm. Certes l’hérédité ne fait pas tout, mais j’avais un préjugé favorable. Démolitions en tous genres m’a prouvé que je n’avais pas tord.

 

Behm

Kraken syndrome : Un chirurgien aisé de la côte ouest reçoit la visite d'un ancien copain de bringue qu'il avait perdu de vue depuis des années. Il le supplie de l'aider et commence à lui raconter une histoire absolument incroyable. Et pourtant …

 

Poisson rouge : Un jeune homme agoraphobe survit en milieu complètement fermé, dans un appartement où il ne laisse rien entrer, avec pour seul contact avec l'extérieur la télé et un site d'échanges où un dénommé Mickey lui donne de bons conseils. Jusqu'au moment où tout commence à se détraquer et où la muraille qui l'isolait du monde se lézarde …

 

Le système Dean : Un père de famille au chômage se débat pour survivre à la crise. Heureusement son frère, colosse toujours plein d'entrain, l'aide. Et un jour lui propose de travailler avec lui, un drôle de travail …

 

Entre gens de bon goût : Deux grands bourgeois, richissimes, vivent dans un monde parfaitement ordonné et aseptisé. Jusqu'au jour où un drôle de couple vient leur proposer une forme de charité … inédite.

 

Quatre histoires à l'humour noir, très noir. On sourit souvent avant de s'épouvanter et on retrouve chez le petit-fils, l'imagination débridé et l'humour particulièrement grinçant du grand-père. Quatre textes différents, avec une légère anticipation, un grand classique du récit de braquage, un autre classique autour de la quête d’identité et de la mémoire perdue, et pour finir une belle nouvelle très noire, cynique et critique qui se termine en grosse éclaboussure d’un noir sans fond.

 

Quatre textes qui ont en commun un regard décalé et une touche de Grand-Guignol un peu sinistre qui les pimente. Ajoutons que Jeremy Behm fait preuve d’un sens de la construction et de la chute digne des plus grands spécialistes de la nouvelle, en particulier dans Poisson rouge  et Entre gens de bon goût.

 

 Parfait pour sourire et avoir quelques cauchemars !

 

Jeremy Behm / Démolitions en tous genres, Rivages/Noir (2012).

 

PS. Pour aller plus loin vous pouvez aller lire cette interview réalisée par le concierge (dé)masqué.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Nouvelles noires
commenter cet article
19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 22:43

Premier gros coup de cœur de cette sixième saison d’actu du noir. Un roman qui a déjà été publié il y a quelques années. Car l’été c’est aussi le moment où on écoute les copains. Et là il y en avait un qui me parlait depuis longtemps de ce roman Les voix du Pamano du catalan Jaume Cabré. Mais comme toujours, je n’avais jamais le temps, il y avait toujours une pile en souffrance … Finalement, avant d’attaquer la rentrée, je me suis décidé. Bien m’en a pris. Merci mille fois aux amis têtus et opiniâtres.


cabreTorena, petit village des Pyrénées catalanes. Comme dans le reste de l'Espagne, la guerre civile et les années de franquisme y ont laissé des traces, des haines, des rancœurs. C'est tout cela qui va remonter à la surface quand Tina, jeune institutrice, commence une recherche a priori inoffensive sur l'évolution du matériel scolaire dans ce coin des Pyrénées.


Il se trouve qu'à Torena des ouvriers sont en train de détruire l'école pour en construire une nouvelle. C'est comme ça qu'innocemment Tina va mettre la main sur quatre cahiers cachés derrière le tableau noir. Quatre cahiers qui vont faire revivre l'Histoire et les histoires de ce village.


Celle d'Oriol Fontelles, l'instituteur phalangiste, d'Elisenda Villabrù, maîtresse femme, richissime qui fait la pluie et le beau temps dans la région, de l'ancien maire franquiste, des maquisards … Et de bien d'autres. Des histoires qui montrent que dans ce coin de montagne, comme dans le reste du pays, les plaies du passé sont encore loin d'être guéries.


Magnifique, somptueux, bouleversant, magistral, époustouflant … Les adjectifs manquent pour dire l'impression laissée par ce roman choral mené de main de maître. Après les premières pages un peu rudes à suivre, le lecteur est happé par le procédé narratif qui passe d’une époque à l’autre, d’un point de vue à l’autre sans forcément annoncer la couleur. Il commence aussi à se retrouver dans les multiples personnages.


A partir de là c’est parti, on est pris, de plus en plus pris, par les mystères des personnages de Torena, par la violence de l'Histoire et des histoires, par un superbe mélange d'amours, de haines et de vengeance.


La construction est brillante, la langue superbe, le rendu de l'époque saisissant. On sent le poids de l’église et de l’Opus Dei, la mainmise des puissants, leur façon de toujours s’en sortir et d’être d’aussi bon démocrates qu’ils ont été d’excellents franquistes.


Il y a l’hypocrisie mais aussi le courage, la corruption et la méchanceté, mais aussi l’abnégation et la fidélité à des valeurs … Et puis les non-dits, les silences pesants d’un village de montagne, accentués par la chape franquiste.


Et quels personnages inoubliables. Des portraits d’hommes et de femmes qui ne vous quitteront pas, pour le meilleur et pour le pire. Avec en tête Oriol Fontelles, qui se révèle au cours du roman, et la superbe et effrayante Elisenda … mais aussi tous les autres. Tous ont droit au talent de l’auteur, tous sont décrits dans toute leur complexité et leur humanité.


En résumé, un vrai chef-d’œuvre.


J’ai mis du temps à me décider à le lire, j’espère au moins que j’aurais convaincus quelques-uns d’entre vous de prendre, aussi, le temps d’ouvrir Les voix du Pamano.


Jaume Cabré / Les voix du Pamano (Les veux del Pamano, 2004), Bourgois (2009), traduit du catalan par Bernard Lesfargues.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
commenter cet article
16 août 2012 4 16 /08 /août /2012 16:36

Malheureusement, encore une petite déception avec un roman latino américain … Cette fois c’est 77 de l’argentin Guillermo Saccomanno.

 

Saccomanno

1977, sale année en Argentine. La guerre sale bat son plein, les milicos sont les maîtres de Buenos Aires. Enlèvements, disparitions, tortures … La ville vit dans la peur et la douleur. Le professeur Gomez aussi. Pourtant il n’est absolument engagé politiquement, ne se mêle de rien … Mais la peur est contagieuse, et l’homosexualité de Gomez peut aussi le désigner comme cible. Puis des gens qu’il connaît disparaissent, et il se retrouve malgré impliqué.


De bonnes pages dans ce roman, des pages qui rendent très bien la peur et la violence arbitraire des militaires et illustrent cette phrase (de qui d’ailleurs ?) : « La différence entre une démocratie et une dictature c’est que dans une démocratie, quand on sonne chez vous à 6h00 du matin, vous savez que c’est le laitier ». Tout cela est très bon.


Ce qui l’est moins est qu’il n’y a pas de progression dramatique, pas de tension narrative. On ne sait pas trop où veut aller l’auteur, et les pages fortes alternent avec des moments beaucoup plus faibles. En l’absence de but identifiable, on finit par s’ennuyer un peu, et on commence à trainer dans la lecture et à chercher autre chose à faire.


Comme si l’auteur avait une situation et des sentiments à décrire, mais pas d’histoire à raconter. Comme un maçon qui aurait de belles et grosses pierres de taille, mais pas le ciment pour les faire tenir ensemble.


Dommage.


Guillermo Saccomanno / 77 (77, 2008), L’atinoir (2012), traduit de l’argentin par Michèle Guillemont.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
commenter cet article
14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 21:02

Vacances, soleil, JO … Voilà qui n’incite pas forcément à attaquer une lecture dense et exigeante. Par contre, un bon thriller (il y en a, peu, mais il y en a) avec plein de muscles et de bastos, pourquoi pas. Et vous savez que dans ce cas, j’ai deux ou trois noms en réserve. Dont Stephen Hunter qui m’a régalé avec la réédition chez folio de Shooter.


Hunter shooterAncien tireur d'élite au Vietnam Bob Lee Swagger vit seul dans ses montagnes, avec son chien et ses armes. Il ne veut plus avoir de liens avec le monde. Mais le monde vient le chercher. D'anciens militaires viennent le voir pour lui demander de les aider à protéger le Président et lui offrent la possibilité de se venger du sniper russe qui a tué son meilleur ami et mit fin à sa carrière, là-bas, au Vietnam. Bien que méfiant, Bob ne peut résister.


Il va se trouver pris dans piège, bouc émissaire, ennemi de toute l'Amérique, manipulé par une frange de la CIA. Mais ces hommes n'ont pas bien évalué à qui ils ont affaire, et les chasseurs vont devenir chassés …


Donc si vous avez besoin d'une petite récréation avec complot, testostérone, suspense, coups de théâtres et batailles, une bonne piste : Stephen Hunter et cette première apparition de Bob Lee Swagger.


Impeccable, bien écrit, histoire au cordeau, impossible de lâcher quand on a commencé. Ne nous mentons pas. Ce n’est pas la dénonciation de quelques-unes des saloperies de la CIA qui m’a attiré ici. C’est la certitude de trouver un roman écrit par un orfèvre, grand artisan à défaut d’être grand artiste, qui sait faire plaisir, et faire frémir son lecteur du début à la fin.


Rien de plus, mais c’est déjà énorme, surtout quand c’est ce que l’on cherche. Une parfaite lecture de détente.


Stephen Hunter / Shooter (Point of impact, 1993), Folio/ Policier (2012), traduit de l’américain par Elisabeth Luc.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article
13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 10:05

Champagne

 

Et de 5 !

 

Compte rond 5 ans et toujours en vie !

 

Cinq ans de chroniques, d’échanges, de coups de cœur et de coups de gueules.

 

J’avais dit l’an dernier que je le ferai, donc quelques chiffres (et je vous fiche la paix jusqu’à 2017 avec ça).

Un peu plus de 1000 articles, pas loin de 5000 commentaires. Voilà c’est fait.

 

Sinon plein de bouquins enthousiasmants, de retours bien plaisants pour me dire que j’ai fait découvrir tel ou tel auteur ou roman, de vraies rencontres en chair et en os avec certains d’entre vous et l’envie toujours là de continuer.

 

Donc on est parti pour les 5 ans suivants. Merci à tous de passer par ici et à demain pour la suite.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact