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10 août 2012 5 10 /08 /août /2012 12:50

Cela faisait un moment que je voyais ici et là des chroniques à propos des romans édités par Kyklos. Des chroniques en général positives. En plus j’aime beaucoup leurs couvertures … Donc j’ai essayé, avec  ¡Viva la muerte ! du français Frédéric Bertin-Denis.

Bertin

Cordoue, en ce début de XXI° siècle. L'inspecteur chef Manuel el Gordo se remet difficilement d'une rude enquête quand on découvre, dans un village proche de la ville, le corps supplicié et torturé d'un haut dignitaire du Vatican. Malgré les pressions multiples venant aussi bien de sa hiérarchie que de celle de l'église, Manuel découvre vite que la victime fut un sacré fils de pute (il n'y a pas d'autres termes), franquiste convaincu et proche de ce que l'église et l'ancien régime espagnol comptait de plus pourri.


Quand un deuxième vieillard est lui aussi découvert mort torturé l'enquête se centre sur un massacre perpétué en toute impunité plus de cinquante ans auparavant. El Gordo va découvrir que les démons et fantômes du franquisme ne sont pas tous morts.


Plus de cinq cent pages denses qui laissent une impression mitigée.


L'écriture est parfois un peu « scolaire », avec une tendance à trop expliciter des sentiments ou des motivations qui devraient être évidentes au vu du reste. Le procédé narratif consistant, à chaque victime, à retrouver des documents ou des témoins qui relatent son histoire et celle des années noires du franquisme est un peu systématique et « facile ».


Et pourtant, malgré ces défauts, on se prend au jeu et on suit avec intérêt les aventures du Gros et ses plongées dans le passé.Ce sont d'ailleurs plutôt ces retours sur le passé et l’Histoire qu’ils racontent qui emportent l'adhésion, que l’enquête que l'on suit sans ennui mais sans non plus de réel enthousiasme.


Quoiqu’il en soit, cela prouve que l'ensemble tient plutôt la route. Un bon polar sérieux intéressant malgré ses défauts, auquel il manque une étincelle. Peut-être dans le prochain ?

 

Frédéric Bertin-Denis /   ¡Viva la muerte !, Kyklos (2012)

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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8 août 2012 3 08 /08 /août /2012 00:03

Les vacances sont aussi l’occasion de lire quelques romans laissés en rade durant l’année. Dont ce Bonus de Laurent Chalumeau. Une fois encore, bonne pioche.


ChalumeauJean-Rémy Felliaire est le grand patron type : arrogant, bronzé, pourri jusqu'à la moelle et poursuivi par une juge pour délit d''initié, fraude fiscale et corruption. Ajoutez un bon parachute doré et quelques comptes dans des paradis fiscaux et vous aurez un assez bon portrait de gagnant de l'aire Sarko.


Son problème est qu'il s'est fait attraper et que ses mésaventures donnent des idées à tout un tas de petits poissons qui se disent que, pour une fois, ce pourraient être bien eux qui profitent de l'argent mal acquis. Encore faut-il trouver la combine. Une chanteuse à la voix plus puissante que juste, un prof à la retraite dévoué à la cause des sans papiers, une avocate stagiaire traitée comme de la merde par ses patrons, un garde du corps … Et quelques autres vont s'y employer, avec plus ou moins de succès.


Sur le sujet des scandales financiers on peut écrire des pamphlets, des textes documentés et/ou indignés, des romans très noirs et/ou très cyniques … Laurent Chalumeaumontre que, sans rien lâcher de l'indignation, on peut aussi écrire un roman drôle, enlevé, humoristique et très proche des personnages, avec des retournements, des coups de théâtres, des scènes d'anthologie … Bref qu'on peut faire passer au lecteur un excellent moment, plein de sourires, en se moquant gentiment de tout le monde, sans mépriser personne.


Une vraie découverte pour moi, en espérant que vous y prendrez aussi plaisir.


Laurent Chalumeau / Bonus, Rivages/Noir (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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4 août 2012 6 04 /08 /août /2012 14:28

Cela faisait un moment que je ne lisais plus de romans de C. J. Box, l’un des premiers à nous avoir fait découvrir, ici, les grands espaces américains via le polar. Un peu de lassitude, un volume moins bon que les autres, et j’avais laissé tomber les aventures du garde-chasse Joe Pickett. Les vacances ont été l’occasion de renouer avec lui, avec un vieil épisode qui trainait sur ma table de nuit : L’homme délaissé.


BoxWill Jensen, le collègue et ami de Joe Pickett, garde-chasse dans le Wyoming se suicide à quelques jours de l'ouverture de la chasse de son district. Outre la tristesse et la surprise qu'un homme en apparence aussi sain et solide en arrive là, Joe a la mauvaise surprise de se trouver envoyé pour le remplacer. Or si le Wyoming est plutôt tranquille, le district de Jackson où travaillait Will concentre quasiment tous les cinglés du coin : Lieu de villégiature privilégié des millionnaires, terrain de jeu des écologistes les plus extrémistes et eldorado des promoteurs les moins scrupuleux. C'est là que Joe va devoir concilier les lubies des uns et des autres, et découvrir comment un homme aussi équilibré que Will Jensen a pu devenir un alcoolique divorcé et suicidaire.


Je retrouve donc avec grand plaisir ce brave Joe Pickett. Et les paysages fabuleux du Wyoming, les chevauchées dans une nature imposante. Accompagnés ici par une collection de cinglés pas piqués des hannetons. Entre des puissants habitués à ce que l'on rampe devant eux, des écologistes végétaliens à la mode US, c'est-à-dire un poil extrémistes, voire complètement cinglés, et des durs à cuire pas résignés à respecter les nouvelles règles, pas de doute on est bien aux US où tous les extrêmes sont possibles.


Comme C. J. Box sait trousser une histoire et que ses personnages ont une vraie épaisseur, on se régale et on prend un grand bol d’air, malgré quelques relents pas franchement réjouissants. Car même au grand air le polar remue la boue ! De quoi me réconcilier avec les aventures de Joe Pickett.


C. J. Box / L’homme délaisse (Out of range, 2005), Seuil/Policiers (2012), traduit l’américain par Anick Hausman.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 16:50

Comme promis avant mon départ en vacances, quelques adresses de librairies, vérifiées par votre serviteur, ou que vous avez signalées par vos commentaires.

 

A Toulouse vous le savez déjà, deux librairies généralistes avec d’excellents rayons polars et toutes les deux des possibilités de commande en ligne :

 

Ombres Blanches, incontournable chez nous, un choix immense, des libraires charmants et extrêmement compétents, des rencontres, bref un must.

 

La Renaissance, notre partenaire pour TPS, que dire de plus, c’est avec eux qu’on bosse le plus, on les connait, on les aime !

 

Si vous avez une envie de SF, même si la librairie Album n’est pas géniale, son rayon SF est incontournable, et c’est surtout sa libraire la grande Kti Martin, figure nationale. Elle sait tout, elle connaît tout, elle a tout lu, elle est géniale !

 

Une adresse pour aller bronzer intelligemment. C’est à Biarritz, Le festin nu est une toute petite librairie par la taille, mais très grande par sa qualité. Imaginez, dans une espace fort réduit vous trouvez un canapé pour lire, une sélection choisie, vraiment choisie et sur la table consacrée à la littérature, La religion de Willocks et Le léopard de Nesbo parmi les coups de cœur. Si ça ce n’est pas une preuve que c’est une bonne librairie je ne sais pas ce qu’il vous faut ! En plus, et ça ne gâche rien, le libraire est très compétent et fort aimable.

 

Maintenant quelques adresses glanées dans vos commentaires que je me permets de reprendre texto :

 

Les copains québécois des carnets noirs :

 

« Et les libraires disent merci! On fait ce métier parce qu'on l'aime mais il faut manger quand même.

Habitant le Québec, je faisais aussi mes envois de cadeaux par la Fnac, mais la dernière fois, je suis passée par la librairie Martin Delbert à Agen. J'ai dû appeler à cause d'un petit problème technique mais ma mère a pu aller directement chercher ses cadeaux en librairie et moi, j'ai pu pendant 5 minutes entendre le bel accent de chez moi. Adjugé!

Côté adresses, s'il y a des lecteurs québécois, si vous contactez la librairie Monet, mes collègues et moi nous ferons un plaisir de vous répondre. Et puis il y a surtout ruedeslibraires.com, un site de vente en ligne qui réunit les libraires indépendants québécois. Pour pouvoir acheter en ligne mais toujours chez un libraire près de chez vous! »


Et de Cousteix qui vient d’ouvrir un blog :

 

« Moi je commande tous mes bouquins sur l'excellente librairie Dialogues.

http://www.librairiedialogues.fr/

Jamais de soucis, toujours livrés dans les temps avec parfois des p'tits cadeaux. »

 

Voilà, c’était un premier coup de pouce aux libraires qui nous font tant plaisir. Il y en aura d’autres, si vous le souhaitez, et si vous me le signalez.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 20:40

Un nouvel auteur, uruguayen, une histoire qui se déroule en Bolivie, une femme fatale … Tout semblait réunit pour faire de ce polar une bonne surprise. Raté. Malgré ses promesses Trois vautours de Henry Trujillo m’a déçu.


trujilloJavier Michel, jeune uruguayen cherche le moyen facile de gagner quelques dollars. C'est comme ça qu'il achète à Buenos Aires un 4x4 volé avec l'intention de la vendre en Bolivie. Tout semble bien se passer jusqu'à la rencontre avec Paula, archétype de la femme fatale qui lui vole son passeport. A partir de là, Javier va être pris dans une histoire qui le dépasse complètement.


Je sais, le résumé est court. L’intrigue aussi … L'histoire se traîne, l'auteur maintient tant de distance entre les personnages et le lecteur que celui-ci se moque de leur sort, on baigne dans une ambiance moite et plus ou moins onirique qui réussit à être brumeuse sans être intrigante … Bref, même en allant au bout on reste fort dubitatif. Que voulut dire l'auteur ? Voulut-il dire quelque chose ? Et pourquoi prendre la peine de traduire ce roman qui, s'il n'est ni indigne ni franchement déplaisant reste quand même assez inutile.


« A quoi bon écrire cette histoire ? Demanda Javier Michel. » Ainsi commence Trois vautours. Je ne trouve pas de phrase plus concise et plus appropriée pour décrire mon sentiment à la lecture. Ce qui dénote tout de même un talent certain. Dommage qu’il semble concentré sur la première phrase …


Mais comme je suis ouvert, et que le roman ne m’a pas non plus complètement dégoutté, je suis ouvert à la discussion si un passant veut le défendre.


Henry Trujillo / Trois vautours (Tres buitres, 2007), Actes Sud/ Actes Noirs (2012), traduit de l’uruguayen par Alexandra Carrasco.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 17:49

Après deux polars où elle mêlait présent et passé, enquête et médecine, Patricia Parry, avec Sur un lit de fleurs blanches, s’installe dans le XIX° siècle des grands feuilletonistes (tout en restant proche de la médecine). Avec, semble-t-il, beaucoup de plaisir, et pour le plus grand bonheur des lecteurs.

 

Parry

Paris, fin XIX°. Clara Saint-James est l’une des galantes les plus connues de la capitale. Son richissime amant, le comte de La Paillerie vient de passer l’arme à gauche. Il lui a laissé de quoi voir venir, mais lui a également demandé de remettre 100 000 francs à un jeune médecin, Victor Dupuy qui vient juste de s’installer. Pourquoi ce Victor dont Clara n’a jamais entendu parler ? Elle n’a guère le temps de s’en préoccuper. Quelques jours après la mort de son protecteur, Norbert, son jeune groom est retrouvé saigné dans un cimetière, couché sur un lit de fleurs blanches.

 

Alors que Clara et Victor décident d’enquêter, dans le Journal de France le scandale des jeunes garçons du peuple décimés par le « Saigneur » éclate, sous la plume du sulfureux Solveg. Dans le même temps le feuilleton à la mode du même journal raconte de sinistres soirées courues par les notables … Pour Clara et Victor la réalité ne va pas tarder à dépasser la fiction.

 

Plaisir, c’est le premier mot qui vient à l’esprit à la lecture de ce roman. Patricia Parry c’est visiblement beaucoup amusée à retrouver le ton des feuilletons de l’époque. Extraits de journaux, récits « à suivre demain », coups de théâtres, révélations extraordinaires, meurtres mystérieux … tout y est, tout est là pour nous faire revivre les frissons des Dumas et autres Eugène Sue.

 

Le lecteur jubile, s’émeut, fait semblant d’avoir peur … Et au passage apprend beaucoup de chose sur la condition des femmes, celle des enfants, le racisme déjà, l’ostracisme, déjà … On en apprend aussi beaucoup sur les débuts de ce qui deviendra la médecine moderne, des débuts balbutiants et bien risqués pour les pauvres malades ! Pour les amateurs d’Histoire, du grain à moudre également avec quelques faits historiques étonnants, que je ne développerais pas ici car ils font partie de la résolution de l’énigme.

 

Une vraie réussite, un grand plaisir de lecture, avec un goût d’enfance retrouvée assorti de ce qu’il faut de noir. Et en plus on finit moins bête.

 

Patricia Parry / Sur un lit de fleurs blanches, Le Masque (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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30 juillet 2012 1 30 /07 /juillet /2012 22:45

Me revoilà donc, pour quelques jours. Avec de nouvelles chroniques accumulées sur la plage. C’est parti.


Un Tim Willocks en littérature jeunesse, quand on a lu La religion ou Bad city blues ça parait un peu risqué. Risqué mais prometteur. N’écoutant que mon sens du devoir, j’ai donc décidé de lire Doglands avant de le mettre dans les pognes de mes deux affreux. Il y a des sacrifices plus douloureux.


Willocks doglandsLa fosse de Dedbone, véritable enfer canin. Les lévriers y sont parqués, réduits en esclavage et entraînés pour la course. Ceux qui ne font pas l’affaire sont éliminés. C’est là que naissent Furgul et ses trois sœurs, promis à la mort. Si leur mère est Keeva est la plus rapide, leur père est un maraudeur exceptionnel qui, par amour, réussit à entrer et à ressortir de cet enfer. Bâtards, les quatre chiots sont promis à la mort. Mais Fulgur signifie « Brave » en langue chien. Il entend l’appel de Doglands, lieu mythique où courent les chiens libres, et il décide de se rebeller contre la tyrannie des hommes.


Pas de doute, on est bien chez Willocks, et c’est bien accessible aux minots.


On est chez Willocks, en premier lieu, parce qu’il y a une sacré histoire, c’est un conteur exceptionnel ce bonhomme, et cela se vérifie une fois de plus. On est chez Willocks parce qu’il y a de la colère, de la rage, de la révolte. On est chez Willocks parce ce que même quelqu’un qui comme moi n’aime pas les chiens se passionne pour les aventures de la bande. On est chez Willocks parce qu’il y a de la violence, jamais gratuite, mais bien présente. On est chez Willocks car il y a une écriture puissante et poétique et de grands moments d’émotion.


Et c’est accessible parce que, heureusement dirais-je, la violence n’atteint pas les niveaux de ce qu’on peut lire dans ses romans adultes. Essentiellement pour ce qui est de la violence psychologique. Parce que ça saigne quand même pas mal et un certain nombre de personnages restent sur le carreau.


Je m’apprête donc à le lire à mes deux clients préférés, je vous dirai s’ils ont autant aimé que moi.


Tim Willocks / Doglands (Doglands, 2011), Syros (2012), traduit l’anglais par Benjamin Legrand.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Pour les minots
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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 23:27

Les vacances approchent. Je vais enfin pouvoir lire !

 

Non, je rigole … par contre l’animation du blog risque d’être assez irrégulière. Ne vous inquiétiez pas, ou peut-être inquiétez-vous, je n’abandonne pas, je continue à lire, à écrire mes petites notes, mais je mettrai en ligne de façon assez aléatoire, avec quelques périodes de silence.

 

Avant de partir quelques liens :

 

La Librairie de la Renaissance qui accueille le festival de polar TPS vient d’ouvrir son site.

 

Maester et quelques amis ont eux ouvert un site en ligne pour commander ses dessins. Peu de choix pour l’instant (mais que du bon), mais j’imagine que c’est appelé à croitre.

 

Tant que j’y suis, vous qui passez zici, sachez qu’il n’y a aucune raison pour engraisser les non-librairies en ligne que sont Amazon, la Fnac etc … Avant je passais toutes mes commandes internet (en général pour des cadeaux, ce qui m’évite d’aller poster moi-même) sur Bibliosurf. Maintenant je passe par le site d’Ombres Blanches. En général le colis arrive n’importe où en France moins de 48 heures après la commande, et avec paquet cadeau si je le demande. J’imagine que La Renaissance offrira le même genre de service, et sans doute d’autres en France.

 

Cela permet de faire vivre de vrais libraires et de vraies librairies, où on a aussi et surtout le plaisir d’aller musarder et papoter avec des gens en chair et en os.

 

A bonne en tendeur, salut.

 

PS. Tiens, si vous avez vos bonnes adresses, faites savoir, je ferai une petite liste à la rentrée.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 19:51

En attendant de plonger tête baissée dans la rentrée littéraire, juillet août permet aussi de repêcher des bouquins qu’on avait laissés de côté. De se laisser un peu plus guider par le hasard et la curiosité. C’est comme ça que j’ai ouvert Gel nocturne de Knut Faldbakken. Pas vraiment convaincu …

Faldbakken

Nous sommes à Hamar, petite ville norvégienne. Une ville tranquille la plupart du temps. Mais là trois cadavres sont trouvés : Celui d’un homme qui a visiblement passé une partie de l’hiver sous la neige de la forêt voisine, et ceux de Georg et Lydia Hammerseng, notables et piliers de la ville, retrouvée morts chez eux. Jonfinn Valmann est en charge de la première enquête, et impliqué malgré lui dans la seconde. Dans sa jeunesse il allait souvent chez les Hammerseng et était ami avec leur fils. Contre l’avis de ses chefs qui voient dans la mort du couple un suicide, Jonfinn décide d’enquêter, au risque de ternir salement la réputation de Georg et Lydia, et de faire ressortir des secrets que la petite ville préfère taire.


Je n’irai pas jusqu’à dire que je me suis ennuyé, mais presque … Le roman traine pas mal, et s’il est sauvé par un final qui secoue un peu la torpeur qui peut s’abattre par moment sur le lecteur, il n’est pas exempt de longueurs. On pourrait donc dire qu’il est honnête et le conseiller comme lecture facile et distrayante.


Mais j’ai eu un autre problème avec ce roman.


Sa façon de suggérer, tout au long du roman, de vieux secrets de famille enfouis, de révéler peu à peu les blessures du passé, de décrire une petite ville qui ne veut pas savoir … m’a fait penser dès les premières pages aux romans de Thomas Cook. Et force est de constater que l’on est très loin de l’écriture, de la puissance d’évocation et de la maîtrise de l’intrigue de romans comme Les ombres du passé ou Les leçons du mal pour ne citer que ces deux là.


Je ne sais pas si Knut Faldbakken est un influencé par Cook, ou s’il a juste la malchance d’écrire sur les mêmes thématiques, quoiqu’il en soit, la comparaison est cruelle. A moins que je ne sois injuste et trop dur avec lui …


En résumé, si vous ne savez pas quoi lire, lisez Thomas Cook.


Knut Faldbakken / Gel nocturne (Nattefrost, 2006), Seuil/ Policiers (2012), traduit du norvégien par Hélène Hervieu.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 23:27

« Il fut un temps, lointain, où j’allais régulièrement au ciné. Jusqu’à une à deux fois par semaines. Ce temps est révolu et je suis content maintenant quand je trouve le temps d’y aller … deux fois par an. » Voilà ce que j’écrivais en août dernier. Et cela se confirme.

 

Onze mois plus tard, je retourne enfin au cinéma pour voir autre chose que Harry Potter VII ou Pirates des caraïbes IV avec les minots.

 

Heureusement, comme l’an dernier bonne pioche avec le jubilatoire La part des anges de Ken Loach.

 

Ken Loach 01

A droite et à gauche les critiques varient entre : « excellent » et « certes on rit mais c’est un petit Ken Loach. »

 

Ben non. On rit ET c’est un grand Ken Loach. Quelle manie de vouloir à tout prix rabaisser un film (ou un livre), sous prétexte qu’il est accessible et surtout drôle. Comme écrivait le grand Desproges à un critique imbécile qui disait d’un film qu’il n’avait d’autre  ambition que celle de faire rire, mais elle est immense l’ambition de faire rire.

 

Et que dire d’un film comme celui-ci qui arrive à faire rire intelligemment, sans aucun mépris pour personne, avec une vraie compréhension des personnages, sans misérabilisme mais sans angélisme, un film capable de vous faire passer d’une scène qui vous tord les tripes a un vrai éclat de rire ? Ben on dit que c’est un grand film.

 

Un grand film magnifiquement joué. Un grand film qui vous redonne un peu de confiance dans l’humanité, qui met en avant la notion de solidarité, d’amitié, qui ne cache aucune difficulté et dit que ça vaut quand même la peine d’essayer. Un grand film qui montre toute la dureté de la vie des paumés, sans pour autant tomber dans le cynisme, le pessimisme dandy, ou la haine de l’autre.

 

Et qui ose un happy end. Et en plus, scandale des scandales pour les pisse-froids, la rédemption passe par le plaisir ! Non ? Si ! A mais ça, ça va pas du tout, merde, il faut souffrir pour réussir ! Et ben non, là on réussit et on s’en sort (miraculeusement) grâce au partage d’un immense plaisir.

 

Bref d’hésitez pas un instant, vous voulez tester votre anglais ? (je vous mets au défi de comprendre ce que racontent ces prolos de Glasgow), vous voulez frémir et rire ? Vous voulez visiter une distillerie derrière une hôtesse gironde et enthousiaste ? Vous voulez assister à une belle arnaque ? Allez voir La part des anges.

 

Je ne suis pas inquiet, dès la géniale première scène vous serez conquis.

 

PS. Je sais je n’ai rien raconté de l’histoire, mais le film est sorti depuis assez longtemps pour que tout le monde la connaisse …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Cinéma
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