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17 juin 2012 7 17 /06 /juin /2012 23:20

Un nouvel espagnol, préfacé par Carlos Salem, ça ne se refuse pas. D’autant plus qu’avec Willy Uribe et Le prix de mon père on quitte la Catalogne, berceau du polar espagnol pour Bilbao et le pays Basque, beaucoup moins représentés à ce jour.

Uribe

Ismael Ochoa n’est pas ce qu’on pourrait appeler un gagnant. La quarantaine, sans le sou, il a été rejeté par son père basque basquisant après s’être engagé dans la légion. Depuis, il a conduit des camions, traficoté ici et là. Il vient de passer quatre ans au Maroc quand il est obligé de revenir à Bilbao pour cause de différents avec les autorités locales …


Là, avec la complicité de son ex femme, il décide de faire chanter Julen Jauregui, un ami d’enfance qui a pas mal magouillé pour arriver à la position confortable qui est la sienne. Malheureusement, maître chanteur, comme le reste, ça ne s’improvise pas, et Ismael est mauvais en tout.


Voilà un roman avec lequel j’aurais été sans doute moins sévère si la quatrième de couverture n’en appelait pas à David Goodis, et la préface à Jim Thompson.


Parce qu’on est quand même loin du désespoir poétique de Goodis, ou de la noirceur parfaite de Thompson. Comme si derrière l’apparente simplicité de ces deux auteurs, il n’y avait pas un travail d’écriture, de construction de l’intrigue, de cohérence. Il ne suffit pas de mettre en scène des loosers plus ou moins attachants, plus ou moins cyniques, plus ou moins désespérés pour être Goodis ou Thompson. Et si le personnage principal est bien dans cette lignée, il y a (à mon goût) bien trop d’approximations dans l’intrigue et de manque de chair dans les personnages secondaires pour que la comparaison ne soit pas cruelle.


Ce qui est bien dommage car, à côté de cela, ce court roman a de belles qualités. A commencer par le personnage d’Ismael et un final inattendu et bien amené. Et surtout si certains personnages sont un peu bâclés, la ville de Bilbao elle est très bien décrite. Son évolution, son ambiance, les laisser pour compte de sa métamorphose : Bilbao est passée de ville industrielle, à ville sinistrée par l’arrêt de l’industrie lourde, puis le renouveau, pour certain, comme ville touristique et artistique).


Dommage donc d’invoquer des parrainages écrasants …


Je ne saurai trop vous conseiller, si vous décidez de tenter l’aventure, de ne lire la quatrième et la préface qu’après vous être fait une opinion sur le roman.


Willy Uribe / Le prix de mon père (Sé que mi padre decía, 2007), Rivages/Noir (2012), traduit de l’espagnol par Claude Bleton.

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 20:06

Si l’on excepte les couillonnades habituelles de la mère Morano, on ne peut pas dire qu’on rigole tous les jours avec les législatives … Alors, rions un peu …

 

François Morel est très souvent excellent, ce matin avec Sophia Aram ils ont été grandioses.

 

Ce qui m’a quand même donné l’occasion de m’apercevoir que certains collègues pourtant bien informés ne connaissaient pas l’OVNI de France Inter « A votre écoute, coûte que coûte ».

 

Si c’est votre cas, je vous conseille d’y aller faire un tour, avant d’écouter le billet de Morel et Aram, vu qu’ils reprennent le principe du programme.

 

Et en cherchant un peu je découvre avec effarement qu’à ses débuts certains ont pris cette émission au premier degré. Faut quand même avoir un sens de l’humour et du ridicule particulièrement atrophié.

 

Je sais que c’est avec cette émission là que j’avais découvert les deux affreux. Et si j’ai failli m’étrangler dans les premières secondes, il semble rapidement évident que, sur France Inter, c’est forcément de l’humour. Ailleurs je sais pas, ça existe peut-être en vrai, mais pas à Radio France quand même.

 

Deux jours plus tard, nouveau carton avec cette émission. Depuis, je ne les écoute pas systématiquement, mais chaque fois que je tombe dessus je me régale.

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Published by Jean-Marc Laherrère
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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 23:55

Avec Empereur des ténèbres, roman reconnu par la critique et premier prix Violeta Negra du festival Toulouse polars du Sud, Ignacio del Valle nous avait plongés dans l’enfer blanc et gelé du siège de Leningrad à la suite de son personnage Arturo Andrade, soldat de la Division Azul engagé auprès de l’armée allemande. On le retrouve dans Les démons de Berlin, assistant aux derniers jours du régime nazi dans un Berlin à feu et à sang.

 

del valleArturo Andrade a donc miraculeusement survécu à la débâcle allemande face à Leningrad. Contrairement à la majorité des soldats engagés dans la Division Azul il a décidé de rester à Berlin auprès de l’ambassade espagnole. Quand un des scientifiques travaillant sur l’arme nucléaire est assassiné, les SS qui ont pu apprécier ses capacités d’enquêteur lui demandent de collaborer avec la police et leurs propres forces pour trouver le coupable. De leur côté les franquistes sont intéressés par ce programme. Ils aimeraient bien savoir s’il reste une infime chance que l’Allemagne gagne la guerre, histoire d’être surs de choisir le bon camp … Pris entre les SS, la police et la Gestapo d’un côté, les franquistes et les phalangistes de l’autre, sans compter les soviétiques aux portes de la ville, Arturo va enquêter, hagard, dans un décor de fin du monde.

 

Autant Empereurs des ténèbres était blanc et gelé, autant Les démons de Berlin est rouge et noir, et brûlant. Noir de la suie et des décombres, rouge du sang et des flammes. Autant le premier semblait anesthésié par le froid et le gel, autant celui-ci résonne du fracas assourdissant des canons.

 

Impressionnante reconstruction historique, digne des tableaux les plus hallucinés. Feu, sang, fer, vacarme et folie furieuse, meurtrière et mystique. Folie du dernier cercle autour d’Hitler, folie de SS complètement fanatisés, folie d’une certaine aristocratie allemande plus ou moins mystique, plus ou moins cynique. Folie et rage du pillage, du viol, de la misère absolue … Et à l’arrivée toujours les mêmes qui trinquent, qui ont subi la folie nazie (même s’ils ont adhéré en partie), puis les bombardements, et finalement le saccage par l’armée rouge.

 

Emporté par cet ouragan l’enquête avance mais reste secondaire, de même qu’est de plus en plus secondaire l’attachement d’Arturo à son Espagne natale et à ses propres luttes et démons (fanatisme religieux, rivalité entre Phalange et franquistes). Tout est balayé par la déraison nazie et l’horreur de la guerre.

 

Dans cet enfer Arturo regarde le Mal dans le fond des yeux, souhaitant de tout cœur découvrir qu’il est d’une nature inhumaine. Hélas, chez les SS les plus fanatiques et les manipulateurs illuminés les plus cyniques il ne voit … que des hommes.

 

Une confirmation douloureuse et dérangeante. Mais une confirmation indispensable pour ceux qui pourraient (et voudraient) croire que ce Mal absolu ne fut possible qu’à cet endroit là, à ce moment là et que nous en sommes à jamais protégés.

 

Au milieu de cette démence, des scènes d’une humanité rare surnagent. Et l’auteur nous fait le cadeau d’une image finale d’une beauté surréaliste et bouleversante.

 

Ignacio del Valle / Les démons de Berlin (Los demonios de Berlin, 2009), Phébus (2012), traduit de l’espagnol par Karine Louesdon et José-Maria Ruiz-Funes.

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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 12:27

Des années de disette et là, tout d’un coup, deux Paco Ignacio Taibo II ! Et en prime, après le retour de Sandokan, voici celui d’Hector Belascoaran Shayne, le privé le plus déglingué et le moins méthodique de la planète polar. Il revient chercher des Défunts disparus.

 


Taibo HectorUne mission typiquement taiboesque pour Hector, le privé nonchalant, borgne et boiteux : retrouver un mort qui ne l’est pas. Explication : Dans le sud du pays, l’instituteur Medardo Miranda dont l’action syndicale gène les autorités locales a été mis en taule pour le meurtre de Barcenas. Et ceci bien qu’il ait été établi que le jour du meurtre présumé le coupable assistait à un baptême à 80 km de là en présence d’une bonne centaine de témoins. Et en dépit du fait que le défunt ait été vu dans un dancing … plusieurs jours après le meurtre. Donc Hector doit retrouver le mort et le ramener, par les couilles si nécessaire au gouverneur de l’état qui s’est engagé, dans ce cas, et dans ce cas seulement, à libérer Miranda.

Mission facile ? Pas si sûr, car comme le dit l’avocate qui l’a engagé :


« Quand je pense qu’un connard d’anthropologue français a cru bon de dire un jour « C’est merveilleux, le magique mexicain ! » Merveilleux, mes ovaires ! Où est le merveilleux dans le fait que cet enculé de Kafka soit chef de la justice dans ce pays ! Tout est absurde ! »


Tout est dit. Vous le savez sans doute je suis un inconditionnel de Paco Taibo II. Je n’ai aucune objectivité quand je lis ses bouquins. Je me demande si je n’aimerais pas lire ses listes de courses … Mais que voulez-vous, les avocates qui causent comme ci-dessus me plaisent. Et voilà ce que donne un dialogue entre Hector et un curé qui, comme souvent, se trouve du bon côté du manche :


« - Qui cherche les problèmes les trouve, mon fils, dit le curé

- Qui cherche la vérité fait chier un max »


Ceux qui étaient à Toulouse en octobre pour TPS savent ce que Taibo pense de la justice et de la police de son pays. C’est cela, entre autres, qui transparaît ici. Mais chez Taibo pas de diatribe maladroite, pas de grande explication lourde. Non sa colère donne lieu à ce petit roman qui pète le feu, qui crache des flammes. 120 pages de rage, d’énergie, de loufoquerie, de révolte jamais assagie contre un système corrompu jusqu’à la moelle et d’humour. Et en plus, à la fin, les méchants en prennent plein la poire.


Que vous faut-il de plus ?


Paco Ignacio Taibo II / Défunts disparus (desvanecidos difuntos, 2006), Rivages/Noir (2012), traduit du mexicain par René Solis.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:22

C’est grâce au Marathon des mots toulousain (merci le marathon des mots !) que j’ai découvert ce roman de l’immense Andrea Camilleri que j’avais raté lors de sa sortie. Comme j’aurai le plaisir et l’honneur de présenter la lecture qui lui est consacrée, j’ai lu Un samedi entre amis, romans atypique et ô combien jubilatoire.

 

 

Camilleri samedi

Andrea, Fabio, Matteo, Rena, Giulia et Anna se connaissent depuis la fac. Depuis ils sont devenus avocat, médecin, magistrat … Et ils se retrouvent tous les samedis soir pour un repas / beuverie chez Fabio et Giulia. Mais ce samedi changement de programme, le rendez-vous aura lieu chez Andrea et Rena, et un ancien condisciple s’est invité, Gianni qui avait disparu et se lance dans la politique. Gianni, l’ami inséparable de Matteo à la fac. Gianni qui, étrangement par sa seule présence fait remonter à la surface tous les souvenirs d’adolescence et d’enfance. Et pas les plus doux et agréables.


Superbe puzzle à la construction magistrale, qui commence et se termine par des scènes d’enfance que l’on ne relie que peu à peu aux différents personnages. Superbe peinture au scalpel d’une bourgeoisie bon tain dont le vernis se craquelle sous nos yeux. Et tout ça en quelques cent cinquante pages essentiellement composées de dialogues.


Un exercice de style virtuose, méchant, tendre, réjouissant et en même temps très profond. Vraiment, sans conteste, quoiqu’il écrive, Andrea Camilleri est un sacré bonhomme. Il prouve ici qu’il n’est nul besoin de pondre un pavé de 600 pages pour instiller un suspense implacable et dire beaucoup de choses très fines.


Il me tarde de voir ce que va donner la lecture du texte. Rendez-vous le vendredi 29 juin à 21h00 au TNT … Pour les toulousains.


Andrea Camilleri / Un samedi entre amis (un sabato con gli amici, 2009), Fayard  (2012), traduit de l’italien par Dominique Vittoz.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 17:38

Après la semi déception de Vérité, je cherchais un roman court et rafraichissant. Aux armes défuntes de Pierre Hanot repéré chez les collègues de Noir comme Polar semblait un bon candidat. Là aussi, je ne suis qu’à moitié convaincu … 

1948, le brave Polmo, fait prisonnier en 40 est resté frustré dans ses ambitions guerrières. C’est ce qui le pousse à s’engager et à partir pour l’Indochine. Un voyage fastidieux suivi d’une vie de garnison moite et chiante. Jusqu’au premier accrochage qui se solde par une bastos dans le buffet. Nous retrouvons donc Polmo en … 2109.

 

HanotCongelé puis décongelé il renait dans un monde futuriste archi hiérarchisé où les femmes sont rares et les délateurs légion. Bien entendu à lui les bas-fonds et les boulots de merde.

 

A moitié convaincu donc.

 

Du côté du verre à moitié plein, la gouaille de l’auteur, sa verve, son verbe. Du côté du verre à moitié vide … la même chose. Le recours systématique au dialogue façon tontons flingueurs maintient le lecteur à distance, désamorce toute velléité d’empathie ou d’émotion.

 

Du côté du verre à moitié plein, l’originalité et l’audace du propos. Faire cohabiter ainsi 1948 et 2109, un monde un peu moisi, fait de racisme ordinaire et de préjugés, et un monde à la 1984, avec des morceaux de littérature érotique (à la sauce Polmo quand même) c’est gonflé et au final, ça fonctionne assez bien. Du côté du verre à moitié vide, là aussi, un peu la même chose. A vouloir courir trop de lièvres à la fois, l’auteur n’en attrape vraiment aucun. Au-delà du plaisir que l’on sent que l’auteur a pris, on aurait aimé en savoir un peu plus sur ces deux mondes. Ressentir d’avantage la moiteur et la bêtise ordinaire de l’Indochine de 48, explorer davantage le monde futuriste de Pierre Hanot. Et comprendre un peu comment le brave soldat un peu mou, un peu raciste, un peu beaucoup soumis et plutôt puceau se transforme en poète érotique rebelle par l’effet d’une congélation/décongélation.

 

Voilà. Je suis peut-être mal luné actuellement (d’autres ont apprécié ce roman), pour ma part j’ai oscillé entre le sourire réjoui et l’agacement.

 

Pierre Hanot / Aux armes défuntes, Baleine (2012)
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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 19:57

J’avais beaucoup aimé les deux romans précédents de Peter Temple, deux romans très différents dans leur trame et dans leur écriture, Séquelles ancré dans une Australie froide et pluvieuse comme on la connait peu par ici, et Un monde sous surveillance qui nous balade dans le monde entier au rythme d’un thriller paranoïaque. Je me demandais donc ce que nous réservait Vérité. Un mélange des deux. Malheureusement pour moi, un mélange que j’ai moins apprécié …


templeMelbourne, dans la chaleur torride de l’été australien. Le commissaire Villani depuis peu à la tête de la Brigade des Homicides est appelé dans une chambre d’un immeuble grand luxe : le corps sans vie d’une jeune femme dénudée a été retrouvé. Scandale, l’immeuble, dernier cri de la sécurité totale ne peut pas avoir été le théâtre d’une telle violence. Les pressions au plus haut niveau commencent à se faire sentir pour étouffer l’affaire.


Quand trois nouveaux cadavres, de trois hommes qui ont été torturés, sont retrouvés dans un hangar de la ville. Alors qu’il s’inquiète pour son père resté dans sa ferme menacée par des incendies, et pour sa fille la plus jeune qui sombre dans le drogue, Villani va devoir démêler une pelote de fils qui touchent les échelons les plus haut placés du monde de la politique, de l’économie … et de la police.


Un. Pourquoi un mélange des deux. Parce qu’on est très ancré dans le pays, ici à Melbourne. Parce ce que la corruption, de la police, du monde politique, de la justice, les collusions avec le monde économique sont au centre du propos. Comme dans Séquelles. Parce que le rythme est celui du thriller, avec des scènes d’action dans lesquelles l’auteur manie le rythme d’écriture en maître, donnant l’impression au lecteur qu’il lit de plus en plus vite, de plus en plus fébrilement. Comme dans Un monde sous surveillance.


Deux. Pourquoi suis-je en partie déçu ? Parce que malgré ses évidentes qualités (voir ci-dessus), la mayonnaise ne prend pas tout le temps. Parce que l’intrigue avance à coup d’intuitions de génie de Villani qui restent fort énigmatiques pour le lecteur, et qu’une fois ça va, mais là ça se répète une peu ; parce que le coupable tombe du ciel ; parce qu’à force d’ellipses, de raccourcis et de multiplication des personnages le lecteur se perd, un peu, beaucoup, à la folie … Dans un autre roman ça peut passer, mais pas dans un thriller.


Pourtant la quatrième de couverture fait état d’un prix prestigieux pour ce roman. Alors est-il plus clair pour les australiens ? Etais-je fatigué ? Y a-t-il un problème de traduction ? Mystère qui ne sera peut-être jamais résolu.


Peter Temple / Vérité (Truth, 1998), Rivages/Thriller  (2012), traduit de l’australien par Simon Baril.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars des antipodes
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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 19:04

Un peu d’autopromotion comme on dit …

 

Le mois de juin est traditionnellement très occupé, cette année ne dérogera pas à la règle, je vais être un peu partout dans mes différentes activités. Demandez le programme !

 

Vendredi 8 juin à 19h30, j’animerai une rencontre avec Fabienne Ferrère à la médiathèque de Labège. Fabienne Ferrère est l’auteur de quelques uns des rares polars historiques que j’arrive à lire, et avec lesquels je prends même beaucoup de plaisir.

 

Le jeudi 28 juin je ne serai que spectateur, mais je compte bien ne pas rater la venue de l’immense Tim Willocks chez Gibert à Toulouse.

 

Le lendemain, vendredi 29, dans le cadre du Marathon des Mots j’aurai le plaisir de faire l’introduction pour une lecture d’un texte d’Andrea Camilleri (qui ne sera malheureusement pas dans la salle).

 

Côté musique …

 

Jeudi 7 juin je serai au clavier du groupe jazz Comm Un Lundi aux Marins d’eau Douce à partir de 21h00. Au programme des standards du répertoire bop, swing, cool ou bossa, avec même une pincée de latin jazz et de soul …

 

Et pour finir, le 21 juin, pour la fête de la musique je serai au clavier et au chant avec Paint It Blues qui reprend les grands standards de la soul, d’Otis Reding à Tina Turner en passant par Ray Charles et les Blues Brothers, à Castanet à la Verte Prairie. Et le lendemain vendredi 22, rebelote à Péchabou.

 

Voilà, si on n’arrive pas à se croiser, c’est soit que vous habitez loin de Toulouse, soit que vous ne voulez vraiment pas me voir !

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Published by Jean-Marc Laherrère
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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 10:02

Avis aux fans d’Erlendur, leur commissaire préféré est toujours perdu quelque part dans l’Est du pays, pas revenu de ses vacances. C’est donc un nouveau flic de l’équipe que l’on découvre dans La muraille de lave, le dernier roman d’Arnaldur Indridason.


indridasonErlendur n'est donc toujours pas revenu de ses vacances. Depuis un peu plus d'une semaine, personne n'a de ses nouvelles. Alors son équipe doit faire tourner la baraque, quitte à être submergée.


C'est le cas de Sigurdur Oli, pas le plus sympa de la bande : bourré de préjugés, ouvertement réactionnaire, il tente de faire son boulot, honnêtement, malgré les ennuis qui lui tombent dessus : il est en train de se séparer de sa femme, un de ses amis d'enfance lui demande d'aller calmer un couple de maîtres chanteurs, sa mère exige qu'il découvre qui vole le journal d'une de ses amies et un clodo insiste absolument pour lui parler !


Quand dans l'appartement où il se rend pour faire cesser le chantage (sans en avoir parlé à ses supérieurs), il trouve une jeune femme agonisante, et que l'agresseur tente de l'éliminer d'un coup de batte de baseball, les choses tournent définitivement au vinaigre.


Pas d'Erlendur donc, et comme dans La rivière de lave c'est un autre flic de l'équipe qui prend la relève. On se croirait vraiment chez Ed McBain, avec, suivant les épisodes, l'accent mis sur l'un ou l'autre des flics du 87°. Et comme à Isola, Indridason excelle à mêler plusieurs enquêtes, à faire des nœuds là ou tout pourrait être simple, pour tout démêler au final, pour le plus grand plaisir du lecteur. Etre comparé à McBain et ne pas souffrir de la comparaison, cela suffit à faire un très bon polar.


D’autant plus qu’Indridason ne choisit pas la facilité. Son flic est réac, inculte et fier de l’être, raide comme un piquet, il ne boit pas, ne fume pas, mène une vie saine et chiante, à regarder des matchs de baseball à la télé. Bref un personnage vrai, sans la moindre aspérité intéressante. Du moins en apparence. Car finalement, tout le monde a ses forces et ses failles, il suffit de prendre le temps de les découvrir. Et l’auteur prend ce temps.


En prime, ici Indridason se fait plus critique et polémiste que parfois. Il nous peint une Islande complètement affolée par l'argent facile de la bulle spéculative, avec ce que cela implique d’avidité, de folie et de perte de repères moraux. Tout cela sans perdre se finesse et son empathie dans la description des souffrances et des peines des plus fragiles.


On attend avec impatience la suite, avec l’explosion de la bulle et la crise qui en a découlé.


Arnaldur Indridason / La muraille de lave (Svörtuloft, 2009), Métailié (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 11:18

En France on a découvert BEF alias Bernardo Fernandez avec Une saison de scorpions. Hielo negro prouve que depuis il ne s’est guère calmé et carbure toujours à un mélange de noir violent mâtiné d’un zeste de Tarantino.

 

BEF

Au Mexique les gangs de narcos ne rigolent pas. Douze gardiens d’une société privée viennent d’être découpés et/ou criblés de balles par un groupe de rigolos en costume de singes. Accessoirement un énorme stock de produits pharmaceutiques servant à fabriquer des sirops contre la toux, mais pouvant aussi se transformer en pilules qui font rêver a été volé. Andrea Mijangos, flic, tireur d’élite, trop grande et grosse à son goût se fait immédiatement retirer l’affaire par les « federales », ce qui ne va pas l’empêcher de mener sa guerre contre Lizzy Zubiaga, reine d’un des cartels les plus dangereux du moment.


Revoilà donc Lizzy la cinglée, croisée dans le roman précédent, qui a repris en main les affaires de son père. Au passage les lecteurs attentifs reconnaîtront un chapitre publié séparément dans le Mexico Noir


Pour le reste, le constat ne change pas : police corrompue, cartels tout puissants et sans pitié, ville tentaculaire, tueurs, rythme survolté et écriture au scalpel. Tout est cohérent, court, sec et sanglant avec en permanence un zeste d’humour, une référence BD ou ciné qui pimentent le texte et font passer la pilule (sans jeu de mots).

 

Du coup, sans crier au génie, le lecteur prend un grand plaisir à cette lecture.


Bernardo Fernandez / Hielo negro (Hielo negro, 2011), J’ai Lu (2012), traduit du mexicain par Marianne Millon.

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