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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 23:27

J’avais lu le premier James Carlos Blake traduit en France, l’excellent Les amis de Pancho Villa, mais cela faisait un moment que je ne m’étais pas replongé dans l’univers de cet écrivain atypique, spécialisé dans les épopées historiques et sanglantes. L’occasion faisant le larron, c’est la sortie de Red Grass River qui m’a permis de constater qu’il n’a rien perdu de son talent.

blakePendant douze ans, de 1912 à 1924, la famille Ashley, maîtresse incontestée des Everglades en Floride défie la police locale. Distillation clandestine, contrebande d’alcool, braquages, racket des concurrents … seul Bobby Baker, shérif de Palm Beach qui a des comptes personnels a régler avec John Ashley, le fils le plus entreprenant de la famille se dresse face à eux. Avec des méthodes qui font dire aux témoins que cela devient une guerre entre le gang Ashley et le gang Baker. Mais la lutte est inégale et, comme le reste du pays, ce coin de marécages ne pourra faire autrement que d’accepter la loi et la « civilisation ».


Après l’ouest américain et le Mexique James Carlos Blake s’intéresse ici à la partie la plus sauvage de la Floride. Avec une thématique récurrente dans les grands westerns : le moment où la loi rattrape la frontière, celui où les pionniers, ceux qui vivaient hors la loi (parce qu’elle n’était pas arrivée) doivent s’y soumettre, de gré ou de force. Souffle épique, force de l’écriture, belles descriptions d’une nature encore sauvage, violence des rapports humains …


Tout ce qui a fait la beauté des précédents romans de l’auteur se retrouve ici pour cette fresque passionnante pleine de bruit et de fureur. Un affrontement de légende entre deux forces, entre deux modes de vie, l’un finissant, l’autre en pleine expansion. Un affrontement dans lequel l’auteur ne prend pas parti : pas de bons et de méchants ici, pas de blanc et de noir, les membres du clan Ashley, à commencer par leur patriarche sont sanguinaires, violents, sans pitié, le clan d’en face, sensé représenter la loi ne la respecte pas davantage et sait aussi se montrer d’une infinie cruauté.


Cela n’empêche pas le lecteur, pris dans ce maelstrom, de ressentir de la tendresse pour tel ou tel, et de souhaiter par moment la victoire du camp qui, on le sait depuis le début, est par avance condamné par la marche du temps.


Un très beau roman, comme le dit aussi très bien l’ami Yan.


James Carlos Blake / Red Grass River (Red Grass River : a legend, 1998), Rivages/Thriller  (2012), traduit de l’américain par Emmanuel Pailler.

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 22:21

 

Pour une fois un peu de pub, mais pas pour des toulousains :

 

La librairie Page et Plume et le caviste L'Hydropathe organisent

 

  • le samedi 16 juin
  • à Limoges l
  • la 1ère rencontre polar et vin, baptisée Vins Noirs.

 

10 auteurs et 10 vignerons réunis en 10 binômes sous des tentes, type barnums, dans une rue piétonne du centre-ville.

Rencontres, dédicaces, dégustations, animations la journée et le soir apéro-débat littéraire animé par Christophe Dupuis et Laurent Bourdelas.

 

Vin et polar, voilà qui devrait être sympathique. Je ne sais pas s’ils ont eu du mal à trouver des vignerons pour lire des polars, mais je suis certains qu’ils n’ont eu aucun mal à trouver des polardeux pour goûter le vin.

Donc si vous êtes à Limoges aux alentours du 16 juin …

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars divers
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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 16:38

taibo Sandokan

Je savais depuis longtemps que Paco Ignacio Taibo II avait en train sa version de la suite des aventures de Sandokan. Ceux qui trainent ici savent que je suis un inconditionnel du parrain du polar latino-américain, et un fan de Sandokan (découvert justement chez Taibo) sous toutes ses formes. J’avais acheté la VO lors d’un passage chez les copains de Negra y Criminal à Barcelone. Le premier chapitre était prometteur, mais j’avais eu la flemme de poursuivre en espagnol.

 


Vous imaginez donc ma fébrilité quand la traduction est enfin sortie en français … Mais j’ai réussi à attendre, à patienter, à le laisser trôner sur ma table de chevet … Et puis j’ai craqué. Voici donc Le retour des Tigres de Malaisie, plus anti-impérialistes que jamais.


Sandokan et Yañez, les fameux Tigres de Malaisie se sont fait oublier. Depuis de nombreuses années, plus personne n’a entendu parler d’eux, bien qu’ils aient été signalés en Amérique du Sud, à Paris, en Chine … Mais voilà que leur réseau se réveille, qu’ils sont appelés par de vieux amis recasés, et qu’il semble qu’on menace leurs vie et leurs bien. Un groupe, une sorte de secte, semble bien décidé à les supprimer. Amis assassinés, comptes secrets confisqués, articles mensongers dans les journaux …


Taibo tigresLes Tigres ne sont peut-être plus jeunes, mais celui qui croit qu’on peut leur tirer les moustaches sans risque se trompe lourdement. L’aventure recommence, qui va leur faire croiser un nain amical, échanger des lettres avec Engels, croiser Kipling, recueillir une amie de Louise Michel … et affronter un certain Moriarty. Entre autres choses.


C’est bien la suite des aventures de Sandokan, dans la lignée Salgari : rebondissements, combats, paysages exotiques, fureur de Sandokan, pièges, jungles mystérieuses, animaux féroces (qui ici, au lieu de se battre ont une activité plus … taiboesque). Mais c’est aussi et surtout du Taibo II. Parce que chez Salgari, Sandokan ne parle pas comme ça :


« Les religions rendent les hommes stupides, et quand elles se prétendent universelles c’est pire, elles les rendent universellement stupides, dit Sandokan »


Que les Tigres ont une philosophie de vie très PIT, celui qui ne se rend jamais et déclare qu’il aime les perdants flamboyants :


« Mais quelles que fussent leurs formes de croyance, tous les membres de l’équipage de La Mentirosa étaient adeptes d’une religion supérieure, la religion des Tigres de Malaisie, qui n’acceptait ni compromis ni négociations, un code d’honneur sur la façon de vivre et surtout sur la façon de mourir, qui ne souffrait pas d’exceptions. »


Et surtout, on n’imagine par ceci chez Salgari : Yañez, le Tigre blanc : « les gros mots n’existent pas. Seulement les mots. Les mots servent à nommer les choses, à exprimer les émotions. Et parfois, ils doivent être forts. Si les Espagnols sont si friands de l’expression « con ! », qui dénote la plus grande surprise, cela n’a rien à voir avec le réceptacle féminin que nous sommes quelques-uns à adorer, mon cher Germain puritain. Mais c’est par contre un gros mot de mal utiliser le mot liberté en le prostituant et en l’associant à « commerce » quand cela signifie en réalité spoliation, abus, pillage. Toutes choses pour lesquelles l’expression « merde de singe » est beaucoup plus adaptée. »


Double plaisir donc : Retrouver des personnages mythiques, retrouver l’exubérance, le baroque des aventures kitch, le pur plaisir de mômes. Et en même temps, avoir l’écriture de Paco Taibo, son énergie, son humour, son engagement déclaré et porté comme un étendard.


Jouissif de la première à la dernière ligne


Paco Ignacio Taibo II / Le retour des Tigres de Malaisie, plus anti-impérialistes que jamais (El retorno de los Tigres de Malasia, 2010), Métailié (2012), traduit du mexicain par René Solis.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Western et aventure
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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 18:58

Les éditions Moisson Rouge se sont fait une spécialité de faire découvrir de jeunes auteurs latinos. En voici un nouveau, l’argentin Kike Ferrari qui déboule en France avec De loin on dirait des mouches. Un roman prometteur sur lequel je n’ai qu’une réserve. Petite la réserve.

Ferrari

El señor Machi est un gros sale con, ou un sale gros con. Il n’y a pas d’autre terme. Pendant la dictature il n’a pas hésité un instant à collaborer avec la junte. Il méprise, exploite et maltraite ses employés et les femmes (en commençant par la sienne). Il est fier de sa BMW, de ses cravates, de sa montre … Le parvenu, « medio pelo » comme disent les argentins dans toute sa splendeur.


Alors quand en sortant de la boite qu’il possède et où il arrose politiciens et personnalités en vue il trouve un cadavre défiguré attaché à la voiture par les menottes en fourrure rose dont il se sert avec ses putes … Ben on va pas le plaindre. Et on va même se délecter de le voir merdouiller, paniquer, se demander qui lui en veut et comment il va se débarrasser de ce colis bien embarrassant.


Tout de suite la réserve … la trame narrative multiplie les questions et les mystères et donne peu, voire pas de réponse. Le lecteur reste donc sur sa faim. On pourrait penser que c’est par paresse, mais la fin prouve que c’est totalement voulu et maîtrisé (je ne vous en dit pas plus). C’est donc un parti pris assumé, en cohérence avec tout le roman … Ce qui ne m’a pas empêché d’être un peu frustré.


Ceci étant dit, je me suis beaucoup amusé quand même. Le procédé choisi n’est pas forcément nouveau : Comment un innocent (nous reviendrons sur l’innocence de Machi) qui se retrouve avec un cadavre inconnu sur les bras peut-il s’en débarrasser ?


L’originalité du propos est de faire du narrateur une authentique pourriture. Habituellement l’innocent l’est vraiment et le lecteur compatit, tremble, espère qu’il va s’en tirer. Ici l’innocent est une vraie merde (je sais mais les mots me manquent pour qualifier Machi), digne des meilleures créations de Carlotto et Evangelisti, c’est dire. Donc au lieu de compatir le lecteur jubile chaque fois que le narrateur s’enfonce. Jubile avant de s’horrifier, a posteriori, devant l’arrogance et l’impunité du personnage, et à travers lui de toute une bourgeoisie de parvenus qui n’ont reculé devant aucune saloperie pour bâtir leur fortune. Une seule valeur morale : le compte en banque.


Tout cela sans jamais prêcher ou démontrer, sans jamais dénoncer, juste en nous mettant dans la tête de cet enfoiré de Machi (beurk !). Réjouissant et grinçant donc, malgré ma frustration.


Kike Ferrari / De loin on dirait des mouches (Que de lejos parecen moscas, 2011), Moisson Rouge (2012), traduit de l’argentin par Tania Campos.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars latino-américains
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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 23:57

Jusque là, l’Ecosse pour moi c’était Edimbourg de Ian Rankin et John Rebus et Glasgow de William McIlvanney. Jeviens de découvrir un nouvel auteur, lui aussi excellent chroniqueur de Glasgow : Gordon Ferris et La cabane des pendus.

 

FerrisDouglas Brodie a grandi à Kilmarnock, petite ville minière écossaise. Puis il est allé faire des études et est devenu flic à Glasgow, avant de s’engager dans la 51° Highland Division jusqu’à la fin de la guerre. Il a été blessé et a participé aux interrogatoires des SS responsables des camps de la mort. Sa foi dans l’homme en a été … ébranlée.


Il vivote maintenant en faisant des piges dans un journal londonien, jusqu’à ce que Hugh Donovan, son ami d’enfance qu’il croyait mort l’appelle : Il est en prison à Glasgow, accusé du meurtre d’un gamin, il sera pendu dans un mois, et l’appelle à l’aide. Douglas accepte. Il va s’apercevoir que l’horreur, le mensonge, la lâcheté et la corruption n’ont pas disparu avec la victoire des alliés …


Je ne crierai pas au génie ni au chef d’œuvre, mais voilà un bon polar, solide qui a toute sa place dans n’importe quelle bibliothèque de polardeux.


Des personnages auxquels on croit immédiatement, une histoire fort bien menée, un final à la hauteur de l’attente et du suspense créé tout au long de la narration et des scènes de bravoure qui tiennent parfaitement la route. Rien qu’avec ça, on se fait plaisir.

Et il faut ajouter au crédit de La cabane des pendus la peinture d’un pays, l’Ecosse de l’immédiate après-guerre, où les conditions de vie des plus humbles sont décrites sans maniérisme, sans pathos mais avec une réelle empathie. Des conditions atroces, dans un pays très hiérarchisé, tenu d’une main de fer par une caste de possédants, avec l’aide et la bénédiction des forces de police, de justice et, on l’oublie trop, de l’église.


En résumé, un très bon polar d’un auteur que l’on aura plaisir à retrouver (peut-être avec le même Douglas Brodie ?).


Gordon Ferris / La cabane des pendus (The hanging shed, 2011), Presses de la cité/Sang d’encre (2012), traduit de l’écossais par Jacques Martichade.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 22:54

Le festival de Frontignan approche (il se tiendra du 25 juin au 1er juillet). Cette année encore, je ne pourrai pas m’y rendre, mais je garde un excellent souvenir des deux fois où je suis allé discuter polar sous les platanes.

 

Cette année encore du beau monde, autour de la thématique suivante :

 

« La planète va mal.

On peut le déplorer ou s’en féliciter. On peut en rire, en pleurer.

On peut y résister ou s’en moquer.

Le roman noir, lui, travaille cette réalité.

Qu’ils la traitent avec un humour explosif ou avec un cynisme militant, qu’ils se fassent moralistes ou sociologues, qu’ils soient politiques ou apocalyptiques, les auteurs invités de cette 15e édition du Festival international du roman noir (FIRN), qui se déroulera du lundi 25 juin au dimanche 1er juillet 2012 à Frontignan et d’autres villes alentour, posent un regard aigu, parfois acerbe, sur notre société contemporaine en crise(s).

Dès lors, une seule vraie question se pose : le roman noir sauvera-t-il le monde ? »

 

Parmi les moments forts du week-end, celui-ci, sans aucun doute :

 

« Fred Vargas, marraine du Festival, nous fait l’honneur de sa présence. Pour ce 15ème anniversaire, elle jouera le rôle du modérateur lors d’une rencontre avec Cesare Battisti, présent au FIRN en direct de Rio de Janeiro par le biais d’une vidéoconférence retransmise sur grand écran. L’auteur italien exilé au Brésil évoquera son dernier roman Face au mur paru en mars dernier. »

 

Tout le programme est là. Amusez-vous bien.

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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:02

Décidément une bonne semaine française … Qui avait bien démarré dimanche, qui c’est poursuivi en fanfare avec le dernier Caryl Férey et se conclue en beauté avec le nouveau Christian Roux, L’homme à la bombe.

 

Roux

Que reste-t-il à perdre quand on a tout perdu ? Plus de boulot, les humiliations quotidiennes de la recherche d’emploi, la famille qui se délite, le quotidien qui perd sa structure ?

 

Rien. Et c’est quand on n’a plus rien à perdre que tout devient possible. Larry, ancien ingénieur acousticien dérive, coule, et finit par s’ancrer sur sa bombe. Une fausse bombe, mais qui ressemble à une vraie. Une fausse bombe qui le rassure et lui laisse entrevoir des possibilités … Jusqu’au jour où il passe à l’acte, entre dans une banque, et se retrouve à fuir avec Lu, tout aussi perdue que lui. Une fuite sans avenir dans un monde qui ne veut pas d’eux.

 

Christian Roux prouve par l’exemple qu’il n’est pas nécessaire d’écrire des pavés pour dire beaucoup de choses, de façon forte, fine et subtile.

 

Tout est dit dans ce petit roman en forme de fuite en avant. Racisme ordinaire, détresse du chômage, manque de repères et d’amour, manque de simples relations humaines … Avec Larry et Lu, l’auteur revisite avec talent et bonheur le mythe du couple meurtrier en cavale, sans justifier ni condamner, juste en décrivant des êtres humains qui souffrent, en les décrivant au plus près, au ras des sentiments.

 

Et il touche en plein cœur. Un diamant noir avec de vraies pépites d’humanité dedans.

 

Christian Roux / L’homme à la bombe, Rivages/Noir (2012).

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 21:27

Nous avons de la chance. Le quidam moyen, quand il revient de voyage, assomme ses proches avec une soirée diapos interminable (à non, ça c’était avant), avec une soirée vidéo non moins interminable, des récits humoristico-pittoresques d’où il ressort que, là-bas, c’est pas pareil qu’ici, une soirée tapas, ou wok ou couscous qui vous flingue les papilles et l’appareil digestif.

 

Quand il ne vous ramène pas une horreur typique certifiée fabriquée artisanalement avec le label commerce équitable, que vous ne savez plus où cacher … Quand il rentre de voyage Caryl Férey nous offre d’immenses romans noirs. Ses souvenirs d’Argentine s’appellent Mapuche.

 

FereyJana est sculptrice, mapuche, peuple indien du sud de l’Argentine et du Chili. Elle survit dans une friche, du côté de la gare principale de Buenos Aires. Une vie presque stabilisée après le chaos de la crise de 2001. Jusqu’à ce que le cadavre de Luz, travesti qui tapine sur les docks, soit retrouvé dans le Rio de la Plata. Luz était le/la protégé(e) de Paula, seul(e) ami(e) de Jana.

 

Rubén Calderón lui a survécu à l’enfer de la torture sous la dictature de Videla. Son père et sa jeune sœur font partie des disparus, sa mère est impliquée dans le mouvement des Folles de la place de Mai. Rubén, bloc de haine et de vengeance est devenu privé, il traque les tortionnaires pour le compte des Folles. Ces deux là n’auraient jamais dû se croiser, et pourtant …

 

Voilà donc Caryl Férey en Argentine. Un pays de contraste, terre de tortionnaires, terre de corruption et du marché tout puissant, mais aussi terre de résistances inouïes, terre de femmes inflexibles, et terre de poésie. Tout cela il nous le raconte. La torture, les enlèvements des enfants de « subversifs » confiés à des familles proches des militaires, « l’indulto », cette décision immonde qui, sous couvert d’une soi-disant égalité, a permis à Menem de protéger les tortionnaires, la spoliation et l’extermination des indiens, la corruption généralisée, le Marché tout puissant … Mais aussi les cafés, le tango, les paysages époustouflants, l’immensité, la dignité de ceux (et surtout celles) qui luttent …

 

Il faut s’appeler Caryl Férey pour tout dire, tout raconter ainsi sans jamais donner l’impression de faire la leçon, d’asséner un cours. Il faut être Caryl Férey pour que l’horreur frappe aussi fort à l’estomac, nous laissant avec la rage aux tripes. Il faut être Caryl Férey pour montrer autant de violence sans jamais tomber dans le voyeurisme ou l’étalage gratuit.

 

Et oui, tout le monde n’a pas cette écriture, et surtout, tout le monde n’a pas ce talent pour faire surgir deux personnages aussi inoubliables que Rubén et Jana. Pour eux vous allez trembler, rire, hurler et pleurer au gré d’une intrigue pleine de bruit et de fureur, imprégnée du passé, ancrée dans le présent. Une intrigue qui sait mêler l’Histoire et les histoires, le contexte historique et des scènes flamboyantes, la pire noirceur, la plus tendre humanité, les plus étincelants diamants.

 

J’espère avoir été clair, il ne vous reste qu’une chose à faire. Trouver Mapuche et le lire. Tout de suite.

 

Caryl Férey / Mapuche, Série Noire (2012).

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 22:29

Pour les toulousains …

 

Samedi 12, (samedi prochain donc) j'aurai sur la tête ma casquette « musicien » avec mes potes de Paint It Blues.

Au programme, Blues Brothers, James Brown, Ray Charles, Otis Redding etc ...  C'est-à-dire ça :

 

 

 

 

On sera à Péchabou pour une soirée Soul, Vin et fromage (beau programme non ?)

 

Entrée libre, boissons et fromages (et autres sandeouichs) payants. On commence vers 19h00 (au 1/4 toulousain près ...), jusqu'à 22h00.

 

C'est Salle Poumirol, à Péchabou donc. La salle Poumirol c'est là.

 

Si jamais vous passiez, et qu’on ne se connaissais pas encore, je serai derrière la clavier, et je serai ravi de discuter musique, polar ou simplement de boire un verre avec ceux qui passeront.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 00:32

Champagne

 

Plus Rabaud Promis 1998 avec un foie gras au sel

Plus La Louvière Blanc 2004

Plus La Nerthe 1998

 

Avec des potes et avec le sourire !

Parce qu'une cave, c'est comme une bibliothèque, ça se bichone, et ça se partage avec les amis.

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Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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