Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
5 mai 2012 6 05 /05 /mai /2012 16:30

J’ai un aveu à vous faire. Je ne suis pas l’intellectuel cérébral et raffiné que vous imaginez. Dans ma folle jeunesse, il m’est arrivé de … jouer au rugby ! Et j’ai adoré ça. Surtout les quand, bien lancé, en planche, on découpe le gus d’en face qui vient de récupérer la chandelle ; ou qu’après un premier impact dans le gros d’en face, on sent les siens de gros, derrière, qui poussent, et que ça avance, ça avance et on finit par leur marche dessus. C’est bon !

Hunter

Tout ça pour dire que parfois, un bon coup de testostérone c’est bon ! Et quand je recherche une montée d’adrénaline littéraire, je vais voir du côté des grands artisans américains de la baston. Et je me régale. Comme ces jours-ci, avec Le sniper de Stephen Hunter.


Quatre anciens activistes des mouvements contre la guerre du Vietnam sont abattus coup sur coup par un tireur lointain. Deux jours plus tard, Carl Hitchcock, ancien sniper au Vietnam qui déprimait se suicide. Chez lui, toutes les traces de la folie et les biographies des quatre victimes. Affaire réglée. Sauf que tout parait trop facile à Nick Memphis, en charge de l’enquête pour le FBI. Il demande à un vieil associé, l’ancien sniper Bob Lee Swagger de passer les faits en revue … Et bientôt Bob trouve le détail qui cloche. Sans se douter qu’il met alors le pied dans un nid de serpents et, qu’une fois de plus, il va devoir se battre pour sa vie.


C’est vrai, Bob n’est pas le genre de héros que l’on croise généralement dans les polars chroniqués ici. Ancien tueur, grand amateur d’armes, fier de son combat au Vietnam, individualiste … Le vrai loup solitaire pour reprendre une expression à la mode. Mais un homme que l’on ne peut s’empêcher de respecter, et même d’aimer. Parce qu’il est aussi honnête, fidèle à ses valeurs et en amitié, incorruptible, inoxydable … En résumé, le grand Clint dans sa grande époque.


Et quel putain de talent de conteur que celui de Stephen Hunter. Dès les premières lignes vous ne pouvez plus lâcher le bouquin. Et il se permet un final d’anthologie, un final tellement gonflé qu’on en reste baba. Un vrai bon grand moment de plaisir.


En parlant de Clint, je le verrai bien adapter ce genre de romans, avec, par exemple, Tommy Lee Jones en Swagger …


Stephen Hunter / Le sniper (I, sniper, 2009), le Rocher (2012), traduit de l’américain par Elisabeth Luc.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article
3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 21:54

J’avais beaucoup aimé le premier roman de Cathi Unsworth, Au risque de se perdre, aimé encore davantage Le chanteur, son roman suivant. Je me suis donc précipité sur Bad penny blues, le dernier en date. Et là, déception. Pourquoi ?


UnsworthNous sommes à la fin des années 50, la toute fin, 1959 plus exactement. Stella et Toby sont deux jeunes créateurs. Ils sont beaux, talentueux, amoureux, les années 60 s’annoncent magnifiques pour eux. Et elles sont magnifiques, du moins au début. Malgré les cauchemars de Stella qui rêve de meurtres de femmes. Cauchemars d’autant plus troublants que des prostituées ressemblant aux femmes de ses rêves sont effectivement tuées.


Malgré les efforts de Pete Bradley, jeune flic honnête et ambitieux qui enquête sur ces crimes, aucune piste ne se dessine. Avec les années, les visions de Stella vont se préciser et Pete va s’apercevoir que quelqu’un, très haut, met des bâtons dans les roues des enquêteurs …


On retrouve certaines qualités des précédents ouvrages. Et en particulier la richesse de la reconstruction d’une époque. Ici cette période charnière du début des années soixante où toute une génération explose, et fait exploser les carcans archi rigides et traditionalistes, où tout bouge dans la politique, les arts, le design … Sans pour autant réussir à remettre sérieusement en cause le pouvoir d’une caste intouchable.


Aristocratie pourrie jusqu’à la moelle, police corrompue et à la botte du pouvoir, face à une jeunesse à l’écoute de la musique qui vient des US, une jeunesse qui se passionne pour de nouveaux groupes qui s’appellent les Beattles et les Rolling Stones (même si contrairement aux premiers romans c’est ici la mode et la peinture qui sont sur le devant de la scène, plus que la musique).


Alors pourquoi suis-je déçu ? Pour deux raisons. Tout d’abord alors que les deux premiers romans faisaient très fort dans la construction et l’emballement final je trouve qu’ici le dénouement est tiré par les cheveux, avec des personnages qui sortent du chapeau (même si on se doute depuis un moment de l’identité du Grand Méchant Loup qui est derrière tout ça).


Et puis, j’ai un problème avec l’écriture. Je ne saurais pas mettre le doigt dessus mais je la trouve plate. Les dialogues, pour une raison subtile, ne me convainquent pas ; je trouve qu’ils sonnent factices, fabriqués … Alors c’est moi ? La traduction ? L’auteur qui est moins à l’aise dans cette époque ? Je ne saurais le dire. Je sèche.


Fait révélateur, j’ai traîné à terminer le roman, chose qui ne m’arrive que rarement. En général soit je balance le bouquin au bout de 20 pages, soit je fonce. Là je voulais en savoir plus, lire ce que l’auteur avait à raconter sur cette époque, mais en même temps je n’arrivais pas à m’enthousiasmer.


J’attends vos avis avec impatience.


Cathi Unsworth / Bad penny blues (Bad penny blues, 2009), Rivages/Thriller (2012), traduit de l’anglais par Karine Lalechère.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands bretons
commenter cet article
1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 21:51

Je dois avoir l’épiderme sensible en ce moment, allez savoir pourquoi, mais un rien m’irrite. Ou m’amuse, c’est suivant.

Le mail est un outil merveilleux qui permet de rester en contact avec des gens qui sont loin, et même avec certains qu’on n’a jamais vu mais avec qui on a des atomes crochus.

 

C’est aussi le tuyau par lequel une quantité effarante de conneries nous arrivent. On m’a déjà proposé d’augmenter la taille de mon pénis, de rencontrer des filles gentilles, de devenir trader, de réduire mes impôts, de faire entrer en France un coffre plein de dollars … Je croyais que j’avais tout vu. Ben non. J’ai reçu ça, via le contact du blog :

 

« Bonjour, je suis tombé sur votre blog en surfant au hasard. Avez-vous une page facebook? un compte twitter? Je suis salarié d'une boite qui propose de l'achat de fans/follower pour twitter et facebook. Cela permet d'être contacté par des dizaines d'entreprises en recherche d'articles sponsorisés. Si vous voulez plus d'infos, voici le site: http://acheterfollowers.com Bonne fin de de journée. »

 

Après un moment d’incrédulité et un ricanement devant ce poisson d’avril en retard, je suis allé voir. Ils existent !

 

Donc si j’ai bien compris on me propose d’acheter ou de vendre des fans, des suiveurs, voire des amis ! Je connaissais la traite des blanches, la trahison pour trente deniers, pas l’achat/vente de potes ! Nous vivons vraiment dans un monde extraordinaire. Par contre, les acheteurs de moutons devraient engager un autre gus pour rechercher des clients. Un qui passe 5 minutes à parcourir les blogs qu’ils contacte pour vérifier si sa propositions fera sourire ou gerber … Alors pour aider ce brave homme :

 

Vendeurs de vent et de viande, sachez que :

 

  • Je n’ai pas de compte facebook, twitter ou autre.
  • Je n’achète, ne loue, n’emprunte ni ne vends aucun ami ou disciple ou pote ou lecteur.

C’est clair ?

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
commenter cet article
29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 17:20

Dans un pays et une actualité qui donnent plutôt envie de vomir, un peu d’humanité et de tendresse ne sont pas de refus. Une solution : Giorgia Cantini, la privée de Bologne déjà rencontrée dans Quo vadis baby ? et Vite et nulle part revient sous la plume de Grazia Verasani. Cette fois c’est A tous et à personne.


verasaniGiorgia est contactée par une femme qui s’inquiète de l’évolution de sa fille, dix-huit ans qui s’est mise à sécher les cours et se renferme de plus en plus. En parallèle elle s’intéresse au meurtre de Franca Palmieri, une femme qui la ramène au temps de sa jeunesse …


Je n’avais pas trop accroché au premier, beaucoup aimé le second, je suis emballé par le troisième. Chronique douce amère, balade nostalgique dans le Bologne d’aujourd’hui, roman sur les illusions perdues … Un bien beau roman, qui prend son temps pour toucher très juste. Un roman de saudade, parfois rageur, souvent triste avec quelques éclats de bonheur. Une intrigue policière prétexte mais bien menée.


Et surtout une héroïne et des personnages secondaires auxquels on s’attache toujours davantage. Et une auteur qui s’améliore de roman en roman. Tiens, même pas peur, Giorgia et sa bande me font penser à celle de Mario Conde, du cubain Leonardo Padura. Et croyez-moi, ce n’est pas un compliment fait à la légère. Cela parait cliché, mais Giorgia est le prototype de la grande gueule avec un cœur gros comme ça.


Tignous, indépendante, fragile parfois, impitoyable et capable d’un énorme courage, grande gueule, toujours prête à compatir à la violence faite aux plus faibles (ici, comme souvent, des femmes), quitte à leur gueuler dessus s’ils ne réagissent pas. Bref, on l’aime Giorgia, malgré, ou peut-être grâce à tous ses défauts.


Et puis, comme Padura, Verasani a cette écriture proche des gens, de ceux qui souffrent, aiment, se souviennent, pleurent, rient, ont la gueule de bois mais apprécient un café pris avec un ami …


Bref, j’attendrai désormais avec impatience de retrouver Giorgia Cantini, son blues, son humanité, son humour vache, ses clopes et ses cuites.


Grazia Verasani / A tous et à personne (De tutti i de nessuno, 2009), Métailié (2012), traduit de l’italien par Gisèle Toulouzan et Paola de Luca.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars italiens
commenter cet article
27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 20:03

 

 

Vrai travail 2

 

Vrai travail

 

Morano

 

« Une seule question (importante) : Êtes-vous prêts à vous cogner Nadine Morano pendant 5 ans ?

Voilà une question qui met à bas l'idéologie et qui concerne, tout simplement, les nerfs... »

Cagliostro2 alias JB La Hyène alias ?


Puis : François Morel.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
commenter cet article
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 20:17

Revenons à la littérature …

 

SalaméBarouk Salamé était jusqu’à il y a peu l’auteur mystère de deux thrillers mêlant de façon intelligente (et non putassière comme certains autres) histoire des religions, monde moderne et suspense policier. Il se livre aujourd’hui dans un roman qui, s’il a pour narrateur Serjoun Sarfaty personnage des deux premiers romans, semble tout de même fortement autobiographique. Et pas du tout policier même s’il paraît chez Rivages thriller. Un roman qui raconte l’enfance de Serjoun pendant la guerre d’Algérie : Une guerre de génies, de héros et de lâches.

 

La famille du narrateur est en Algérie depuis des générations quand Serjoun décide d’écrire ses mémoires, en cet été 1962. Ils sont juifs, très à gauche et engagés dans la lutte pour l’indépendance. Les parents de Serjoun ne sont d’ailleurs jamais là, à fond dans la lutte aux côtés du FLN, et il est élevé par une grand-mère exceptionnelle, partisane de l’indépendance mais dans un pays laïc, de gauche et débarrassé de l’influence des militaires. D’Alger aux hauts-plateaux sahariens, puis à Oran fief de l’OAS, Serjoun va vivre de près tous les événements de la fin de la guerre. Et les raconter avec son point de vue d’enfant prodige.

 

Donc non il ne s’agit pas du tout d’un polar. Pas du tout. Il n’y a pas de tension narrative particulière, aucune trame policière ou enquête. C’est un roman historique construit sur le modèle des mémoires d’enfants (ou d’adolescent). Ce n’est ni mieux ni moins bien, c’est juste différent.

 

Sans crier au génie du point de vue littéraire, le roman est bien écrit, bien construit et se lit donc, indépendamment de son intérêt historique, avec facilité, fluidité et plaisir. Mais il est surtout extrêmement intéressant sur le fond. Surtout pour quelqu’un comme moi qui n’a qu’une connaissance très superficielle de ce qui s’est passé en Algérie pendant cette guerre. Ou qui en connait essentiellement l’histoire officielle et la partie sombre française (grâce entre autres aux polars de gens comme Didier Daeninckx).

 

J’ignorais tout (même si je m’en doutais un peu) des luttes fratricides entre les mouvements d’indépendance algériens. Je ne connaissais pas les différents programmes, les différentes factions, ceux qui voulaient une Algérie laïque et multiculturelle, le rôle des combattants de l’extérieur etc …

 

Donc j’ai eu l’impression d’être un peu moins ignare à la fin du bouquin, et de comprendre un peu ce qui s’est passé par la suite, ou du moins un peu plus. Pourquoi, me direz-vous (ou pas), ne pas lire alors un essai ? Et vous aurez sans doute raison. Mais c’est comme ça, j’aime qu’on me raconte des histories (je dois être un peu feignasse), et j’aime beaucoup qu’en me racontant une histoire on me rende moins couillon. Ce que fait ce roman, que je conseille donc.

 

Barouk Salamé / Une guerre de génies, de héros et de lâches, Rivages/Thriller (2012).

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Blanche
commenter cet article
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 23:21

Je ne voulais pas parler des élections, mais là, y en a des qui m’ont vraiment pompé l’air au-delà du supportable. Cela ne va sans doute étonner personne ici, j’ai voté Mélenchon au premier tour. Avec un espoir, que son score mette un claque aux fachos du Bloc, et oblige ceux qui osent se dire de gauche à être un tout petit peu à gauche. Donc dimanche soir, non, je n’ai pas fêté les résultats.

 

Et comme je sais que des foules entières attendent avec impatiences mes déclarations, je vais m’adresser aux françaises et aux français.

 

A ceux qui ont voté comme moi, ou pas loin, ben vous avez toute ma sympathie, vous devez en avoir gros sur la patate ces jours-ci.

 

A ceux qui ont voté le futur président du Béarn, je ne sais trop quoi dire. J’en connais, on peut être copains à condition de causer musique, bouquins ou pinard … Ca continuera.

 

Face à ceux qui ont voté pour l’immonde qui nous sert de président actuellement je reste sans voix. Soit ils font partie des 5-10 % des français à qui sa politique est profitable (au moins à court termes) et ils sont de sales égoïstes, mais au moins ils sont cohérents, sinon, j’avoue que j’ai du mal. Se faire enf(i)ler pendant 5 ans et en redemander, j’avoue que je sèche.

 

Je me sens un peu trahi par un certain nombre de potes, et même d’amis qui ont voté Hollande, en avouant souvent que s’ils n’avaient pas eu peur, par conviction, ils se sentaient plus proche de Mélenchon. J’avoue que je vous en veux, un peu. Mais comme disait Desproges, on reconnaît un ami à ce qu’un jour il vous déçoit. Ben voilà, je suis déçu. Quant aux convaincus que le PS est une alternative à l’UMP, je leur conseille de lire Préparer l’enfer de Thierry Di Rollo. Les écrivains ne sont pas prophètes, ils ne prévoient pas l’avenir, mais ils sentent parfois un peu mieux que nous ce qui pourrait arriver. C’est pourquoi il faut les lire. Pour que ça n’arrive pas.

 

Pour les électeurs du FN. Il parait qu’il y en a qui votent ainsi parce qu’ils sont perdus, parce qu’ils sont en colère. Comme le disait, encore, le grand Pierre, ce sont des gens qui se trompent de colère. C’est aussi un échec énorme pour le système éducatif (et oui, je sais, désolé les pédagos) qui n’a pas su leur donner la moindre éducation politique, pour leurs parents (quand ce sont des jeunes) qui n’ont pas été foutus de leur apprendre les bases les plus élémentaires, bref pour tout le pays, médias, acteurs éducatifs et sociaux, militants de gauche … Et je me mets dans le même panier, sans bien savoir ce que j’aurais pu faire, mais en sentant bien qu’on y est tous pour quelque chose.

Ceux qui sont militants et convaincus je les méprise profondément. Non tout ne se vaut pas. Le racisme, la xénophobie sont des saloperies. Inutile de venir faire vos petits cacas dans les commentaires, je suis ici chez moi, je modère, je ne suis ni gentil ni patient, donc vous ne rentrez pas.

 

Histoire que les choses soient claires. Je suis bien en France. Je n’avais que rarement eu honte de me dire français. Depuis un certain 21 avril, et encore plus depuis cinq ans je fais profil bas, comme les italiens sous Berlu, comme les américains sous Bush. J’ai ici ma vie, ma famille, mes potes … Mais si un jour vous arrivez au pouvoir, je parle 3 langues, mes gamins deux, ils ont une double nationalité (et ils vous emmerdent), j’ai un boulot qui se vend bien,  j’irai voir ailleurs si les gens sont moins cons.

 

Enfin je voulais dire un petit mot aux journalistes politiques. Aux fins commentateurs des petites phrases, aux putassiers qui ont passés leurs colonnes à comparer Mélenchon et le Pen, et à prétendre que le vote Front de Gauche affaiblissait le PS. Je vous vomis. Vous êtes lâches, vous êtes méprisants, vous êtes veules, vous êtes en plus cons comme des manches. Vous avez une forte responsabilité dans le vote Front national, que vous soyez à la radio, à la télé, dans les journaux autoproclamés sérieux, sur le web, partout.

 

Je ne suis pas rancunier, mais j’ai de la mémoire. Souvenez-vous, le Oui, le Non. Vous étiez tous pour le Oui. Tous. Ceux qui étaient contre étaient des ploucs, des nuls, des incultes, des abrutis apeurés …

 

Sachez bande de méduses que je l’avais lu le traité. Dans mes chiottes, article après article, au risque de me faire engueuler parce que je monopolisais les lieux. Et je m’étais fait mon opinion, ligne après ligne. Et nous étions nombreux dans ce cas, bande d’incultes suffisants. Et vous aviez déjà la même morgue condescendante alors que vous êtes de simples lèche-culs. Lèche-cul de l’un ou de l’autre parti qui sera au pouvoir dans quinze jours, mais lèche-cul quand même. Et vous avez encore rejoué la même partition. Je vous méprise profondément. Et au passage, puisque vous aimez jouer à celui qui a la plus longue, vous qui pensez que vous faites partie de la crème cultivée et diplômée, sachez que je suis à peu près certain que ma liste de diplômes est plus longue que la vôtre.

 

Vous avez encore été lamentables pendant la campagne, vous l’avez encore été dimanche et les jours suivants. Je vous ai entendu et lu mesurer combien de temps Mélenchon avait parlé sans prononcer le mot Hollande, et analyser … L’analyse est simple bande de truffes. La seule chose qui peut motiver un électeur de Mélenchon à aller voter dans dix jours, la seule qui me motive, c’est la méchanceté. C’est d’avoir le plaisir de voir les gueules défaites des Coppé, Morano, Juppé et du l’infect de l’Elysée. La seule.

 

Le six j’irai voter. Par pure méchanceté. Par vengeance. Et j’incite tous ceux qui ont eu honte d’être français depuis cinq ans à aller se venger. Sans rien espérer, sans rien attendre de la clique qui s’annonce. Parce que finalement, ils sont d’accord sur presque tout. Allez, Serge qui pense (et je suis de plus en plus près de te rejoindre) qu’élections, piège à cons, allez les Unwalkers, vous avez pas envie de leur faire un tout petit peu mal ? Juste pour voir leur tronche ? Vous n’avez pas envie qu’un petit juge teigneux plante ses crocs dans son cul anémique ? Je n’en n’appelle pas au civisme, ni à l’espoir. Juste à la méchanceté pure.

 

Enfin, je ne peux pas croire qu’un lecteur de polars assidus ne sente pas un léger frémissement à l’idée de mettre un coup de genou dans les joyeuses (ou pour parler étranger, una patada en los huevos) de ceux qui nous ont marché sur la gueule depuis cinq ans. Et on se refuserait ce petit plaisir simple ?

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
commenter cet article
23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 23:33

Les nouveautés c’est bien, c’est très bien même, mais le travail de réédition, quand il est fait intelligemment, c’est très bien aussi. La collection de poche des excellentes éditions Gallmeister a commencé le travail de réédition de celui qui est un peu l’oublié des grands fondateurs du polar américain, à savoir Ross Macdonald et son privé Lew Archer. Ca commence avec Cible mouvante.


McDonaldLew Archer, ancien enquêteur public devenu privé, est installé à Los Angeles. Il est contacté par la richissime femme d’un magnat du pétrole. Son mari a disparu depuis la veille. Ce n’est pas la disparition de l’époux, dont elle n’a pas grand-chose à faire qui inquiète la dame. C’est qu’il était complètement saoul la dernière fois qu’on la vu, et que quand il est bourré il devient philanthrope et a tendance à distribuer généreusement sa fortune. Et ça c’est inacceptable. De villas somptueuses en rades crades, d’escrocs astrologues à trafiquants d’être humains, Lew Archer va avoir un aperçu du monde des californiens très fortunés.


Moins connu que Dashiell Hammet et Raymond Chandler, peut-être tout bêtement parce qu’il a été moins adapté au cinéma, Ross Macdonald avec son Lew Archer n’en reste pas moins un des grands fondateurs du personnage du privé. Je les avais découverts, dans la collection « grands détectives » chez 10x18 au moment où je me lançais dans le polar. Ils faisaient déjà partie de ce qu’on pourrait appeler l’histoire ancienne. Ils avaient déjà bien vieilli. Cela n’a pas changé.


Pas de crainte à avoir donc, les aventures d’Archer tiennent toujours la route. Certes, on en a vu d’autres, des privés, mais celui-ci est un des premiers. Et cet épisode est particulièrement représentatif de la série.


Tout d’abord dans la construction du personnage, moins hard boiled que Philip Marlowe ou Sam Spade, plus « commun » d’une certaine façon. Lew Archer n’est pas un tombeur, ce n’est pas non plus un dur. Il a un flingue mais s’en sert très peu (voire pas du tout), prend plus de coups qu’il n’en donne. Ses armes, sont la parole, une grande indépendance vis-à-vis des autorités et de ses employeurs, et une ténacité à toute épreuve.


Ensuite dans sa façon de partir d’une histoire intime, familiale, pour dresser le portrait de toute une société. Ross Macdonald ne porte aucun jugement. Il décrit une famille de l’aristocratie du fric américaine, sans un mot de trop. La description parle d’elle-même. Il nous montre qu’il n’y a pas grand-chose de nouveau sous le soleil et que l’arrogance, l’impunité et la rapacité ne sont pas nouvelles …


A découvrir et à avoir dans toute bonne bibliothèque polar, au côté de Moisson Rouge et du Grand sommeil.


Ross Macdonald / Cible mouvante (The moving target, 1949), Gallmeister/Totem (2012), traduit de l’américain par Jacques Mailhos.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars grands classiques
commenter cet article
21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 18:12

Poche suivant … Il s’agit d’un petit polar, loin d’être génial mais absolument réjouissant paru chez Rivages. Profession balance de l’américain Christopher Goffard est un bon remède au mauvais temps ambiant.

Goffard

Benny Bunt est un minable. Petit, malingre, cradingue, affligé d'une épouse malade et obèse, abonné aux petits boulots, pilier d'un des bars les plus minables de la côte ouest. Et balance. Pour arrondir des fins de mois bien maigres il refile à un inspecteur plus ou moins net des tuyaux de seconde zone. En rêvant de devenir un grand flic lui-même. Car des rêves, Benny en a plein les manches.


Et voilà qu'à cause de Gus Mad Dog Miller, monstre tatoué de deux mètres et 150 kg, ancien du Vietnam et gueule infernale Benny se retrouve en taule accusé de trois meurtres. Comment un petit escroc sans aucune envergure a-t-il pu se retrouver dans une telle situation ?


La quatrième de couverture évoque les frères Coen. Et c'est bien à eux que l'on pense en lisant ce petit polar fort réjouissant. La bande de forts en gueule minables du bar de Benny fait immédiatement penser aux truands pathétiques de Fargo et du Big Lebowski. On verrait parfaitement Steve Buscemi en Benny et John Goodman en Mad Dog Miller.


On a pour eux un sourire triste, une tendresse navrée assortie à un certain mouvement de recul salutaire. Ce n’est pas parce qu’ils sont nuls et pitoyables qu’ils ne peuvent pas devenir méchants et momentanément dangereux.


Ajoutez à cela les coups de théâtre du final. Un vrai petit bonheur.


Christopher Goffard / Profession balance (Snitch jacket, 2007), Rivages/Noir (2012), traduit de l’américain par Jean Pécheux.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article
20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 16:06

Voilà un roman que j’avais complètement laissé passer lors de sa première parution au Masque. Grâce à la réédition en poche (et aux recommandations de l’amie Corinne of the Noirode), je rattrape mon oubli. La mort au crépuscule de l’américain William Gay méritait bien cette deuxième chance.


GayNous sommes dans les années cinquante, quelque part dans une cambrouse américaine. Kenneth et Corrie, frère et sœur, se débrouillent depuis la mort de leur père. Ils ont découvert que Fenton Breece le fossoyeur du village est un nécrophile pervers. Ils décident de le faire chanter mais n'avaient pas prévu qu'il préfèrerait lâcher à leurs trousses le psychopathe local. Une traque commence, entre Kenneth et le tueur, qui va les mener dans les bois voisins revenus à l'état sauvage depuis la fermeture des mines. Une traque onirique et cauchemardesque …


Etonnant roman, inclassable, et certainement pas réductible à un simple thriller (je ne fais pas une fixation, c’est ce qu’il y a écrit sur la couverture). « Crépusculaire. Sauvage. Halluciné » lit-on en quatrième, sous la plume de Martine Laval. Difficile de mieux qualifier ce cauchemar.


Les bois sont de vraies forêts de contes de fées, ou plutôt de sorcières, habités par des êtres sortis tout droits des brumes de nos pires craintes. Quant au tueur c'est un croquemitaine, insaisissable, omniscient, quasi omnipotent, sans limite et sans morale, le véritable ogre des histoires qui font peur.


Autour de cet imaginaire très marqué, la structure mélange polar et thriller avec la tension du suspense  de la course poursuite entre le gentil Kenneth et le monstre à ses trousses, et conte de fée où chaque rencontre est comme une parenthèse dans un monde sans attache temporelle, comme flottant dans l’espace et le temps. Les personnages croisés, tout en étant indéniablement des « ploucs » américains, sont aussi des sortes d’archétypes, de ces êtres que l’on croise l’un après l’autre dans les contes initiatiques … Jusqu’à la « sorcière » qui détourne le gentil au moment même où on croit qu’il va enfin s’en sortir …


Le mélange des genres est parfaitement dosé, superbement réalisé, au point que le lecteur ne sait plus où il en est. Tout cela par la grâce d’une écriture qui sait passer du plus cru au plus poétique, du réalisme à l’onirique sans que jamais l’on ne devine les raccords.


« Crépusculaire. Sauvage. Halluciné » donc. Et envoutant. A ne rater sous aucun prétexte.


William Gay / La mort au crépuscule (Twilight, 2006), Folio/Policier (2012), traduit de l’américain par Jean-Paul Gratias.

Repost 0
Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars américains
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de Jean-Marc Laherrère
  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
  • Contact