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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 18:40

De retour. Juste avant les élections.

 

Un petit jeu, où étais-je ?

 

Cheval

 

Quatre photos pour vous aider, et cette phrase : « Sont-ils Pittoresques ces Quadrupèdes Rigolos ? »

 

Lion

 

Ceux qui gagnent, gagnent … toute ma considération.

 

Tortue

 

Demain je vous cause polars en poche (oui, j’avais pris des poches, c’est moins lourd et moins encombrant).

 

pallaso

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 22:37

C'est pas que je ne vous aime pas, mais je vais m'octoyer une petite pause.

 

Je me connecterai pour vous lire et répondre à vos nombreux commentaires, mais je ne publirai pas.

 

Dans une petite semaine, juste pour vous distraire d'une campagne officielle qui s'annonce em... enfin qui s'annonce, je reviens égayer vos journées et vos nuits.

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11 avril 2012 3 11 /04 /avril /2012 20:21

Albin Michel et le thriller, en général, c’est pas mon truc. Donc, toujours en général, plutôt que de récupérer des pavés que je ne vais pas lire, je préfère passer mon tour. Sauf que là, Les fantômes du Delta d’Aurélien Molas sont recommandés par le Parrain, Claude Mesplède himself. Donc j’ai fait une exception, que je n’ai pas regrettée.

 

Molas

Début du XXI° siècle, le delta du Niger est un des endroits les plus pollués et les plus dangereux du monde. Un delta en guerre, avec d’un côté les mouvements de révolte des paysans expropriés, volés et empoisonnés par les Total et autres BP et de l’autre le gouvernement à la solde des grands pétroliers. Quelques french docteurs de MSF tentent de sauver des vies, sans grandes illusions. C’est dans cette atmosphère de chaos et de désolation que le père David, proche des théologiens de la libération latino-américains accueille dans son orphelinat Naïs, une petite fille atteinte d’une maladie génétique rarissime. Une fillette qui va devenir un enjeu majeur pour différents groupes qui veulent profiter de sa maladie, pour le meilleur, et surtout pour le pire.

 

Pour moi, avant, le fleuve Niger c’était Water Music de T. C. Boyle et cette entame de roman extraordinaire : « A l'âge où les trois quarts des jeunes Ecossais retroussent les jupes des demoiselles, labourent, creusent leurs sillons et répandent leur semence, Mungo Park, lui, exposait ses fesses nues aux yeux du hadj Ibn Fatouni, émir de Ludamar. ».

 

Changement de décor avec ces Fantômes du Delta, très bon roman qui passe tout près d’être encore mieux.

 

Très bon parce que le sujet est passionnant et que peu de français s’intéressent ainsi à ce qui se passe hors de nos frontières. Très bon parce qu’Aurélien Molas, jeune auteur, ose s’attaquer à un projet ambitieux et politique, sur un ton qui n’est pas sans rappeler Ayerdhal auquel il rend hommage (il y a pire comme référence). Très bon aussi parce que ce faisant il évite de tomber dans un roman trop journalistique et n’oublie pas qu’il écrit un thriller, avec rebondissements et scènes d’action (très réussies d’ailleurs). Très bon enfin parce que malgré la multitude de personnages et de lieux il maîtrise sa construction et ne perd jamais son lecteur.

 

S’il passe près d’être encore meilleur c’est qu’à mon humble avis il manque encore un peu de chair et de tripes à ses personnages. On devrait être plus touché, plus bouleversé. On devrait sentir davantage le désarroi, la rage, la souffrance, la puanteur, la misère, le désespoir … On devrait avoir envie de pleurer ou de prendre les armes.

 

Comme disent les espagnols, « le falta calle », il lui manque de la rue, ce petit quelque chose qui fait qu’un Jack Taylor me fend le cœur en une phrase. Mais ça viendra, c’est certain. Comme il est certain que c’est un auteur que je vais suivre.

 

Aurélien Molas / Les fantômes du Delta, Albin Michel (2012).

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 19:04

Quand j’ai écrit mon billet sur La belle vie, de nombreux commentateurs m’ont renvoyé à Trash Circus de Joseph Incardona qui sortait en même temps. Je m’étais donc bien promis de le lire. C’est chose faite.

 

IncardonaFrédéric Haltier est une authentique pourriture. Egoïste, narcissique, cynique, méprisant et violent avec les plus faibles, et en particulier les femmes, rancunier, sans scrupules et sans morale … Il a toutes les qualités. Ajoutez à cela qu’il travaille dans une des pires sociétés de production de téléréalité, et que pour se détendre il aime bien se mêler aux supporters les plus violents du PSG pour aller casser la gueule à ceux d’en face après les matchs. Un personnage vraiment attachant. Et c’est dans sa tête que Joseph Incardona a décidé de nous faire passer plus de 200 pages …

 

Commençons par la comparaison avec La belle vie. Au risque de les étonner, je ne suis pas d’accord avec mes illustres commentateurs, les deux romans n’ont pas grand-chose en commun. Alors certes dans les deux le narrateur est peu recommandable, dans les deux il y a du cul, et du cul cru (joli non ?), les deux tournent autour du monde du spectacle.

 

Mais il y a pour moi une énorme différence qui fait que La belle vie m’effare, me dérange énormément, là où Trash Circus est sombre, dur mais ne risque pas de m’empêcher de dormir. Cette différence réside dans le fait que le narrateur de Stokoe est complètement vide et aspire au mirage vendu par la pub, sans jamais retirer le moindre plaisir de rien. Il n’a que des désirs, vendus par le mirage télévisuel, c’est l’aliéné ultime.

 

Frédéric lui ne croit absolument pas au monde de papier glacé, d’autant moins qu’il participe à sa fabrication. Il sait qu’il est factice, il se contente d’en tirer tous les avantages qu’il peut. Et il a du plaisir. Du plaisir à être un parfait salaud, du plaisir à fracasser des cranes ou effrayer des femmes. C’est un pourri, mais un pourri que je peux comprendre, un pourri avec de la chair à l’intérieur. Donc il me fait beaucoup moins peur comme personnage, il me « dérange » beaucoup moins.

 

Ajoutez à cela que l’on entend la voix de Joseph Incardona dans certains jugements sur le monde actuel, et en particulier sur le monde de la télé (c’est du moins mon ressenti). Une voix très critique, c’est le moins que l’on puisse dire, même si son personnage se sert de cette critique pour renforcer son cynisme. Alors que Stokoe ne transparaît à aucun moment derrière son personnage, l’écriture reste uniquement descriptive, sans jugement.

 

Ceci dit, attention, cette différence majeure qui ne veut absolument pas dire qu’un roman est meilleur ou moins bon que l’autre. Ils sont justes différents. Car dans son genre Trash Circusva lui aussi vous secouer les neurones et les tripes.

 

Cynisme, vulgarité, adoration du Dieu Fric et de tout ce qu’il permet d’acheter, être humains compris, violence des rapports dans un lieu de travail où les égos sont exacerbés et où seuls comptent le fric et la réussite individuelle … C’est tout cela qui est programme. Auquel il faut ajouter la rage de l’auteur qui transparait de temps à autre dans les soliloques d’un narrateur infect. C’est cru, noir, violent …

 

C’est une grande partie de notre monde (mais pas tout) dans ce qu’il a de plus vulgaire, sa télé. Bienvenue chez Pandemol … 


Joseph Incardona / Trash Circus, Parigramme/Noir 7.5 (2012).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 15:43

Ce que j’ai dit il y a quelques jours sur Charlie Parker et John Connolly est, bien entendu, aussi vrai pour Dave Robicheaux de James Lee Burke. Je suis toujours enchanté de le retrouver. Toujours. Que ce soit chez lui à New Iberia, ou en vadrouille dans le Montana comme c’est le cas dans Swan Peak.

 

BurkeDave Robicheaux, son épouse et son copain le remuant Clete Purcel ne se remettent pas d’avoir vu leur ville engloutie sous les eaux de Katrina. Encore moins de l’abandon de leur Louisiane par le pays, et des déchainements de violences qui ont succédés à la catastrophe naturelle. Ils pensent pouvoir se reposer dans le Montana où ils sont logés chez un ami. Mais avec eux la violence n’est jamais très loin. Elle les rattrape quand Clete tombe sur deux vieilles connaissances, deux truands qui bossent maintenant pour la famille la plus riche du coin. Sans le vouloir (ou presque) Clete et Dave se retrouvent à piétiner les plates-bandes de personnages peu recommandables, alors que dans un même temps des étudiants sont torturés à mort dans les environs. Les vacances sont terminées, définitivement terminées …


Que dire qui n’ait déjà été dit ? Que James Lee Burke est aussi émouvant, lyrique et poète quand il décrit une rivière des Rocheuses qu’un bayou de Louisiane ? Que plus ça va plus on aime Dave Robicheaux et Clete Purcel (qui prend de plus en plus d’importance dans ses romans, et c’est tant mieux) ? Que ses intrigues sont riches, complexes et néanmoins limpides ? Que sa rage contre ceux qui exploitent les faibles et détruisent le pays est intacte, qu’ils soient mafieux, vieilles familles aristocratiques du sud ou, comme ici, parvenus du pétrole ? Qu’il n’a pas son pareil pour décrire les explosions de violence de ses personnages ? Qu’il aime son pays et ses habitants les plus humbles ?


Tout a déjà été dit, James Lee Burke est un des géants de la littérature américaine, il le confirme roman après roman. Ce dernier ne fait pas exception.


En plus, l’auteur que je n’ai jamais rencontré (puisqu’il ne prend jamais l’avion et que je ne suis pas allé le voir chez lui) est un mec bien. Du moins si j’en crois les interviews diverses et variées lues ou entendues ici et là.


Attention, il y a des mecs très bien qui écrivent comme des pieds. Donc ce n’est pas un argument. Mais quand comme Monsieur Burke on écrit superbement, et qu’en plus on est un gars en or, ça donne encore plus envie d’aimer les livres et les personnages.


Vivement le prochain, et pourvu que ça dure éternellement.


James Lee Burke / Swan peak (Swan peak, 2008), Rivages/Thriller (2012), traduit de l’américain par Christophe Mercier.

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 22:47

Vous avez sans doute déjà eu les infos ici et là, mais au cas où voici une petite session de rattrapage …

 

Marin Ledun accumule les prix (et c’est bien mérité) pour Les visages écrasés. Le dernier en date ? Celui du Festival du film policier de Beaune (qui succède à Cognac, ce qui prouve que les amateurs de polars savent où faire leurs festivals …).

 

Le même festival récompense également Les fantômes de Belfast de Stuart Neville.

 

Week-end faste pour l’irlandais qui gagne également le prix Mystère de la Critique, meilleur roman étranger, décerné par un jury d’une trentaine de critiques et acteurs du monde du livre.

 

Le prix mystère de la critique du meilleur roman français est décerné à Marcus Malte pour Les harmoniques.

 

Et c’est La tristesse du samouraï de Victor del Arbol qui gagne le prix du point du meilleur polar européen.

 

Suis-je content ? Tout cela est-il mérité ? Oui, mille fois oui !

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4 avril 2012 3 04 /04 /avril /2012 00:04

Villard CliffordMarc Villard, le jazz, des nouvelles … Voilà un mélange qui ne peut être que gagnant. C’est une fois de plus le cas avec ce petit recueil I remember Clifford, qui a en plus le mérite d’avoir une couverture superbe.

 

Ben Webster, Chester Himes, Thelonious Monk et quelques inconnus nous entrainent de New York à Naples, de San Diego à Amsterdam, de Paris à Barcelone. Au gré de huit nouvelles, sur une BO bebop, latin jazz ou swing nous allons croiser avec eux des putes, des dealers, des flics et des arnaqueurs, des petits truands, de vrais salopards et surtout des paumés et des oiseaux de nuit. La faune habituelle des écrits de Marc Villard.

 

Une fois de plus, au gré de ces nouvelles il va nous émouvoir, nous faire sourire et nous faire enrager. Une fois de plus cela finira très mal, et cela sera très sombre. Une fois de plus il va nous donner à entendre la musique qu’il aime, mais aussi sa musique, celle de ses phrases de ses mots.

 

Et on en redemande.

 

  

Marc Villard / I remember Clifford Brown, Folies d’encre (2012).

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 23:03

Le lecteur de polar est en général quelqu’un de fidèle, qui s’attache aux personnages récurrents. John Dortmunder, Pepe Carvalho, Adamsberg, Dave Robicheaux, Mendez, Harry Hole … Et Charlie Parker, le privé de John Connolly, le plus américain des irlandais, qui revient dans La nuit des corbeaux.

connoly

Pastor’s Bay, un bled vraiment perdu du Maine. Randall Haight est venu s’y installer quand il est sorti de prison. A quatorze ans, avec un autre gamin, ils avaient tué une fille de leur âge. Bien des années plus tard, ils sont sortis de prison avec une nouvelle identité pour tenter de refaire leur vie, leur dette envers la société payée.


Randall y est arrivé. Jusqu’à ce qu’une adolescente disparaisse à Pastor’s Bay, au moment même où Randall se met à recevoir des courriers anonymes prouvant que quelqu’un connaît sa véritable identité. Bien qu’il n’aime pas le personnage, Charlie Parker accepte, à la demande de son avocate, d’enquêter pour essayer de trouver qui a retrouvé Randall …


Ce n’est pas le meilleur Charlie Parker. C’est même un des plus faible de la série. Essentiellement parce que le méchant de l’histoire est beaucoup moins effrayant que dans certains autres épisodes, ce qui fait qu’on tremble peu pour le privé. Aussi parce que, même s’ils apparaissent brièvement, ses deux anges gardiens, Angel et Louis y ont un rôle très secondaire. Un peu aussi parce que les promesses entrevues de fantastique et d’une présence fantomatique rodant dans l’ombre ne sont pas toutes tenues …


Mais cela ne veut pas dire qu’on s’ennuie, loin de là. Parce qu’un Charlie Parker moins intense reste quand même un excellent polar, parfaitement construit et écrit et qu’on est toujours enchanté de retrouver Charlie et ses potes. Parce que l’humour noir est toujours présent, parce que les descriptions sont toujours aussi belles, parce que le désespoir de Charlie décrit par son créateur est toujours aussi poignant et pour la justesse de la description de l’Amérique qui transparait sous l’histoire.


 Donc une bonne lecture en attendant le prochain épisode.


John Connolly / La nuit des corbeaux (The burning soul, 2011), Presses de la cité/Sang d’encre (2012), traduit de l’irlandais par Jacques Martichade.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars irlandais
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 00:01

Parfois ici et là on vous parle d’OLNI, les Objets Littéraires Non Identifiés. Ben j’an ai croisé un, d’origine italienne contrôlée. C’est L’année-lumière de Giuseppe Genna.

 

GennaMilan, une entreprise de télécom italienne est la cible de l'attaque d'une concurrente anglaise qui veut la bouffer. Guerre de fric, guerre de capitaux mais aussi guerre d'hommes. Côté italien, un des généraux est Mental. Froid, calculateur, il est certain d'avoir tous les atouts pour contre-attaquer. Mais au moment le plus critique, sa femme tombe dans un coma incompréhensible. Les médecins ne savent que faire … Dans l'ombre l'Affairiste prépare la mise à mort de Mental.


Résumé comme ça, on pourrait croire qu'on a là un thriller financier high tech. Froid, calculateur, mathématique … le genre de bouquin qui, en général m’indiffère profondément parce que je l’avoue, les guéguerres entre les pseudos prédateurs du monde des affaires je m’en tamponne. Après tout, que ce soit une société italienne ou anglaise qui nous tonde la laine sur le dos ne change pas grand-chose à l’affaire.


Mais là, point du tout. On n’est pas dans un thriller financier, on est Ailleurs. Je ne connaissais pas Giuseppe Genna, mais s'il ressemble un tant soit peu à son roman il doit être sacrément allumé.


Ca part dans tous les sens, on a droit à des théories sur les quadras et l’expansion de l'univers, le rôle de l'église dans le voyage dans l'espace et la prédation en milieu professionnel …Le tout dans une langue baroque, explosive, inventive.


Alors certes ça part parfois trop dans tous les sens et il m'est arrivé de sauter des passages, le final traîne un peu en longueur, bref le roman est bourré de défauts. Mais il a aussi des fulgurances, des moments de pure grâce et de pure folie.

Un OLNI, un vrai. Qu’il vous faudra lire pour vous faire une idée.


Giuseppe Genna / L’année-lumière (L’anno luce, 2005), Métailié (2012), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 21:40

Ceux qui croyaient connaître le polar scandinave en général, et le polar islandais en particulier à partir d’Indridason et Thorarinson (excellents au demeurant) avaient pris une grosse douche froide en découvrant Noir océan de Stefán Máni. Une douche froide et salée … Ceux d’entre vous qui sont prêts à prendre la deuxième couche peuvent se plonger dans Noir karma, le second roman traduit de cet islandais pour le moins étonnant. 

 

 

Mani

Stefán a débarqué à Reykjavík depuis sa province avec son appareil photo et l’ambition de devenir photographe de groupes de rock. Il se retrouve barman au Blúsbar, un rade pas vraiment flamboyant. Heureusement pour ses finances le videur de ce bouge trafique et le met rapidement au parfum. Tout va pour le mieux, jusqu’à ce que ses employeurs commencent à avoir des ambitions, et décident de provoquer le caïd de la ville. C’est alors l’enfer se déchaine. 


Ceux qui ont donc découvert Stefán Máni avec Noir océan se doutent que ce n’est pas à une bluette qu’il nous invite ici.  


Au son d’une BO fracassante (AC/DC y fait figure de groupe de balades sentimentales), pied au plancher, le lecteur plonge avec le narrateur, un brin naïf, dans un tourbillon de drogue, de violence et de mort. Os et têtes fracassés, tabassages en tous genre, mutilations … ça saigne, ça cogne, ça hurle, sa baise à tout va pendant presque 600 pages.


On pourrait se lasser. Il n’en est rien. L’énergie phénoménale de l’écriture, les truands tellement bêtes et tellement méchants, et l’humour grinçant dû au regard décalé d’un narrateur plutôt crétin mais pas aussi gentil qu’on peut le croire au début, font qu’on ne voit pas le temps passer et qu’on en redemanderait bien une louche.


Comme dans son précédent roman, Stefán Máni jongle en virtuose avec les temps du récit, campe des affreux particulièrement réussis et nous plonge dans un maelstrom de violence et de bêtise. Il ajoute ici l’humour, retire le soupçon de fantastique qui en avait peut-être gêné quelques-uns dans le premier roman, mais garde son talent pour les fins bien abominables …


En bref, ça secoue et c’est bon.


Stefán Máni / Noir karma (Svartur á leik, 2004), Série Noire (2012), traduit de l’islandais par Eric Boury.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars scandinaves
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  • : Il sera essentiellement question de polars, mais pas seulement. Cinéma, BD, musique et coups de gueule pourront s'inviter. Jean-Marc Laherrère
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