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1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 19:39

Après le bilan voici venu le moment des vœux.


Je pourrais être très exigeant,

 

  • Souhaiter que les journalistes fassent leur boulot au lieu de répercuter, comme de bons élèves, les A, B, C des trous du cul des agences de notation,
  • Prévoir d’envoyer les dits trous duc se faire rééduquer à planter des radis
  • Demander que des émissions littéraires remplacent la téléréalité sur les chaînes télé
  • Supprimer les traders, boursicoteurs et autres chieurs …
  • Demander que l’impôt soit juste et la suppression des niches fiscales
  • Exiger le plafonnement des plus hauts salaires et l’instauration d’un revenu minimal décent pour tous
  • Souhaiter que tous les états du monde coupent les budgets militaires pour augmenter ceux de l’éducation, de la santé et de la culture …

Bref je pourrais être utopiste, comme je l’ai été les années précédentes, mais j’ai décidé d’être très raisonnable.
Je vais donc me contenter de vous souhaiter pour 2012 :

 

  • Beaucoup d’excellentes lectures
  • Bonheur, santé et amour chez vous
  • ET SURTOUT QU’ON SE DEBARRASSE UNE BONNE FOIS POUR TOUTE DE LA CLIQUE DE NUISIBLES QUI NOUS GOUVERNENT !!!!!!!!!!!!!!!

Je sais, la bande qui la remplacera sera très loin d’être celle qui réalisera le programme cité plus haut, très très loin. Mais si au moins on pouvait foutre un bon coup de pied au derche à ceux là, l’année 2012 serait déjà plutôt bonne.


BONNE ANNEE A TOUS.

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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 12:33

Et voilà, une année de plus qui s’achève, encore une grande année littéraire. En faisant ma petite synthèse j’ai compté une cinquantaine de polars plus que recommandables, à différents titres. Et sur ces cinquante, voici ce que je fais sortir du lot.

 

Commençons par le local … Une grande année française (francophone même vu que je vais y inclure un peu de belgitude).

 

Ca avait commencé avec Les harmoniques, dernier roman poignant et poétique de Marcus Malte. Puis on a eu Guerre sale, le dernier Dominique Sylvain, le dernier Fred Vargas, L’armée furieuse. 2011 également consécration du talent de Marin Ledun, avec Les visages écrasés qui gagne, très justement, le prix 813.

 

Heureusement on a pu rigoler un peu avec Les vacances d’un serial killer de la belge allumée Nadine Monfils.

 

Deux polars voyageurs, Arabian thriller de Barouk Salamé, suite réussie du remarqué Testament Syriaque et Serge Quadruppani auteur qui reprend les personnages de Saturne dans le réjouissant La disparition des ouvrières.

 

Pour le reste, ce fut plutôt sombre : Le roman très attendu de DOA et Dominique Manotti, une Honorable société qui voit deux auteurs aux univers assez proches réussir superbement à écrire à quatre mains et trois romans très politiques et pas vraiment joyeux, Préparer l’enfer de Thierry di Rollo et Le bloc de Jérôme Leroy qui nous promettent un avenir frontiste, et Olivier Bordaçarre qui décrit une France raciste et moisie dans La France tranquille. Pour finir le petit dernier, l’étonnant et éprouvant polar de Karim Madani, Le jour du fléau.

 

A l’étranger, chez les hispanophones on a retrouvé avec plaisir le privé du chilien Ramon Diaz Eterovic dans L'obscure mémoire des armes, et on a eu le maintenant traditionnel Carlos Salem, avec cette année l’excellent Je reste le roi d’Espagne. Pour les espagnols, à noter un nouvel objet littéraire non identifié, venant de la galaxie José Carlos Somoza, L’appât et pour les amateurs de polars historiques, La chambre des merveilles de l’espagnol Alfonso Mateo Sagasta.

 

Grosse année italienne, où là aussi on a quelques pointures. Pas moins de trois romans signés Andrea Camilleri dont Le Montalbano de rigueur qui cette année s’appelle La piste de sable, et le tout récent Meurtre aux poissons rouges, écrit avec Carlo Lucarelli. Deux romans signés Giancarlo de Cataldo mon préféré étant Le père et l’étranger. Toujours chez les confirmés, l’avocat de Bari créé par Gianrico Carofiglio revient dans Le silence pour preuve. Puis deux très belles découvertes, L’hiver du commissaire Ricciardi, magnifique polar historique napolitain de Maurizio de Giovanni, et le très beau D’acier de Silvia Avallone.

 

Une fois de plus les irlandais font fort puisqu’on retrouve cette année les auteurs confirmés comme John Connolly et Charlie Parker avec Les murmures, un R&B toujours aussi drôle de Ken Bruen, c’est Calibre, et l’arrivée d’un nouvel auteur très prometteur, Stuart Neville qui démarre une série avec Les fantômes de Belfast.

 

Belle année grand-bretonne également avec le très bon second roman de Cathy Unsworth, Le chanteur. Très bon second roman également pour Nick Stone qui reste dans la communauté haïtienne avec Voodoo Land. La confirmation du talent de John Burdett, qui revient avec Le parrain de Katmandou et une très belle découverte écossaise, l’étrange Scintillation de John Burnside. Et pour finir les inoxydables, le dernier John Le Carré, Un traitre à notre goût et le dernier John Harvey, Le deuil et l’oubli.

 

Chez les scandinaves les valeurs sures ont confirmé, avec deux romans d’Arnaldur Indridason, un de la série Erlendur (mais sans lui), La rivière noire et une brillante variation sur le thème du facteur sonne toujours deux fois, Betty. Le retour de Jo Nesbo et de Harry Hole dans un thriller époustouflant, Le léopard. Et un excellent Gunnar Staalesen, L’écriture sur le mur.

 

Et pour finir, on entend régulièrement que le polar américain est mort … Pouf pouf, je rigole !! Magnifique année US encore une fois avec quelques masterpieces : Un bon Tim Dorsey, Cadillac Beach parce qu’il faut bien rigoler de temps en temps. Un roman inclassable d’un auteur inclassable, Eric Miles Williamson qui revient avec Bienvenue à Oakland. Le retour très attendu (même si ce n’est pas le meilleur de la série) de Patrick et Angela dans Moonlight Mile de Dennis Lehane. Le maintenant traditionnel Walt Longmire du printemps avec L’indien blanc de Craig Johnson et un George Pelecanos dans la moyenne (donc un très bon polar), Mauvais fils.

Et cinq romans absolument indispensables, chacun dans son genre : La nuit la plus longue du vétéran James Lee Burke ; Les leçons du mal de Thomas Cook ; Savages de Don Winslow ; Tijuana straits de Kem Nunn et Serena de Ron Rash.

 

Ajoutez à cela, et hors polar L’homme qui aimait les chiens, le roman historique de Leonardo Padura, que j’ai eu, en plus, le plaisir et l’honneur de rencontrer et de présenter à Toulouse. Quelques excellents westerns réédités cette année : Lonesome Dove de Larry Mcmurtry, Incident à Twenty Miles de Trevanian. Un superbe roman d’aventures signé Valerio Evangelisti : Tortuga.

 

Côté SF et fantazy, j’ai assez peu lu, mais je retiendrai la conclusion de la trilogie des Lames du cardinal de Pierre Pével, quelques nouvelles du grand styliste qu’est Jean-Claude Dunyach, Les harmoniques célestes, un bon Space opera, comme on les aime avec Les enfants de la conquête de Celia Friedman.


BD, j’ai été encore plus fainéant … Inoubliable quand même, le second tome de Blast de Manu Larcenet.

 

Bref 2011 fut une très bonne année. On se revoit l’année prochaine que l’on espère aussi bonne. En attendant bonne toute fin d’année à tous.

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 21:54

En cette période dense et fatigante, il me fallait un roman qui claque et qui se lise tout seul. Deux bouquins me sont tombés des mains, sans doute bons, mais qui sont arrivés au mauvais moment. Et voilà que j’exhume de sous une pile une réédition d’un roman de Jean-Hugues Oppel. Exactement ce qu’il me fallait. Un roman paru une première fois à la série noire et repris chez Rivages : Barjot !


OppelJérôme-Dieudonné Salgan n'a rien d'un héros. Juste un français moyen, avec une vie plutôt moyenne … Jusqu'au jour où, en rentrant chez lui, il trouve sa femme, ses filles, ses parents et ses deux meilleurs amis morts, sauvagement assassinés, et sa maison en train de brûler. Alors Salgan se réfugie dans la folie. Et quand il sort de la clinique de repos après quelques mois, il n'a plus qu'une idée en tête, se venger. Barjot, il est devenu complètement barjot ! Il ne sait pas que ce n’est pas à une bande de malfrats sanguinaires qu’il va s’attaquer mais à l’appareil d’état. Appareil d’autant plus sensible qu’il a fait une grosse bavure …

 

Du pur Oppel : une histoire alerte racontée à un rythme soutenu, de l'humour, de l'action, de la castagne … Et une fin bien immorale où ce ne sont pas les bons qui gagnent (d'ailleurs y en a-t-il ?), mais les plus forts. Bref, une histoire qui pourrait être, qui devrait être sinistre, et qui se révèle réjouissante par la grâce du talent du maître.

 

Du pur Oppel donc. A ce propos, c’est bien beau tout ça, mais quand c’est qu’il nous en publie un autre le grand Jean-Hugues ? Parce qu’on s’aperçoit, quand on lit des bouquins comme ça, qu’il nous manque depuis maintenant un bon moment …

 

Jean-Hugues Oppel / Barjot !, Rivages/Noir (2010).

 

PS. Ce coup-ci c’est le dernier de l’année, demain vous aurez droit au bilan.

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 22:55

Peut-être le dernier polar de l’année … Les péchés de nos pères, de Lewis Shiner, présenté en couverture comme « le meilleur livre de l’année » (défaut récurrent des éditions Sonatine), n’est pas un chef d’œuvre mais un solide polar, bien documenté et construit, qui se lit avec plaisir et intérêt, malgré ses quelques défauts.

 

Shiner2004, Michael accompagne son père qui est venu mourir à Durham, dans le sud des USA, la ville qu’il avait quittée avec sa femme à la naissance de Michael, trente ans plus tôt. Curieux de l’histoire de sa famille, d’autant plus que ses parents semblent cacher certains événements, Michael va enquêter sur son passé et réveiller des fantômes qui vont bouleverser sa vie. En cette année où les tentions raciales reviennent sur le devant de la vie locale, il va découvrir le rôle de sa famille dans les années soixante, quand la lutte pour les droits civiques, et les réactions qu’elle suscitait étaient exacerbées.


Passons donc l’agacement des bandeaux et quatrièmes outrageusement vendeurs, qui ne sont pas l’apanage des éditions Sonatine, mais quand même, ils exagèrent souvent …

Et débarrassons-nous tout de suite des défauts de ce bon roman. Défauts essentiellement liés à la construction. A mon goût l’auteur en fait un peu trop en termes de coïncidences. Trop de « une telle qui se trouve être la sœur de telle autre », de « celui-ci qui réapparaît par miracle », d’infos qui arrivent un peu facilement … C’est d’autant plus dommage que ce n’est jamais nécessaire au bon déroulement de l’intrigue, et que cela aurait donc pu être évité facilement.


Autre « défaut », mais là ce n’est pas entièrement la faute de l’auteur, les histoires de familles avec de lourds secrets, dans le sud des US, ça me fait automatiquement penser à Thomas Cook. Et Thomas Cook est un maître en la matière. Dont Lewis Shiner est loin d’avoir la finesse d’analyse, la beauté stylistique et la force émotionnelle ...


Mais le roman a d’autres qualités qui emportent l’adhésion. Tout d’abord, l’ensemble est parfaitement cohérent, les passages entre le passé et le présent bien amenés, les personnages bien construits … Bref d’un simple point de vu narratif, à par les petits défauts cités plus haut ça marche très bien. La scène d’action et de suspense finale est en particulier fort bien réussie.


Puis, ce qui fait que ce roman est plus qu’une histoire bien contée c’est le contexte historique décrit. Contexte déjà vu dans de nombreux polars (le moment des luttes pour les droits civiques), éclairé ici d’une façon originale : Comment les blancs du sud, pour casser la dynamique du mouvement ont détruit les quartiers noirs en passe de devenir des quartiers de classe moyenne, sous couvert de réhabilitation et de modernisation. Un aspect que, pour ma part, j’ai découvert ici. Intéressante aussi la façon dont l’auteur fait le parallèle entre la fin des années soixante et le début des années 2000, montrant que, malgré les progrès indéniables, la bête est toujours là, prête à resurgir au moindre prétexte.


En résumé, pas le livre de l’année, mais un bon polar, solide et bien écrit.


Lewis Shiner / Les péchés de nos pères (Black & white, 2008), Sonatine (2011), traduit de l’américain par Fabrice Pointeau.

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 13:05

Il ma fallait, en ces périodes denses, un roman distrayant et « facile » à lire … Et j’avais sous le coude Quelque chose pour le week-end de Sébastien Gendron, qui a parfaitement fait l’affaire.

 

GendronUne heure du matin, Lawrence Paxton, terne retraité très british ne sait pas encore que sa vie va changer, complètement changer. Et que toute la petite ville fort tranquille de Kirk Bay, dans le North Yorkshire, va voler en éclat. Tout ça parce que Lawrence tombe en même temps sur une troupe de pingouins géants disparus depuis plus de 150 ans ET sur un chargement de cocaïne. Normalement Lawrence aurait dû garder son flegme insulaire et rentrer se coucher. Mais il décide goûter cette poudre blanche …

 

Sébastien Gendron semble avoir environ 20 idées d'histoires à la page. Et l'énergie pour empêcher que tout se barre en sucette. Comme en plus il a un bon sens de l'humour qu'il sait teinter de dérision so british, son roman fonctionne. Et fonctionne même très bien. C’est donc un conseil de lecture sans arrière pensée.

 

Reste quand même une question, maintenant que l’on commence à connaître cet aureur, et que l’on se dit, une fois de plus, qu’on s’est bien amusé mais qu’il lui manque le petit quelque chose pour passer à la vitesse supérieure. Cette question c’est, mais que lui manque-t-il donc pour transformer ses romans, au demeurant très divertissants et recommandables, en bombes comme des Carl Hiaasen ou Tim Dorsey savent en écrire ?

 

Cède-t-il trop à la facilité avec laquelle il invente des histoires ? Est-ce une question de style ? De travail ? D’ambition ? De confiance en soi ?

 

Si quelqu’un a la réponse … En attendant, je patiente en espérant que, comme Marin Ledun avec Les visages écrasés, Sébastien Gendron va bientôt nous sortir SON roman.

 

Sébastien Gendron / Quelque chose pour le week-end, Baleine (2011).

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Polars français
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22 décembre 2011 4 22 /12 /décembre /2011 19:35

« Travailler plus pour gagner plus » qu’il disait l’affreux qui pourrait bien se trouver en congé de paternité à partir du printemps 2012 … Une phrase qui, en 5 mots, arrive à aligner trois énormités.

 

Première énormité : ceux qui ont travaillé plus se sont souvent aperçus que c’était pour faire gagner plus … aux actionnaires.

 

Deuxième énormité : essayer de faire paraître comme évident que le but de l’être humain est forcément de gagner plus. Et vivre plus, aimer plus, apprendre plus, jouer plus, lire plus … C’est pas des buts au moins aussi enthousiasmants ? A partir du moment, bien entendu, où on gagne décemment sa vie.

 

Troisième énormité : et c’est celle qui m’intéresse aujourd’hui. Non, on ne travaille pas forcément plus pour gagner plus. L’appât du fric n’est pas le seul moteur du travail, ce n’en est même pas l’essentiel, et ce n’est pas vous qui tenez des blogs qui pourrez prétendre le contraire ! Ce qui amène la suite.

 

Alors que la cinquième année de ce blog est bien entamée, voici venu le temps des confessions.

 

Je ne suis ni bibliothécaire, ni libraire, ni éditeur, ni prof, surtout pas auteur (j’en serais bien incapable) … Je n’ai même pas de formation littéraire. J’ai même, horreur, une formation scientifique et je suis ingénieur. Un ingénieur qui lit ? Ben oui, ça existe.

 

Et j’ai l’immense chance d’avoir un boulot passionnant, au quotidien, avec des moments uniques.

 

Dans la nuit de vendredi à samedi, à 3h03 plus précisément, on a été quelques-uns à avoir droit à un de ces moments uniques : le lancement, en direct, du satellite auquel on bosse pour certains (dont ma pomme) depuis près de quinze ans. On peut voir le film du lancement . Et tenter d’imaginer la montée d’adrénaline, dans la dernière minute, quand en haut du gros pétard il y a quinze ans de boulot …

 

Depuis, quelques heures de sommeil (pas assez), très peu d’heures à la maison (vraiment pas assez au goût de la famille), beaucoup d’heures de boulot, mais de celles qu’on fait pour le plaisir de réaliser quelque chose dont on est fier, d’autant plus fier qu’on le réalise en groupe. Alors je sais, pas de vacances cette année, et je sais que fin février je serai sur les rotules, mais putain quel pied ! D’autant plus, c’est vrai, que mon surplus de travail est fait au service de la collectivité et ne rapportera pas un kopeck au moindre actionnaire.

 

Bref, tout ça pour en arriver, aujourd’hui, aux premières images, la première preuve concrète qu’on a bien bossé. Penser que maintenant, à 700 km au dessus de nos têtes, on peut commander le bébé, qu’il marche, et qu’ensuite on récupère ça … Vous savez quoi ? Ca fait autant de plaisir que d’interviewer Taibo, de boire un coup avec les amis ou de passer un week-end en amoureux, de voir ses enfants heureux, d’ouvrir un Dortmunder … Toutes ces choses que les imbéciles cités ci-dessus ne peuvent pas comprendre puisque CA NE RAPPORTE PAS D’ARGENT !!!!!!

 

Finalement si les nuisibles qui nous gouvernent n’avaient pas un tel potentiel de nuisance j’aurais presque tendance à les plaindre, eux qui ne connaissent pas ce bonheur à la fois simple et complexe …

 

Allez, je vous laisse, j’ai du boulot.

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Published by Jean-Marc Laherrère - dans Mauvaise humeur
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20 décembre 2011 2 20 /12 /décembre /2011 23:07

« John Harvey, c’est la Rolls du polar anglais. » Ai-je déjà écrit brillamment . Ben c’est toujours pareil, mais c’est normal, les Rolls c’est indémodable et increvable. Et cela se vérifie une fois de plus avec Le deuil et l’oubli.


Harvey1995. Heather et Kelly, dix ans, en vacances en camping avec les parents de Kelly se perdent dans le brouillard en revenant de la plage. Le lendemain matin on retrouve Kelly, traumatisée, qui a été recueillie par un original qui vit près des côtés. Quelques jours plus tard le corps de Heather est découvert, elle semble être tombée dans une crevasse. Quinze ans plus tard, Ruth sa mère a refait sa vie à Cambridge avec un autre homme et a une fille de 10 ans. Quand celle-ci disparaît en revenant de son cours de flute le cauchemar recommence.


On retrouve ici les deux enquêteurs de Traquer les ombres . On retrouve aussi la qualité du cousu main anglais signé John Harvey. Personnages humains et subtils, intrigue impeccable, émotion à fleur de peau, capacité à traiter sans pathos et sans voyeurisme un sujet aussi délicat que la perte d’un enfant. Et cette écriture qui semble couler de source et qui fait tout paraître facile et naturel.


Difficile d’en dire plus, surtout quand on a lu et aimé tous ses romans. D’autant plus que ce n’est pas le genre de roman qui soulève un enthousiasme bondissant. « Seulement » un polar juste, très bien écrit, touchant, intelligent … « Seulement ». Une qualité que bien des auteurs peuvent envier au maître anglais.


Alors cela peut paraître sec et peu inspiré (et ça l’est certainement), mais je ne trouve rien d’autre à dire que : Lisez John Harvey.


John Harvey / Le deuil et l’oubli (Far cry, 2009), Rivages/Thriller (2011), traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau.

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18 décembre 2011 7 18 /12 /décembre /2011 23:21

Une fin d’année extra-ordinaire (au sens premier du terme) ne me laisse guère de temps, ni pour lire, ni pour m’occuper du blog (ni pour grand-chose d’autre que le boulot en fait).

 

Je prends quand même quelques minutes pour vous signaler, au printemps, une façon intelligente et instructive de passer les vacances : Allez à Vaison-la-romaine discuter polar avec Claude Mesplède et quelques pointures françaises.

Vous pouvez aussi tenter le concours de nouvelles.

 

Tous les renseignements sont là.

 

Si j’ai le temps, d’ici quelques jours je vous raconterai ce qui m’occupe tant ces derniers jours.

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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 09:35

Bientôt, ici l’annonce des candidats au prix Violeta Negra 2012 qui sera remis lors de la prochaine édition de TPS. En attendant, c’est dans le cadre de la sélection des romans que j’ai découvert un nouveau flic et un nouvel auteur : Domingo Villar est espagnol, galicien plus précisément et La plage des noyés voit l’arrivée d’un nouvel enquêteur, le taciturne Leo Caldas.

 

VillarLeo Caldas est galicien d’origine et flic à Vigo. Taiseux comme ses compatriotes il fait le désespoir de son adjoint, le bouillant aragonais Rafael Estevez. D’autant plus qu’il semble accepter que personne ne parle, même quand ils découvrent le cadavre de Justo, un pêcheur mort noyé, les mains attachées. Cela pourrait être un suicide, l’homme étant réputé triste et presque déprimé. Mais sa sœur est persuadée que Justo a été tué. Et dans le village on raconte des histoires d’un bateau fracassé des années auparavant, et de son capitaine, mort durant le tempête qu’on aurait revu récemment …

 

Voilà le cas d’école d’un polar qui, sans être la révélation de l’année, fait passer un très bon moment. Rien de révolutionnaire, ni dans le fond (enquête classique menée par deux flics), ni dans la forme, l’écriture est très classique. Mais c’est du travail soigné, bien fait, avec tout ce qu’on peut apprécier quand on voyage au travers d’un polar.

 

Des personnages intéressants et bien construits, une intrigue solide, bien menée avec ce qu’il faut de fausses pistes et de coups de théâtre, et la découverte d’un lieu, d’un milieu et d’une population assez peu connue par ici : la Galice, cette province du bout de l’Espagne, du bout de l’Europe même.

 

L’éclairage est mis plus précisément sur un monde peut-être sur le point de disparaître, celui des pêcheurs côtiers. Un métier rude, dangereux, de plus en plus aléatoire maintenant que les rias, (ces fjords galiciens) sont presque vides de poissons et que les pêcheurs sont obligés, de plus en plus, de braver les éléments au large.

 

Comme l’auteur sait aussi prendre le temps de décrire un rayon de soleil sur un paysage étincelant, ou le goût d’un verre de blanc accompagnant une terrine de coques, on n’a pas le roman de l’année mais un polar très recommandable et un auteur et un personnage qu’on aura plaisir à retrouver.

 

Domingo Villar / La plage des noyés (La playa de los ahogados, 2009), Liana Levi (2011), traduit l’espagnol par Dominique Lepreux.

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 22:38

Après Le jour du fléau, un peu de légèreté ne fait pas de mal. L’exercice brillant et réjouissant auquel se sont livrés deux maîtres du polar italien fait parfaitement l’affaire. Il s’appelle Meurtre aux poissons rouges, il est signé Andrea Camilleri et Carlo Lucarelli. Rien que ça.

Lucarelli Camilleri

A Vigata, Salvo Montalbano reçoit une lettre de Grazia Negro de Bologne. Elle enquête sur un meurtre étrange : Un homme a été retrouvé dans sa cuisine, mort étouffé la tête dans un sac plastique. A côté de lui, deux poissons rouges. Le seul témoin s’est volatilisé en direction de … Palerme. Et Grazia Negro sent qu’on lui met des bâtons dans les roues. Qui est derrière ce meurtre ? La mafia ? Les services secrets ? Salvo peut-il l’aider ?


Un vrai plaisir que ce ping-pong entre deux immenses auteurs, ping-pong épistolaire où chacun son tour s’amuse à mettre l’autre en difficulté. Entre deux amateurs ce serait une pochade sans grand intérêt, entre ces deux là cela devient une gourmandise, un vrai bonheur, une jubilation de tous les instants.


En épilogue l’éditeur raconte la genèse du projet. Une chose en ressort, les deux auteurs se sont beaucoup amusés, chacun tentant de piéger l’autre, chacun du mieux qu’il pouvait. S’amuser certes, mais très sérieusement. Résultat, le lecteur se régale. Ne passez pas à côté de cette gourmandise réjouissante, beaucoup plus digeste que la dinde, moins sucrée que la bûche, beaucoup plus fine que le mousseux de tata Ernestine.


Andrea Camilleri et Carlo Lucarelli / Meurtre aux poissons rouges (Acqua in bocca, 2010), Fleuve Noir (2011), traduit de l’italien par Serge Quadruppani.

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